Project Gutenberg's L'art roman dans le Sud-Manche, by Marie Lebert

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Title: L'art roman dans le Sud-Manche

Author: Marie Lebert

Release Date: October 30, 2008 [EBook #27041]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART ROMAN DANS LE SUD-MANCHE ***




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L'ART ROMAN DANS LE SUD-MANCHE


MARIE LEBERT


NEF, University of Toronto, 2006

Copyright  2006 Marie Lebert

Dans ce livre, qui concerne le sud du dpartement de la Manche et la rgion du
Mont Saint-Michel, en Normandie, on suit un itinraire en douze tapes, ces
tapes tant du nord au sud les glises de Saint-Martin-le-Vieux, Brville,
Yquelon, Saint-Pair-sur-Mer, Angey, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey, Gents,
Saint-Lonard-de-Vains, Saint-Loup et Saint-Quentin-sur-le-Homme, auquel
s'ajoute le beau portail roman de Sartilly. La version originale (avec photos,
cartes et plans) est disponible sur le NEF:
http://www.etudes-francaises.net/avranchin/


TABLE


I. VERSION COURTE

II. VERSION LONGUE

1. Introduction

2. Saint-Martin-le-Vieux

3. Brville

4. Yquelon

5. Saint-Pair-sur-Mer

6. Angey

7. Saint-Jean-le-Thomas

8. Dragey

9. Gents

10. Saint-Lonard-de-Vains

11. Saint-Loup

12. Saint-Quentin

13. Sartilly

14. Synthse

15. Bibliographie

16. Iconographie

17. Photos en noir et blanc

18. Photos en couleur

19. Index


I. VERSION COURTE


Dans ce dossier, point de monuments prsents dans tous les guides. Voici au
contraire quelques glises paroissiales dont on parle peu. Modestes, solides,
niches dans la verdure ou visibles le long de la cte rocheuse, elles furent
construites avec des matriaux locaux et avec les moyens du bord, le plus
souvent sur les voies montoises qu'empruntaient les plerins pour se rendre au
Mont Saint-Michel.

#Itinraire roman en douze glises

Dans la rgion ctire qui s'tend autour des villes de Granville et d'Avranches
(dpartement de la Manche, Normandie), plusieurs glises prsentent
d'importantes parties romanes. En allant du nord au sud (voir la carte), il
s'agit des glises de Saint-Martin-le-Vieux, Brville, Yquelon, Saint-Pair,
Angey, Sartilly, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey, Gents, Saint-Lonard-de-Vains,
Saint-Loup et Saint-Quentin. Ces glises sont construites avec des matriaux
locaux,  savoir le schiste et le granit. Le sol de la rgion est form de
roches schisteuses entourant les deux massifs granitiques de Vire et
d'Avranches.

La rgion appartient au Cotentin pour sa partie nord et  l'Avranchin pour sa
partie sud. La limite entre le Cotentin et l'Avranchin est la petite rivire du
Thar, qui se jette dans la Manche au sud de Saint-Pair-sur-Mer. Cette rgion
tait au Moyen-Age une rgion riche. Le peuplement y tait beaucoup plus dense
qu' l'intrieur des terres. La vie conomique y tait active: pcheries,
salines  proximit de Saint-Martin-de-Brhal, Brville et
Saint-Lonard-de-Vains, exploitation de la tangue et du varech utiliss comme
engrais marins, nombreuses cultures intensives.

Ces glises taient des glises paroissiales appartenant aux diocses de
Coutances et d'Avranches,  l'exception du prieur Saint-Lonard-de-Vains, qui
tait la proprit de l'abbaye Saint-Etienne de Caen. Elles taient situes sur
le rseau de voies montoises qu'empruntaient les plerins pour se rendre au Mont
Saint-Michel. Certaines de ces glises et leurs dpendances furent donnes par
les ducs normands  l'abbaye du Mont Saint-Michel aux 10e et 11e sicles.
D'autres firent l'objet de donations  l'abbaye naissante de la Lucerne au 12e
sicle.

Btie sur un petit promontoire, l'glise de Saint-Martin-le-Vieux fut utilise
jusqu' la Rvolution. Elle servit ensuite d'arsenal et tout son mobilier fut
vendu. Rendue au culte en 1801, elle ne fut plus utilise ds 1804 car elle
menaait de s'effondrer. L'ensemble, en ruines, est envahi par la vgtation. Le
choeur et la nef datent du 11e sicle: appareil en artes de poisson, porte au
cintre surbaiss de la nef, troites petites baies au cintre de granit. L'glise
a subi des remaniements par la suite: percement de la baie gmine du chevet,
percement des baies des murs sud du choeur et de la nef, dification d'un
clocher peigne en granit rose de Chausey. Ce dernier date du 16e sicle.

L'glise Notre-Dame de Brville date en grande partie de la seconde moiti du
12e sicle. Un ensemble trs homogne est form  l'extrieur par la majeure
partie de la nef, la base de la tour et les murs latraux du choeur. La nef a
sans doute t termine au 13e sicle: une porte  l'arcade brise est prsente
dans le mur latral nord. L'difice a t remani  la fin du 15e ou au dbut du
16e sicle. A l'intrieur, remaniement de la trave sur laquelle repose la tour,
construction d'une vote en croise d'ogives au-dessus du choeur, percement
d'une grande baie gmine dans le mur du chevet. A l'extrieur, construction de
l'tage de la tour et de la flche. L'glise a t restaure entre 1961 et 1976.
Les travaux lui ont rendu sa simplicit premire. (Voir un article plus
complet.)

Le portail occidental et la porte sud de l'glise Saint-Pair d'Yquelon
prsentent des similitudes avec la porte sud de l'glise de Brville. La nef et
le choeur des deux glises datent de la mme poque. Le choeur de l'glise
d'Yquelon est surmont d'une vote en croise d'ogives romane. Dans le mur nord
de la nef, un enfeu abrite une pierre tombale du 12e sicle en calcaire tendre,
qui reprsente un chevalier.

Sont galement romans les deux tages de la tour et une partie du choeur de
l'glise de Saint-Pair. Le premier tage de la tour est orn au nord et au sud
de deux arcatures aveugles. Le deuxime tage est perc sur chaque face d'une
baie gmine. L'ensemble se termine par une flche octogonale. Les chapitaux des
piliers intrieurs de la tour sont orns de sculptures frustes en bas-relief
tailles dans le granit. En 1875, on a retrouv dans le choeur une partie des
fondations de l'oratoire du 6e sicle et les sarcophages de cinq saints, dont
celui de Saint Pair (482-565), qui fonda l'abbaye de Scissy et donna son nom 
la localit. La nef ancienne fut dtruite  la fin du 19e sicle pour agrandir
un difice devenu trop petit pendant la saison des bains. Cette nef fut
remplace par une nef et un transept de grandes dimensions, d'inspiration
gothique.

Le portail sud de l'glise Saint-Pair de Sartilly est le seul lment
appartenant  l'difice roman original, qui fut dtruit et remplac en 1858 par
une glise beaucoup plus grande. Ce portail de granit est le plus beau portail
roman de la rgion. Les moulurations des voussures et de l'archivolte et les
sculptures des chapiteaux (feuilles de chne, feuilles d'acanthe, volutes) sont
le fruit d'un travail trs soign.

L'glise d'Angey dispose d'un choeur roman. Celui-ci date sans doute de
l'difice primitif donn par Guillaume de Saint-Jean  l'abbaye de la Lucerne en
1162. Une deuxime campagne de construction daterait de la seconde moiti du 12e
sicle: l'appareil de la base de la tour est lgrement diffrent de celui du
choeur.

Le choeur de l'glise de Saint-Jean-le-Thomas fut restaur  partir de 1965 par
Yves-Marie Froidevaux, architecte en chef des monuments historiques. Ce choeur
pr-roman prsente des similitudes avec l'glise souterraine
Notre-Dame-sous-Terre, qui fut construite par les Bndictins au 10e sicle.
(Ceux-ci s'installrent au Mont Saint-Michel en 966.) Les arcs des baies sont
forms de claveaux de briques. Les murs prsentent un appareil de petits blocs
de granit assez rguliers spars par d'pais joints de mortier. En 1895, la
tour ancienne fut remplace par un imposant clocher en granit, qui crase le
reste de l'difice de son volume. En 1974, on commena  dgager les peintures
romanes du 12e sicle trouves sous l'enduit du mur sud de la nef. Une
dcouverte d'autant plus intressante que les dcors peints sont pratiquement
inexistants dans la rgion.

L'glise Saint-Mdard de Dragey est isole avec son presbytre  un kilomtre
environ du village. Elle est btie sur un promontoire. Sa tour servait de point
de repre aux marins. La tour et le choeur ont t difis au 13e sicle.
L'enduit des murs de la nef romane a t gratt dans les annes 1970 pour y
mettre  jour l'appareil en artes de poisson,  l'intrieur comme 
l'extrieur.

