The Project Gutenberg EBook of Antiquits d'Herculanum, Tome I., (Vol. 1
of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

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Title: Antiquits d'Herculanum, Tome I., (Vol. 1 of 6)

Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

Release Date: December 5, 2005 [EBook #17231]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITS D'HERCULANUM ***




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                        ANTIQUITS D'HERCULANUM,

                               GRAVES
                           PAR TH. PIROLI,

                             ET PUBLIES
                     PAR F. ET P. PIRANESI, FRRES.



                            TOME PREMIER.

                              PEINTURES.



 PARIS,

     {PIRANESI, Frres, place du Tribunal, n 1354;
CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison
     {Abbatiale St.-Germain-des-Prs, n 1121.



                           AN XII. = 1804.



 SON EXCELLENCE
LE C. EN CHAPTAL,
MINISTRE DE L'INTRIEUR.




CITOYEN MINISTRE,

LES ANTIQUITS D'HERCULANUM ont offert une source fconde de richesses
aux arts et aux manufactures. En ddiant cette dition  leur illustre
Protecteur, nous lui offrons un faible hommage de notre reconnaissance,
et regardons comme une nouvelle faveur l'accueil dont il l'honore.

Nous avons l'honneur d'tre, avec le plus profond respect,
DE VOTRE EXCELLENCE,

Les trs-humbles et trs-obissons serviteurs,

TH. PIROLI, GRAVEUR.
F. ET P. PIRANESI, DITEURS.



AVERTISSEMENT
DES DITEURS.


En offrant au Public cette nouvelle Edition des _Antiquits
d'Herculanum_, nous avons eu pour but de mettre cette riche Collection
porte d'un grand nombre d'amateurs et d'artistes, et de suppler en
quelque sorte  la grande Edition in-folio de Naples, assez rare et
trs-dispendieuse. La gravure, excute  l'eau-forte par THOMAS PIROLI,
conserve par-tout la grce, l'esprit et le sentiment des productions
originales. Chaque planche est accompagne d'une page de texte, qui
indique le lieu et l'poque des dcouvertes, la dimension du sujet, les
traits mythologiques qui s'y rapportent, et l'opinion qui parat la plus
admissible sur son explication. Depuis que l'Ouvrage des _Antiquits
d'Herculanum_ a paru, les Antiquaires les plus distingus ont fix leurs
regards sur cette magnifique runion de monumens de toute espce: ils en
ont fait l'objet de leurs tudes et de leurs recherches, et quelquefois
ils ont dcouvert ce qui avait chapp aux premiers commentateurs. Le
texte ajout  l'dition romaine n'tait qu'un extrait de celui des
Acadmiciens d'_Herculanum_; nous avons pens que les acqureurs de
cette nouvelle Edition ne nous sauraient pas mauvais gr de les faire
jouir des avantages que le temps fournit pour l'explication des
Antiques; nous avons en consquence insr dans le texte quelques
opinions qui nous ont paru prfrables aux premires, et nous nous
sommes empresss de corriger quelques quivoques qui s'taient glisses
dans le texte de l'dition romaine. On peut donc considrer cet Ouvrage
comme devant tre une source d'agrment pour l'amateur et d'instruction
pour l'artiste: c'est, en effet; une mine inpuisable  exploiter; un
sentiment exquis, une grce enchanteresse, un style noble et pur,
offrent, dans tous ces prcieux restes, des modles  suivre, soit que
nous nous arrtions  ces peintures dlicieuses qui retracent les scnes
agrables de la vie prive ou des faits hroques, qui prsentent, sous
mille formes varies, les Divinits prsidant aux sciences, aux arts,
aux jeux nafs de l'enfance, etc., soit que nous considrions ces
ustensiles admirables par leurs formes et leurs ornemens, ou bien ces
bronzes curieux, objets du culte public ou familier: toute cette
Collection renferme un intrt particulier pour les arts relatifs  la
dcoration, et qui savent embellir jusqu'aux objets appliqus aux
usages les plus simples. Le got qui s'est rpandu parmi les artistes
qui dirigent nos fabriques et nos manufactures; la perfection apporte
dans l'excution de leurs travaux, rendent les trangers tributaires de
l'industrie nationale: et nous croirons avoir atteint un but utile, en
lui fournissant des alimens.

Cette Edition offre un 6e. volume, qui n'a point encore t publi par
l'Auteur.

Le 1er, le 2e. et le 3e. volumes contiennent les Peintures.
Le 4e, les Bustes et Bas-reliefs en bronze;
Le 5e, les Statues en bronze;
Et le 6e, les Lampes et Candlabres.



PLANCHE I.


Cette peinture est sur marbre et d'une seule couleur; on l'appelle par
cette raison _monochrome_. On en trouva quatre de cette espce;
celle-ci, dcouverte dans les fouilles de Rsine le 24 mai 1786, a le
mrite trs-rare d'offrir le nom du peintre et des figures. Dans
l'inscription grecque, _Alexandre Athnien peignait_, nous trouvons le
nom et la patrie de l'artiste; et, par la forme des caractres, nous
pouvons juger qu'il a fleuri  la plus belle poque des arts. Les noms
de _Latone_ et de _Niob_, ceux de _Phoeb_, d'_Hileaira_ et d'_Agla_,
la plus jeune des Grces, sont connus dans la Mythologie.

Trois des personnages paraissent converser; les deux autres, dans des
attitudes pleines de grce, jouent aux osselets, nomms astragales chez
les Grecs, et _tali_ chez les Latins.


1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 3 p.--Largeur, 1 P. 1 p. 9 lig.
2e. SUJET.--Hauteur, 4 p.--Largeur, 1 P. 1 p. 9 lig.



PLANCHE II.


Dans ce second _monochrome_, un hros, dont l'attitude est aussi fire
qu'anime, attaque un Centaure  l'instant o il porte la main sur une
jeune princesse qui le repousse avec frayeur. On croit y reconnatre
_Hippodamie_, pouse de _Pirithos_, que le centaure _Euritus_ voulait
ravir, mais  qui Thse ou quelque autre hros donna la mort pour
venger cet attentat. Ce fut la cause de la fameuse guerre des Centaures
et des Lapithes, si bien dcrite par OVIDE (_Mtam. XII, 210 et suiv._).

Ce marbre peint, d'une belle conservation, fut trouv, ainsi que les
deux suivans, dans les fouilles de Rsine, le 24 mai 1749.

Hauteur, 11 p. 6 lig.--Largeur, 1 P. 4 p. 4 lig.



PLANCHE III.


Cette peinture a tellement souffert des outrages du temps, qu' peine en
retrouve-t-on les contours.. Cet accident ne contribue pas peu  en
rendre l'explication difficile. On peut y voir l'une des aventures de
Neptune, quand _Rha_ trompa en sa faveur la voracit de _Saturne_, ou
l'enfantement secret de _Crs_ qui donna le jour  la desse _Regina_
et au cheval _Arion_, ou peut-tre mieux l'ducation d'_Achille_,
suivant Homre; on retrouverait alors dans le vieillard  demi-nud, et
en partie couvert d'une peau, _Phnix_, accompagn de la nourrice.
L'autel tmoignerait le sentiment religieux qu'il inspire  son lve,
et la femme majestueuse qui tient un poulain par la bride serait le
symbole de la _Rgion de Phtie_, renomme par ses excellens chevaux, et
dans laquelle Achille prit naissance.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 9 lig.



PLANCHE IV.


Cette peinture semble nous offrir la reprsentation de quelque scne
tragique. On y voit trois figures dont les masques et les gestes
expriment la douleur et les larmes; elles portent des habillemens longs,
rays en travers, qui leur descendent jusqu'aux pieds, et couvrent une
partie de leur chaussure. Si les traits n'taient pas chargs, et si
dans la premire figure on ne distinguait pas visiblement la bouche
travers le masque, on pourrait croire que ce sont trois _pleureuses_,
telles que les Antiquaires en ont reconnu dans plusieurs monumens; mais
aucune autorit ne permet de croire que ces sortes de femmes se
servissent de masques dans les crmonies funbres, o leur caractre
tait d'exprimer au vrai sur leurs visages la tristesse et le dsespoir.

Hauteur, 11 p. 6 lig.--Largeur, 1 P. 4 p. 9 lig.



PLANCHE V.


Ce fragment, l'un des plus grands de la collection, reprsente _Thse_
en Crte. Le hros est nu et d'une taille gigantesque; de sa main
gauche, o l'on remarque un anneau, il porte sa massue pleine de noeuds.
On voit autour de lui, dans des attitudes varies, pleines de grce et
d'expression, les jeunes Athniens et les jeunes filles sortant de la
porte du labyrinthe. A ses pieds est tendu le _Minotaure_ couvert de
blessures; on le voit ici, comme dans d'autres monumens antiques, avec
la tte de _Taureau_, et le reste du corps conservant la forme humaine.
La Desse assise sur un rocher, le carquois sur l'paule et l'arc  la
main, est _Dyctinna_, ou la Diane Crtoise, place ici pour mieux
dterminer la contre o se passe la scne.

