The Project Gutenberg EBook of De la tlpathie, by mile Hureau

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Title: De la tlpathie
       tude sur la transmission de la pense

Author: mile Hureau

Release Date: February 23, 2006 [EBook #17840]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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           Publications de L'IDE LIBRE.--Brochure n 30.



                           Emile HUREAU



                              DE LA
                           TLPATHIE



                              TUDE
                 SUR LA TRANSMISSION DE LA PENSE







                    ditions de l'IDE LIBRE
         (A. Lorulot,  Conflans-Honorine, Seine et Oise)

                               1920




                         DE LA TLPATHIE


    Cette tude est parue d'abord, en partie, dans l'IDE LIBRE.
    Certes, on peut faire des rserves  l'gard de ces phnomnes
    curieux et de leur interprtation; on peut exiger des garanties
    et vouloir conserver un esprit scrupuleusement scientifique--il
    n'en reste pas moins ncessaire d'aborder franchement et
    avec indpendance l'tude des phnomnes dits occultes. C'est
    pourquoi nous croyons ne pas sortir de notre rle d'ducateurs
    en publiant le texte complet du travail de notre collaborateur
    M. E. Hureau. L'IDE LIBRE

On dsigne sous ce nom un ensemble de phnomnes qui rvlent une
communication de penses ou d'images, ou une apparition,  distance,
sans intermdiaire matriel et sans le concours des sons ordinaires.

A l'heure o l'on change des messages par la tlgraphie sans fil,
entre l'Europe et l'Amrique,  l'heure o le professeur Cessebotani a
construit un appareil que l'on peut porter dans la poche et qui sert de
poste-rcepteur de tlgraphie sans fil: sorte de chronomtre pourvu
d'un cadran rond portant des signes et avec lequel on peut expdier et
recevoir des tlgrammes dans un rayon de 30 kilomtres;

Alors que l'instituteur F. Duroquier, dans le petit village d'Anch,
prs de Chinon, a rduit le poste rcepteur de tlgraphie sans fil 
sa plus simple expression, sans antenne extrieure ni complication, et
qu'il reoit dans sa classe, ou plutt dans le grenier au-dessus, les
communications manant des postes europens,  la grande distraction des
petits garons et petites filles;

Alors que l'on a mme song  utiliser les grenouilles (Voir le rapport
de M. Ch. Lefeuvre,  la Socit de Biologie du 25 mai 1912) pour
enregistrer les signaux horaires que lance chaque jour le poste de T.
S. F. de la Tour Eiffel, car la grenouille, dit le savant, est un
galvanoscope extrmement sensible;

Il serait invraisemblable, qu'aprs toutes ces dcouvertes, on se
refust  admettre la communication par ondes volontaires entre deux
cerveaux, chacun d'eux formant, par le fait, un vritable poste
qui vaut bien une cuisse de grenouille. Il est certain que de pareils
messages sont  tout instant changs, mais notre ignorance complte
de la tlpathie nous rend aussi incapable d'utiliser ce moyen de
communication qu'un homme du sicle de Louis XIV serait incapable de
comprendre ce que veulent dire les signes mystrieux imprims sur la
bande de papier d'un appareil Morse.

Pour nous qui savons que le progrs se fait par la science, par les
dcouvertes et par le perfectionnement de nos sens, nous attribuons
 cette question une importance capitale et nous pensons comme le
professeur Georges Pouchet, qui crivait dans le _Temps_ du 12 aot
1893:

Dmontrer qu'un cerveau, par une sorte de gravitation, agit  distance
sur un autre cerveau, comme l'aimant sur l'aimant, le soleil sur les
plantes, la terre sur le corps qui tombe, arriver  la dcouverte d'une
vibration nerveuse se propageant sans conducteur matriel!...

Le prodige, c'est que ceux qui croient peu ou prou  quelque chose
de la sorte, ne semblent mme pas, les ignorants! se douter de
l'importance, de l'intrt, de la nouveaut qu'il y aurait l-dedans
et de la RVOLUTION _que ce serait pour la science, pour le monde de
demain_.

Trouvez-nous donc cela, prouvez-nous cela, et votre nom ira plus haut
que celui de Newton dans l'immortalit, et je vous rponds que les
Berthelot, les Darwin, vous tireront leur chapeau bien bas.

Pour communiquer vritablement, il faut s'entraner et se placer dans un
tat spcial.

L'Unit de processus est mathmatiquement ncessaire dans la nature, et
quelles que soient les diffrences existant entre la force psychique
et la force lectrique, quelle que soit la diffrence existant entre
la volont et la matire, toutes ces choses obissent aux mmes lois
gnrales. Les courants psychiques, les ondes de penses engendrent
des attractions, des rpulsions et des phnomnes analogues  ceux qui
s'exercent entre les courants lectriques.

La tlphonie sans fil est la transmission  distance de la parole, sans
voie spciale utilise, ni fil conducteur, ni tube acoustique. Les ondes
mises restent invisibles; tant sans sonorit, la parole n'est pas
perceptible pendant le parcours. Il faut que le rcepteur soit accord
et c'est lui qui prend la vibration, silencieuse en elle-mme, et la
transforme, pour notre sens auditif, en paroles, en sons.

Henri Hertz a dmontr que la propagation des effets lectro-dynamiques
et d'induction, a lieu d'une faon analogue  celle des ondes sonores et
lumineuses  travers l'espace. Deux diapasons tant  l'unisson, touchez
l'un d'entre eux, l'autre rsonnera aussitt par sympathie. De mme les
deux appareils metteur et rcepteur, de la T. S. F., doivent tre dans
un accord lectrique parfait.

Le cerveau met des ondes particulires plus complexes, qui constituent
une pense qu'un autre cerveau en harmonie avec le premier peut
recevoir. Aussi les exemples de tlpathie se produisent le plus souvent
entre des tres lis par la sympathie, entre une mre et son enfant, des
frres et des soeurs, entre jumeaux surtout.

