The Project Gutenberg EBook of Nicolas Foucquet, surintendant des finances, by 
Arthur de Marsy

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Title: Nicolas Foucquet, surintendant des finances

Author: Arthur de Marsy

Release Date: June 21, 2007 [EBook #21896]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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NICOLAS FOUCQUET

Surintendant des Finances

D'APRS L'OUVRAGE DE M. JULES LAIR

PAR

LE COMTE DE MARSY

COMPIGNE IMPRIMERIE HENRY LEFEBVRE 31, Rue Solferino, 31. 1890

Extrait du Journal l'_ECHO DE L'OISE_ des 5, 9 et 12 septembre 1890.




NICOLAS FOUCQUET


Il existe, dans notre histoire nationale, un certain nombre de faits, et
souvent des plus importants, qui, bien que rapports soit par les
crivains contemporains, soit par les historiens des sicles suivants,
restent encore en quelque sorte aujourd'hui  l'tat de problmes.

Beaucoup d'entre eux ont, depuis un demi-sicle, attir  juste titre
l'attention de nos rudits qui en ont cherch et souvent trouv avec
succs la solution.

De nouvelles sources ont t livres aux travailleurs en mme temps
qu'une mthode plus rationnelle ouvrait une nouvelle voie  la critique.
C'est ainsi que nous avons vu tous les grands faits de notre histoire,
tous les personnages de premier ordre soumis  de rcentes
investigations, et--chose qui ne laisse pas que d'tre digne de
remarque--ce ne sont pas seulement des rudits de profession qui ont
entrepris ces enqutes, ce sont des hommes qui joignent  l'tude des
sources et aux qualits littraires, des aptitudes spciales, et qui, 
ce titre, marquent ou ont marqu dans les assembles politiques, dans
les administrations publiques ou dans la direction de grandes compagnies
financires ou industrielles.

Le duc de Broglie a repris, par exemple, l'tude de la diplomatie du
rgne de Louis XV, M. Amde Lefvre-Pontalis nous a initis  la
question si dlicate des Rvolutions des Pays-Bas, M. Pallain a dvoil
une partie des secrets que renferme la correspondance de Talleyrand, M.
Vuitry s'est efforc de faire connatre l'histoire financire du moyen
ge, etc..., aujourd'hui, M. Jules Lair nous donne un travail des plus
complets sur Nicolas Foucquet, le clbre surintendant des finances, le
fastueux propritaire de Vaux, dtenu, pendant les vingt dernires
annes de sa vie, prisonnier  la Bastille et  Pignerol[1].

[Note 1: Paris, Plon, 1890, 2 vol. in-8, avec portraits de Foucquet
et de Talon.]

Dans une introduction, adresse  un des premiers administrateurs de
notre poque, le baron Haussmann, l'auteur rappelle comment, aprs avoir
tudi l'histoire de Mademoiselle de La Vallire[2], il s'est reproch
le jugement trop svre qu'il avait t amen  porter sur Foucquet, en
s'appuyant sur des opinions reues, et, par suite de quels scrupules, il
avait poursuivi, pendant prs de dix ans la rvision de ce procs.

[Note 2: _Louise de la Vallire et la Jeunesse de Louis XIV_. Paris,
Plon, 1882, in-12.]

Initi aux recherches historiques par cet enseignement que l'cole des
Chartes seule sait donner, en nous ramenant toujours aux sources, M. J.
Lair, aprs avoir consacr de nombreuses annes  l'examen de questions
relatives  l'histoire du moyen ge, telles que la chronique du Dudon de
Saint-Quentin et les origines de l'vch de Bayeux,  l'tude des
organisations administratives,  l'occasion de l'histoire du Parlement
de Normandie pendant la Ligue, a su mettre  profit, dans son nouvel
ouvrage, son exprience des affaires et les connaissances pratiques
qu'il lui a t donn d'acqurir en dirigeant un de nos premiers
tablissements financiers et commerciaux.

Nous ne pouvons suivre pas  pas l'auteur dans ces deux gros volumes
bourrs de notes et de citations et dans lesquels on trouve, non
seulement la biographie de Nicolas Foucquet et l'histoire de sa famille,
mais encore l'histoire financire et mme politique des vingt-cinq ou
trente premires annes du rgne de Louis XIV, ainsi qu'une srie de
chapitres sur des sujets spciaux tels que la compagnie des
_Cent-Associs_, l'origine des intendants, le contrle des finances,
et..., l'histoire du masque de fer. Aussi nous bornerons-nous  en
donner un aperu gnral et  glaner ensuite quelques faits, quelques
anecdotes concernant notre pays et pouvant plus particulirement
intresser les lecteurs de l'_cho de l'Oise_.