Cette peinture, avec plusieurs autres, se trouvait dans une grande salle
qu'on prit d'abord pour un temple. On en fit la dcouverte dans les
fouilles de Rsine, en 1739.


1er SUJET.--Hauteur, 5 P. 3 p.--Largeur, 4 P. 4 p.
2 AUTRES.--Hauteur, 10 p.--Largeur, 1 P. 11 p.



PLANCHE VI


L'explication la plus raisonnable qu'on puisse donner  cette peinture,
est quelle reprsente _Hercule_ et son fils _Tlphe_, fruit d'un
commerce clandestin avec _Aug_, fille d'_Ale_, roi d'Arcadie, et qui
fut nourri par une biche. La belle figure de femme assise, couronne de
fleurs, ayant  ses cts une corbeille de fruits, et tenant un long
bton rustique, peut personnifier l'_Arcadie_ et le mont _Parthenius_,
sur lequel _Tlphe_ fut expos, ou reprsenter la desse _Tellus_,
nourrice des enfans; ce que semble indiquer plus particulirement le
lion pacifique qui est  ses pieds; derrire elle est le dieu _Pan_
avec sa flte  sept tuyaux et le _pedum_;  ct d'Hercule, on voit
une Divinit avec des ailes, une couronne d'olivier et des pis dans la
main gauche. Ce pourrait tre _Crs_ ou la _Providence_ qui montre
l'enfant au hros, en lui indiquant, dans l'aigle, l'emblme de sa
postrit.

Cette peinture fait le pendant de la prcdente; elle est du mme
style, et fut trouve dans les fouilles de Rsine avec le _Thse_.

Hauteur, 6 P. 3 p.--Largeur, 4 P. 7 p.



PLANCHE VII


Cette fresque, admirable dans toutes ses parties, reprsente le premier
des travaux d'_Hercule_, quand, encore au berceau, il touffe les deux
serpens suscits par _Junon_ pour le faire prir. Le mouvement
d'_Alcmne_ exprime avec vivacit toute la terreur dont elle est
pntre. D'un ct, on voit _Amphytrion_ avec le sceptre, comme un des
princes d'Argos, et portant la main  l'pe pour chasser les serpens,
suivant la belle description que Thocrite nous a laisse de cet
vnement; de l'autre ct, un pdagogue tient dans ses bras _Iphiclus_
effray, bien diffrent de l'intrpide enfant. Pline, en nous donnant la
description d'une semblable peinture de _Zeuxis_, pourrait faire
souponner que celle-ci en est l'imitation. On doit faire attention au
costume barbare dont le peintre a revtu le pdagogue; ce costume est
convenable  la condition d'esclave, d'o taient ordinairement tirs
les pdagogues aux temps hroques. _Hercule_ porte un collier, parure
qui tait en usage parmi les enfans de distinction. L'ornement qui est
au bas est indpendant du sujet.


1er SUJET.--Hauteur, 3 P. 11 p.--Largeur, 3 P. 9 p.
2e SUJET.--Hauteur, 1 P. 2 p. 4 lig.--Largeur, 3 P. 9 p.



_PLANCHE VIII_.


Cette excellente peinture reprsente le jeune _Achille_ apprenant du
centaure _Chiron_  toucher de la lyre: tout y est digne d'attention;
l'attitude du Centaure ainsi dcrite par Stace; la peau qui le couvre
comme le premier chasseur, ou comme suivant de _Bacchus_; l'herbe dont
il est couronn qui n'est point le lierre, ornement ordinaire des
Centaures, mais qui parat tre l'une des herbes auxquelles il a donn
son nom, et dcrites par Pline; enfin, l'archet qui se distingue des
formes les plus connues. La chaussure d'Achille s'accorde mal peut-tre
avec la nudit du hros _aux pieds lgers_; mais rien n'est mieux saisi
que le geste des doigts en devoir de toucher les cordes de la lyre; on
admire sur-tout la tte du Centaure et les formes gracieuses et
dlicates d'Achille. L'architecture, qui fait le fond du tableau, ne
correspond point  la perfection des figures. Cette peinture fut trouve
avec la suivante,  Rsine, en 1739.

Dans les deux ronds sont reprsents deux ministres de _Bacchus_. Le
premier porte d'une main un flambeau, et de l'autre un instrument qui
parat propre  l'attiser; le second porte un ruban et un tyrse.


1er SUJET.--Hauteur, 3 P. 11 p.--Largeur, 3 P. 9 p.
2 RONDS.--Diamtre de chacun, 1 P. 4 p.



PLANCHE IX.


Parmi les beaux ouvrages du clbre Polygnote, Pausanias parle d'une
figure du satyre _Marsias_ assis sur un rocher, et enseignant au jeune
_Olympe_  jouer de la flte; c'est le mme sujet que l'artiste a rendu
ici avec tant d'habilet. La grce et la beaut du jeune Olympe forment
une heureuse opposition avec la robuste virilit de Marsias; l'air de
tte de ce dernier et l'expression gnrale du tableau montrent assez
que l'artiste a voulu en faire le pendant de celui qui prcde, _Chiron_
et _Achille_. Les ornemens d'architecture qui couvrent le fond de chaque
tableau indiquent que ces deux groupes taient placs dans la mme
salle, et faisaient partie de sa dcoration.

L'ornement qui est au bas n'a aucune relation avec le sujet.


1er SUJET.--Hauteur, 3 P. 7 p.--Largeur, 3 P. 5 p. 6 lig.
2e SUJET.--Hauteur, 1 P.--Largeur, 3 P. 5 p. 6 lig.



PLANCHE X.


On ne peut s'empcher de reconnatre ici le cyclope _Polyphme_, clbre
par son amour pour _Galate_, et par les ddains que lui fit essuyer sa
difformit; mais le peintre s'est cart de l'opinion commune, en nous
reprsentant son cyclope sous des traits qui ne sont point difformes; il
lui donne trois yeux, et dment ainsi l'entreprise d'_Ulisse_ raconte
par les potes et les mythologues. Un passage de _Servius_ sur l'Enide
(_liv._ III, _vol._ 6) vient cependant motiver le caprice du peintre:
_Multi illum dicunt, unum habuisse oculum, alii duos, alii tres_; le
cyclope tient sa lyre d'une main; de l'autre, il est prt  recevoir
d'un Gnie mont sur un _Dauphin_, messager de sa _Galate_, des
tablettes de la mme forme que celle qui tait usite pour les
_distiques amoureux_; l'air triste et empress avec lequel il tend la
main, semble exprimer -la-fois son amour et ses craintes.

La peinture qui est au bas reprsente un _Amour_ guidant un char attel
de deux cygnes.

1er SUJET.--Hauteur, 1 P. 9 p.--Mme largeur.
2e SUJET.--Hauteur, 8 p.--Largeur, 1 P.



PLANCHE XI.


Les opinions ont beaucoup vari dans l'explication de cette peinture
trouve dans les fouilles de Rsine en 1740. Est-ce le dvouement
d'_Alceste_, ou l'entrevue de ces frres implacables, _Ethocle_ et
_Polinice_, ou le jugement d'_Oreste_ dans l'_Aropage_? Nous pencherons
plutt  voir ici la belle scne de la reconnaissance d'Oreste dans
l'Iphignie en Tauride d'_Euripide_. Nous retrouvons Oreste dans le
jeune homme sombre et pensif, assis sur un sige couvert de la peau d'un
animal; cette vierge qui pleure en l'embrassant, exprime avec vrit sa
soeur _Iphignie_  l'instant ou elle le reconnat; le jeune homme assis
devant lui, tenant une feuille droule, et qui parat, en la lisant,
dsigner Oreste, sera son ami _Pilade_. Il nomme  la prtresse ce mme
frre auquel il devait remettre sa lettre; la jeune fille et la vieille
peuvent reprsenter le _choeur_ qui promet le silence; le vieillard,
frapp d'tonnement, sera le roi _Thoas_; enfin, la statue revtue
d'une chlamyde avec le carquois suspendu  l'paule, sera celle de
_Diane_, que les fugitifs devaient enlever.

Hauteur, 5 P.--Largeur, 4 P.



PLANCHE XII.


Si l'on a vu dans la peinture prcdente, _Oreste_ reconnu par
_Iphignie_, celle-ci, quoique trouve dans un lieu et dans un temps
diffrent, offrira la continuation de la mme aventure. _Euripide_ est
encore le guide qui nous expliquera le sujet de cette scne. Voici donc
_Oreste_ et _Pilade_, conduits par un satellite du roi  la mer, pour y
tre purifis; les mains lies derrire le dos, le front ceint de
bandelettes, et les tempes couronnes comme victimes destines au
sacrifice; voil la statue de la Desse sur la Table sacre; auprs sont
deux vases. _Iphignie_ intime aux citoyens l'ordre de s'carter de la
crmonie mystrieuse, et invoque secrtement la Desse pour le succs
de l'enlvement mdit; l'une des ministres de la prtresse porte une
lampe allume, et l'autre parat occupe  ranger dans la cassette le
reste des instrumens sacrs.