Les vibrations de la pense se propagent dans l'ther, ce fluide subtil,
expansif, idal, qui remplit les espaces et qui est le milieu, le mdium
transporteur de toutes les vibrations: de la chaleur, de la lumire,
comme de la pense. Quand je pense fortement avec mon cerveau physique,
 une forme concrte et simple, je reproduis cette forme dans la matire
thrique et j'mets autour de moi des ondes thriques. Quand les ondes
mentales frappent un autre cerveau, elles tendent  reproduire en lui
la mme image. Ce n'est pas l'image qui est projete, mais une srie de
vibrations qui reproduiront l'image. Cela ressemble au tlphone dans
lequel ce n'est pas la voix elle-mme qui est transmise, mais un certain
nombre de vibrations lectriques produites par la voix, et qui sont
transformes en son dans le rcepteur. Si l'on coupe le fil et qu'on
coute sans rcepteur, on n'entend rien. Chaque espce de pense a un
mode vibratoire propre, comme chaque son. C'est ainsi que les vibrations
de la pense, projetes avec intensit, se propagent au loin et peuvent
influencer des organismes en affinit avec le ntre. Des images, des
messages flottent dans l'atmosphre, impressionnent les cerveaux ayant
un rythme vibratoire semblable dans leurs penses. De l, beaucoup
d'ides, d'inspirations qui nous viennent, que, dans notre orgueil,
nous nous attribuons, dont nous voulons nous croire les crateurs, les
propritaires, alors que nous les avons prises au vol, dans l'ocan
infini des connaissances, o rgne le plus parfait communisme, tout le
monde y puisant gratuitement.

Dans la T. S. F., l'tincelle lectrique de l'appareil metteur qui
rpand autour d'elle des ondes vibratoires, correspond au cerveau du
suggestionneur; le tube de limaille du rcepteur, qui est influenc par
ces ondes occultes qui se transmettent instantanment sans souci des
distances, c'est le cerveau du lecteur, du sujet, du mdium; et pour
qu'il y ait transmission, il faut que, dans l'une ou l'autre de ces
tlpathies, les deux postes soient accords  l'unisson.

En somme, aprs avoir ni la tlpathie, on s'apercevra que tout est
tlpathie, c'est--dire que tout est une transmission vibratoire 
travers le fluide thrique: qu'il s'agisse du transport de la lumire
entre les astres, de l'influence de l'aimant  distance, du transport de
la voix humaine ou de la pense.

_Tlpathie_: le vin qui fermente dans les caves au moment o les vignes
sont en fleur et qui revient bientt  l'tat normal.

_Tlpathie_: les sourciers, les baguettisants, dont le fluide
nerveux est influenc par les cours d'eau souterrains ou les dpts
mtallifres, cours d'eau et minerais qui mettent des radiations
capables de faire osciller la baguette de coudrier que ces hommes
tiennent en main.

_Tlpathie_: l'exprience suivante: une femelle de papillon bombyx
du Japon fut place dans une cage en plein air aux tats-Unis o
ce papillon est inconnu; un mle marqu fut lch  4 kilomtres de
distance. Ce mle fut, ds le lendemain, captur prs de la cage.
(Piron, matre de confrences.)

_Tlpathie_ aussi le terrible engin construit par l'ingnieur Gabet:
torpille que l'on peut diriger  volont au moyen d'ondes invisibles.
Longue de prs de 9 mtres et pesant 4.000 kilogs, la torpille
automobile, au moyen d'organes lectriques trs compliqus, placs dans
l'engin mme, reste constamment sous l'influence du poste qui la projeta
dans l'Ocan, et dont les ondes, selon la faon dont elles sont mises,
agissent diffremment sur l'appareil de l'engin qui peut ainsi changer
de direction  volont et clater lorsqu'on le dsire. Mais il y
a mieux. Non seulement la torpille obit  des ordres lointains et
occultes, mais elle n'obit qu' eux, et les ondes hertziennes lances
par les navires qui tenteraient d'loigner un aussi gnant voisin
n'auraient aucune influence sur le terrible engin.

Reconnatre et admettre partout la tlpathie entre les radiations de
la matire et nier la tlpathie possible entre tres vivants, est un de
ces paradoxes permis seulement  la faiblesse mentale de nos acadmies
savantes...

C'est  Edmond Gurney que nous devons le premier essai d'exprimentation
systmatique du phnomne tlpathique. Et c'est grce  la _Socit
de Recherches Psychiques_, de Londres, compose des hommes les plus
distingus de l'Angleterre, soit savants, soit philosophes, que
l'attention des penseurs a t ramene sur ces phnomnes. Cette socit
a publi un volume, sous le titre: _Phantasms of the Living_, o elle a
group prs de 1.500 faits dont elle a pu vrifier l'authenticit.

M. Mariller, matre de confrences  la Sorbonne, en a fait une
traduction abrge en franais, prcde d'une magistrale prface de Ch.
Richet.

Dans les expriences de la _Socit de Recherches Psychiques_,
l'oprateur et le percipient taient placs dans deux salles
diffrentes, ensuite dans deux maisons loignes. Les penses 
transmettre taient inscrites par les membres tmoins et tires au sort.

Les cerveaux se perfectionnant et se sensibilisant par l'volution,
le sens tlpathique, sorte de sixime sens, sera aussi gnral et
ordinaire que le sens visuel ou le sens de l'oue. Il paratrait que
c'est la glande pinale qui est l'bauche de cet organe nouveau, de ce
nouveau rcepteur vibratoire.