L'glise Notre-Dame de Gents fut reconstruite au milieu du 12e sicle par
Robert de Torigni, abb du Mont Saint-Michel,  l'emplacement d'une glise plus
ancienne. La croise du transept, une partie des croisillons et les deux tiers
infrieurs de la tour appartiennent  l'difice roman. La tour, massive, est
implante  la croise du transept. Elle comprend deux tages. Le premier est
aveugle alors que le second est orn de baies gmines. Ces baies, mures, ont
t prolonges par des baies gothiques trilobes lors d'une deuxime campagne de
construction datant du 16e sicle. Autrefois surmonte d'une flche (dtruite
par la foudre au 16e sicle), la tour est maintenant termine par un toit en
btire. Le dpart du toit est cach au nord et au sud par une balustrade
ajoure aux angles orns de gargouilles. Le choeur et ses deux chapelles
latrales datent du 13e sicle. La nef est surmonte d'une vote en berceau de
bois refaite en 1960. Cette vote utilise les lments d'une charpente 
poinons et entraits apparents du 15e sicle (qui furent eux-mmes dcouverts
dans les lambris du 18e sicle). La couverture en paisses plaquettes de schiste
a elle aussi t refaite en 1960. Le porche qui prcde la porte sud de la nef
est surmont d'une charpente en carne renverse entirement cheville datant du
18e sicle. L'glise et le cimetire de Gents ont t classs monuments
historiques en 1959.

Le prieur Saint-Lonard de Vains fut la proprit de l'abbaye Saint-Etienne de
Caen jusqu' la Rvolution. Il fut ensuite transform en btiment de ferme.
L'difice est toujours une proprit prive. Le propritaire a restaur la nef
pour en faire une maison d'habitation. Le tour et le choeur sont dans un triste
tat (mais ceci a peut-tre chang depuis ma dernire visite). Situe entre
choeur et nef, la tour est forme d'une base carre surmonte de deux tages en
lger retrait l'un par rapport  l'autre. Le premier tage devait tre aveugle
avant les remaniements de la Rvolution. Le deuxime tage est orn de deux
arcatures jumelles en plein-cintre sur ses faces nord, est et sud. Il est
surmont d'un toit en btire reposant sur une corniche. Celle-ci est soutenue
par des modillons sculpts de ttes humaines ou moulurs en quart-de-rond.

L'glise de Saint-Loup date de la premire moiti du 12e sicle. Ceci est
attest par la vote d'artes, l'arc triomphal et les doubleaux en plein-cintre
dans le choeur. Ceci est galement attest par les voussures et colonnettes
paisses du portail occidental, de la porte sud et des baies de la tour.
L'intrt de cette glise est d'autant plus grand qu'il s'agit du seul difice
entirement roman ayant subsist dans la rgion. De plus, plusieurs lments
d'architecture sont spcifiques  cette glise. On note un profil similaire pour
le portail occidental, la porte sud et les baies de la tour. On note aussi de
nombreuses corbeilles et bases sculptes. On note enfin sous la corniche du
choeur de gros modillons sculpts de personnages grotesques et de figures
humaines. La seule modification apporte  l'glise romane est l'ouverture d'une
chapelle latrale dans la seconde trave du choeur (ct nord) en 1602.
L'difice a t class monument historique en 1921.

La porte sud de l'glise de Saint-Quentin est une rplique presque parfaite de
la porte sud de l'glise de Saint-Loup. Le portail occidental dnote lui aussi
l'influence de Saint-Loup. Ces lments permettent de dater la base de la tour
et la nef de la premire moiti du 12e sicle. Plusieurs parties datent du 13e
sicle: le porche rectangulaire prcdant la faade occidentale, les deux tages
de la tour, le choeur de trois traves et la chapelle latrale sud du choeur. La
chapelle latrale nord fut difie plus tard, au 15e ou 16e sicle.

Voici un rcapitulatif des parties romanes:

*  Saint-Martin-le-Vieux, le choeur et la nef (11e sicle);

*  Brville, le choeur, la base de la tour et une partie de la nef (deuxime
moiti du 12e sicle);

*  Yquelon, le choeur et la nef (deuxime moiti du 12e sicle);

*  Saint-Pair, une partie du choeur et de la tour (premire moiti du 12e
sicle);

*  Sartilly, le portail sud de l'glise (deuxime moiti du 12e sicle);

*  Angey, le choeur (dbut du 12e sicle) et la base de la tour (deuxime
moiti du 12e sicle);

*  Saint-Jean-le-Thomas, la nef (11e sicle et dbut du 12e sicle), avec un
choeur pr-roman datant du 10e sicle;

*  Dragey, la nef (11e sicle ou premires annes du 12e sicle);

*  Gents, la croise du transept, une partie des croisillons et la tour aux
deux tiers de sa hauteur (milieu du 12e sicle);

*  Saint-Lonard-de-Vains, l'ensemble (dbut du 12e sicle), trs remani aprs
1793;

*  Saint-Loup, l'ensemble (premire moiti du 12e sicle);

*  Saint-Quentin, la base de la tour et la nef (premire moiti du 12e sicle).

[Suivent trois articles plus spcialiss. Ces articles concernent l'glise de
Saint-Pair, qui est de loin l'glise la plus ancienne de la rgion, puisqu'elle
a vu le jour ds le 6e sicle, les glises de Brville et d'Yquelon, trs
sobres, qu'on peut considrer comme cousines, et enfin le beau portail roman de
l'glise de Sartilly.]

#L'glise de Saint-Pair, du 6e sicle  nos jours

Le bourg de Saint-Pair est sis sur la cte ouest du Cotentin,  trois kilomtres
environ au sud de Granville (voir la carte). Son glise, place sous le vocable
de Saint Pair, est un lieu de plerinage vou au culte de Saint Gaud, un des
nombreux saints gurisseurs de la rgion.

La vie de Saint Pair fut rsume par Adrien et Joseph Tardif d'aprs le rcit de
Fortunat, vque de Poitiers et contemporain de Saint Pair. Saint Pair "naquit 
Poitiers au commencement du rgne de Clovis, vers 482, d'une famille noble,
d'origine probablement gallo-romaine. (...) Tout jeune encore, il entra au
monastre d'Ension. (...) Il tait encore novice ou convers lorsqu'il quitta ce
monastre avec Scubilion et se fixa  Scissy. Quelques disciples se grouprent
autour de lui. (...) Ils formrent ainsi un petit monastre. (...) [Saint Pair
fut] ordonn prtre par Saint Lontien, vque de Coutances vers 512,  l'ge de
trente ans environ. Il fonda plusieurs monastres dans les diocses de
Coutances, Bayeux, Avranches, Le Mans et Rennes. (...) A l'ge de soixante-dix
ans, vers 552, il succda  Egidius, vque d'Avranches. (...) Aprs treize
annes d'piscopat, il mourut  l'ge de quatre-vingt-trois ans, le 16 avril
565. Il fut inhum avec son compagnon Saint Scubilion,  l'extrmit orientale
de l'oratoire de Scissy qu'ils avaient bti. Son cercueil en calcaire coquiller
y a t retrouv dans les fouilles de 1875  ct du cercueil de Saint
Scubilion." (Saint-Pair-sur-la-Mer et les saints vnrs dans l'glise de cette
paroisse, Rennes, A. Le Roy, 1888, p. 76-78.)

Scissy (Scessiacus, en latin) tait une localit construite  l'emplacement d'un
fanum ou sanctuaire paen. L'oratoire de l'abbaye fonde au 6e sicle attira
toute une population qui se fixa  proximit. Richard II, duc de Normandie, fit
don de l'abbaye de Saint-Pair et de ses dpendances aux religieux du Mont
Saint-Michel. Au 12e sicle, une construction romane fut btie  l'emplacement
de l'oratoire primitif. Le bourg de Saint-Pair tait le centre du doyenn et de
la baronnie ponyme. L'agglomration fut prospre jusqu'au 15e sicle, date 
laquelle ses habitants commenrent  migrer vers Granville. A la fin du 19e
sicle, on dcida d'agrandir un difice devenu insuffisant pendant la saison des
bains. La nef romane fut dtruite pour tre remplace par une nef et un transept
de grandes dimensions.

De l'oratoire primitif, il ne subsiste que les fondations et les sarcophages de
cinq saints: Saint Gaud, Saint Pair, Saint Scubilion, Saint Snier et Saint
Aroaste. Les fondations et les sarcophages furent dcouverts lors de fouilles
excutes en septembre 1875 par l'abb Baudry ( l'exception du sarcophage de
Saint Gaud, qui avait t retrouv ds 1131 en creusant les fondements de la
tour).

Les fondations de l'oratoire primitif sont situes sous le dallage de la seconde
trave du choeur actuel. Elles se composent d'une abside semi-circulaire
prolonge par des murs latraux qui se perdent dans les constructions du 12e
sicle. Dans son Inventaire des dcouvertes archologiques du dpartement de la
Manche (thse d'histoire de l'universit de Caen, 1962, p. 415), Claude Bouhier
crit: "A 50 cm du pavage de 1875, on trouva un bton de 5  6 cm d'paisseur
qui formait le sol de l'glise primitive; 40 cm plus bas on dgagea les restes
de 2 sarcophages en tuf de Sainteny, dmunis de leur couvercle, reposant sur un
mur de forme semi-circulaire, en petit appareil rgulier (52 cm de large,
pierres de 9  10 cm de large sur 3  4 cm de haut). Le mur constituait les
fondations de l'abside du premier sanctuaire." Le carrelage du choeur actuel
prsente une double ligne de dallages noirs encadrant une range de dallages
blancs, qui recouvrent de manire trs prcise les fondations de l'ancien
oratoire.

L'glise contemporaine comprend une nef de deux traves prcde d'un porche, un
large transept  bras saillants et un choeur de trois traves termin par une
abside semi-circulaire. Les croisillons du transept ouvrent  l'est sur deux
absidioles  chevet plat. Le choeur ouvre au nord sur deux chapelles, une ct
chevet et une ct tour. A l'angle form par le bras sud du transept et le
choeur, on note l'ajout d'une construction rectangulaire qui abrite la
sacristie.