La somme de recherches faites par l'auteur est considrable. Il s'est
pas born  consulter les principaux dpts publics de Paris, la
Bibliothque nationale dont les acquisitions les plus rcentes, comme
les cartons les plus ignors du Cabinet des Titres lui sont familiers,
les Archives nationales, le Dpt de la Guerre et la source si riche et
jusqu' ces dernires annes inexplorable des Archives des Affaires
trangres que M. Faugre gardait plus svrement encore que le Cerbre
de la Fable. Les minutiers de plusieurs notaires de Paris, les
chroniques manuscrites de ces bourgeois provinciaux, comme les De
Haussy, de Pronne, les terriers et les archives particulires, M. J.
Lair parat avoir tout vu, tout mis en oeuvre et, si nous avions quelques
chicanes  lui adresser, ce ne pourrait tre que pour quelques
interprtations de noms de lieux et encore peut-tre craindrions-nous de
nous trouver battus, aprs l'avoir vu suivre sur les remparts de Nantes
les traces du cardinal de Retz et examiner des hauteurs voisines de
Pignerol les signaux que Foucquet aurait pu recevoir de ses affids.




I


Nicolas Foucquet appartient  une famille connue depuis le milieu du
XVe sicle en Anjou et dont le premier reprsentant prit une part
active aux guerres contre les Anglais sous Charles VII. Ses descendants
se fixrent  Angers, puis en Bretagne et  Paris.  la fin du XVIe
sicle, on les voit siger dans les parlements de Paris et de Bretagne.

Le pre de Nicolas, Franois, pousa une Maupeou; il devint matre des
requtes puis conseiller d'tat et fut un des collaborateurs de
Richelieu pour la rorganisation de la marine. Il fit partie de cette
compagnie des _Cent-Associs_ qui devint plus tard la compagnie des les
d'Amrique et dont, soixante ans aprs, sa veuve conservait encore les
actions depuis longtemps dprcies. C'tait le Panama du temps.

Au cours d'une mission en Bretagne, Franois Foucquet fut dsign par
Louis XIII pour faire partie d'une Chambre de Justice, juridiction
exceptionnelle appele  juger surtout les crimes de lse-majest et de
concussion. Celle-ci condamna et fit excuter le prince de Chalais.
Moins d'un demi-sicle aprs, une autre Chambre de Justice devait  son
tour condamner Nicolas Foucquet, enlev  ses juges naturels par
l'hostilit de Colbert et par la haine postume de Mazarin, et des flots
du sang de Chalais dont Richelieu fut couvert, une goutte retomba sur
Franois Foucquet et ses enfants!

N en 1615, lev chez les Jsuites et destin d'abord  entrer dans les
ordres, Nicolas tait  dix-huit ans conseiller au parlement de Metz.
Matre des requtes deux ans plus tard, il appartenait  ce corps  la
fois administratif et judiciaire, dont,  Paris une partie des membres
jugeaient, aux Requtes de l'Htel, les affaires et les questions
d'offices, ou sigeaient au Parlement, tandis que d'autres, vraie
ppinire d'une administration encore en enfance, remplissaient les
fonctions d'intendants de police, justice et finance, dans les provinces
ou celles d'intendants et de commissaires du Roi aux armes.

C'est seulement  la veille de la Fronde que commence rellement le rle
de Foucquet. Jusque l, envoy tantt  Grenoble, tantt en Catalogne et
en Flandre, ou charg de prsider  Paris des commissions financires,
il n'avait pas t ml  la politique gnrale et n'avait t appel 
occuper que des postes secondaires.




II


Dsign au dbut de la Fronde pour remplir les fonctions nouvellement
cres et encore mal dfinies d'Intendant de Paris, Foucquet se trouva,
par ses origines et par cette nomination, engag dans le parti royal,
bien qu'il ne cesst pas cependant de siger  la grande chambre du
Parlement parmi les matres des requtes. Mais la situation ne tarda pas
 s'aggraver, le parlement fit de beaux projets de rforme et notamment
supprima les intendants, mesures auxquelles Mazarin rpondit en
proposant de supprimer le paiement des rentes, afin d'avoir plus
d'argent disponible pour faire subsister les services publics.

Il faudrait entrer ici, avec M. Lair, dans un examen dtaill des
procds financiers mis en oeuvre dans les premires annes du rgne de
Louis XIV et continus malgr lui par Foucquet, pour expliquer la
disgrce du surintendant des finances mery et les prcautions prises
par son associ Particelli pour mettre  l'abri des recherches du
Cardinal la _cassette aux reus_.

Le roi, ou mieux le gouvernement, quand il avait besoin d'argent,
recourait aux emprunts faits  des particuliers,  la vente anticipe
des fermes ou du revenu des impts, parfois mme  l'engagement des
diamants de la Couronne et subvenait par des assignations, ou ce que
l'on appelle aujourd'hui des bons du trsor, au remboursement des
avances qui lui taient faites. Seulement le roi n'empruntait pas
lui-mme et c'tait le surintendant qui, comme nos Socits financires
actuelles, souscrivait en quelque sorte d'avance l'emprunt, et pour y
faire face, s'aidait du crdit de ses parents ou de ses amis, auxquels
il donnait en garantie sa signature personnelle ou un engagement sur ses
biens. Plus tard, il se couvrait auprs du souverain, en se faisant
allouer des retenues sur les places disponibles, des parts dans les
marchs, des pots-de-vin, pour appeler les choses par leur nom.