La glande pinale est un petit organe qui se trouve  peu prs au
milieu du cerveau. Sa place importante, son enchssement entre les deux
tubercules quadrijumeaux, sa construction, en font un organe mystrieux
pour nos anatomos-physiologistes. Que vient-il faire au centre du plus
noble organe? L'examen microscopique semble rvler les lments
d'un oeil bizarre: en avant, une sorte de cristallin; en arrire du
cristallin, une cavit centrale remplie de liquide; une fausse rtine et
comme les rudiments d'un chorode. Cet oeil pinal est reli au cerveau
par un ensemble de faisceaux nerveux, appels pdoncules.

Les anatomistes ont voulu y voir un organe atrophi, un sens
dgnr. Un organe dj en dcadence au centre mme du cerveau envoie
d'volution, reprsente une anomalie qui ne nous permet pas de nous
incliner si vite devant les conclusions de l'anatomie compare,
mal interprte dans ce cas. La glande pinale nous parat tre, au
contraire, l'organe tlpathique en voie d'volution. Une forte pense
concentre entrane un lger frisson dans la glande pinale, un courant
magntique s'tablit  travers l'ther crbral et gagne l'ther
extrieur pour aller atteindre un cerveau harmonis, et l'image ou la
pense apparat  l'oeil pinal du sujet rcepteur.

A l'exemple du docteur Gibert et de Pierre Janet, dont le sujet, Lonie,
obissait  la suggestion  un kilomtre de distance, le docteur Balme
avait le pouvoir de transmettre mentalement sa volont  une demoiselle
de Lunville. Il l'obligeait ainsi  venir dans son cabinet,  Nancy,
rclamer ses soins. Un jour, ayant concentr et dirig vers elle sa
pense, il pronona les paroles suivantes: Venez, je vous attends par
le train de midi. A l'heure dite, la jeune fille entrait chez lui,
disant: Me voici.

Le docteur Balme n'tait pas arriv  un tel rsultat sans travail. Les
premiers essais ne donnrent aucun rsultat. Tous les jours,  la mme
heure, et pendant longtemps, ils poursuivirent leur tentative. Les
penses changes furent d'abord contradictoires. Un jour cependant un
mot fut peru avec exactitude; puis, par la suite, des phrases de quatre
 cinq mots. Enfin, au bout de deux ans, ils communiqurent  distance,
 n'importe quel moment de la journe, en frappant d'abord quelques
coups dans leurs mains[1].

[Note 1: _Bulletin de la Socit des tudes psychiques de Nancy_, avril
1901.]

Les entranements ne sont pas toujours aussi longs, cela dpend des deux
cerveaux en prsence. Dans l'avenir, on commencera jeune, et il y aura
dans les coles de la Socit Future, un cours de tlpathie pratique.
La fonction cre l'organe. Une fois l'organe tlpathique suffisamment
dvelopp, nous recevrons les ondes de pense par la glande pinale
comme nous recevons les ondes sonores par le tympan.

Emile Boirac, correspondant de l'Institut et recteur de l'Acadmie de
Dijon, a crit un trs bon ouvrage sur la _Psychologie Inconnue_. Il y
cite (page 269) quelques faits de transmission de pense, improvise en
quelque sorte, car il n'y a pas eu d'entranement prparatoire.

C'est en faisant quelques expriences sur la transposition des sens
qu'il fut amen  constater la transmission de pense.

    _Lud S..., les yeux bands, endormi, venait de dchiffrer les
    premiers mots d'une carte postale en promenant les doigts sur
    le texte. Je lui mets entre les mains une photographie qu'il
    me dcrit exactement.--Savez-vous son nom?--Pas du
    tout.--Donnez-moi la main et je vais vous le dire
    mentalement. Presque aussitt, il me donna le nom. Je
    renouvelai cette exprience sur d'autres noms et nous russmes
    trs bien._

Le docteur von Mautner-Marknof a rapport le cas de deux poux qui
correspondaient entre New-York et Copenhague, chacun d'eux crivant les
nouvelles que l'autre lui communiquait par la pense.

Des cas de tlpathie accidentelle se produisent frquemment, et
aujourd'hui le nombre relev en est considrable. Les journaux, il y a
quelques annes, ont rapport le fait suivant. Je reproduis ici le rcit
que le _Rappel_ en a fait en son numro du 14 janvier 1909, sous le
titre: _Un miracle dans les dcombres_. Ce rapport est le plus bref. Le
rcit donn par le _Matin_ du 10 janvier est plus circonstanci. C'tait
durant le dernier tremblement de terre de Messine.

    _Le dput Italien Casciani a racont,  son retour de Messine,
    un trs curieux cas de tlpathie dont il a t tmoin.

    Un soldat rva que sa fiance, qu'il croyait perdue, et qu'il
    pleurait, disait qu'elle tait vivante et lui demandait de
    la sauver. Il fit part de son rve  son capitaine, qui, trs
    obligeamment, lui donna des compagnons et, aprs de fatigantes
    fouilles, on trouva, au bout de dix jours, la jeune fille bien
    vivante.

    M. Casciani, qui est un mdecin de talent, a examin la
    rescape et l'a reconnue en bonne sant.

    Elle avait t trouve couche dans son lit,  moiti
    recouverte par les dcombres; un seul oeil tait libre par
    lequel elle distinguait trs bien le jour et la nuit, mais
    elle ne pouvait faire aucun mouvement et ne pouvait crier pour
    appeler au secours. Enfin, elle a pu compter les jours de
    son ensevelissement et a eu l'intuition qu'elle ne devait pas
    mourir.

    Dans l'horrible position o elle se trouvait, la jeune fille
    avait toute sa lucidit d'esprit et sa pense se reportait
    naturellement vers son fianc, qui devait tre son sauveur. Ce
    fut l'amour qui fut son viatique.