Le paysage au-dessous de cette peinture est d'une composition fort
agrable, et digne d'attention.

1er SUJET.--Hauteur, 5 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 2 p. 6 lig.
2e SUJET.--Hauteur, 3 p.--Largeur, 1 P. 2 p. 6 lig.



PLANCHE XIII.

L'instrument que porte la femme reprsente dans cette peinture, est une
pe renferme dans son fourreau qui se termine par un bout en forme de
champignon; on trouve l'explication de cette singularit dans quelques
anciennes autorits (_Vid._ HEROD. _lib. III, cap. 64_; PAUSANIAS, _II,
16_). On a cru voir dans le sujet de ce tableau, _Didon_ abandonne;
cette pe, la bandelette, ornement royal qui ceint ses cheveux en
dsordre; l'habit rouge  longues manches qui pouvait se rapporter au
costume carthaginois; son ge et sa stature majestueuse; ce visage
-la-fois triste et superbe; ces yeux gars, et le dsespoir exprim
dans toute son attitude; ces degrs et la porte qui indiquerait
l'appartement suprieur destin au repos et qu'elle viendrait de
quitter; tous ces traits rassembls paraissaient se retrouver dans
Virgile, et faire reconnatre cette reine infortune. Malgr ces
apparences, l'opinion, le plus gnralement reue aujourd'hui, nous
prsente ici _Melpomne,_ Muse de la Tragdie; l'pe est l'un de ses
attributs reconnus; cette arme fait allusion aux meurtres de la scne
tragique, et plus particulirement aux fureurs de _Mde;_ les manches
troites qui descendent jusqu'aux poignets appartiennent au costume de
la scne; on les retrouve sur un grand nombre de figures reprsentant
cette Muse; on sait d'ailleurs que les manches des habits carthaginois
taient trs-larges. Le fond du tableau reprsente la scne d'une
manire peu diffrente de celle dont les miniatures de l'ancien
manuscrit de Trence nous la retracent.

Les deux pilastres sont peints sur un fond noir, et renferment des
symboles relatifs au culte de Bacchus ou d'Isis.

Le petit cdre offre une branche de fruits peints trs-agrablement.

Sujet principal.--Hauteur, 3 P, 10 p.--Longueur, 1 P. 7 p.



PLANCHE XIV.


Cette peinture vrament curieuse, trouve, ainsi que les prcdentes,
dans les fouilles de Rsine, reprsente une _Cne_ voluptueuse. Les
figures et les accessoires mritent une gale attention: le lit avec une
couverture blanche; le vtement du jeune homme qui pourrait tre la
_synthse,_ et qu'il a laiss glisser  moiti du corps, suivant
l'usage,  la fin du repas; la manire dont il se repose sur le coude,
et dont il boit; le vase en forme de corne (_rhyton_); la femme assise
au bord du lit, selon la coutume des Grecques et des Romaines, le
dsordre de ses vtemens, la _synthse_ qui l'enveloppe jusqu'
mi-corps, et le _peplum_ d'une grande finesse qui lui couvre le sein;
son rseau couleur d'or; la cassette apporte par une esclave, et qui
renferme probablement des parfums; la table ronde  trois pieds; le
_colum,_ ustensile perc o l'on mettait de la neige pour rafrachir le
vin; et les trois vases pour faire des libations  _Jupiter,_ 
_Mercure_ et aux _Grces;_ enfin, les fleurs semes sur la table et sur
le pav: tout retrace prcieusement l'usage et le costume.

L'ornement qui accompagne cette peinture n'y a point de rapport.

Sujet principal.--Hauteur, 1 P, 9 p.--Longueur, 1 P. 7 p.



PLANCHE XV.


La beaut du coloris, l'excellence du style, l'esprit de la composition
et le mouvement gracieux des figures donnent  cette peinture le plus
rare mrite. C'est une _Bacchante_ surprise par un _Faune_. Le site
montueux convient aux orgies de _Bacchus;_ il est sem de roches sur
lesquelles a t renverse la Bacchante dans l'instant o elle cherchait
 les franchir; la solitude l'a rendu aussi dangereux que ses asprits.
Prs du faune est le bton recourb (_pedum_) et la flte  sept tuyaux
(_syrinx_); aux pieds de la Bacchante est un thyrse dont la pointe est
environne de lierre. Comme instrument sacr, il est orn d'un ruban
rouge semblable  sa robe. Sur le fond du tambour garni de grelots
(_tympanum_), est peinte la figure d'un _Sistre_; un peu plus loin est
un autre instrument rond et sans fond qui pourrait bien tre le
_Rhombe_, qu'une pigramme de l'Anthologie nous dcrit comme faisant
partie de l'quipage des Bacchantes.

Le _Rhombe_ circulaire anime les Bacchantes.

Hauteur, 1 P, 4 p. 6 lig.--Largeur, 1 P. 1 p.



PLANCHE XVI.


Un Silne nu,  la barbe touffue, s'efforce d'embrasser un Hermaphrodite
galement nu, qui semble le repousser et vouloir s'chapper de ses
mains. L'excellence du style et du coloris ne rendent en rien cette
peinture infrieure  la prcdente; toutes les deux paraissent tre de
la mme main, et furent trouves ensemble dans les fouilles de Rsine.

Quoique les auteurs anciens aient fait usage indistinctement des noms de
faunes, de silnes et de satyres, les Antiquaires, pour la clart des
descriptions, ont voulu les distinguer; ils se servent du nom latin de
_Faunes,_ pour dsigner ces suivans de Bacchus qui ont entirement la
forme humaine, et qui n'en diffrent que par les oreilles de chvre et
par la queue; les faunes, quand ils sont vieux et barbus, sont appels
_Silnes,_ nom qui d'ailleurs tait propre au pre nourricier de
Bacchus; enfin, on donne le nom grec de _Satyres_  ceux qui, avec les
mmes signes, ont des cornes de bouc et la partie infrieure du corps
semblable  cet animal.

Les nymphes, sous diverses dnominations, peuplaient les montagnes, les
forts et les eaux; elles avaient  se dfendre des surprises des
Divinits rustiques. La reprsentation de ces scnes licencieuses
plaisait beaucoup aux anciens, qui portrent jusqu' la passion le got
de ces tableaux que Pline dsigne sous le nom de _libidines_. Quant aux
androgynes ou hermaphrodites, galement rangs dans la classe des tres
fantastiques, ils ne sont que les enfans d'une imagination gare par
l'amour des volupts, et qui a pris plaisir  runir dans un seul
individu les attraits des deux sexes: les sujets des Bacchanales nous en
offrent souvent des images; et des groupes qui reprsentent la mme
scne que cette peinture, existent en Angleterre et  Dresde.

Hauteur, 1 P. 4 p. 6 lig.--Largeur, 1 P. 3 p.



PLANCHE XVII.


Cette peinture et les onze suivantes de mme grandeur furent dtaches
des murs d'une salle dcouverte en 1749 dans les fouilles de la tour de
l'Annonciade,  _Civita_, o l'on pense que devait tre -peu-prs
situe la ville antique de _Pompeia_: on parlera ailleurs de cette salle
qu'on croit avoir t un _triclinium_, lieu destin au repos et au
plaisir, et de diverses autres peintures qui s'y trouvaient; toutes
admirables par leur perfection, chacune d'elles a un mrite particulier
digne de notre attention. Celle-ci reprsente deux Danseuses; dans leur
mouvement, dvelopp avec autant de vigueur que de grce, chacune saisit
du pouce et de l'index le doigt _medium_ de sa compagne, pour former une
passe qui n'est point trangre  nos danses modernes. Le vtement de la
premire est d'un tissu vert trs-fin, transparent et bord de rouge. Le
voile qui lui ceint la tte  plusieurs reprises parat se rapporter
ce genre de coiffure que les anciens appelaient du nom gnrique de
_mitra_. Les draperies de la seconde Danseuse sont jaunes; l'une et
l'autre portent pour chaussure des semelles laces avec des rubans
rouges.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XVIII.


On ne peut assez admirer cette peinture; la sret du dessin, la puret
du coloris, une grce charmante dans l'agencement, tout fait reconnatre
la finesse de l'art et la perfection de l'excution. Le mouvement de
cette jolie figure annonce la Danse; ses charmes sont encore relevs par
les bracelets et le collier de perle; un ruban blanc lie ses cheveux
blonds; son vtement fin et lger de couleur jaune, avec une bordure
bleue, est abandonn au vent, et nous drobe  peine une partie de son
corps.

Les danseurs invitaient _Vnus_  se mler  leurs jeux; elle conduit
le choeur des Nymphes et des Grces; elle danse au banquet des Dieux;
les perles nes dans son berceau font sa parure chrie.