On comprend facilement quels taient les cts dfectueux de ce systme,
qui ne fut rform que plus tard par Colbert qui, soit dit en passant,
en avait largement bnfici avant d'en faire ressortir les
inconvnients.

Toute l'histoire de Foucquet se rsume en quelque sorte dans cette
oeuvre: remplir les caisses royales au moyen d'avances, et se faire
rembourser ensuite ces avances. Il eut procurer pendant prs de dix ans
 Louis XIV des sommes considrables, mais ne russit pas  les
recouvrer et il y eut un moment o il tait crancier de l'tat de plus
de neuf millions, dont les reus seuls restrent dans sa cassette.

Mais revenons  Foucquet, que la force des vnements et ses antcdents
de famille et d'ducation vont entraner  devenir l'un des ennemis les
plus ardents de la Fronde.

Procureur gnral de la Chambre de Justice cre le 18 juillet 1648,
Foucquet ne fut pas accept par le Parlement, qui craignait son humeur
conciliante et surtout son dvouement  la Reine, au lendemain de la
Journe des Barricades, il suivit la Rgente et la Cour  Saint-Germain,
et, ds lors, intendant de Paris hors de Paris, il devint l'intendant de
l'arme charge de reconqurir la capitale rebelle.

Nous ne suivrons ni Foucquet ni la Cour pendant les prgrinations de la
Royaut luttant contre les Parisiens. Le bel ouvrage de Sainte-Aulaire
nous donne les grandes lignes de l'histoire de cette poque agite, les
mmoires de Retz, de Joly, de Dubuisson-Aubenay et de Navailles, la
correspondance de Mazarin et les gazettes de Loret nous on font
connatre les dtails, mais nous esprons qu'un jour un de nos confrres
crira l'histoire de Compigne pendant la Fronde et, ce jour-l, il
pourra consulter avec fruit quelques chapitres du livre de M. Lair et
recourir avec confiance aux nombreuses sources qu'il indique.

En 1650, Mazarin dsirant placer  la tte du parquet du Parlement un
magistrat qui serait rellement l'homme du roi, jeta les yeux sur
Foucquet et dcida Mliand  vendre  celui-ci sa charge de procureur
gnral. C'est  dater de cette poque que Colbert et Foucquet furent
mis en rapports par Mazarin. Relevons  ce propos un dtail curieux pour
les moeurs du temps. Au lendemain de sa nomination, les Gardes du corps
des Merciers de Paris vinrent faire leur cour  Foucquet et lui
offrirent douze aulnes de satin de Gnes noir que le nouveau procureur
gnral accepta sans violence et de bonne grce, pour faire une robe 
l'ordinaire.

Le 5 fvrier 1651, jour du second mariage de Foucquet, le parlement
prenait dcidment parti pour la Fronde. Tous les efforts de celui-ci
tendirent alors  gagner du temps et  lasser les frondeurs. Il rendit 
cette poque de nombreux services  la reine-mre ainsi qu' Mazarin.

Au mois d'aot 1652, le parlement tait divis entre Paris et Pantoise,
la Cour tait  Compigne avec les ministres. C'est  cette date que se
place le voyage dans notre ville du cardinal de Retz. Jugeant la Fronde
perdue, le coadjuteur rsolut de faire sa paix avec la reine, en venant
recevoir la barrette qui consacrait son lvation au cardinalat. Mais,
Mazarin et Foucquet veillaient:  peine Retz commenait-il  expliquer
 la rgente son plan de restauration de l'autorit royale qu'Ondedei
venait gratter  la porte pour entretenir la souveraine d'affaires
urgentes. Aprs lui, arrivait bott, tout poudreux, en pourpoint de
toile, l'abb Basile Foucquet, le rival de Retz auprs de Mademoiselle
de Chevreuse. Le coadjuteur tait jou, conduit, mystifi, il retourna
 Paris o le peuple qui ne s'arrte pas aux finesses de la politique
lui fit une ovation aux cris de: Vive le Roi!

L'abb Foucquet eut  cette poque une singulire aventure avec la
duchesse de Chatillon, qui habitait le chteau de Mello, o naquit une
prtendue conspiration que Bertaut et Ricous payrent de leur vie. Il
sut persuader  la duchesse qu'elle y tait compromise et pendant deux
mois, il courut avec elle de chteau en maison des champs, d'htel en
couvent, prisonnire et gardien volontaires tous deux, se dguisant
tantt en cavaliers tantt en religieux pour chapper  des poursuites
auxquelles personne n'avait jamais song.

Plus tard nous retrouvons,  l'automne de 1655, Madame de Chatillon
mle aux ngociations qui amenrent le marchal d'Hocquincourt,
gouverneur de Pronne, Ham et Montdidier,  rentrer dans l'obissance
royale. Il y a l, dans les rles jous par la duchesse de Chatillon,
par Navailles et par Basile Foucquet les lments d'une comdie
spirituellement conduite et dont on voit Mazarin tenir les fils de
Compigne.