    Gageons que l'Eglise verra l un miracle et qu'elle s'en
    servira pour exalter la foi religieuse des malheureuses
    populations de la Sicile et de la Calabre, qui n'ont pas encore
    compris, au milieu des malheurs qui les ont si cruellement
    frappes, que le Dieu qu'elles adorent serait le plus abominable
    des criminels s'il existait rellement._

Un fait curieux s'est produit sous l'autorit judiciaire mme, en 1888,
au tribunal de Paimboeuf, avec le juge d'instruction H.-G. de Penenpron.

Un vol avait eu lieu, on avait arrt le voleur, mais l'argent n'avait
pu tre retrouv. Le juge d'instruction mit le voleur en communication
avec un tlpathe, Zamora, qui lut dans le cerveau du coupable
la cachette de l'argent drob. Les recherches faites d'aprs
ses indications amenrent la dcouverte de la somme. Ce fait
est judiciairement authentiqu, sous la signature mme du juge
d'instruction[2].

[Note 2: Voir rcit plus dtaill de ce fait dans l'_Hypnotisme_, de
Nizet, p. 132.]

Il se produit souvent des cas de tlpathie sous forme d'apparitions
au moment de la mort. Au milieu de centaines de ces faits contrls,
je publierai,  titre d'exemple, un seul cas. Ce cas a t compltement
authentiqu.

    _Le 14 fvrier 1888,  Londres, Mme Florence Bruce se prsenta
    dans les bureaux de l'India-Office, vers dix heures du matin,
    pour s'informer de son mari, le capitaine Arthur Bruce, en
    garnison habituelle  Peshawur, en mission accidentelle devant
    la passe de Khyber, sur la frontire de l'Afghanistan. Au
    fonctionnaire qui la reoit, elle rapporte une apparition
    qu'elle a eue la veille au soir, au moment de se mettre au lit.

    Son mari s'est brusquement dress devant elle pour disparatre
    presque aussitt. Mais elle avait eu le temps de voir le
    capitaine vtu seulement d'une chemise, de son pantalon
    d'uniforme et d'une paire de bottes. Il n'avait ni armes, ni
    tunique, ni coiffure. Sa poitrine et ses bras taient couverts
    de sang.

    On rassura Mme Bruce en lui assurant que son mari ne pouvait
    avoir t tu ou bless sans que l'administration en ait t
    avertie, et elle rentra chez elle  demi-rconforte. Mais la
    nouvelle de la mort de M. Bruce arriva le surlendemain. Il avait
    t surpris avec sa petite troupe par une bande d'Afridis, au
    moment o il procdait  sa toilette et il tait tomb frapp de
    plusieurs coups de lance aux bras et  la poitrine. Seulement,
    la dpche officielle n'tait pas d'accord avec la veuve sur la
    date de ce triste vnement. Mme Bruce plaait la mort de son
    mari  la date du 13 fvrier,  une heure correspondant avec
    celle de son coucher, tandis que le rapport militaire adress 
    l'India Office mentionnait que le capitaine avait t tu le 12,
    soit la veille,  une autre heure.

    L'aventure tait dj extraordinaire, mais le ministre de
    l'Inde--c'tait alors M. Arthur Cross--eut la curiosit de
    demander une exprience de contrle et, finalement, il se trouva
    que c'tait Mme Bruce qui avait raison et que le rdacteur du
    rapport s'tait tromp. Le capitaine avait t tu devant
    la passe de Khyber au moment prcis o sa femme l'avait vu
    apparatre  Londres dans sa chambre  coucher._

Une dame,  Londres, qui n'avait jamais t sujette  des rves
prophtiques, rva que son enfant tombait en jouant devant la terrasse
de sa maison du Northumberland, et restait tendu comme mort avec un
bras cass. Elle fit part de ce rve  son mari. On sut bientt par
l'institutrice que le garonnet tait tomb sur un tas de pierres,
s'tait cass le bras et tait rest tendu sans connaissance[3].

Trousseau soignait chez un jeune homme une ophtalmie rhumatismale, et
celui-ci lui dit: Mon frre jumeau, qui est  Vienne, doit avoir en
ce moment la mme maladie que moi. Le mdecin rit, mais une lettre de
Vienne vint confirmer ce dire quelques jours plus tard[4].

[Note 3: Crowe. _Nightside of Nature_, I, 54.]

[Note 4: Ruxel. _Histoire et philosophie du magntisme_.]

Je pourrais citer des expriences personnelles. J'ai eu la chance d'tre
souvent en prsence de personnes, femmes particulirement, ayant grande
sensibilit mentale.

Mme F..., sur laquelle j'avais entrepris une tude que des circonstances
regrettables m'ont oblig d'abandonner, prsentait des facults vraiment
merveilleuses. Sans la prvenir, je lui transmis plusieurs fois ma
pense, qu'elle me redit.

Je l'ai vue souvent prsenter des faits comme celui-ci, que je garantis
authentique: Mme F..., cause avec une dame sur le trottoir et, au milieu
de la conversation, s'crie: Mais, Madame, je vois votre mari bless,
qu'a-t-il donc?

--Oh! non, rpond la dame, mon mari est parti ce matin  son travail et
il se porte bien.

--Oui, mais je le vois bless en ce moment, il saigne, on l'emporte.

La dame rentre chez elle o on ne tarde pas  lui amener son mari dont
l'oeil avait t atteint dans le Mtro par une pingle  chapeau.

Lorsque je causais avec Mme F..., chez elle, elle interrompait souvent
la conversation pour me dire: Je vois telles personnes qui viennent
me voir; je vais tre force de les recevoir, cela va nous dranger.
Quelques instants aprs, elle recevait la visite des personnages
annoncs.

Plus tard la sonnette d'entre retentit de nouveau; en mme temps Mme
F... dit  son mari: On va te demander au tlphone. Le mari va ouvrir
et le concierge en effet dit: On vous demande au tlphone. Pendant
que son mari descendait, Mme F... me dit: C'est Mme Mlo qui demande
par le tlphone que j'aille la voir.