C'est donc Vnus qui nous charme dans cette figure, ou c'est une jeune
Danseuse ou Bacchante qui la reprsente; nous la voyons excuter dans un
banquet l'une de ces trois parties de la danse, le mouvement, la figure
et l'_indication_. Aprs un mouvement rapide, elle s'est arrte, et,
dans son attitude pleine de grce, elle offre aux yeux des convives tous
les charmes de la Desse mme.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XIX.


Cette figure rivalise de beaut avec la prcdente. Ses cheveux sont
blonds; le tissu jaune et transparent qui se joue en plis gracieux
parat plutt voiler que couvrir une partie de son corps; son front est
ceint d'un ruban bleu-cleste; de la main gauche elle soutient un disque
couleur d'argent, qui parat avoir quelque rapport  sa danse et lui
servir de caractre distinctif.

Telle se montrait _Vnus_, vierge encore, exposant aux regards la
beaut de ce corps parfait, et laissant deviner ses charmes les plus
secrets sous un lger tissu de lin, que soulve doucement le zphir; la
blancheur de son corps s'unit  la lumire du ciel, et l'azur de son
voile se confond avec celui des flots. Cette description voluptueuse
d'_Apule_ (Mtam. X) a beaucoup de rapport avec notre Danseuse. Les
_Grces_, les _Nymphes_ et les _Heures_ taient galement reprsentes
dans les danses avec les attributs que leur donnaient l'imagination des
peintres et des potes; et les danseuses ont pu servir  leur tour de
modles pour ces Divinits.

Les jolies frises  la suite de cette peinture et des cinq suivantes,
n'ont aucune relation avec le sujet.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XX.


Voici une autre Danseuse dans le caractre d'une _Bacchante_. 
demi-nue, les cheveux pars, de la main gauche elle lve un tambour
garni de grelots (_tympanum_) qu'elle est prte  frapper de l'autre
main pour marquer la mesure de sa danse; elle est pare d'un collier et
de bracelets  double rang, qui paraissent forms de perles; sa robe
blanche et d'une grande finesse est borde de rouge, couleur consacre
Bacchus; les plis en sont lgans et bien entendus; ses sandales sont
attaches avec des rubans galement rouges.

Parmi les personnages que les anciens aimaient  voir reprsenter par
leurs danseuses au milieu du festin, les Bacchantes offraient sans doute
un attrait piquant  leur got pour le plaisir. Les potes donnaient
leur caractre. Presque nues,  peine couvertes d'une peau de tigre ou
d'un vtement lger, prtes  se livrer aux orgies de Bacchus, on les
voit dtacher les bandelettes de leur chevelure et l'abandonner aux
vents, s'agiter vivement, et accompagner leurs mouvemens du bruit du
tambour; elles ne donnent pas moins l'image de l'ivresse de Vnus que
de Bacchus.

Le mouvement de notre Danseuse est plus compos; ses cheveux dnous ne
sont pas encore en dsordre; elle vient de commencer la danse.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXI.


Cette Danseuse se fait encore admirer par sa grce et sa lgret; ses
cheveux ne sont point pars, mais le lierre dont ils sont couronns, la
peau de tigre ou de panthre qui de l'paule gauche s'envole sous son
bras, nous font reconnatre une Bacchante. Elle fait rsonner dans ses
mains les cymbales, dont le bruit harmonieux doit accompagner les
clameurs des Prtresses de Bacchus; les bracelets  double rang sont de
couleur d'or; son vtement est de cette couleur d'azur que le galant
Ovide distingue parmi celles qui plaisaient le plus aux femmes.

Les Bacchantes ne sont pas toujours caractrises par le dsordre de
leur chevelure; on en trouve souvent, dans les monumens antiques, dont
les cheveux sont soigneusement arrangs. Un pote latin (_Corn. Gallus,_
l. IV) nous peint ainsi l'une de ces femmes voluptueuses: Sa beaut
ingnue lui faisait donner le nom de _Candide;_ les tresses de ses
cheveux taient divises avec art; les cymbales retentissaient entre ses
mains agiles, et leur clat se rflchissait sur tout son corps; je la
vis danser et fus pris d'amour.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXII.


Cette figure svelte et gracieuse est vtue d'une robe violette longue et
transparente; l'paule et le bras nus, elle semble avoir suivi le
conseil du prcepteur des amours, qui apprend  ses colires que la
partie qui attire le plus les regards des amans est celle o ces belles
formes se confondent. (OVID. _de art. III, v._ 307.) Un voile lger jet
sur l'autre paule passe sur son sein, vient former un tour  son bras
droit, et voltige agrablement par derrire; son poignet est par d'un
bracelet d'or; de lgres semelles forment sa chaussure; les feuilles de
roseau dont ses cheveux blonds sont couronns, le vase qu'elle porte
d'une main, le disque qu'elle soutient de l'autre, et o l'on distingue
trois figues, paraissent faire allusion  son caractre. C'est une
Naade, suivante de Bacchus, ou une femme qui, sous ce personnage, fait
au Dieu l'offrande des prmices d'un fruit qui lui est consacr, ou
l'une de celles qu'on appelait pour servir dans les festins somptueux.
La couleur violette qui distingue son vtement tait trs-recherche des
femmes dans leur parure, et une profession en prenait  Rome le nom de
_violarii._

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p.6 lig.



PLANCHE XXIII.


Cette jolie figure a beaucoup de rapport avec la prcdente par
l'expression, quoique ses attributs lui donnent un caractre diffrent.
Sa couronne forme de tiges de bl, et sa robe blanche, ont quelque
rapport aux ftes de Crs, clbres trs-souvent par les anciens avec
celles de Bacchus. C'est encore une Danseuse appele dans un festin;
elle porte un panier de la main droite, et de l'autre un disque; comme
sa compagne, elle est sans ceinture, et son vtement flottant laisse
dcouvert le sein et le bras droit; au-lieu de sandales, elle porte des
chaussons. Cette figure rappelle la danse religieuse des _Cernophores;_
l'imitation des usages religieux embellit souvent les ftes consacres
aux plaisirs. La tunique flottante tait une recherche des femmes
voluptueuses et des hommes qui s'en rapprochaient par leur got; elle
prtait  la grce des mouvemens, et les ondulations produites par le
zphir donnaient un attrait plus piquant aux formes que dclait la
transparence du vtement.

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PLANCHE XXIV


Quelle est cette gracieuse figure? La blancheur de son vtement, la
candeur qui rgne dans ses traits, ont fait croire qu'elle reprsentait
la Paix. D'une main elle porte une branche charge de deux fruits qui
ressemblent  des citrons; de l'autre, un sceptre couleur d'or. La Paix
dispense les biens et nourrit la jeunesse; elle est agrable au fils
joyeux de Jupiter; le chantre des plaisirs veut qu'elle prside  la
joie de ses convives. L'image de cette Desse est bien place dans une
salle de festin; mais ce diadme, ce voile autour de la tte, ce manteau
azur et les autres attributs, seront peut-tre rclams par Vnus.
Cythre orna ses jardins de l'arbre  pommes d'or; un sceptre dsigne
sa puissance; elle aime la couleur des flots o elle prit naissance; les
boucles de perles aux oreilles sont rarement oublies dans les images de
cette Desse, mme en sculpture; et les mdailles nous la reprsentent
souvent avec la mme coiffure. N'est-ce pas aussi une Prtresse de
Bacchus, qui prside au choeur des danseuses, reprsent par cette suite
de peintures. Le sceptre tait au nombre des marques de la dignit des
Prtresses; les fruits et leurs prmices taient consacrs  ce Dieu. Il
est souvent plus facile d'admirer l'habilet de l'artiste, que
d'assigner une intention  ses caprices.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXV.


Le sujet de cette peinture est d'une composition aussi piquante
qu'agrable. Un _Centaure,_ dans sa course rapide, emporte la
_Bacchante_ qui l'a subjugu; il ne peut fuir son vainqueur. Le genou
pli, la _Bacchante_ s'affermit sur la croupe de son captif, et foulant
d'un pied, ddaigneux ses bras lis derrire le dos, le tenant d'une
main par les cheveux; de l'autre, le pressant avec le bout infrieur,
d'un thyrse, elle le matrise  son gr. Ses cheveux blonds, abandonns
aux vents, attestent la vlocit de la course, et son vtement qui
s'chappe laisse briller, dans l'attitude la plus hardie, des formes le
plus heureusement dessines. Ce groupe a quelque rapport avec les
clbres Centaures sculpts par _Aristeas_ et _Papias,_ artistes
aphrodisiens. Les copies, antiques de ces statues nous font voir le plus
g des deux Centaures dompt par le gnie de Bacchus, symbole de
l'ivresse et de la dbauche; il a les mains attaches derrire le dos
comme celui de notre fresque, tandis que le plus jeune, adonn  la
chasse, est devenu lui-mme la proie de Cupidon qui est assis sur sa
croupe. Dans les mtopes du _Parthenon_, _Phidias_ a reprsent les
Centaures comme des ravisseurs de jeunes femmes et de jeunes garons.
Subjugus ou vainqueurs, ces tres imaginaires nous offrent une nature
sauvage dgrade par l'intemprance et par les plaisirs les plus
effrns; c'est le caractre que leur ont donn les artistes et les
potes. On les voit aux noces de _Pirithos_ violer les saintes lois de
l'hospitalit; _Nessus_, enlevant _Djanire_, prit sous les traits
d'_Hercule_; ce hros venge la soeur d'_Euristhe_ des attentats
d'_Homade_; _Rhaetus_ et _Hyleus_ reoivent de la main d'_Atalante_ le
prix de leur tmrit, et les Sirnes prennent le nom de
_Centauricides_, du nom de leurs victimes.