III


Le 2 janvier 1653, la mort de la Vieuville, surintendant des finances,
offre  Foucquet une occasion de rclamer de Mazarin la rcompense des
services qu'il lui a rendus. Apparent au monde de la finance par les
Castille, les Jeannin et les Maupeou, Foucquet peut offrir le concours
des membres de sa famille et tre ainsi l'homme de crdit dans le
public. Mais il n'est pas le seul comptiteur; Servien, Le Tellier,
Mol, le prsident de Maisons et mme les marchaux de L'Hpital et de
Villeroy se mettent sur les rangs. S'inspirant de la maxime de Richelieu
qu'il est impossible  deux hommes jaloux l'un de l'autre de divertir
les deniers de l'pargne, parce que chacun craint d'tre dcouvert par
son collgue, Mazarin nomme simultanment, au lendemain de sa rentre 
Paris, Servien et Foucquet comme surintendants. De plus, il leur adjoint
comme commis ou contrleur un marchand d'argent, n  Lyon de parents
allemands, Herwarth.

De la collaboration de ces trois hommes naissent les combinaisons les
plus varies, non pour quilibrer le budget, on n'y songeait pas alors
plus qu'aujourd'hui, mais pour procurer au Trsor les ressources qui lui
faisaient dfaut. Au dbut, Foucquet devait avoir la trsorerie et
Servien l'ordonnancement. Mais, Mazarin, passant sur les formalits, ne
tarda pas  demander directement au premier les sommes qu'il voulait
toucher chaque mois pour la guerre, la marine, l'artillerie, les
ambassades, les suisses, le jeu, les ballets et... l'opra. Toutes
dpenses dont le cardinal se chargeait  forfait, sans entrer dans le
dtail, ni mme en rendre compte aux surintendants, mais en ayant soin
d'ajouter qu'il ne voulait ni assignations sur les places, ni billets 
terme, rien que de l'argent comptant.

Nous n'en finirions pas s'il nous fallait expliquer les expdients
auxquels durent recourir les surintendants et Mazarin pour rtablir en
partie le crdit du roi dans les premires annes qui suivirent la
Fronde. Tantt ce sont les monnaies dont on annonce la refonte et la
dprciation et que l'on offre cependant de racheter en change de
rentes, en attendant qu'aprs un court sjour dans les caisses, un dit
vienne leur rendre leur ancienne valeur, tantt c'est le clerg qu'il
s'agit d'imposer, ou le marc d'or qu'il est question d'aliner; Mazarin
parle d'emprunter sur ses pierreries et ses tapisseries, mais avec le
dsir de voir Herwarth ne pas mener  bien cette ngociation, Colbert
offre la dot de sa femme et le chancelier Sguier avance quelques fonds,
mais sur gages. On est aux abois, comment subvenir aux frais de la
campagne de 1656, comment subventionner les allis et entretenir les
troupes? Le 24 juillet 1656, Foucquet fait passer par Compigne un
convoi dirig sur La Fre et les charrettes qui le composent renferment
900,000 livres en argent. On ne sait comment remercier le surintendant.
Il faut, lui crit Mazarin, au nom du roi, que vous repreniez cette
somme sur le premier argent qui viendra des affaires qui sont sur le
tapis. Cette lettre fut le seul profit que tira Foucquet de cette
heureuse ngociation et jamais il n'en reut un sou.

Aprs avoir trac le tableau de la situation des divers membres de la
famille du surintendant  l'apoge de sa puissance en 1656, M. Lair
entre dans d'intressants dtails sur sa vie et examine notamment les
amours qu'on lui prte: A-t-il t l'amant ou seulement l'ami de Madame
de Svign? Mademoiselle de Trcesson fut-elle plus que sa confidente
politique, enfin Madame Scarron a-t-elle vu Foucquet avant la mort de
son mari? M. Lair ne parat ajouter foi  aucune de ses suppositions et
sauf Madame de Brancas et une inconnue, on ne voit  Foucquet aucune
matresse.

Les habitations du surintendant, son htel de la rue Michel-le-Comte, sa
retraite de Saint-Mand, son domaine paternel de Vaux, dont il fit
rebtir le chteau et qui devint un sujet d'envie pour tous les
courtisans et mme, dit-on, pour le roi, son domaine de Concarneau et
enfin Belle-Isle-en-Mer, dont on lui a prt l'intention de se faire
roi, sont dcrits avec grand soin.

Mais, au milieu de cela, Foucquet ne parat pas avoir joui d'un bonheur
rel, la mort de son fils an, ses proccupations politiques et jusqu'
la responsabilit qui pesait sur lui, au moment du mariage de sa fille
ane avec le marquis de Charost, dans le jugement de Chenailles,
conseiller au parlement, accus d'avoir voulu vendre la place de
Saint-Quentin  M. le Prince, lui causaient de nombreux soucis. Dans
cette dernire affaire, il pronona un rquisitoire impitoyable, dont
les termes devaient tre un jour retourns contre lui. De mme qu'il
avait fait soumettre celui-ci au secret le plus absolu, priv de papier,
de plumes et d'encre, sans pouvoir obtenir ni le secours d'un avocat, ni
la communication des pices de l'accusation, de mme Talon devait en
user avec lui quelques annes plus tard. Puis vient le procs du
cardinal de Retz trop connu pour qu'il soit ncessaire de s'y arrter.