Aprs quelques minutes, M. F... remonte et, s'adressant  sa femme:
C'est Mme Mlo qui veut que tu te rendes chez elle; j'ai rpondu que tu
tais grippe et ne pouvais sortir.

Ces faits sont  l'tat constant chez Mme F... Toute la journe,
elle reoit des messages tlpathiques, et je m'tais charg de les
contrler, d'en vrifier le plus grand nombre.

Un soir que je faisais avec Mme F... des expriences de visions astrales
ou fluidiques, ou par le sixime sens (peu importe le nom), elle me dit:

Je vois un _incendie_. Cet incendie provient d'une _explosion_, je sens
comme une _odeur_ d'eau jete sur de la cendre chaude; ce n'est pas 
Paris, mais aux _portes de Paris_, dans la direction de Nanterre, mais
pas  Nanterre, c'est dans la direction _Nord-Ouest_; il s'agirait d'une
_usine_ et je vois d'autres usines  proximit.

Le lendemain, on pouvait lire dans le _Matin_ (7 dcembre 1911):

Hier soir, une _explosion_ a caus d'importants dgts dans une _usine
de Courbevoie_, 49, rue de Bitche.

Des vapeurs d'essence de ptrole rpandues par mgarde dans l'tuve
servant  dshuiler la farine de moutarde prirent feu et une formidable
explosion se produisit. Les portes et fentres de l'immeuble volrent en
clats et _l'incendie_ s'alluma immdiatement dans l'usine.

D'aprs ce simple reportage, nous constatons que la voyante avait vu
juste:

1 L'incendie; 2 par explosion; 3 hors Paris; 4 direction N.-O., aux
portes de Paris; 5 dans une usine; 6 dans un pays o il y a d'autres
usines.

Quant  l'odeur ressentie par Mme F..., elle peut s'expliquer par
l'action de l'essence de ptrole enflamme sur la farine de moutarde.

Olivier Lodge, le grand savant amricain, dans son discours  la
runion pour l'avancement des sciences, s'exprime ainsi, au sujet de ces
phnomnes:

    _La dcouverte d'un nouveau mode de communication par une
    action plus immdiate, peut-tre  travers l'ther, n'est
    nullement incompatible avec le principe de la conservation de
    l'nergie, ni avec aucune de nos connaissances actuelles, et ce
    n'est pas une preuve de sagesse que de se refuser  examiner
    des phnomnes, parce que nous nous croyons srs de leur
    impossibilit. Comme si notre connaissance de l'Univers tait
    complte!

    Est-il donc impossible qu'une pense ou image puisse tre
    transporte d'une personne  une autre par un processus auquel
    nous ne sommes pas accoutums,  travers un intermdiaire
    immatriel, thr peut-tre?_

    Ici, j'ai l'vidence pour moi, j'affirme que j'ai vu et je suis
    parfaitement convaincu du fait. D'autres ont vu aussi. Pourquoi
    alors parler de cela  voix basse comme d'une chose dont il faut
    rougir? De quel droit rougirions-nous donc de la vrit?

Au temps de la conqute de l'Algrie, les cheiks arabes initis 
ces procds, taient aviss de l'issue des engagements avant que le
tlgraphe ait pu en apporter la nouvelle aux autorits franaises. M.
de Lesseps en rapporte des exemples curieux.

Les Anglais en fournissent de nombreuses preuves  propos de la guerre
qu'ils engagrent avec les Cipayes.

Il y a un ensemble considrable de phnomnes dans notre vie dont le
dterminisme n'est pas connu et que l'on attribue au hasard. Un grand
nombre de ces phnomnes sont dus  cette cause: l'influence rciproque
que les individus exercent les uns sur les autres par leurs vibrations
crbrales.

On ne saurait nier _a priori_, crit M. Fouille, que certaines
ondulations crbrales ne puissent se transmettre au loin et produire un
effet sensible sur les cerveaux en sympathie[5].

[Note 5: _Psychologie des Ides-Forces_, t. II, p. 394.]

D'ailleurs, on a russi  photographier la pense elle-mme, confirmant
ainsi qu'elle est bien un mode vibratoire.

Une personne se place devant un appareil renfermant une plaque sensible
et pense fortement  quelque chose dont elle essaie de se figurer
le plus exactement possible les contours et l'image,  un chien, par
exemple, et lorsqu'on rvle cette plaque on voit apparatre un chien.
Le docteur Baraduc, qui s'est fait une spcialit de ces expriences,
avait une collection remarquable de ces photographies de l'invisible.
Le clich qui m'a le plus impressionn est celui qui a t obtenu en
plaant devant l'appareil une mre qui avait perdu son petit bb et qui
se le reprsentait crbralement avec force. Le clich reproduit le bb
tendu mort sur sa couchette comme la mre l'avait vu lorsqu'il
expira et comme elle se le reprsentait au moment de reproduire sa
photographie.

La photographie de la pense prouve objectivement que la pense est un
mouvement vibratoire, comme la parole est un mouvement vibratoire, comme
la lumire, la chaleur et tous les phnomnes naturels. Nous savons
scientifiquement que tout mouvement vibratoire est transmissible par les
atomes fluides qui se le repassent de l'un  l'autre. Nier la tlpathie
est faire preuve d'ignorance.