L'artiste s'est galement rencontr avec les potes dans l'image de la
servitude o nous assujtissent les passions. Arme d'un fouet
redoutable, _Vnus_ menace les rebelles; comme des captifs enchans
dans ses noeuds magiques, elle nous instruit sous ses coups multiplis.

Hauteur, 11 P.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXVI.


Zeuxis fut le premier dont l'imagination vive et ardente, cherchant des
sujets extraordinaires pour exercer son pinceau, cra, dans sa
_Centauresse,_ cet tre singulier qui rassemble les formes que nous
admirons le plus dans la nature. On ne sait pas si les potes grecs les
plus anciens avaient donn des femmes aux Centaures; mais parmi les
Latins, Ovide est le premier qui ait reproduit sous les couleurs de la
posie, ce caprice hardi du peintre grec. Nous ne rechercherons point
avec quelques crivains, la possibilit de si tranges productions: les
monstres, dans la nature, font horreur; l'imagination sait embellir les
formes les plus bizarres; elle nous transporte dans un monde nouveau, o
tous les lmens de la nature se confondent pour produire ce beau idal
que les artistes grecs ont toujours cherch. Les erreurs des premiers
peuples, et plus souvent les traits brillans de leurs sciences, se
retracent dans les chimres de l'antiquit; nous avons perdu le sens de
leur langage emblmatique; mais leurs tableaux ont un charme
inexprimable qui nous plaira toujours, et le philosophe y trouve souvent
des leons caches qu'il nous explique. Il serait cependant difficile
de rendre compte de l'intention du peintre dans le groupe que nous
avons sous les yeux, si l'on doit y voir autre chose que la saillie
d'une imagination brillante.

La belle _Centauresse_ porte en croupe une jeune Bacchante vtue d'une
tunique jaune, caractrise par le thyrse et par ses cheveux en partie
pars, en partie attachs avec soin, ainsi qu'on le remarque dans
plusieurs monumens. Une draperie verte jete sur son paule vient passer
sur ses reins; un collier, un bracelet lui servent de parure. Quand
l'il a perdu la trace des formes humaines, il suit celles qui leur
succdent sous une nuance trs-blanche; les oreilles allonges
participent, peut-tre, de cette seconde nature, ou ne sont pas
diffrentes de celles de la figure peinte par Zeuxis, qui les empruntait
de la chvre. De la main gauche, la Centauresse tient suspendu un feston
de feuillage qui se termine  l'extrmit par un bouton et des rubans;
l'autre bout est cach dans sa main droite passe sous l'paule de la
jeune fille, et son mouvement indique qu'elle va lui ceindre la
guirlande en charpe. La pose gracieuse de la Bacchante rpond
parfaitement  cette intention.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXVII.


Ce _Centaure_ sans barbe enseigne  jouer de la lyre  un jeune homme
qu'il soutient lgrement. La nuance de la partie infrieure est un
bai-clair; les draperies sont violettes; le thyrse et le _tympanum_ que
l'on y voit suspendus, dsignent un suivant de Bacchus. La lyre dont il
donne des leons, nous rappelle _Chiron,_ qui montre au jeune _Achille_
l'art de jouer de cet instrument; d'ailleurs, les suivans de Bacchus
cultivent tous les genres de musique, et il n'est pas rare de voir la
lyre entre les mains des Centaures attels  son char. Les cheveux
hrisss du Centaure sont assez dans le caractre des tres rustiques
que les anciens potes rangent dans le cortge du Dieu de l'Ivresse,
tels que les Faunes, les Satyres, etc.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P. 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXVIII.


Le sujet que nous admirons ici n'a rien qui ne rappelle le pinceau qui a
produit les trois prcdens; mais il est sensible que l'artiste s'est
surpass lui-mme dans les grces et la dlicatesse de l'excution. Ce
charme inexprimable qui, au rapport de Lucien, donnait tant de prix  la
_Centauresse_ de Zeuxis, se reproduit dans celle-ci. Il rside dans
l'union subtile des deux natures de cet tre imaginaire; la blancheur
rpandue sur la carnation dlicate de l'une, se distingue de celle qui
brille sur le manteau poli de la seconde; mais l'il se perd dans les
nuances incertaines qui les sparent. Cette finesse, ces coups de
pinceau qui dclent si souvent une main de matre, nous prouvent bien
que ces anciens artistes avaient une connaissance profonde de l'art;
leurs fautes n'taient que des ngligences; on s'aperoit quelquefois de
leurs repentirs par les couches de couleur qui se retrouvent sur
l'enduit; mais souvent ils ne prenaient pas la peine de corriger les
premiers traits de leur pinceau. Ici le fini de l'excution rpond au
mrite d'une heureuse invention. L'attitude du groupe est admirable et
le mouvement plein de charmes. Le jeune homme, lgrement soutenu d'une
main sur l'paule de sa belle compagne, lui prsente une cymbale dore
quelle est prte  frapper de la sienne, en-mme-temps qu'elle touche
avec grce les cordes de sa lyre. Leurs regards semblent se rencontrer
comme leurs instrumens harmonieux; l'arrangement de la chevelure dans
notre Centauresse semble, comme dans celle d'Ovide, annoncer le dessein
de plaire; son collier (_phalera_) forme une parure agrable et qui
semble sur-tout lui convenir, en rappelant ceux dont on parait les plus
nobles coursiers; la draperie qui voltige sur son bras est violette,
celle du jeune homme est jaune.

Hauteur, 11 p.--Largeur, 1 P, 3 p. 6 lig.



PLANCHE XXIX.


Ces deux peintures d'un excellent coloris furent trouves dans les
fouilles de Rsine, le 31 aot 1748; elles reprsentent deux Siges
majestueux enrichis d'ornemens recherchs, et accompagns de
marche-pieds couleur d'or; cet accessoire nous autorise  voir ici cette
espce de Sige qu'on appelait proprement un _trne;_ il convient aux
dieux et aux souverains. Les attributs et les amours ou gnies qu'on
remarque aux cts, nous apprennent  quelles divinits ces deux trnes
sont consacrs; sur l'un repose la colombe de _Vnus;_ le coussin est
couleur de rose; la draperie jete sur le dossier et qui retombe sur les
bras, est de couleur verte changeante. L'un des gnies y suspend une
guirlande qui parat forme de feuilles de myrte; l'autre porte le
sceptre: ce trne attend la Reine des Amours. Le second appartient  son
belliqueux amant. Le casque de _Mars,_ surmont d'un panache, est dpos
sur le coussin; l'un des gnies soutient son grand bouclier; et l'autre
arrange une guirlande qui parat compose de laurier, rcompense de la
valeur. Rien n'est plus gracieux que la pose des quatre gnies;
l'opposition que le peintre leur a donne dans ces deux peintures qui
font pendant, est d'une heureuse intention. Les colliers et les cercles
d'or dont sont orns le cou, les bras et les jambes de ces beaux enfans,
sont une parure distingue.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXX.


On dcouvrit dans les fouilles de Rsine, au mois de septembre 1748, ces
peintures et les suivantes, o sont reprsents les Gnies de la danse
et de la musique, des jeux de l'enfance, de quelques arts mcaniques et
de divers exercices. Dans le premier tableau, l'un des petits danseurs
est en mouvement, tenant d'une main une espce de roseau fendu, dont le
bruit parat devoir marquer la mesure; l'autre, prt  partir, ajuste
une couronne de myrte sur sa tte,  l'envi de son compagnon dj
couronn. Dans le second tableau, l'un, presque en repos, tient aussi un
roseau fendu; l'autre, en mouvement, porte sur l'paule un long sceptre,
orn au bout d'une pomme ou d'une balle, et tient un disque ou plutt un
petit tambour suspendu  un cordon. On peut considrer ce sceptre comme
destin  servir de balancier, ou  faire briller l'adresse du danseur.
On sait  quel point les anciens ont port le got de la danse. Cet art,
galement consacr par la religion et par le plaisir, faisait partie de
l'ducation publique chez plusieurs peuples; et les artistes ont pris
souvent plaisir  nous retracer les modles qu'il leur offrait.

Hauteur, 8 p. 3 lig--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXI.