Et toujours le Trsor restait vide d'argent, mais bourr de papiers et 
peine ces billets se convertissaient-ils en or, que l'or tait absorb
par les fournisseurs des armes ou de la Cour.

Ds ce moment, en froid avec le Cardinal, Foucquet, prvoyant sa
disgrce, prparait sa dfense et celle de ses amis, et dsignait les
villes o ses affids trouveraient refuge, les places dont les
gouverneurs lui appartenaient ou pouvaient tre gagns, toutes mesures
imprudentes, consignes par crit, et qui devaient un jour contribuer 
sa perte.

Sa sant s'tait gravement altre;  peine remis, il vient  Compigne,
le 28 juillet 1658 pour entretenir Mazarin de la situation financire et
lui offre sa dmission. Mais le Cardinal refuse. En 1659, la mort de
Servien laisse libre une des deux places de surintendant. Mazarin promet
d'abord  Foucquet de ne pas le remplacer, puis il se dsigne lui-mme
comme son collgue.

Une fois de plus les caisses de l'tat sont vides, les avances absorbes
pour dix-huit mois ou deux ans. Foucquet et Herwarth demandent au
Cardinal, qui a promis de leur venir en aide quand il en serait temps,
de donner sa signature qui seule peut leur faire obtenir les fonds
ncessaires. Mais le Cardinal est avare, et il craint de toucher  ses
biens de La Fre, de Brouage, de Sedan et de Vincennes,  ses placements
 l'tranger, il recule et renonce  la place, laissant Foucquet occuper
seul la surintendance.

Le Roi est mari, Foucquet reoit la nouvelle Reine  Vaux, Mazarin
marie ses nices et meurt, mais, dans ses derniers moments le Cardinal
fait son testament et laisse au Roi tous ses biens, reconnaissant qu'ils
viennent des libralits de son souverain.

Dans un suprme entretien avec son confesseur, il lui donne la mission
d'aller, aprs avoir consult Colbert, donner le conseil au Roi d'ter 
Foucquet l'emploi des finances, de rechercher ls malversations des gens
d'affaires et de leur faire restituer le bien du Roi.

 ce moment mme, Foucquet, redevenu plein d'espoir, cherche le moyen de
recueillir la grande situation que laisse le mourant.

Pendant que Colbert s'occupe de l'excution du testament du Cardinal,
Foucquet, admis  traiter des affaires trangres dans le Conseil,
entame, sur l'ordre du Roi, de grandes ngociations avec les rois
d'Angleterre, de Pologne, de Sude, et est charg de discuter le trait
de commerce avec les tats de Hollande. Mais cette nouvelle tche fut
de courte dure, car les ennemis de Foucquet, ayant Colbert  leur tte,
avaient dcid de la perte du Surintendant.

Trop longs seraient  raconter les prliminaires du drame qui remplit
tout le second volume de M. Lair.




IV


C'est  Fontainebleau, au moment o, aprs ses amours passagres avec
les deux Mancini, on commena  combattre la passion qu'prouvait le Roi
pour Henriette d'Angleterre que nous voyons se nouer les intrigues qui
vont amener la chute de Foucquet.

Anne d'Autriche, Henriette de France et Madame de Chevreuse, tiennent
conseil et dcident que, sinon pour dtourner le Roi de Madame, du moins
pour empcher que le scandale ne devienne public, il faut que Louis XIV
fasse ostensiblement la cour  quelqu'une des demoiselles d'honneur de
sa belle-soeur, et pendant que Foucquet songe  Mademoiselle de
Menneville, la Reine choisit Louise de La Vallire.

Seulement, au lieu de galanteries passagres, celle-ci ne tarde pas 
devenir et pour longtemps l'unique objet de la passion du Roi. Dans une
remarquable tude que nous avons dj mentionne, M. Lair nous a donn
avec une grande clart et nombre de dtails nouveaux, ce rcit des
amours de Louis XIV.

Dans son dsir d'tre agrable au Roi, Foucquet aurait-il fait  Louise
de La Vallire des offres de service, des avances mal interprtes et
reportes par celle-ci  Louis XIV; c'est ce qui semble vraisemblable.
Dvor par la fivre,  la veille d'une maladie qui menace de
l'emporter, Foucquet n'est plus matre de lui, il commet fautes sur
fautes, erreurs sur maladresses et Louise de La Vallire ayant racont
au roi ses discours qu'elle ne comprend pas et dans lesquels elle voit
surtout le dsir de Foucquet de pntrer dans le secret de son coeur,
Louis XIV croit voir un rival dans le surintendant et, sans vouloir
provoquer d'explications, dcide la perte de l'imprudent. Bien des
ennemis, il faut le dire, se sont cachs derrire le Roi et ont excit
sa colre, les uns par jalousie, les autres par intrt personnel.