Ce qui a empch de concevoir ces choses plus tt, ce sont les
philosophies subjectivistes par lesquelles on niait l'objectivit des
phnomnes. Or, la vrit est inverse, non seulement le monde extrieur
est objectif, compos d'une substance relle en mouvement (mme
lorsqu'elle ne tombe pas sous nos sens actuels), mais le plus profond de
nous-mme, notre entendement, notre tre intime, notre conscience mme
est objective, car il n'y a pas de conscience en dehors de la sensation
et il n'y a pas de sensations sans vibrations d'une substance. Notre
pense est un mouvement vibratoire aussi rel que la parole, mais mille
fois plus complexe, et si l'humanit tait plus savante, elle ramnerait
ainsi l'Ide, la Pense, la Conscience  la mathmatique et  la
mcanique avec autant de prcision qu'on le fait pour la parole.
En attendant, la plaque photographique confirme dj ce que nous
avanons[6].

[Note 6: Les lecteurs studieux qui voudront arriver  comprendre la
possibilit et la mcanique de ces phnomnes, ainsi que d'autres faits
tranges dont _L'Ide Libre_ pourra entretenir ses lecteurs plus tard,
devront faire une tude du Secret de l'Univers devant la Science
officielle, par E. Hureau.--En vente  _L'Ide Libre_ (5 francs).]

On a dit: le cerveau secrte la pense comme le rein secrte l'urine.
Si choquante, si purile, si fausse que soit une telle comparaison, elle
a fait cole. Mais une secrtion est quelque chose de matriel, toute le
monde voit l'urine. Mais quel savant a vu la pense dans son laboratoire
et en a fait un examen dans des tubes d'analyses? Un histologiste
anglais, plus srieux, disait au contraire que, bien qu'ayant pass
une partie de sa vie  regarder au microscope des fragments de matire
crbrale,  suivre les formes des cellules, les trajets des fibres, le
groupement des faisceaux, cela ne lui avait rien appris sur la pense et
il ajoutait que celui qui se borne  regarder des structures matrielles
reste aussi tranger aux phnomnes de l'esprit que le cocher de Londres
qui parcourt sans cesse avec son cab les rues de la grande cit est
ignorant de ce qui se dit et se fait  l'intrieur des maisons.

Un savant qui dcoupe des tranches de cerveau pour y trouver
l'explication des systmes de la pense est aussi ridicule qu'un enfant
qui dcouperait les fils, bobines et ressorts d'un sonnette lectrique
pour comprendre son fonctionnement. Il n'y trouverait jamais le fluide
impondrable qui l'anime et il pourrait dire que l'appareil secrte le
son comme le foie secrte la bile.



              La Tlpathie au point de vue pratique

Pour pratiquer la tlpathie, deux conditions sont ncessaires. Ce sont,
d'une part, chez l'oprateur, la concentration et l'extriorisation de
la pense. Pour agir mentalement  distance, il faut se recueillir ou
diriger sa pense avec persistance vers le but choisi. On provoque ainsi
un dgagement partiel de l'tre psychique et l'on cre un courant de
vibrations qui nous unit  notre correspondant. Chez celui-ci, un degr
suffisant de sensibilit est ncessaire. L, comme en tout, le succs
dpend de la persvrance.

Quand vous avez trouv une personne de bonne sant, mais sensitive,
impressionnable, vous pouvez essayer avec elle la transmission de
pense.

Bandez-lui les yeux, qu'elle tende un moment tous ses muscles, chasse
toute proccupation extrieure, qu'elle cre le vide en son cerveau.
Alors elle devra prendre vos mains entre les siennes, les porter une ou
deux minutes  ses tempes pendant que vous pensez mentalement: Je veux
que tu obisses.

Le sujet ainsi prpar, vous lui ferez savoir que vous allez lui
transmettre une des deux injonctions mentales suivantes: en avant ou en
arrire. Il posera trs lgrement les doigts de sa main gauche sur la
face interne de votre main droite, votre bras droit repli  90 degrs,
sans raideur.

Aprs quelques sances de rptition, le sujet devra se sentir entran
et pencher du ct que vous avez voulu mentalement.

Ensuite, vous essaierez avec les injonctions de le pencher  droite ou 
gauche. Puis vous runirez les quatre injonctions: en avant, en arrire,
 droite,  gauche.

Le suggestionneur doit tre nergique, convaincu, capable d'effort
mental. Il peut graduer les entranements d'aprs son intelligence
personnelle. Le sujet doit prendre comme suggestionneur une personne
trs sympathique, la sympathie tant la consquence de deux fluides
qui s'attirent, s'accordent. Commencer les entranements seuls, car les
penses des assistants troublent l'atmosphre mentale,  moins qu'ils
soient solidaires de vos expriences.

Ensuite, vous entreprenez, par exemple, l'exprience suivante:

Vous faites asseoir votre sujet dans une chaise confortable, la figure
tourne vers un coin de la chambre. Vous pouvez lui bander les yeux et
lui remettre crayon et papier. Vous prenez un paquet de cartes  jouer
et allez vous placer  quelque distance derrire le sensitif. Tirez une
carte. Attachez-vous d'abord  la couleur: rouge ou noire; puis trfle,
pique, coeur ou carreau; ensuite, vous essayerez de transmettre la
valeur de la carte: as, roi, dix, etc. La personne qui doit recevoir le
message notera l'information qui lui viendra. Aprs quelques essais, on
transmettra des messages trs exacts. Ds que les organisations mentales
des deux personnes sont en harmonie, on peut exprimenter avec des
pices de monnaie, des mots isols, de courtes phrases et plus tard des
messages de n'importe quelle longueur.

En prenant du sel, du sucre, du vinaigre, etc., dans la bouche, on peut
transmettre le got  la personne qui joue le rle de rcepteur. En
demandant  une personne loigne de se rendre passive  une certaine
heure, et de prendre note des penses qui lui viendront, on obtiendra
les mmes rsultats.

On a fait aussi les expriences suivantes: on plaait un sujet dans un
angle de la pice, face au mur et les yeux voils; les oprateurs runis
autour d'une table,  trois mtres derrire lui, fixaient intensment
leurs regards sur un objet quelconque plac sur la table en pleine
lumire, et le sujet impressionn par la volont des oprateurs nommait
ou dessinait l'objet.