La nef et le transept, tous deux du 19e sicle, sont en granit et en pierre de
Caen. La premire pierre de cette "nouvelle" construction fut pose le 5 juillet
1877. Entre 1877 et 1888 furent difis une nef de deux traves et un large
transept  bras saillants dans un style d'inspiration gothique. La construction
du transept a totalement modifi l'allure de l'glise, qui tait jusque-l
forme d'un vaisseau rectangulaire.

Dans les maonneries extrieures du choeur roman, on note la prsence de trois
modillons au nord et quatre modillons au sud,  un mtre environ de l'extrmit
suprieure des murs latraux. Ces modillons ressemblent  ceux qui supportent la
corniche de la tour. Ils sont situs entre la construction romane et la
maonnerie ajoute lors de l'exhaussement des murs latraux au 15e sicle,
lorsque le choeur a reu une vote de pierre. A la mme poque, le mur sud a t
renforc par deux contreforts  ressaut. Le mur nord tait quant  lui
suffisamment maintenu par la chapelle romane.

Alors que les maonneries du choeur sont formes d'un appareil irrgulier de
granit et de schiste, l'appareil rgulier de la tour et de sa flche est en
granit seul.

La tour romane, de forme carre, est surmonte d'une flche octogone.
Actuellement sise  la croise du transept, elle tait situe entre choeur et
nef avant 1880. Le premier tage est orn au nord et au sud de deux arcatures
aveugles reposant sur un bandeau chanfrein. Les arcades en plein-cintre, ornes
d'une simple moulure torique, reposent sur d'paisses colonnettes engages. Les
chapiteaux sont surmonts d'un tailloir carr se prolongeant entre les arcatures
par un bandeau chanfrein parallle au bandeau infrieur. Le deuxime tage, en
trs lger retrait par rapport au premier, est orn sur chaque face d'une baie
gmine. Ces baies, spares par une colonnette trapue, sont entoures d'une
arcade en plein-cintre orne d'un tore et reposant sur des colonnettes engages.

Les angles de la flche octogonale sont adoucis par des tores. Aux extrmits de
la base, quatre clochetons coniques sont orns  mi-hauteur d'un boudin. La
flche fut reconstruite  la fin du 19e sicle aprs avoir t endommage par la
foudre. De quand datait la premire flche en pierre? Aucun document ne permet
de le savoir.

A l'intrieur de l'glise, la tour repose sur quatre piliers massifs. Ces
piliers supportent des arcs fourrs et lgrement briss dterminant une vote
d'artes. Les corbeilles de chapiteaux des piliers nord-ouest, sud-est et
nord-est sont ornes de crochets d'angle en faible relief. Celles du pilier
sud-ouest sont diffrentes. D'un ct, un cne de pin et une feuille de chne
entoure de deux glands encadrent des formes peu visibles qui pourraient tre
des animaux. De l'autre, un buste d'homme orne l'angle de la corbeille, avec une
branche de chne visible  gauche. Toutes ces sculptures, tailles en bas-relief
dans le granit, sont trs frustes.

Le choeur de l'glise est de grandes dimensions. Sa longueur atteint presque
celle de la nef primitive aujourd'hui dtruite. Ct nord, prs du chevet, ce
choeur ouvre sur une chapelle romane vote en berceau (chapelle qui a subi des
tranformations au 20e sicle). Au 19e sicle, le tiers du mur nord situ prs de
la tour fut dtruit afin de mnager une ouverture pour une nouvelle chapelle
ddie  Saint Gaud, consacre en 1853. Le mur plat du chevet fut ouvert pour
construire une abside semi-circulaire d'inspiration gothique. Visible dans le
mur nord, la petite baie en plein-cintre  fort brasement est d'origine. Le mur
sud est lui aussi perc de trois petites baies en plein-cintre. Agrandies et
transformes en baies trilobes au 15e sicle, lors de la construction de la
vote de pierre, ces baies ont t ramenes  leurs proportions d'origine au 19e
sicle.

De quelle poque dater les parties romanes? On connat prcisment la date de la
construction de la tour. On sait que ses fondations datent de 1131, grce  un
manuscrit rdig  cette date,  l'occasion de la dcouverte du sarcophage de
Saint Gaud dans le choeur. Le mme manuscrit cite le nom du matre d'oeuvre qui
dirigea la construction de la tour, un certain Rogerius de Altomansiunculo. Ceci
est d'autant plus intressant que les architectes d'difices romans restaient le
plus souvent anonymes. Le choeur et sa chapelle sont trs difficiles  dater du
fait de leurs nombreux remaniements. Il n'est pas possible non plus de
dterminer si leur construction est antrieure ou postrieure  celle de la
tour.

#Les glises de Brville et d'Yquelon: des similitudes

A proximit de Granville, les glises Notre-Dame de Brville et Saint-Pair
d'Yquelon sont en partie romanes. Situes sur la voie montoise qu'empruntaient
les plerins du nord-ouest du Cotentin pour se rendre au Mont Saint-Michel,
toutes deux sont des glises paroissiales construites avec des matriaux locaux,
schiste et granit.

Sise sur la cte,  six kilomtres au nord de Granville (voir la carte),
l'glise de Brville est un vaisseau rectangulaire form d'une nef de deux
traves et d'un choeur de deux traves  chevet plat. La tour, implante dans
l'axe du vaisseau, s'lve entre choeur et nef.

La faade occidentale, remanie en 1783, est perce d'une porte et d'une grande
baie sans caractre. Cette faade est entirement recouverte d'un enduit de
ciment.

Le mur sud de la nef est paul d'un contrefort plat central. Parmi les
modillons taills en biseau supportant la corniche, on remarque deux petits
modillons grossirement sculpts de ttes humaines au-dessus de la baie de la
seconde trave. Deux larges baies au cintre surbaiss ont remplac les petites
baies romanes en 1832.

Le mur nord est aveugle. Sa partie occidentale est perce d'une porte dont les
voussures aux arcs briss reposent sur de fines colonnettes. Cette porte date
sans doute du 13e sicle.

Une porte romane est ouverte dans la base sud de la tour. Son arcade en
plein-cintre est forme d'une voussure moulure d'un tore. Le chanfrein
surmontant le tore est sculpt de dents-de-scie peu visibles. Le claveau central
de l'arcade est orn d'une grande tte en fort relief. L'archivolte est un pais
bandeau orn de dents-de-scie sculptes en creux d'un rang de btons briss. A
droite, elle repose sur une pierre sculpte d'une tte humaine. A gauche, elle
disparat dans les maonneries de la nef.

L'tage de la tour est perc sur chaque face d'une ouverture longue et troite
surmonte d'un petit gble reposant sur de fines colonnettes. Au-dessus de la
tour s'lve une flche octogonale de pierre aux angles adoucis par des tores.
L'tage et la flche dateraient du 15e ou 16e sicle.

Les murs latraux du choeur sont pauls chacun de deux contreforts plats
prenant appui sur un pais soubassement de pierre. Ces contreforts supportent
une corniche dont les modillons sont presque tous biseauts. Au nord, un seul
modillon est sculpt d'une tte humaine. Au sud, deux autres modillons sont
chacun sculpts de deux ttes accoles peu visibles.

En 1832, deux baies sans caractre furent perces de chaque ct de la premire
trave. Ces baies ont remplac les petites baies romanes primitives. Au nord, on
voit encore les pidroits de granit de deux baies bouches  cette poque, ainsi
que le cintre de l'une d'elles.

Le chevet plat est prolong par une construction  cinq pans du 19e sicle, qui
abrite la sacristie. La baie du chevet, bouche par un mur de briques, fut
dgage en 1961. Cette baie gmine, probablement contemporaine de la vote du
choeur, est visible dans la sacristie.

A l'intrieur de l'glise, la nef est spare de la base de la tour par un arc
fourr et lgrement bris aux claveaux irrguliers. Cet arc, qui appartient 
l'difice roman, repose sur deux pais pilastres pris dans l'paisseur du mur.
L'imposte des pilastres est moulure en forme de bandeau chanfrein. L'arc situ
entre la base de la tour et le choeur a quant  lui t entirement remani lors
de la rfection du choeur au 15e ou 16e sicle. Il a t renforc par un arc
intrieur aux artes chanfreines reposant sur des demi-colonnes engages.

La trave entre choeur et nef est surmonte d'une vote en croise d'ogives sur
plan barlong. Cette vote fut sans doute construite  la mme poque que les
votes en croise d'ogives surmontant les deux traves du choeur.

Une grande partie de l'glise date de la seconde moiti du 12e sicle, le
principal indice de datation tant la porte sud. A l'extrieur, un ensemble
roman assez homogne est form par la majeure partie de la nef, la base de la
tour et les murs latraux du choeur. Les contreforts plats reposent sur un
soubassement de pierre le long des murs latraux du choeur. Un trait
d'architecture local que l'on retrouve dans l'glise d'Yquelon.

La nef pourrait avoir t termine au 13e sicle puisque le mur nord dispose
d'une porte  l'arcade brise. L'glise fut ensuite profondment remanie  la
fin du 15e ou au dbut du 16e sicle. A l'intrieur, transformation de la trave
sur laquelle repose la tour, construction d'une vote en croise d'ogives
au-dessus du choeur, percement d'une grande baie gmine dans le mur du chevet.
A l'extrieur, construction de l'tage et de la flche de la tour.

A deux kilomtres  l'est de Granville, non loin de la rivire du Boscq (voir la
carte), le village d'Yquelon est regroup autour de son glise. Celle-ci est
forme d'une nef de deux traves suivie d'un choeur de deux traves  chevet
plat. La tour, massive, est accole  la premire trave du choeur ct nord.