Mais, il est difficile de poursuivre le procureur gnral du parlement,
aussi obtient-on de lui la cession de sa charge  M. de Harlay, et en
mme temps le Roi accepte l'invitation de venir  Vaux o le
surintendant lui offrit une fte splendide, dont tous les crivains de
l'poque nous ont conserv le rcit. Toutefois, faisons remarquer que
Louis XIV connaissait dj Vaux o il tait venu  plusieurs reprises et
que l'on ne peut attribuer  la vue de ce chteau et des splendeurs de
ses ameublements l'exaspration du souverain.

Impromptu de Molire, festin superbe servi dans une argenterie des plus
luxueuses et dans laquelle on remarqua un sucrier en or (ce que le Roi
ne possdait pas), feu d'artifice compos d'une nue de fuses et de
serpenteaux, rien ne manqua  cette fte, pendant laquelle couvait
l'orage qui ne devait pas tarder  clater.

En effet,  la fin d'aot, Louis XIV partait pour Nantes o il devait
tenir les tats de Bretagne; Le Tellier, Colbert, Foucquet et Lionne
l'accompagnaient. L'arrestation du surintendant tait dcide et, au
lendemain du jour o il obtenait des tats de Bretagne un don gratuit de
trois millions pour le Roi, D'Artagnan, porteur d'ordres signs de Le
Tellier, l'arrtait sur la place de la Cathdrale. Ses papiers taient
saisis  la fois  Paris,  Vaux,  Saint-Mand, chez ses amis, sa
caisse ouverte (mais elle ne renfermait pas un sou vaillant), sa femme
exile  Limoges, et ses enfants quasi jets sur le pav, sans la piti
de M. de Brancas.

Huit jours plus tard, la surintendance tait supprime et remplace par
un conseil des finances, une Chambre de Justice tait tablie le 15
novembre avec mission de poursuivre les abus et malversations commises
dans les finances depuis 1635. Elle devait rechercher et punir aussi
tous les crimes et dlits commis  l'occasion d'icelles par quelques
personnes et de quelque qualit qu'elles soient. Denis Talon tait
dsign pour y remplir les fonctions de procureur gnral et le
chancelier Sguier celles de prsident. Des magistrats, tris sur le
volet dans les divers parlements et dans d'autres juridictions, taient
choisis pour la composer.

Foucquet, transfr d'abord  Angers, puis  Amboise, tait prisonnier 
Vincennes, soumis au secret le plus absolu, priv de papier, d'encre et
de livres. En trois mois ses cheveux nagures bruns avaient compltement
blanchi.

Pendant six mois, on ne lui notifie aucun acte de procdure;  ce moment
seulement on lui fait subir un premier interrogatoire de forme, dont on
refuse de lui laisser copie.

Nous ne pouvons suivre par le menu toute cette procdure, qui ne dure
pas moins de trois ans et dans laquelle Foucquet trouve rponse  toutes
les questions, prpare une dfense qui ne comprend pas moins de seize
volumes et qu'il rdige sans notes, sans documents avec ses seuls
souvenirs, rcusant le chancelier, s'inscrivant en faux contre les
procs-verbaux, argumentant contre Chamillart, nomm procureur gnral 
la place de Talon et lui reprochant tantt de ne pas lui faire voir sa
commission, tantt d'ignorer l'orthographe. Quelques lignes de cet
interrogatoire sont curieuses  rapporter. Le Roi, dit Chamillart ne
m'a choisi que pour faire justice.--Soit, rplique l'accus, mais je ne
suis pas persuad que ce changement ait t fait pour mon plaisir. C'est
assez que mes ennemis vous aient choisi pour motiver quelque
suspicion.--Et,  ces mots de Chamillart, qui, prcdemment tait charg
de poursuivre la rformation des abus des matres des eaux et forts,
_Monsieur, je travaillais dans la fort de Compigne, quand le Roi m'a
nomm sans entremise de personne_.--Foucquet, faisant allusion aux
rcents actes de brigandage qui avaient t commis dans nos environs,
termine l'entretien en lui disant: _Ce mot de fort m'est suspect, il
suffit  dsigner qui vous a mis en votre place_.

Pendant que s'instruisait le procs de Foucquet, quelques autres
affaires taient soumises  la Chambre de Justice. Dans le nombre, il en
est une qui concerne des personnages de notre pays et qu' ce titre nous
rsumerons en quelques lignes:

On dtenait dans les prisons de Paris, dit M. Lair, un homme appel
Dumont, ancien receveur des tailles  Crpy (en Valois). Arrt en
dcembre 1662, il avait t en janvier 1663 jug et condamn  mort,
pour crime de pculat, par un de ces sous-commissaires qui remplaaient
en province la Chambre de Justice. Celui-l se nommait Charmolue,
trsorier de France  Soissons, homme non gradu et assist, pour la
forme, d'un juge choisi par lui. L'affaire tait depuis lors en appel
devant le Parlement. Si l'on parvenait  faire confirmer la sentence,
quel prjug contre Foucquet!