Pour les sujets qui voudraient pousser plus loin ces expriences, un
rgime devient ncessaire, vgtarisme de prfrence, du th
plusieurs fois par jour, et, matin et soir, une heure d'isolement, de
concentration, de mditation. Alors, un sixime sens, que l'on peut
appeler le sens astral, se dveloppe.

Puisque les anarchistes veulent surtout se modifier eux-mmes avant de
modifier les autres, c'est en dveloppant des facults nouvelles qu'ils
s'individualisent.

La tlpathie ou sixime sens va enrichir le cerveau d'images nombreuses
venant du plan astral qui actuellement chappent  nos cinq sens
comme chappent  un aveugle les vibrations spciales ou images qui
n'impressionnent que le sens de la vue. Tout sens ne rpond qu' un
certain ordre de vibrations, tout ce qui est en dehors de ce mode est
obscurit, nant, pour ce sens. Toutes les vibrations d'une certaine
forme et vitesse sont nant pour l'oue, mais affectent l'oeil, sans
lequel un aspect de l'univers serait inexistant; toutes les vibrations
plus lentes  larges amplitudes sont nant pour l'oeil, mais affectent
l'oue. Chaque sens nous rvle une partie de l'Univers ou un _plan_ de
l'Univers: le plan auditif, le plan optique, etc. Un nombre infini de
vibrations, c'est--dire d'images, d'tres et de choses chappent
encore  l'organisme humain dont l'volution n'est pas termine. Le
sens tlpathique nous rvlera les images d'un autre plan, qu'on peut
appeler le plan astral.

La facult de voir  distance et  travers les corps opaques ne nous
parat extraordinaire, incomprhensible, que parce qu'elle constitue un
sens dont nous ne jouissons pas encore dans l'tat normal. Les
aveugles de naissance ne comprennent pas qu'un fluide lumineux est
l'intermdiaire qui nous met en rapport avec les objets loigns et
nous en apporte l'image. Sans la connaissance des proprits du fluide
odique, magntique ou nerveux (atomes vitaux renferms dans les conduits
nerveux et les plexus organiques, atomes surthrs, moins denses et
plus vibrants), nous ne comprenons pas la vue sans le secours des yeux.
Pourtant, en nous plaant dans certains tats, actuellement provoqus et
artificiels, mais naturels pour l'avenir, nous pouvons voir comme avec
les rayons Roentgen et mieux encore. C'est ce qui a lieu dans le vrai
somnambulisme.

Une somnambule doue de la vision  travers les corps opaques fut mise
 notre disposition, crit le docteur J. Charpignon dans son admirable
trait de _Physiologie du Magntisme_, dont nous recommandons la
lecture. Nous lui collmes les yeux avec plusieurs bandes de papier
collant, nous recouvrmes cet appareil d'un bandeau qui descend
jusqu'aux narines et les bords de ce bandeau sont aussi colls sur
la peau des ailes du nez, fermant la plus minime fissure. Alors nous
donnmes  la somnambule des objets divers, elle les nomma aussitt,
nous ouvrmes un livre, elle lt trs couramment, etc..

Le somnambulisme dont nous parlons n'a rien  voir avec ces femmes aux
yeux mal bands que l'on voit dans Paris, sur les places ou dans les
ftes. Il s'agit l de mots conventionnels employs par le camelot qui
joue le rle de magntiseur et la rponse de la prtendue somnambule
est contenue dans la question de son associ. Ces mthodes sont en vente
dans les commerces de prestidigitation et ne demandent que quelques
semaines d'entranement.

En nous isolant du monde physique, en fermant chaque jour nos sens
extrieurs pendant un temps rgulier,  heure fixe, nous permettrons au
nouveau sens de fonctionner, de recevoir les images invisibles.

La science est arrte dans une impasse, elle ne peut plus dans l'tude
des phnomnes suprieurs de la vie, de la pense, de la clairvoyance,
du spiritisme, se baser sur l'observation qui est sa mthode. Les
mthodes employes jusqu'ici ne peuvent aller plus loin, puisque nos
sens actuels ne rpondent pas  la dlicatesse,  la subtilit des ondes
d'un autre ordre, des vibrations d'un rythme plus complexe. Sous nos
sens matriels et grossiers pouvait tomber la matire dense, mais
l'autre: la matire subtile et ce qui s'y reflte, s'y photographie, y
palpite, n'est plus de leur domaine. Alors le progrs est fini?--Non.
Car un sixime sens s'labore pour nous montrer des choses, occultes
aujourd'hui, mais objectives quand nous les verrons.

Aussi commenons-nous seulement aujourd'hui  pouvoir comprendre cet
aphorisme, ddaign, incompris:

    _Aphorisme 255.--Si l'extension d'un sens (du sens de la
    vue par le tlescope) a pu produire une rvolution dans non
    connaissances, quel champ plus vaste encore va s'ouvrir  notre
    observation, si, comme je le pense, l'extension des facults de
    chaque sens, de chaque organe peut tre porte par le magntisme
    aussi loin et mme plus loin que les lunettes n'ont port
    l'extension de la vue; si cette extension peut nous mettre 
    porte d'apprcier une multitude d'impressions, de les combiner,
    et par l de parvenir  une connaissance intime et particulire
    des objets qui les produisent._

    (_Mmoires et Aphorismes_, par Mesmer).

Ces connaissances et vibrations nouvelles enrichiront notre systme de
penses, notre mental, notre corps mental: combinaison d'atomes spciaux
vibrants distribus en conduits et circonvolutions. Nous avons chacun
notre corps mental sigeant dans le cerveau, comme chacun notre
intestin, notre estomac; il a t constitu par l'ensemble des images
photographies dans son sein et disposes, compares, arranges par
notre entendement.