La faade occidentale est consolide  chaque extrmit par deux contreforts
plats prenant appui sur un petit muret de pierre. Son mur pignon se termine par
une croix antfixe aux branches bifides.

En 1896, les baies en plein-cintre surmontant le portail d'entre ont remplac
une grande ouverture rectangulaire, qui avait elle-mme remplac deux petites
baies romanes. L'oculus, de petite dimension, est d'origine. Des billettes
ornent son pourtour. Sa partie infrieure inclut une pierre sculpte de deux
ttes humaines.

L'arcade en plein-cintre du portail est forme d'une voussure non moulure
reposant sur des pidroits sans ornement. Le claveau central est orn d'une tte
humaine en fort relief. L'archivolte repose sur des pierres sculptes de ttes
humaines, tout comme celle du portail sud de l'glise de Brville.

Est galement romane la porte (en grande partie bouche) comprise dans la
premire trave du mur sud du choeur. Son arcade en plein-cintre est forme
d'une voussure moulure d'un tore. Le tore est surmont d'un chanfrein sculpt
d'une range de dents-de-scie peu marques. L'archivolte est forme d'un pais
bandeau aux artes chanfreines. Cette porte a certainement t remanie. Les
chapiteaux, sans astragale, sont mal raccords au ft des colonnes, et mal
raccords aussi au dpart de la voussure.

La seule baie romane est une troite petite baie au cintre creus dans un
linteau de granit. Elle est situe dans le mur nord du choeur.

La tour, massive et de forme carre, est surmonte d'un toit en btire. Elle
prsente trois tages en lger retrait les uns par rapport aux autres, et de
mme appareil que la nef et le choeur. Des ouvertures rectangulaires indiquent
une reconstruction, au moins partielle, depuis le 12e sicle. A quelle poque?
Aucun lment d'architecture ne permet de donner une date prcise.

A l'intrieur de l'glise, les deux traves du choeur sont spares par un
doubleau sans ornement et lgrement bris. Chaque trave est surmonte d'une
vote en croise d'ogives romane. Les ogives, trs larges, sont ornes de deux
pais tores d'angle entourant une petite moulure triangulaire saillante.
Doubleau et ogives reposent sur des culots en forme de pyramide renverse. Les
clefs de vote sont sculptes de motifs gomtriques en faible relief compris
dans un cercle.

Dans le mur nord de la nef, un enfeu surmont d'un arc surbaiss abrite une
pierre tombale en calcaire tendre datant du 12e sicle. Elle est dcrite ainsi
dans le Bulletin de la Socit des antiquaires de Normandie (tome 14, 1886-1887,
p. 44-45):

"La pierre tombale supporte un chevalier en relief, reprsent les mains
jointes, la tte appuye sur un oreiller, et ayant un lvrier  ses pieds. (...)
Elle ne porte ni indication de nom, ni indication d'anne. Il serait par
consquent impossible de dterminer le personnage dont elle recouvrait les
restes. Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est qu'il appartient  la
puissante famille d'Yquelon, dont un des membres, Roger d'Yquelon, apposa sa
signature au bas de deux grandes chartes de l'abbaye de la Luzerne (dsormais
appele abbaye de la Lucerne, ndlr), en 1162."

Dcouverte en 1885 dans le cimetire jouxtant le nord de l'glise, la pierre
tombale fut encastre dans l'enfeu en 1893.

La vote en croise d'ogives du choeur, le portail occidental et la porte sud
permettent de dater la nef et le choeur de l'glise de la seconde moiti du 12e
sicle.

Les portes des glises d'Yquelon et de Brville prsentent de nombreuses
similitudes.

Le portail occidental d'Yquelon et la porte sud de Brville ont tous deux une
archivolte forme d'un pais bandeau orn de dents-de-scie en fort relief. Le
rang de dents-de-scie est lui-mme sculpt en creux d'une range de btons
briss. L'archivolte repose sur des ttes sculptes. Une sculpture de tte
humaine en fort relief orne le claveau central de la voussure. Les ttes
d'Yquelon, sculptes dans le granit, sont beaucoup plus visibles que celles de
Brville, sculptes dans une pierre calcaire beaucoup plus friable.

Les portes sud d'Yquelon et de Brville prsentent elles aussi des traits
communs: une voussure moulure d'un tore pais surmont d'un chanfrein orn de
dents-de-scie peu marques, des corbeilles de chapiteaux sculptes de crochets
d'angle aujourd'hui pratiquement effacs.

La porte sud de l'glise de Brville est en quelque sorte la synthse des deux
portes (portail occidental et porte sud) de l'glise d'Yquelon. Elles furent
sans doute excutes dans le mme atelier. On retrouve aussi le mme type
d'archivolte sculpte de dents-de-scie et reposant sur deux ttes humaines dans
le beau portail roman de l'glise de Sartilly, dont les moulurations sont
beaucoup plus soignes.

#Le beau portail roman de l'glise de Sartilly

Le bourg de Sartilly est situ sur l'axe routier Avranches-Granville,  quinze
kilomtres au sud de Granville (voir la carte). Sa vaste glise fut construite
au 19e sicle  l'emplacement d'un difice roman. Le portail sud de l'glise
actuelle, en granit, est le seul lment qui subsiste de l'glise dtruite (dont
il tait le portail ouest).

L'arcade du portail est forme d'une voussure au cintre surbaiss surmonte de
quelques blocs de granit de taille rgulire. Cette premire voussure est
moulure d'un tore d'angle suivi d'un listel et d'un large cavet orn de gros
besants lgrement renfls. Elle est suivie de deux autres voussures en
plein-cintre entoures d'une archivolte. La premire voussure en plein-cintre
est moulure d'un tore d'angle alors que la deuxime est moulure de deux tores
encadrant un listel. L'archivolte est orne de dents-de-scie en fort relief, qui
sont sculptes en creux d'une range de btons briss. Cette archivolte repose
de part et d'autre de l'arcade sur deux ttes sculptes aux traits fins et bien
dessins.

Des colonnettes engages supportent les voussures par le biais d'une imposte
moulure d'un cavet. L'imposte se prolonge lgrement pour surmonter les deux
pilastres encadrant l'ensemble. Les colonnettes prsentent toutes le mme
profil. La corbeille sculpte des chapiteaux est surmonte d'un tailloir carr.
Leur base carre est orne de deux tores entourant une scotie. Les sculptures
des chapiteaux sont tailles en fort relief dans le granit. Leurs motifs sont
varis: feuilles de chne, feuilles d'acanthe trs simplifies, volutes
encadrant une feuille d'acanthe  l'angle, volutes d'angle.

L'archivolte du portail de Sartilly ressemble aux archivoltes du portail
occidental d'Yquelon et de la porte sud de Brville, constructions romanes de la
seconde moiti du 12e sicle. Les moulurations de l'arcade et les sculptures des
chapiteaux sont le fruit d'un travail particulirement soign. Les moulurations
de la voussure au cintre surbaiss dnotent l'influence exerce par l'glise de
Saint-Loup, difice du dbut du 12e sicle, qui fut le point de dpart d'une
petite cole d'architecture.


II. VERSION LONGUE


1. INTRODUCTION


[La rgion // Les divisions ecclsiastiques // Les voies montoises // Les
matriaux locaux // Documents // Notes]

#La rgion

Dans la rgion ctire entourant le Mont Saint-Michel, si peu d'glises sont
entirement romanes, plusieurs glises datent en partie des 11e et 12e sicles,
le reste ayant t reconstruit au fil des sicles. Si l'on suit la cte du nord
au sud (voir la carte), ces glises sont situes  Saint-Martin-le-Vieux,
Brville, Yquelon, Saint-Pair-sur-Mer, Angey, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey,
Gents, Saint-Lonard-de-Vains, Saint-Loup et Saint-Quentin. S'y ajoute le beau
portail roman de Sartilly.

Cette rgion ctire tait au Moyen-Age une rgion riche. Le peuplement y tait
beaucoup plus dense que dans les rgions intrieures et la vie conomique tait
active: pcheries, salines  proximit de Saint-Martin-de-Brhal, Brville et
Saint-Lonard-de-Vains, exploitation de la tangue et du varech utiliss comme
engrais marins, nombreuses cultures intensives. On cultivait par exemple la
vigne dans la rgion de Saint-Jean-le-Thomas et de Dragey et sur les cteaux
d'Avranches.

La rgion appartient au Cotentin pour sa partie nord et  l'Avranchin pour sa
partie sud. La limite entre le Cotentin et l'Avranchin est la petite rivire du
Thar, coulant d'est en ouest et se jetant dans la Manche au sud de
Saint-Pair-sur-Mer. Tout ce pays devint la proprit des ducs normands en 933
aprs avoir subi les invasions scandinaves.

#Les divisions ecclsiastiques

Ces glises taient des glises paroissiales appartenant aux anciens diocses de
Coutances et d'Avranches,  l'exception du prieur Saint-Lonard-de-Vains, qui
tait la proprit de l'abbaye Saint-Etienne de Caen. Certaines de ces glises
et leurs dpendances furent donnes par les ducs normands  l'abbaye du Mont
Saint-Michel aux 10e et 11e sicles. D'autres firent l'objet de donations 
l'abbaye naissante de la Lucerne au 12e sicle.

Les paroisses de Saint-Pair-sur-Mer, Saint-Martin-le-Vieux, Brville et Yquelon
appartenaient au doyenn de Saint-Pair (voir la carte), l'un des cinq doyenns
de l'archidiachon de Coutances. L'archidiachon de Coutances tait l'un des
quatre archidiachons du diocse de Coutances, les autres tant les
archidiachons du Cotentin, de Bauptois et du Val-de-Vire.