Sans entrer dans les dtails du procs, auquel nous fait assister notre
auteur, faisant connatre et l'interrogatoire de l'accus et l'opinion
des juges, qu'il nous suffise de dire que Dumont fut condamn, par
treize voix contre huit, pour crime de pculat et de concussion  tre
trangl. Le soir mme, une potence tait dresse au carrefour de la
Bastille et on y pendait ce malheureux. Le receveur des tailles de
Crpy avait t pris comme un mannequin qu'on voulait balancer  la
potence devant les fentres de la prison de Foucquet.

Au bout de ces trois annes, le procs du surintendant tait termin,
l'instruction, les interrogatoires, les rapports taient achevs, les
dlibrations durrent cinq jours, pendant lesquels les avis les plus
divers furent mis, appuys sur des textes et des opinions de tout
genre, les uns rappelant le procs de Verrs et citant Cicron et
Tite-Live, les autres invoquant les pres de l'glise ou le tmoignage
de saint Louis. Nous n'en citerons que quelques-uns. Sainte-Hlne
dclare que Foucquet mrite d'tre pendu, mais par concession, eu gard
 sa naissance et  ses dignits, il consent  ce qu'on lui tranche la
tte sur un chafaud devant la Bastille et  ce que ses biens soient
confisqus; plusieurs suivent son avis, d'autres, excusant le
surintendant, ne rclament que le bannissement ou la relgation, un
d'entre eux, voulant le punir par o il avait pch, c'est--dire dans
son orgueil, propose de raser Vaux, d'en abattre les bois, d'en rompre
les fontaines et d'en combler les fosss.

Enfin, malgr une violente pression et les vives sollicitations de ses
ennemis, au milieu de dcembre 1664, Foucquet ne fut condamn par la
Chambre, qu'au bannissement hors du royaume, et  la confiscation de ses
biens. Condamn en fait, il tait acquitt en droit.

Louis XIV ne cachait pas que, si Foucquet eut t condamn  mort, il
l'aurait laiss mourir et Colbert craignait, qu'une fois en libert, il
ne publit hors de France des crits, des libells contre Mazarin et
contre lui; aussi suggra-t-il au roi l'ide de _commuer_ la peine du
bannissement en celle de la _prison perptuelle_,  cause du danger
qu'il y avait  laisser sortir Foucquet du royaume, vu la connaissance
particulire qu'il avait des affaires les plus importantes de l'tat,
singulire commutation, on le voit, que celle qui devait jusqu' sa mort
priver un homme de sa libert et le faire maintenir pendant de longues
annes dans le secret le plus troit, en laissant mme pendant longtemps
ignorer  sa famille ce qu'il tait devenu.

La Chambre de Justice n'avait eu, en ralit, pour objet, que le
jugement de Foucquet et s'il lui avait t donn, au civil, de supprimer
un million sur les tailles, et d'oprer un petit nombre de rformes
utiles, elle n'avait, au criminel, jug que des contumaces comme Bruant
et Gourville et condamn  mort que quelques misrables comme ce Dumont,
de Crpy, dont nous avons parl. Elle n'avait pas su trouver Foucquet
assez criminel pour le faire mourir, aussi son puration fut-elle
d'abord dcrte, et plus tard elle ne resta qu' l'tat de fantme pour
enregistrer des dcisions imposes et rendre des arrts faits d'avance
chez le contrleur gnral.




V


Le 27 dcembre 1664, les formalits de la lecture de l'arrt taient
remplies  la Bastille. Le mme jour, un carrosse sortait de la prison
aux acclamations du peuple, dans l'esprit duquel un revirement s'tait
fait en faveur du prisonnier. D'Artagnan conduisait Foucquet  Pignerol,
et le 16 janvier 1665, ils arrivaient dans cette petite place du
Pimont, cde  Louis XIII,  la suite d'une ngociation  laquelle le
pre de Foucquet avait pris une part active.

Le gardien qui ne devait le quitter qu'au lit de mort tait Louis
d'Auvergne, sieur de Saint-Mars, son parent loign, ce que tous deux
paraissent avoir toujours ignor.

Peu de temps aprs sa dtention, Foucquet chappa  une terrible
explosion qui branla le donjon de Pignerol jusque dans ses fondements
et Mnage s'autorisait de cet vnement pour solliciter, en vers latins,
la grce de Foucquet dans une pice qu'il adressait  Louis XIV. Le Roi
devait rester sourd  cette supplique ainsi qu' toutes celles qui lui
seraient prsentes en faveur de son ancien ministre. Cet vnement
devait mme rendre Foucquet l'objet d'une surveillance plus rigoureuse,
car, dans le dossier d'un fauteuil bris, on avait trouv des papiers
crits avec une encre sympathique.