Nous appelons lumire certains mouvements affectant l'oeil; nous
appelons pense certains mouvements affectant le mental. Ce sont
toujours des vibrations.

Chaque mental a sa constitution propre, rsultat de ses oprations
antrieures; aussi chacun de nous contemple-t-il le monde extrieur 
travers son mental. Bien que vivant dans le mme Univers et dans la mme
socit: les images, les vnements, les phnomnes tant extrieurement
les mmes--nous voyons tous diffremment. Les syndicalistes, les
socialistes, les catholiques regardent les mmes choses et voient
souvent le contraire.

Empruntons une comparaison  la lumire, crit Annie Besant. Si nous
mettons un morceau de verre rouge devant nos yeux et si nous regardons
des objets verts, ils nous paratront noirs. De mme si nous regardons
un objet bleu  travers un verre jaune. Notre sphre mentale tant dj
en activit, ayant dj sa couleur (du rouge rvolutionnaire au
blanc royaliste) le panorama social se teinte pour chacun de nous
diffremment. Il existe des individus qui, mis en prsence, n'ont aucune
vibration qui puisse se rpondre: ils se hassent du premier coup.

Le mental est comme un aimant, il attire et il repousse. Si nous avons
donn  notre corps mental une nourriture intellectuelle choisie,
s'il vibre d'un mode sage, scientifique, lev, tout ce qui est faux,
hypocrite, viendra se choquer contre ce corps mental et rebondira comme
une pierre qui heurte une roue en mouvement. Nous ne pourrons plus
recevoir que ce qui est juste, raisonnable, sage, et toutes les
incohrences, toutes les folies, seront chasses. Ainsi les Garnier,
Bonnot, Valet, Callemin, n'auraient pas t accessibles  de tels
garements. Ils ont priv l'humanit de leur superbe nergie en pleine
jeunesse. Je crois qu'ils auraient plus fait pour l'ducation des
hommes, en s'efforant d'acqurir et d'apporter des connaissances; et
par la parole, l'crit, l'ducation, l'invention, ils auraient pu faire
voluer des cerveaux.

Je connais un jeune anarchiste qui a failli se laisser aveugler par le
banditisme: qui mme s'est laiss entraner  certaines actions qu'il
regrette. Un jour il assiste  une vritable rvlation scientifique.
Son mental prend conscience de l'volution substantielle des choses et
des tres. Il s'aperoit que lui qui croyait tout savoir parce qu'avec
des copains audacieux on paraphrasait des sentences narquoises,
il s'aperoit qu'il ne sait rien et que les pontifes taient des
imbciles. Aujourd'hui, il regarde avec piti ces pauvres ttes faibles
qui se croient fortes parce qu'elles se laissent hypnotiser par quelques
poseurs de l'anarchie, fiers de faire cnacle, et qui se croient des
chefs parce qu'ils manifestent une volont faite d'incomptence, ttue
et brutale.

Maintenant que le mental de ce jeune homme s'est enrichi, qu'il est
constitu d'atomes plus nombreux, plus vibrants, plus riches, ces
suggestions malsaines ne pourront plus jamais pntrer, pas plus que les
doigts d'un phbe dans le biceps solide d'un athlte. Son mental
est rceptif pour la science et le vrai; il est rpulsif pour la
phrasologie des vaniteux, des ambitieux et des arrivistes.

C'est  ce perfectionnement mental que coopre actuellement _l'Ide
Libre_, et je crois les rsultats dj obtenus intressants.

    _Trop longtemps, crit admirablement Lorulot, dans l'Ide Libre
    de dcembre 1911, nous nous sommes contents de rpondre par des
    clichs pompeux ou par des phrases retentissantes. Nous pensons
    qu'il est temps de substituer aux formules abstraites et aux
    dclamations puriles, des conceptions bases sur les faits,
    l'exprience et la connaissance._

Ce que nous pouvons recevoir de l'Univers, ce que nous pouvons admirer
et comprendre, marque, non pas les limites de cet Univers, mais le stade
de notre volution. La ralit est constamment agrandie par l'apparition
et le dveloppement des sens. Pour chaque tre, la ralit est
un rapport, une relation entre son organisation et les effets qui
l'impressionnent. La vrit est toujours au-del de ce qui pour nous est
rel, car elle est au-del de ce que nous rvle notre organisation qui
n'a pas atteint les limites du perfectionnement. Nous nous rapprochons
donc de la vrit, nous atteignons de plus en plus la ralit objective
et certaine des choses en essayant de dvelopper des sens et des
facults qui nous manquent. C'est ce qui se produit dans l'tat
merveilleux du somnambulisme. Cet tat nous rvle un aspect invisible
de la ralit. L'impondrable, l'ther devient luminescible, devient
fluide clairant pour l'tre en somnambulisme, et par consquent toutes
les images qui vibrent dans ce fluide invisible, peuvent lui apparatre
comme apparaissent  nos yeux les images matrielles des objets
lointains lorsque la lumire physique, en les baignant, tablit un
rapport possible entre eux et nous.

Perfectionnons nos sens et surtout notre corps mental et nous pourrons
voir et utiliser de plus en plus de forces. L'Univers ne peut rien
ajouter  lui-mme, c'est nous qui devons sans cesse dvelopper des
pouvoirs perceptifs en sensibilisant nos nerfs par l'entranement,
l'tude, l'isolement et la mditation, afin d'atteindre de lui une
portion toujours plus tendue. Voil pourquoi l'tude ou la conqute
d'un sixime sens nous parat un problme majeur.


MILE HUREAU.









End of the Project Gutenberg EBook of De la tlpathie, by mile Hureau

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DE LA TLPATHIE ***

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or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.

*** END: FULL LICENSE ***