Les paroisses de Gents, Angey, Sartilly, Dragey, Saint-Jean-le-Thomas et le
prieur Saint-Lonard-de-Vains appartenaient au doyenn de Gents (voir la
carte). La paroisse de Saint-Loup appartenait au doyenn de Tirepied et celle de
Saint-Quentin au doyenn de la Chrtient, ce dernier regroupant les neuf
paroisses rayonnant autour de la cit piscopale d'Avranches. Ces doyenns
appartenaient  l'archidiachon d'Avranches, compos de quatre doyenns, le
quatrime tant le doyenn d'Avranches. Le diocse d'Avranches regroupait deux
archidiachons, celui d'Avranches et celui de Mortain.

#Les voies montoises

La rgion tait traverse par tout un rseau de voies montoises qu'empruntaient
les plerins pour se rendre au Mont Saint-Michel (voir la carte). Les douze
sites qui nous intressent taient situs sur cinq chemins montois au nord
d'Avranches, et un chemin montois au sud.

Au nord d'Avranches, on avait d'ouest en est:

- Le chemin des grves du Mont Saint-Michel  Saint-Pair. Venant du Mont, il
passait au Bec d'Andaine, prs de Gents, longeait les dunes de Dragey et de
Saint-Jean-le-Thomas, gravissait les falaises de Champeaux et de Carolles,
traversait ensuite Bouillon et Jullouville pour aboutir  Saint-Pair.

- Le chemin montois du Mont Saint-Michel  Saint-Pair. Il empruntait le parcours
suivant: Gents, Dragey, Saint-Jean-le-Thomas, Champeaux,
Saint-Michel-des-Loups, Bouillon et Saint-Pair. Il traversait ensuite
Saint-Nicolas, Yquelon, Longueville, Brville, Coudeville,
Saint-Martin-le-Vieux, Sainte-Marguerite, Lingreville, Montmartin, Rgneville,
Le Pont de la Roque et continuait vers Cherbourg.

- Le chemin montois qui reliait le Mont Saint-Michel  Coutances. Il traversait
Gents, Dragey, Saint-Jean-le-Thomas, Saint-Michel-des-Loups et
Saint-Pierre-Langers. On pouvait ensuite rejoindre Coutances soit par Crences,
soit par Brhal. Pour rejoindre Coutances par Crences, on passait 
Saint-Lger, Saint-Jean-des-Champs, Saint-Sauveur-la-Pommeraye et Le Loreur.
Pour rejoindre Coutances par Brhal, on passait  Saint-Aubin-des-Praux,
Saint-Planchers, Hudimesnil, Chanteloup, Le Bourg-Rey, Quettreville-sur-Sienne
et Hyenville. Le chemin rejoignait ensuite l'actuelle route Granville-Coutances.

- Le chemin montois du Mont Saint-Michel  Saint-L. Son itinraire tait le
suivant: Gents, Dragey, Champcey, Sartilly, La Rochelle Normande, Champcervon,
La Lucerne d'Outremer, La Haye-Pesnel, Le Mesnil-Villeman, Le Mesnil-Amand,
Gavray, Saint-Denis-le-Gast, Saint-Martin-de-Cenilly, Notre-Dame-de-Cenilly,
Cerisy-la-Salle, Carantilly, Quibou, Canisy, Saint-Gilles et Saint-L.

- Le chemin montois du Mont Saint-Michel  Caen. Ce chemin montois avait trois
points de dpart: un  Gents et deux  Saint-Lonard-de-Vains. Il traversait
ensuite Vains, Bacilly, Montviron, Les Chambres, Noirpalu, Bourguenolles, La
Lande d'Airou, Saultchevreuil, Villedieu, La Colombe, Margueray et Pontfarcy.

Au sud d'Avranches, un chemin montois reliait le Mont aux villes de l'actuel
Calvados: Tinchebray, Cond-sur-Noireau et Falaise. Il continuait ensuite vers
Lisieux ou rejoignait un deuxime itinraire vers Rouen et Bernay. Dans l'ancien
diocse d'Avranches, il avait le parcours suivant: venant du Mont, il passait
par Pontaubault et Saint-Quentin-sur-le-Homme pour se diriger ensuite vers
Saint-Osvin, Le Grand-Celland, La Chapelle-Ure, Reffuveille, Juvigny-le-Tertre,
Bellefontaine, Saint-Barthlmy, Saint-Clment et Sourdeval.

#Les matriaux locaux

Les glises sont toutes construites en granit et en schiste. L'appareil de la
tour, les contreforts, l'arcade et les pidroits des baies et des portes sont
toujours en granit. Les maonneries de la nef et du choeur prsentent souvent un
appareil irrgulier fait de mollons de schiste ou de granit.

Ces matriaux sont des matriaux locaux. Le sol de la rgion est form de
terrains sdimentaires composs de roches schisteuses. Ces terrains entourent
deux larges massifs granitiques, ceux de Vire et d'Avranches. Allong d'est en
ouest dans la rgion de Sartilly-Carolles, le massif granitique de Vire forme
une bande rocheuse d'une largeur de cinq kilomtres environ, et se termine 
l'ouest par les falaises de Carolles et de Champeaux. Le massif granitique
d'Avranches est une troite bande granitique oriente d'ouest en est. Dbutant 
Avranches pour se terminer aux abords de Mortain, la bande s'tend sur 28
kilomtres alors que sa largeur ne dpasse pas 2  4 kilomtres.

Les deux massifs granitiques sont ceinturs d'une aurole mtamorphique compose
de schistes et de grauwackes (roches schisteuses). Les formations de Granville
et de Saint-Pair prsentent des traits particuliers. La formation de Saint-Pair
est un flysch (formation dtritique) compos de grauwackes, siltites et
argilites noires prsentant des schistosits. La formation de Granville est un
flysch form d'une alternance de grauwackes et de schistes.

[Cette tude est issue d'un mmoire de matrise d'histoire de l'Universit de
Caen [1], considrablement remani, et complt par une srie de photos prises
par Alain Dermigny de janvier  avril 1985. Il aura fallu vingt ans pour que ce
travail soit publi, grce aux avantages procurs par la publication en ligne,
ce qui reprsente un temps considrable  l'chelle d'une vie, mais peu de temps
 l'chelle d'un difice roman.]

#Documents

* La bibliographie rgionale

* La carte de la rgion

* La carte gologique

* La carte des chemins montois

* La carte du doyenn de Saint-Pair

* La carte du doyenn de Gents

#Notes

[1] Intitul "Les lments romans dans les glises des rgions de Granville et
d'Avranches" et dat de 1978, ce mmoire est disponible dans les bibliothques
de Caen (bibliothque municipale et bibliothque universitaire) et  la
mdiathque de Granville, en trois parties: (1) Texte. (2) Cartes, schmas et
plans. (3) Photos ou diapos.


2. SAINT-MARTIN-LE-VIEUX


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits // Le choeur / Extrieur / Intrieur // La nef //
Datation // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village de Saint-Martin-le-Vieux est situ entre Brhal et la mer, prs du
hvre de la Venle, trs exactement  2 kilomtres  l'ouest de Brhal et  9
kilomtres au nord de Granville (voir la carte). L'glise, en ruines, se dresse
sur un petit promontoire. Le village tait travers par le chemin montois qui,
venant du Mont Saint-Michel, passait  Saint-Pair pour se diriger vers
Cherbourg.

= Histoire

L'glise tait place sous le vocable de Saint Martin. Le second saint tait
Saint Eutrope. La paroisse appartenait au doyenn de Saint-Pair et 
l'archidiachon de Coutances.

Foulques Paynel, sans doute un parent de Guillaume Paynel, fondateur de l'abbaye
d'Hambye en 1145, avait donn  cette abbaye la troisime gerbe de
Saint-Martin-le-Vieux. Cette donation figure dans le Cartulaire de l'abbaye
d'Hambye: "Notum sit omnibus tam praesentibus quam futuris quod ego Fulco
Paganellus dedi deo et abbatiae Sanctae Mariae de Hambeja monachisque ibidem deo
servientibus in perpetuam et puram elemonisam tertiam garbam decimae Sancti
Martini Veteri de Brehal quam ego in manu habebam..." [1]

Pendant la Rvolution, l'glise fut ferme. Elle servit d'arsenal et tout son
mobilier fut vendu. Elle fut rendue au culte en 1801. Vers 1804 ou 1805, elle
menaait de s'effondrer et ne fut plus utilise. Depuis cette poque, la
paroisse de Saint-Martin-le-Vieux est rattache  celle de Brhal. [2]

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) compos d'un choeur  chevet plat et d'une longue nef (voir le plan). Le
choeur et la nef sont spars par un double campanile ajout au 16e sicle.
L'ensemble, en ruines, est envahi par la vgtation.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les maonneries prsentent un appareil irrgulier fait de mollons de schiste et
de granit. De nombreux lments d'opus spicatum sont visibles, surtout dans la
partie infrieure du mur sud de la nef. Le granit est utilis pour les arcs et
les pidroits des ouvertures. Le schiste est la pierre locale. Quant au granit,
il pourrait provenir du massif granitique de Vire affleurant  quelques
kilomtres au sud. Le double campanile du 16e sicle a t difi en granit rose
de Chausey.

= = Les enduits

Des plaques d'enduit  la chaux et d'enduit de ciment subsistent sur les murs
intrieurs de la nef et du choeur. Il n'y a plus ni dallages, ni plafonds, ni
toitures. Toutefois quelques grandes plaques de schiste dissmines dans les
ruines du choeur dnotent un ancien dallage en schiste.