Ces deux peintures offrent l'union de la danse et de la musique. Dans la
premire, l'un des Gnies joue d'une flte double garnie de clefs pour
en varier les modulations; l'autre saute ou danse sur un seul pied avec
un bton ou peut-tre un balancier sur l'paule, pour conserver
l'quilibre. Dans la seconde peinture, l'enfant arm d'un instrument,
dont l'extrmit fendue est retenue par un anneau, pourrait reprsenter
une espce de danse que Pollux nomme _fissilia trahere;_ nous
remarquerons au reste plusieurs instrumens peu connus, et qui paraissent
tous rpondre  la mme intention, celle de produire un certain bruit
qui marque le temps ou la mesure. L'autre danseur accompagne ses pas du
son d'une lyre  six cordes dont il touche avec grce.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXII.


La premire de ces peintures nous offre deux Gnies dont l'action vive
et gracieuse retrace le mme exercice que les prcdentes. L'un porte
sur l'paule un instrument  dix cordes dont la forme rappelle le
trigone antique, quoiqu'il ne soit point ferm par un troisime ct; il
danse et pince en-mme-temps les cordes de la main droite. Son compagnon
parat danser au son du mme instrument; il tient dans chaque main deux
clous de bronze, espce de crotales, dont on tirait des sons en les
frappant en cadence.

Dans la seconde peinture, on voit trois petits Gnies occups au mme
jeu. Celui du milieu est l'acteur principal; il doit enlever le piquet
plant en terre, et vers lequel il doit arriver en suivant la corde qui
y est attache. Les deux autres, arms de baguettes, s'y opposent avec
vivacit, l'un en poursuivant l'acteur, l'autre en le tirant  lui, par
le moyen de la corde, pour le frapper de son ct. La composition de ce
tableau est aussi piquante qu'anime.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXIII.


Ces deux sujets font suite aux jeux enfantins. Le premier reprsente un
char  deux roues, tir par deux enfans, et guid par un troisime. La
forme du petit char (_Birotum_) est semblable  celle des chars en usage
dans les jeux du cirque, telle qu'elle se rencontre souvent dans les
monumens et sur les mdailles. Celui-ci n'a qu'un seul timon, comme
destin ordinairement  l'attelage d'un seul couple; on sait que les
timons se multipliaient quelquefois  raison de chaque attelage. Cet
exercice donnait aux enfans l'envie de paratre au cirque, et de se
distinguer dans ces jeux clbres.

L'autre peinture offre le jeu vulgairement appel _cligne-mussette_. On
y voit trois petits Gnies; l'un d'eux se couvre les yeux avec les mains
pour donner aux autres le temps de se cacher; un second court avec
empressement pour se cacher, et retourne la tte pour s'assurer s'il
n'est point observ; le troisime, dj tapi derrire une porte, pie
avec impatience celui qui doit chercher. Ces figures sont pleines de
grce et de navet.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXIV.

Dans la premire peinture, on voit un enfant qui fait peur  un autre
avec un masque. Ce pauvre petit est tomb  la renverse, et tout dans
son mouvement exprime ingnuement sa frayeur; un troisime parat venir
 son secours, et gronder celui qui l'a effray. Le caractre du masque
est charg; il parat avoir les traits d'un singe. Cette espce de
masque tait appele _mormolycea,_ et son nom seul servait aux nourrices
pour faire peur aux enfans.

L'autre peinture a quelque chose de trs-curieux; elle reprsente deux
Gnies exerant le mtier de menuisier. On voit dans la boutique
l'tabli avec le fer crochu ou _valet_ pour assujtir les planches, la
scie, le marteau, et une bote  mettre les outils. Sur un support
attach au mur est un petit vase destin, peut-tre,  contenir de
l'huile pour les outils. Chaque profession mcanique avait ses Dieux
protecteurs, auxquels les inscriptions donnent le nom de _Gnies;_ celle
des charpentiers et des menuisiers formait,  Rome, l'une des
principales communauts. On appelait aussi Gnie l'inclination qu'on
sentait pour exercer un art. L'intention du peintre peut se rapporter
l'un de ces motifs.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXV


La premire de ces peintures est trs-curieuse, en ce qu'elle nous
retrace une opration rustique, avec des dtails que les Auteurs anciens
ne nous ont transmis qu'avec beaucoup d'obscurit. Ces Gnies
reprsentent les travaux des pressureurs, qui formaient  Rome une
communaut sous le nom latin de _Capulatores_. Un plateau, deux chevrons
plants en terre, runis par un troisime dans la partie suprieure,
quelques traverses et des coins de bois composent toute la machine, et
forment le pressoir. Il est du genre de ceux qu'on peut appeler
pressoirs  poids, plus anciens et plus simples que les pressoirs  vis.
Deux Gnies, frappant en sens contraire avec des maillets, enfoncent les
coins, et font descendre les traverses dont la pression crase le
raisin; on voit le mot couler par la rigole et tomber dans un grand
vase. Un Gnie  part semble occup  faire cuire le mot, qu'il remue
avec une spatule dans un vase plac sur un fourneau.

L'autre peinture reprsente une boutique de cordonnier. Deux Gnies
assis sur des escabelles devant une table, exercent ce mtier. On voit
quelques brodequins sur une tablette attache au mur; de l'autre ct
est une armoire o sont rangs des formes et des vases qui peuvent
contenir la couleur dont on teignait les chaussures.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXVI.


On ignorait tout--fait quel tait le sujet du premier tableau. M.
_Visconti_ en a donn une explication heureuse fonde sur un
rapprochement de passages anciens et de plusieurs monumens. (_Voyez_
Museo Pio-Clem. _Tome IV page 2, note 2_). Ces Gnies s'occupent autour
d'un mtier  former une espce de festons de laine qui devaient tre
interrompus par de petits noeuds en ruban pourpre. Ces festons taient
proprement dits _vittae_; ils formaient la parure ordinaire des temples,
des victimes, et de presque tous les objets du culte. Pour faciliter le
travail de ces petits ouvriers, des cheveaux de laine sont suspendus
autour du mtier, sur la table duquel parat un grand nombre de petits
anneaux de ruban pour en former les noeuds que nous venons d'indiquer.
Ces Gnies font prcisment l'opration que Stace a dcrite dans
l'hmistiche suivant (THEB. II, v. 7381):

... _Nectunt discrimine vittas_.

Dans le second tableau, on voit deux petits Gnies dans une attitude
gracieuse qui s'amusent  pcher  la ligne.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 8 lig.



PLANCHE XXXVII.


Le Gnie de la Chasse ne peut tre reprsent avec plus de vie, avec
plus de grce. Il tient deux javelots de la main gauche; de l'autre, il
lance le trait qui va percer l'un des cerfs fugitifs; le battement de
ses ales et sa draperie flottante rpondent  la vivacit de son
action. Les cerfs sont d'une belle forme et s'lancent avec rapidit.
Les chiens sont tels que les dcrit un auteur ancien (NEMESIANUS, _v.
108 et suiv._) Elevs sur les jambes, la poitrine large, les flancs
effils vers la croupe, la queue recourbe et les oreilles flottant avec
souplesse dans leur course. Le peintre n'a rien nglig pour exprimer
cet exercice chri des rois et des hros, et qui prparait les Romains
la gloire, en dveloppant leurs forces et en entretenant leurs membres
dans la vigueur. (_Voy._ HOR. I, _p. XVIII_).

L'autre peinture offre deux Gnies chacun sur un char tir par des
dauphins accoupls  un timon; le second, cdant au sommeil et prt
tomber dans la mer, semble faire allusion  l'aventure du fameux nocher
d'_Ene_.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXVIII


La premire de ces peintures offre un Gnie assis dans un char et jouant
de la lyre. Le char est tran par deux griffons guids par un autre
Gnie qui marche devant, et porte un bassin rempli de fruits. Le fond du
tableau est une draperie verte releve dans le milieu par un gros noeud,
et dont les plis indiquent une suite de festons. Cet appareil, cette
marche solennelle, ces quadrupdes ails consacrs  _Apollon_, semblent
annoncer le fils de _Latone_. Ces Gnies sont videmment ls Gnies
d'Apollon; la draperie peut faire allusion au pavillon sacr dcrit par
_Euripide_ dans l'_Ion_ et que l'on rigeait  Delphes dans les ftes de
ce Dieu. La lyre dsignerait l'harmonie que ce Dieu puissant entretient
dans la nature, et le bassin de fruits serait l'hommage offert pour les
bienfaits qu'il rpand sur la terre en la fcondant. Ce que cette
peinture a pu laisser  dsirer pour le fini de l'excution et la beaut
du coloris, est rachet par le mrite de l'invention, le mouvement et la
vie des figures. Elle fut trouve dans les fouilles de Rsine en 1748.
La suivante fut trouve au mme lieu en 1749; elle nous offre galement
un sujet religieux, expliqu par l'inscription trs-rare qu'on lit sur
le fond du tableau: GENIUS HUJUS LOCI MONTIS, _Gnie de cette montagne_.
Ce jeune homme nu, couronn de feuillages et tenant une branche  la
main, vient de dposer son offrande sur l'autel rustique qui s'lve au
sommet de la montagne. Son action indique le silence qui convient au
mystre,  l'instant propice attendu religieusement, o le serpent vient
dvorer les fruits consacrs. On connat le respect des anciens pour ce
reptile; n de la terre, il reprsente ici le Gnie du lieu. Un passage
de Virgile se rapporte merveilleusement au sujet. (N. _V. v._ 97).