La temprature glaciale de Pignerol pendant l'hiver autant que la
chaleur concentre au milieu des rochers pendant l't ne tardrent pas
 altrer la sant de Foucquet, et les deux valets qu'on avait placs
auprs de lui en souffraient galement. En 1670, Lafort, son ancien
serviteur, chercha  s'introduire dans le chteau dans le but de le
dlivrer, mais sa tentative fut dcouverte et Foucquet put voir son
corps balanc  la potence. Du reste sa rsignation tait des plus
grandes et Saint-Mars pouvait crire de lui  Louvois M. Foucquet est
un agneau.

Il n'en disait pas autant d'un autre prisonnier qui lui avait t envoy
en 1671, Lauzun, dont la principale occupation fut de faire endiabler
son gardien. Les ordres les plus svres avaient t donns pour
empcher les deux prisonniers de communiquer, et cependant, un jour,
Lauzun, dans son esprit inventif, trouva le moyen de pntrer dans la
chambre de Foucquet et chaque jour il y revenait, lui racontant ce qui
s'tait pass depuis quinze ans qu'il tait spar du monde.

En 1679, Lauzun et Foucquet furent autoriss  communiquer ensemble,
mais ce ne fut qu'aprs la mort de ce dernier que Saint-Mars trouva la
cachette qui leur servait de passage pour aller de l'un chez l'autre.

Pendant les quatre dernires annes de sa vie, l'existence de
l'ex-surintendant devint plus tolrable, bien qu'il fut toujours
maintenu dans le secret le plus absolu; il fut autoris  recevoir des
nouvelles de sa femme et de sa mre, et il reut papier et encre avec la
permission d'crire  Louvois. Il en profita aussitt pour rdiger des
projets financiers et mme des pices de vers.

Enfin, le 23 mars 1680, une apoplexie emporta subitement Nicolas
Foucquet, au moment o on faisait esprer  sa famille quelque
adoucissement  sa position.

Dans sa prison, Foucquet avait employ son temps  mditer longuement
sur les Saintes critures,  distiller,  composer des remdes,  se
soigner,  droguer ses valets et  leur apprendre  lire.

Plusieurs de ceux-ci sont connus, mais il en est un, prisonnier envoy
de Dunkerque en 1669, install d'abord dans un cachot, au-dessus de la
cave, au sujet duquel de grandes prcautions devaient tre prises, et
que l'on devait surtout ne pas laisser s'entretenir avec Lauzun. Ce
personnage, connu sous le nom d'Estache Dauger, parat avoir t un de
ces hommes qu'on charge de missions louches, enlvement de pices ou de
personnes et peut-tre pis encore, et dont, le coup une fois accompli,
on assure le silence par la mort ou par la prison. M. Lair s'attache 
dmontrer que c'est lui qui fut le prisonnier confi  la garde de
Saint-Mars  Exilles, aux les Sainte-Marguerite et  la Bastille et qui
a donn lieu  la lgende du Masque de fer, lgende qui, dit-il, manque
de vrit, en tout cas, car il n'y eut pas un personnage unique portant
un masque de fer ou mieux de velours, mais chaque fois qu'un prisonnier
notable, ou qu'on ne voulait pas laisser connatre, voyageait, on
prenait la prcaution de lui couvrir la figure d'un masque.

Dans un dernier chapitre, M. Lair examine la destine des descendants de
Foucquet jusqu' l'poque voisine de nous o les derniers d'entre eux
ont disparu.

Il nous montre d'abord la famille ruine, amoindrie, runie en 1680
autour de la vieille grand'mre Marie de Maupeou, qui dsire leur
partager le peu de biens qui lui restaient avant de se retirer au
Val-de-Grce o elle mourut. Il nous retrace les alliances fort
honorables  coup sr, mais peu fortunes de deux des enfants du
surintendant avec les d'Uzs et les Lvis et le mariage d'un troisime
avec la fille de la clbre Madame Guyon.

Puis nous voyons la famille Foucquet remonter  l'apoge de sa grandeur
avec Charles Foucquet, comte et plus tard duc de Belle-Isle, pair et
marchal de France, petit-fils du surintendant, et avec son fils le
comte de Gisors, dont M. Camille Rousset a retrac la mort hroque dans
des pages que tout le monde a lues.

Singulier rapprochement et comme on en trouve beaucoup dans le livre de
M. Lair, et par lequel nous finirons. Le comte de Gisors,  la veille de
sa mort, venait d'pouser la fille ane du duc de Nivernais, la petite
fille de l'hritier de Mazarin.

Si M. Lair s'est attach surtout  faire ressortir l'innocence du
surintendant et l'injustice de sa condamnation, tout en faisant une
large part  des fautes et  des imprudences que l'on ne saurait
excuser, nous pouvons finir cette longue analyse de ce grand ouvrage en
lui appliquant cette pigraphe bien connue: _Ceci est un livre de bonne
foi_.

       *       *       *       *       *

Compigne.--Imprimerie Henry Lefebvre.





End of the Project Gutenberg EBook of Nicolas Foucquet, surintendant des
finances, by Arthur de Marsy

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NICOLAS FOUCQUET ***

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