#Le choeur

= Extrieur

Le chevet est ouvert par une grande baie mdiane autrefois gmine et surmonte
d'un arc bris. Le meneau central a disparu. Dans sa partie basse, le mur du
chevet est consolid par un pais contrefort plat central.

Face  un terrain en forte dclivit, le mur nord du choeur est paul de deux
contreforts plus pais dans leur partie basse que dans leur partie haute. Entre
les deux contreforts, une troite petite baie en plein-cintre a t bouche. Ses
pidroits et son cintre creus dans un linteau monolithe de granit sont trs
visibles.

Le mur sud du choeur ne dispose pas de contreforts. Il est perc de trois
grandes baies: une baie  l'arc bris, une baie trilobe et une baie  l'arc
surbaiss qui, comme celle du chevet, sont trs postrieures  la construction
du choeur. Peut-tre ont-elles t ouvertes au moment de l'dification du double
campanile au 16e sicle.

= Intrieur

Le mur nord prsente un vestige d'arcade en plein-cintre. Une piscine surmonte
d'un arc surbaiss subsiste dans le mur sud.

#La nef

Le mur sud de la nef est perc de trois troites petites baies au cintre creus
dans un linteau monolithe de granit. Deux de ces baies sont ouvertes. La
troisime, situe le plus  l'est, est bouche. Ce mur est ouvert par une porte
au cintre surbaiss et aux contours chanfreins. Le chanfrein est encadr de
deux petits tores. La porte est surmonte par une petite ouverture trilobe. La
partie orientale du mur est perce d'une grande baie  l'arc surbaiss. Ces deux
ouvertures sont sans doute contemporaines de celles du choeur.

Le mur occidental tait perc en son milieu par une grande baie en plein-cintre
aujourd'hui bouche.

Le mur nord a pratiquement disparu. Seuls subsistent les maonneries situes
prs du mur occidental, sur une longueur de 2,30 mtres environ.

#Datation

L'glise date certainement du 11e sicle. Ceci est attest par les nombreux
lments d'opus spicatum, la porte au cintre surbaiss de la nef et les troites
petites baies au cintre creus dans un linteau monolithe de granit. Le fait que
l'glise soit ddie  Saint Martin est aussi une preuve d'anciennet.

L'glise a t l'objet de remaniements postrieurs: percement de la baie gmine
du chevet et des baies des murs sud du choeur et de la nef, dification d'un
double campanile au 16e sicle.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Martin-le-Vieux

* Le plan de l'glise de Saint-Martin-le-Vieux

#Notes

[1] Cit par: Renault. Le canton de Brhal, in: Annuaire du dpartement de la
Manche, 1854, p. 30-31.

[2] D'aprs: Bhier (Pierre). Brhal-Chanteloup. Coutances, OCEP, 1969, p. 240.


3. BREVILLE


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description extrieure /
La faade occidentale / La nef / La tour / Le choeur // Description intrieure
// Datation // Les restaurations / Au 19e sicle / Au 20e sicle // Documents //
Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village de Brville est situ sur la cte,  6 kilomtres environ au nord de
Granville (voir la carte). Il tait travers par le chemin montois qui, venant
du Mont Saint-Michel, passait par Saint-Pair et continuait vers Cherbourg.

= Histoire

L'glise de Brville est place sous le vocable de Notre-Dame. Le second saint
est Saint Hlier. La paroisse de Brville appartenait au doyenn de Saint-Pair
et  l'archidiachon de Coutances.

Le territoire de la paroisse faisait partie de la baronnie de Saint-Pair,
proprit du Mont Saint-Michel depuis 1022, date  laquelle Richard II, duc de
Normandie, donna la baronnie au Mont.

Au 13e sicle, le patronage tait lac. Le Pouill (1251-1279 environ) cit par
Lopold Delisle mentionne Guillelmus de Breinville comme seigneur patron. La
dme tait partage entre le cur et l'abb du Mont Saint-Michel: "Ecclesia de
Breinvilla - patronus Guillelmus de Breinvilla. Rector percipit altalagium, et
tertiam garbam in feodo gardam in feodo abbatis, in aliis territoriis totum. Et
valet L libras." [1]

Au 16e sicle, Brville, avec son glise et ses salines, formait une prbende au
profit de la cathdrale de Coutances. [2]

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) constitu d'une nef de deux traves et d'un choeur de deux traves 
chevet plat (voir le plan). La tour, implante dans l'axe du vaisseau, s'lve
entre choeur et nef.

= Les matriaux

= = Les appareils

Le granit est utilis pour les contreforts, le pourtour des ouvertures, les
pilastres, les colonnes et les arcs. L'appareil des maonneries est un appareil
irrgulier fait de mollons de schiste. Ces mollons sont des matriaux locaux
puisque la formation de Granville est compose d'une alternance de grauwackes
(roches schisteuses) et de schistes. Le granit provient sans doute du massif
granitique de Vire qui affleure  quelques kilomtres au sud.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Les murs intrieurs sont recouverts d'un enduit  la chaux refait en 1969. Le
sol est couvert de dalles de schiste (dalles de Beauchamps) poses la mme
anne, except la deuxime trave du choeur dont le carrelage date de 1863. La
nef est surmonte d'une vote en berceau de pltre qui a remplac une vote de
bois en 1852. La toiture fut recouverte d'ardoises d'Angers pour la premire
fois en 1835. Cette toiture a t refaite en 1937.

#Description extrieure

= La faade occidentale

La faade occidentale a t remanie en 1783. Elle est entirement recouverte
d'un enduit de ciment. Elle est perce d'une porte et d'une grande baie sans
caractre.

= La nef

La nef comprend deux traves.

Le mur latral sud est paul par un contrefort plat central. La corniche est
supporte par des modillons taills en biseau. Deux petits modillons sculpts de
ttes humaines subsistent au-dessus de la baie perce dans la seconde trave. Le
mur est perc de deux larges baies au cintre surbaiss qui ont remplac les
petites baies romanes en 1832.

Le mur latral nord est aveugle. Il est perc d'une porte dans sa partie
occidentale. Les voussures aux arcs briss reposant sur de fines colonnettes
permettent de dater cette porte du 13e sicle.

= La tour

La tour, carre, s'lve entre choeur et nef. Sa base est situe dans le
prolongement du choeur, moins large que la nef.

Au nord, une petite maonnerie en lger relief surplombe la base de la tour.
Cette maonnerie est surmonte d'un toit en appentis recouvert d'ardoises et
reliant la toiture du choeur  celle de la nef. Cette maonnerie repose sur une
corniche supporte par des modillons dans le prolongement de celle du choeur. Un
gros modillon est sculpt d'une tte humaine  l'ouest.

Au sud, la base de la tour est perce d'une porte (voir le schma). Son arcade
en plein-cintre est forme d'une voussure moulure d'un tore suivi d'un
chanfrein sculpt de dents-de-scie peu visibles. L'archivolte est forme d'un
pais bandeau orn de dents-de-scie en fort relief sculptes en creux d'un rang
de btons briss. L'archivolte repose  droite sur une pierre sculpte d'une
tte humaine. A gauche, elle disparat dans les maonneries de la nef. Le
claveau central de la voussure est orn d'une grande tte sculpte en fort
relief. Ces deux ttes sculptes dans une pierre friable ont mal rsist 
l'usure du temps alors qu' Yquelon, les traits de figures semblables sculptes
dans le granit sont encore trs visibles.

La voussure repose sur deux colonnettes engages. La corbeille des chapiteaux,
surmonte d'un tailloir carr, est sculpte de deux crochets d'angle trs abms
encadrs de deux boules aux extrmits. La base carre, trs use, devait tre
surmonte d'un double tore. Les pidroits intrieurs sont orns de colonnettes
engages dont la base carre est elle aussi surmonte de deux tores. Ces
pidroits supportent un pais linteau rectangulaire de granit surmont de
quelques plaquettes de schiste disposes  l'horizontale.

L'tage de la tour est perc sur chaque face d'une ouverture longue et troite.
Au-dessus s'lve une flche octogonale de pierre aux angles adoucis par des
tores, avec un petit gble  fines colonnettes situ dans le prolongement de
chaque ouverture. L'tage et la flche de la tour dateraient du 15e ou du 16e
sicle.

= Le choeur

Le choeur,  chevet plat, comporte deux traves. Les murs latraux sont pauls
chacun de deux contreforts plats prenant appui sur un pais soubassement de
pierre et soutenant la corniche. Au nord, on ne voit plus du contrefort sparant
la premire trave de la seconde que sa partie suprieure. Le reste a t
dtruit en 1832 pour laisser place  une baie. La plupart des modillons sont
biseauts. Il subsiste toutefois au nord un modillon sculpt d'une tte humaine,
et au sud un modillon semblable et deux autres sculpts chacun de deux ttes
accoles peu visibles.

Les petites baies romanes ont t remplaces par deux grandes baies sans
caractre perces en 1832 dans la premire trave au nord et au sud. Au nord,
deux petites baies bouches  cette poque sont encore visibles, avec leurs
pidroits de granit et le cintre de l'une d'elles creus dans un linteau
monolithe de granit.

Le chevet plat est prolong par une construction  cinq pans ajoute au 19e
sicle et qui abrite la sacristie. En 1961, on a dgag la baie du chevet
bouche par un mur de briques. Cette baie gmine, probablement contemporaine de
la vote du choeur, est visible de l'intrieur de la sacristie.