Il dit, et de la tombe un serpent monstrueux
Sort en dveloppant sept plis majestueux,
Embrasse mollement la tombe paternelle;
D'un or ml d'azur son caille tincelle,
Et son mail changeant jette un clat pareil
A l'charpe brillante o s'empreint le soleil.
On s'tonne  sa vue; et lui sans violence,
Parmi les vases saints s'avanant en silence,
Glisse, effleure les mets, et, rassemblant ses nuds,
Rentre au fond de la tombe et disparat aux yeux.
_Quel est,_ dit le hros, _ce serpent tutlaire?
Est-ce un gardien sacr du tombeau de mon pre?
Serait-ce de ces lieux le Gnie inconnu?_

                                  DELILLE

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XXXIX.


Cette peinture et les suivantes, ayant pour sujet des dcorations
d'architecture, furent trouves dans les fouilles de Rsine. On
chercherait vainement, dans ces compositions bizarres, les principes ou
l'application, des rgles de l'art; on ne doit y considrer que l'essor
d'une imagination capricieuse, dont une grce sduisante excuse  peine
les carts. La peinture, qui n'est que l'ombre des arts plus imposans,
de la sculpture et de l'architecture, a pu jouer avec les formes les
plus svres et produire des prestiges brillans, comme fait
l'imagination avec les ombres lgres d'un songe. Les dcorateurs, qui
n'avaient pour but que de remplacer la longue uniformit d'une surface
par des objets agrables  la vue, se sont abandonns sans scrupule
tous leurs caprices. _Vitruve,_ ce grand matre de l'antiquit, dont le
livre conserverait encore les principes, si tous les monumens avaient
pri, s'est lev avec une grande svrit contre ces carts qu'il
croyait pernicieux au bon got. Il rappelle la peinture  sa premire
destination, celle de reprsenter ce qui existe; il veut qu'elle soit
aussi vraie dans la reprsentation de l'architecture, que dans
l'imitation de tous les objets pris dans la nature; il ne peut souffrir
ces fts de candlabres, ni ces cannes lgres (_calami_) qui prennent
la place des colonnes, ni ces formes de crochets (_harpaginetuli_)
substitus au fate imposant d'un difice, tels qu'on les voit au
couronnement de la rotonde dans notre peinture,  laquelle on peut
parfaitement appliquer la critique de l'auteur latin. Cette rotonde
parat former le milieu d'un ensemble de colonnades disposes d'une
manire pittoresque. Il manque la partie gauche et tout ce qui
rpondrait au ct droit. L'arrangement des guirlandes et des feuillages
jette de l'agrment dans les espaces et sert  marquer les distances.
L'ordre ressemble  l'ionique, s'il peut tre dtermin malgr le dfaut
de proportions. On ne peut s'empcher de reconnatre dans ces peintures
une vivacit singulire, runie  tant de franchise et d'esprit, dans
les touches des ombres et des lumires, que Vitruve qualifiait
d'_asprit_ le relief qu'elles produisaient. Et si l'on veut revenir
contre la condamnation du critique latin, on se rappellera que _Raphal_
a adopt ce genre de peinture pour la dcoration; et le got gnral
avec lequel les anciens et les modernes l'ont affectionn, semble faire,
avec ce jugement implicite de Raphal, une autorit qui contre-balance
l'opinion trop svre que Vitruve avait de ce mme genre.

Hauteur, 3 P. 3 lig.--Largeur, 4 P. 9 p. 6 lig.



PLANCHE XL.


Cette dcoration, du mme got que la prcdente, est galement
tronque. Elle rgne sur une bande qui forme comme le socle de la salle;
cette bande est divise en trois parties. La partie infrieure qui sert
d'architrave, est orne d'ales et de bandelettes disposes
alternativement. La partie suprieure est agrablement orne et figure
la corniche. Celle du milieu peut passer pour la frise (_zophorus_,
ainsi dite, parce qu'elle est orne d'animaux); les modillons sont
figurs par des ttes ou mascarons, et les mtopes par des cygnes et
d'autres oiseaux qui tiennent des couronnes suspendues sur un pavillon
ou sur une coquille; le portique quadrilatre forme le milieu de la
dcoration; il est flanqu de deux autres de forme triangulaire, gaux
entre eux. Tous les trois sont couronns d'une espce de pavillon, et
reposent sur un soubassement propre  chacun d'eux: les chapiteaux
dsignent l'ordre ionique; mais les colonnes effiles n'ont point de
base comme dans le dorique. A quelque distance des portiques, on en voit
natre un quatrime, dont on distingue seulement une colonne et un
contre-pilastre sur une base isole des premires; l'intervalle entre
ces deux suites est occup par une espce de dais dcor intrieurement
de caissons, et sur le front, d'une frise et d'un tableau reprsentant
une biche marine. Sous le dais se voit un panier sacr ressemblant
ceux des _Canephores,_ avec ses anses et son couvercle. Ce panier est
suspendu par une guirlande qui s'attache au pavillon principal en
traversant les colonnes avec lgance, et dont le second feston parat
devoir aller joindre une partie semblable au ct visible.

Hauteur, 3 P.--Largeur, 4 P. 9 p. 6 lig.



PLANCHE XLI.


Au premier aspect, ce portique promet un difice rgulier; mais, avec
quelque attention, on y dcouvre les mmes dfauts et les mmes
bizarreries que dans les dcorations prcdentes. Les colonnes, toujours
en forme de candlabres, paraissent tenir  l'ordre composite, si l'on
se borne  considrer le chapiteau, sa forme et sa proportion. Les bases
sont attiques et reposent sur un socle ou soubassement orn en partie
comme un pidestal avec une grande ouverture horizontale dans le milieu.
Le portique semble ferm par une enceinte  hauteur d'appui, dans le
genre de ceux qu'on appelait chez les anciens _plutei_; ils taient
ordinairement de marbre ou de bois. Dans le fond, on voit un autre
portique d'ordre ionique dont la corniche, orne de triglyphes et de
mtopes, quoique d'un got bizarre, tient beaucoup au dorique. Toute la
colonnade, comme les prcdentes, est runie par une guirlande qui
couronne un _tympanum_ ou un bouclier qu'on suspendait aux portes des
temples; cette remarque peut conduire  penser qu'on a voulu figurer ici
le _pronaos_ ou le vestibule d'un temple.


Hauteur, 4 P. 1 p.--Largeur, 3 P.



PLANCHE XLII.


Cette planche prsente deux fragmens de peintures diffrentes. La
premire semble offrir le vestibule d'un grand palais. La colonne en
avant de la perspective, dcore d'ornemens bizarres, peut faire
supposer un autre difice isol. Les deux colonnes sur la droite du
tableau et l'espce de therme ou de cariatide, place  l'angle
saillant, indiquent des parties correspondantes qui concourent
soutenir la frise et la corniche d'une grande richesse;  travers la
porte, on dcouvre une colonnade ionique qui donne l'ide d'un portique
ou d'une cour (_peristylium_). La disposition des parties et la
dgradation des teintes dans ce tableau curieux, prouvent bien, contre
une opinion hasarde, la connaissance que les anciens avaient de la
perspective et de ses effets.

L'autre peinture, trs-intressante, semble offrir trois parties
distinctes et runies par le seul caprice du dcorateur; l'difice
semble indiquer le _pronaos_ d'un temple qu'on peut supposer de Bacchus,
 cause de la statue de panthre, place au pied d'une colonne. On peut
reconnatre le nombre impair des gradins, exig par Vitruve (III, 3);
le _pluteus_ et la porte bien singulire, divise en trois parties ou
battans; il n'y a de vritable que celui du milieu, les deux autres
tant dormans; aussi l'escalier n'a-t-il la largeur que de la seule
partie qui s'ouvre.

Hauteur, 8 p. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p. 6 lig.



PLANCHE XLIII.


On ne peut considrer, sans plaisir, cette peinture singulire. Sur un
portique d'ordre ionique, dont on ne voit que les chapiteaux avec la
corniche et la frise orne de dauphins et de tritons, s'lve un difice
construit en bois. Le chapiteau tient du corinthien; la corniche, le
frontispice et le tot ont quelque chose de fantasque et d'agrable. Sur
le flanc, se dtache un morceau de travail semblable, consistant en deux
pilastres qui descendent jusqu'en bas de l'difice infrieur, et dont
l'entablement porte un beau vase  deux anses et  col rtrci. On
pourrait penser que cet difice reprsente un _coenaculum,_ ou une
espce de belveder sur la plateforme d'une maison de plaisance. (_Voy_.
VITRUVE, _lib. II, cap. 8_). Les arbres qui l'environnent et dont on ne
voit que les sommits, confirment cette opinion.