#Description intrieure

La nef est spare de la base de la tour par un arc fourr et lgrement bris
aux claveaux irrguliers. Cet arc repose sur deux pais pilastres pris dans
l'paisseur du mur par l'intermdiaire d'une imposte moulure en forme de
bandeau chanfrein.

Si l'arc fourr appartient  l'difice roman, l'arc situ entre la base de la
tour et le choeur semble avoir t entirement remani lors de la rfection du
choeur au 15e ou 16e sicle. Cet arc est renforc par un arc intrieur aux
artes chanfreines reposant sur des demi-colonnes engages.

La trave entre choeur et nef est surmonte d'une vote en croise d'ogives sur
plan barlong datant sans doute de la mme poque que les votes en croise
d'ogives surmontant les deux traves du choeur.

#Datation

Une grande partie de l'difice date de la seconde moiti du 12e sicle. Un
ensemble trs homogne est form  l'extrieur par la majeure partie de la nef,
la base de la tour et les murs latraux du choeur. Le principal indice de
datation est la porte sud de l'glise, avec sa voussure moulure d'un tore
surmont d'un chanfrein sculpt de dents-de-scie, tout comme son archivolte
orne de dents-de-scie en fort relief et reposant sur une tte sculpte. Les
contreforts plats reposant sur un soubassement de pierre le long des murs
latraux de la nef et du choeur forment un trait d'architecture local que l'on
retrouve notamment  Yquelon.

La nef pourrait avoir t termine au 13e sicle, comme l'atteste la porte 
l'arcade brise prsente dans le mur latral nord. L'difice a t remani  la
fin du 15e sicle ou au dbut du 16e sicle:  l'intrieur, remaniement de la
trave sur laquelle repose la tour, construction d'une vote en croise d'ogives
surplombant le choeur, percement d'une grande baie gmine dans le mur du
chevet;  l'extrieur, construction de l'tage et de la flche de la tour.

#Les restaurations

= Au 19e sicle

La faade occidentale fut entirement remanie en 1782. De grandes baies
ouvertes dans la nef et le choeur ont remplac les petites baies romanes en 1832
et 1833, avec deux baies romanes bouches encore visibles dans le mur nord du
choeur. Au lieu du chaume habituel, la toiture fut recouverte d'ardoises pour la
premire fois en 1835, puis refaite en 1937. Le plafond de bois de la nef fut
remplac par un plafond de pltre en 1852. L'anne suivante, toutes les
maonneries extrieures de la nef, du choeur et de la tour furent rejointoyes.
Un carrelage fut pos sur le sol de la seconde trave du choeur en 1863. [3]

= Au 20e sicle

Une dlibration du conseil municipal du 13 janvier 1961 a charg Monsieur
Richard, maire de Brville, de confier les travaux de restauration de l'glise 
Jacques Traverse, architecte en chef des Monuments historiques. Ces travaux
furent excuts entre 1961 et 1976.

En 1961, une baie gmine bouche par un mur de briques fut dcouverte dans le
mur du chevet. Cette baie est aujourd'hui visible de l'intrieur de la
sacristie.

En 1969, le sol de la nef fut recouvert de dalles de schiste (dalles de
Beauchamps) et les enduits des murs furent refaits  la chaux. L'anne suivante,
le carrelage du choeur fut restaur et les diffrentes portes remplaces par des
portes chevilles en chne. La porte nord de la nef a t rouverte en mai 1976.
Elle avait t mure en 1782. [4]

#Documents

* La bibliographie de Brville

* Une petite cole locale d'architecture: Yquelon et Brville

* Le plan de l'glise de Brville

* Le schma de la porte sud

#Notes

[1] Delisle (Lopold). Pouill du diocse de Coutances, in: Recueil des
historiens de la France, tome XXIII, 1876, p. 499.

[2] Voir: Renault. Le canton de Brhal, in: Annuaire du dpartement de la
Manche, 1854, p. 31-34.

[3] D'aprs des notes de 1866 consignes dans le registre n 1 de la paroisse
Notre-Dame de Brville.

[4] D'aprs un texte rdig par Monsieur Hrard, maire de Brville, en
supplment de: L'glise dans la cit, n 92, avril 1976.


4. YQUELON


[Le site / Emplacement / Histoire / La pierre tombale du 12e sicle // L'glise
/ Le plan / Les matriaux / Les appareils / Les enduits, sols, plafonds et
toitures // Description extrieure / La faade occidentale / La nef / Le choeur
/ La tour // Description intrieure / La nef / Le choeur // Datation // Les
restaurations / Au 19e sicle / Au 20e sicle // Une petite cole locale
d'architecture: Yquelon et Brville // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village d'Yquelon est situ  deux kilomtres de Granville, entre
Donville-les-Bains et Saint-Nicolas, au sud de la rivire du Boscq (voir la
carte). Yquelon tait situ sur le chemin montois qui, venant du Mont
Saint-Michel, passait par Saint-Pair et continuait vers Cherbourg.

= Histoire

D'origine scandinave, le terme "Yquelon" signifie "branche de chne".

Le saint patron de l'glise d'Yquelon est Saint Pair. Le second saint est Saint
Maur. La paroisse appartenait au doyenn de Saint-Pair et  l'archidiachon de
Coutances.

Le territoire de la paroisse faisait partie de la baronnie de Saint-Pair,
proprit du Mont Saint-Michel depuis 1022, date  laquelle Richard II, duc de
Normandie, donna la baronnie au Mont.

Le seigneur du lieu, Rogerius de Ikelun, apposa sa signature au bas de deux
grandes chartes de l'abbaye de la Lucerne en 1162 [1].

Au 13e sicle, le patronage tait certainement lac. La dme se partageait entre
le cur, qui en recevait la plus grande partie, l'abbaye du Montmorel et la
lproserie Saint-Blaise de Champeaux. Le Pouill cit par Lopold Delisle
(1251-1279 environ) mentionne ceci: "Ecclesia de Yquelon-Patronus... Rector
percipit totum exceptis VII busselis frumenti quos reddit abbati de Monte
Morelli et leprosis Sancti Blasii II quarteris frumenti et luminari ecclesiae
unum quarterium frumenti. Et valet XXXIII libras."[2]

Sise  Poilley, prs de Ducey, l'abbaye du Montmorel tait une abbaye de l'ordre
des Augustins, qui fut dtruite  la Rvolution. Situe dans la paroisse de
Champeaux,  la lisire de la fort de Bevais, la lproserie Saint-Blaise de
Champeaux fut fonde par Henri II Plantagent et dote par Guillaume de
Saint-Jean. Elle vit ses biens runis  l'Htel-Dieu d'Avranches en 1696. [3]

Le Pouill de 1332 cit par Auguste Longnon mentionne Guillermus Coure pour
seigneur patron: "Guillermus Coure est patronus ecclesie de Yquelon." [4]

= La pierre tombale du 12e sicle

En 1885, on dcouvrit dans le cimetire au nord de l'glise une pierre tombale
en pierre calcaire tendre datant du 12e sicle.

En 1886, M. de Lomas la dcrit ainsi: "La pierre tombale supporte un chevalier
en relief reprsent les mains jointes, la tte appuye sur un oreiller et ayant
un lvrier  ses pieds. Il est vtu d'une tunique qui ne dpasse pas les genoux;
cette tunique est serre  la taille au moyen d'un ceinturon auquel est pendue
une pe. Un bandeau large de quatre centimtres est nou ou attach derrire la
tte et retient une pice d'toffe qui sert de coiffure. Deux boucles de cheveux
couvrent les tempes. Les dtails de l'ornementation, du costume et de la
coiffure permettent d'assigner le 12e sicle comme date de l'excution de cette
pierre tombale. Elle ne porte ni indication de nom, ni indication d'anne; il
serait par consquent impossible de dterminer le personnage dont elle
recouvrait les restes. Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est qu'il
appartenait  la puissante famille d'Yquelon dont un des membres, Roger
d'Yquelon, apposa sa signature au bas de deux grandes chartes de l'abbaye de la
Luzerne (devenue ensuite la Lucerne, ndlr), en 1162." [5]

En fvrier 1893, cette pierre tombale fut encastre dans un enfeu prsent dans
le mur nord de la nef de l'glise. Sa longueur - 2,15 mtres - correspond
exactement  celle de la pierre tombale. Sans doute l'avait-il primitivement
recueillie, avant que la pierre tombale ne soit enterre dans le cimetire,
peut-tre au moment de la Rvolution franaise.

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) comprenant une nef de deux traves suivie d'un choeur de deux traves 
chevet plat (voir le plan). La tour, massive, est accole  la premire trave
du choeur ct nord.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les contreforts, le pourtour des ouvertures et les croises d'ogives du choeur
sont en granit. L'appareil des maonneries est un appareil irrgulier fait de
mollons de schiste et de quelques mollons de granit. Toutes ces pierres sont
des matriaux locaux: la formation de Granville est un flysch (formation
dtritique) compos de roches schisteuses. Et non loin de l affleure le massif
granitique de Vire,  quelques kilomtres au sud d'Yquelon.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Un enduit  la chaux recouvre l'ensemble des murs intrieurs,  l'exception des
doubleaux et ogives de la vote du choeur et des arcs et pidroits des
diffrentes baies, dont la pierre de granit est apparente.

Le sol est couvert sur toute son tendue de carreaux de cramique noirs et
blancs. Ce carrelage a t pos au 19e sicle,  l'exception du carrelage situ
sous les bancs de la nef, ajout en 1970. La nef est surmonte d'une vote en
berceau de bois ralise en 1896. La toiture, refaite en 1972, est en ardoises
d'Angers.