On admirera dans la seconde peinture (_pl. 47 de l'dition royale_)
l'imagination et le caprice ingnieux de l'artiste. Il a reprsent
d'une manire trs-gracieuse, un perroquet attel  un petit char et
guid par un grillon qui tient les rnes entre ses dents; on trouve des
pierres graves avec de semblables fantaisies qui pourraient bien
renfermer quelques allusions satiriques  des noms propres, ou bien
des anecdotes relatives  l'poque o vivait l'artiste.

1er SUJET.--Hauteur, 3 P. 4 p.--Largeur, 3 P. 6 p. 6 lig.
2e SUJET,--Hauteur, 1 P, 2 p.--Largeur, 3 P. 6 p.



PLANCHE XLIV.


La premire peinture parat offrir un vestibule; le caprice y rgne
comme dans les prcdentes, et n'exclut pas un certain agrment. Les
colonnes  chapiteaux ioniques, mais sans bases, portent la couverture
et une corniche que l'ornement presque en triglyphe et les modillons
rapprochent du dorique. La lionne ou panthre, le disque d'argent auquel
sont suspendus des festons entrelacs de rubans rouges, le tableau
au-dessus de l'difice reprsentant une marine, sont des ornemens
disposs pour la grce et l'effet pittoresque.

Dans le premier tableau (_pl. 50 de l'dit. royale_) qui est au-dessous,
on voit _Osiris_ ou quelqu'un de ses prtres avec un masque  tte
d'pervier, surmonte de la fleur mystrieuse du _lotus_; il porte une
lance (_hasta_); vis--vis est un prtre d'_Isis_ avec une longue barbe
et tenant en main un serpent; ce symbole, bien connu d'Isis, a rapport
la facult de gurir, attribue  cette divinit universelle; au milieu
est un autel avec le vase de l'eau du Nil, autre emblme propre  la
mme desse.

La peinture qui fait pendant reprsente aussi _Osiris_ et _Isis._ Le
premier a une longue barbe; chacune de ces divinits porte une lance, et
de l'autre main quelque chose de difficile  distinguer, probablement
le _tau_ ou la clef des digues, symbole du dbordement annuel du Nil
qu'on croyait d  Isis et  Osiris; au milieu on voit une table sur
laquelle est un oiseau qui semble s'lancer vers Isis; cet oiseau peut
rappeler les fables gyptiennes qui faisaient mention de la mtamorphose
d'Isis en hirondelle; les vtemens rticulaires sont les mmes que ces
divinits portent sur la table isiaque ou dans d'autres monumens.

1er SUJET.--Hauteur, 2 P. 2 lig.--Largeur, 2 P. 9 lig.
2e et 3e SUJETS--Hauteur, 1 P.--Largeur, 1 P. 2 lig.



_PLANCHE XLV._

LE premier tableau reprsente un combat entre deux vaisseaux de guerre;
un autre, charg de gens arms, parat s'loigner, tandis qu'un
quatrime, bris contre un rocher et dvor par les flammes, est prt
disparatre, et ne montre plus que des dbris. Parmi les flammes et les
flots on distingue une femme; on en reconnat d'autres sur le troisime
vaisseau, ce qui n'a rien d'extraordinaire, puisqu'elles taient reues
sur les vaisseaux de guerre. Dans la petite le s'lve une chapelle
(_Sacellum_) avec une statue de Neptune; prs de l est un guerrier, le
casque en tte et arm d'une pique. Il parat que ces vaisseaux sont des
_birmes;_ on y distingue facilement les deux rangs de rames; le premier
est vident, le second est visible aussi vers le bout des vaisseaux, o
l'on aperoit les rames dans leur largeur: on voit ici clairement que
les rames ne composent pas un seul rang. Les boucliers suspendus aux
vaisseaux taient un ornement ordinaire de la marine militaire. La tour
qui domine sur l'un des vaisseaux peut indiquer le vaisseau _Prtorien,_
c'est--dire, celui que montait le commandant. Dans l'autre tableau sont
peintes diffrentes espces de poissons.

Chaque Sujet.--Hauteur, 1 P. 3 p. 6 lig.--Largeur, 9 p.



PLANCHE XLVI.


La varit des objets donne au premier de ces deux paysages beaucoup
d'intrt. Sur le rivage est un difice, avec des arbres d'un ct, et
de l'autre un pilastre qu'on pourrait prendre pour un phare, s'il avait
plus de corps et de solidit. En mer sont quatre vaisseaux chargs
d'quipages et de soldats. Trois ont sur les flancs une espce de
parapet sur lequel sont suspendus des boucliers; le quatrime est dcor
d'une balustrade; le rameau de laurier plant sur la poupe indique
vraisemblablement quelque victoire. Des figures humaines en forme de
mascarons ornent les proues. L'autre rive offre un paysage agrable,
orn de collines, de plaines, et de fabriques. Celle qui se fait
remarquer par une longue colonnade pourrait tre un _prtorium_ ou
chteau.

La seconde peinture (_pl. 50 de l'dition royale_) reprsente un difice
champtre sur le bord du Nil. L'gypte est videmment indique par le
crocodile et l'hippopotame, ainsi que par l'oie qui se rencontre
frquemment dans la table isiaque et dans les autres monumens gyptiens.

1er SUJET.--Hauteur, 1 P. 11 p---Largeur, 4 P.
2e SUJET.--Hauteur, 1 P. 2 p.--Largeur, 3 P. 4 p.



_PLANCHE XLVII._


On a runi ici les deux arbres avec les bandes qui occupent deux
planches dans l'_dition royale_ (_pl. 48 et 49 _); au-dessus de chaque
arbre est suspendu un bouclier d'or avec une tte de Mduse; du pied de
l'un des chnes s'lve une Dryade arme d'une coigne, comme attribut
de la nymphe gardienne de la fort.

Le premier des petits tableaux qui sont au-dessous reprsente un petit
temple gyptien auquel on arrive par cinq degrs. La porte est orne
d'un feston; on voit un buste dans la frise de l'architrave, et sur le
fate un serpent de bronze dsignant peut-tre le serpent d'Isis. Les
degrs sont flanqus de deux bases longues sur lesquelles sont deux
crocodiles galement de bronze;  gauche du temple, dans une niche
trs-leve, est une Idole gyptienne; l'difice qui fait suite parat
tenir au temple; et sur le cordon qui rgne autour, sige Anubis en
forme de chien, comme pour veiller  sa garde (_latrator Anubis _). On
remarque diffrens personnages et un groupe plein de navet; c'est un
paysan conduisant un ne charg de bouteilles, comme l'atteste la
transparence de la liqueur rouge qu'elles contiennent, et qui
s'efforce, en tirant l'animal par la queue, de le sauver de la gueule du
crocodile.

L'autre peinture n'est pas moins intressante; c'est une vue du Nil avec
diffrens difices, des tours et une espce de moulin prs d'une grande
maison de campagne; sur le devant on remarque une conserve pour les
eaux, dfendue par une enceinte de palissades; au-dehors, une machine
curieuse pour puiser de l'eau, et dont un homme, assis sous une grande
tente, fait usage; plus loin, on voit un homme portant une lance et un
bouclier, qui attaque un crocodile.


1er et 2e SUJETS.--Hauteur, 3 P.--Largeur, 1 P. 8 p.
3e et 4e SUJETS.--Hauteur, 1 P. 2 p.--Larg. 3 P. 4 p.



PLANCHE XLVIII.


CETTE planche runit quatre morceaux servant d'ornemens dans l'dition
royale, aux pages ci-aprs cites. Le premier rond (_pag._ 174) offre un
paysage avec deux colonnes de front qui soutiennent un architrave
faisant ruines. Dans l'autre rond (_p._ 251) sur une base leve, on
voit une statue qui pourrait tre une _Leucothe;_ en mer est un
vaisseau, et dans le lointain une maison de plaisance. Le troisime de
forme longue (_pag._ 151) reprsente une maison de campagne magnifique,
avec plusieurs personnages; sur une base s'lve une statue de
_Neptune:_ Dans le quatrime (_page_ 143) on voit une tour quarre avec
des fentres; un difice somptueux soutenu dans l'eau sur des arcades;
l'horizon, d'autres fabriques, parmi lesquelles on distingue une
pyramide qui pourrait tre un tombeau. On remarque dans cette peinture
les deux figures portant des culottes, pice de vtement qu'on n'avait
pas vu paratre jusqu'ici sur des monumens d'une date aussi ancienne,
qui rpond au rgne de Titus, ou mme qui le devance. La colonne Trajane
en offre d'autres exemples; cependant, les auteurs de l'ge d'Auguste
font dj mention des _campestria_, espce de culottes, et ils en
supposent l'usage bien plus ancien.

1er et 2e SUJETS.--Diamtre, 1 P.
3e et 4e SUJETS.--Hauteur, 10 p. 3 lig;--Largeur, 2 P. 2 p.




FIN DU PREMIER VOLUME






End of the Project Gutenberg EBook of Antiquits d'Herculanum, Tome I.,
(Vol. 1 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITS D'HERCULANUM ***

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809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at https://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit https://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: https://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     https://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