#Description extrieure

= La faade occidentale

La faade occidentale est consolide aux deux extrmits par deux contreforts
plats prenant appui sur un muret de pierre. Le mur pignon de la faade est
surmont d'une croix antfixe aux branches bifides.

Le portail d'entre est surmont de trois baies en plein-cintre identiques
surmontes elles-mmes d'un oculus. Les trois baies ont remplac en 1896 une
grande ouverture rectangulaire, qui avait elle-mme t perce  l'endroit de
deux troites baies romanes [6]. L'oculus, de petites dimensions, est d'origine.
Il est orn sur son pourtour de billettes. Sa partie infrieure comprend une
pierre sculpte de deux ttes humaines en fort relief.

L'arcade en plein-cintre du portail (schma 2) est forme d'une voussure non
moulure reposant sur des pidroits sans ornement et surmonte d'une archivolte.
L'archivolte est forme d'un cordon saillant orn de dents-de-scie en fort
relief sculptes en creux d'un rang de btons briss. Les deux extrmits de
l'archivolte reposent chacune sur une pierre de granit sculpte d'une tte
humaine. Le claveau central de la voussure est orn d'une tte humaine plus
grande en fort relief. Les pidroits intrieurs sont moulurs d'une colonnette
trs engage  tailloir et base carrs. Ces pidroits supportent un tympan de
granit, qui a t restaur et sculpt d'une croix romane en 1897.

= La nef

La nef comporte deux traves. Les murs latraux sont pauls chacun de trois
contreforts plats reposant sur un soubassement de pierre et supportant une
corniche soutenue par des modillons taills en biseau.

Le mur latral sud est perc de deux baies en plein-cintre, qui ont remplac en
1896 deux grandes ouvertures rectangulaires. Ces deux baies sont semblables  la
grande baie du mur latral sud du choeur, qui a t prise comme modle.

La premire trave du mur latral nord est perce d'une baie en plein-cintre
semblable  celles du mur sud et elle aussi refaite en 1896. La seconde trave
est ouverte par une baie trilobe. L'enfeu situ dans le mur de l'glise forme 
l'extrieur une saillie de 25 centimtres.

= Le choeur

Le choeur, plus troit que la nef, compte deux traves. La premire trave du
mur latral sud comprend une porte en grande partie bouche, avec une ouverture
rectangulaire dans sa partie haute.

L'arcade en plein-cintre de la porte (voir le schma) est forme d'une voussure
moulure d'un tore, le tore tant surmont d'un chanfrein sculpt d'une range
de dents-de-scie peu marques. La voussure est entoure d'une archivolte forme
d'un pais bandeau aux artes chanfreines. Le chanfrein infrieur est galement
orn d'un rang de dents-de-scie peu visibles.

La partie interne de la voussure repose sur deux colonnettes engages par
l'intermdiaire de chapiteaux dont la corbeille, surmonte d'un tailloir carr,
est orne de petits crochets d'angle pratiquement disparus. Cette porte a
certainement subi un remaniement: les chapiteaux, sans astragale, sont  la fois
mal raccords au ft des colonnes et au dpart de la voussure, dont le tore est
sectionn  cet endroit. La partie externe de la voussure et l'archivolte
disparaissent dans les maonneries de la nef  gauche, alors qu' droite elles
reposent sur une large pierre lgrement saillante et chanfreine.

Deux contreforts plats prenant appui sur un soubassement de pierre soutiennent
la corniche porte par des modillons taills en biseau. Visiblement, comme celle
de la nef, cette corniche a t refaite. Le mur est perc de deux baies en
plein-cintre: l'une assez large, l'autre petite, longue et troite. Leur
pourtour de granit a t refait en 1896.

Le mur oriental est consolid aux deux extrmits par un contrefort plat. En
1885, on a adoss au chevet plat une construction rectangulaire qui abrite la
sacristie. A la mme poque, le mur pignon a t perc d'une rose pour remplacer
la grande baie gmine du chevet bouche lors de la construction de cette
sacristie.

La tour est accole  la premire trave du mur nord. La deuxime trave
prsente la mme disposition qu'au sud. L'troite petite baie aux pidroits de
granit et au cintre creus dans un linteau monolithe de granit est d'origine.

= La tour

La tour, massive et de forme carre, prsente trois tages en lger retrait les
uns des autres. Deux bandeaux marquent la sparation entre les deux tages: un
bandeau moulur en quart-de-rond spare le premier tage du second, et le second
tage est spar du troisime par un bandeau droit. La tour, surmonte d'un toit
en btire, prsente le mme type d'appareil que la nef et le choeur.

La tour prsente les ouvertures suivantes:  l'tage infrieur, une porte
rectangulaire  l'est et une baie en plein-cintre au nord;  l'tage suprieur,
une longue ouverture rectangulaire sur chacune des faces; deux petites
ouvertures rectangulaires perces  l'tage intermdiaire et dans le pignon 
l'est et  l'ouest.

Toutes ces ouvertures rectangulaires permettent de penser que la tour a t
reconstruite, du moins en partie, depuis le 12e sicle. A quelle poque? Aucun
lment d'architecture ne permet de dterminer une date prcise, et aucun
document concernant la tour n'a t retrouv dans les archives.

#Description intrieure

= La nef

Les arcs et pidroits des trois baies en plein-cintre de la nef sont moulurs
d'un tore pais semblable  celui qui orne les baies du choeur. Dans la seconde
trave du mur nord, la baie trilobe est probablement le vestige de rfections
postrieures, tout comme la piscine surmonte d'un trilobe dans le mur latral
sud.

Au-dessous de cette baie trilobe, l'enfeu de la pierre tombale est surmont
d'un arc surbaiss. L'arc et les pidroits de l'enfeu sont simplement
chanfreins.

La nef ouvre sur le choeur par un arc triomphal trs pais, fourr et lgrement
bris reposant sur deux pilastres pris dans l'paisseur du mur. Au nord, l'arc
repose directement sur le pilastre alors qu'au sud, il s'appuie sur une imposte
moulure lgrement chanfreine.

= Le choeur

Le choeur est constitu de deux traves spares par un arc doubleau sans
ornement, trs pais et lgrement bris. Chaque trave est surmonte d'une
vote en croise d'ogives. Les ogives, trs larges, sont ornes de deux pais
tores d'angle entourant une petite moulure triangulaire saillante. Doubleaux et
ogives reposent sur des culots en forme de pyramide renverse. Les quatre culots
supportant la retombe d'une seule ogive  l'est et  l'ouest sont simples. Les
deux culots supportant  la fois la retombe d'un doubleau et les retombes de
deux ogives sont forms d'un tailloir carr lgrement chanfrein surmontant une
grande pierre saillante pour le doubleau, encadre de deux plus petites pour les
ogives. Les deux clefs de vote sont sculptes de motifs gomtriques en faible
relief compris dans un cercle: motifs triangulaires pour l'une et motifs
semi-circulaires pour l'autre.

Une large piscine surmonte d'un arc surbaiss est prsente dans la deuxime
trave ct sud. Les arcs et pidroits de la piscine et des trois baies du
choeur sont orns d'un tore pais. Dans la premire trave ct nord, une arcade
en plein-cintre donne sur une chapelle qui correspond  l'tage infrieur de la
tour.

#Datation

La nef et le choeur de l'glise d'Yquelon peuvent tre dats de la seconde
moiti du 12e sicle. Les indices de datation se trouvent dans la vote en
croise d'ogives du choeur et dans les deux portes: portail occidental et porte
sud.

Pour la vote en croise d'ogives du choeur, les ogives, trs paisses, sont
moulures de deux tores pais encadrant une petite moulure triangulaire
saillante. Les clefs de vote sont sculptes de motifs gomtriques en trs bas
relief.

Pour le portail occidental, une archivolte sculpte de dents-de-scie en fort
relief repose sur deux ttes sculptes. Pour la porte sud, un tore d'angle est
surmont d'un chanfrein. Ce chanfrein et le chanfrein infrieur de l'archivolte
sont sculpts d'un rang de dents-de-scie peu marques.

#Les restaurations

= Au 19e sicle

Les restaurations du 19e sicle furent importantes [7]. La sacristie fut
construite en 1885 [8]. La baie gmine du chevet fut ferme et une rose fut
ouverte dans le mur pignon pour la remplacer. La mme anne, on dcouvrit dans
le cimetire une pierre tombale du 12e sicle. Cette pierre tombale fut
encastre dans l'enfeu du mur nord de la nef en fvrier 1893 [9].

En 1896, les grandes baies rectangulaires de la nef furent remplaces par des
baies en plein-cintre sur le modle de la plus grande baie du choeur [10]. Le
pourtour de granit des deux baies en plein-cintre du mur latral sud du choeur
fut refait. A la mme poque, on mnagea dans la faade occidentale trois baies
en plein-cintre identiques,  l'emplacement d'une grande ouverture rectangulaire
[11]. La vote de la nef fut refaite: un lambris en bois de sapin fut remplac
par une vote en berceau de chne [12]. Le tympan du portail occidental fut
restaur et sculpt d'une croix romane en 1897 [13].

= Au 20e sicle

En 1969 et 1970, un enduit  la chaux fut refait sur toute la surface des murs
latraux de la nef [14]. En 1970, un carrelage fut pos sur les bancs de
l'glise [15]. Le reste du carrelage avait t pos au 19e sicle. En 1972, la
toiture de l'glise fut refaite en ardoises d'Angers [16].

#Une petite cole locale d'architecture: Yquelon et Brville

Les portes des glises d'Yquelon et de Brville prsentent de nombreuses
similitudes.

Le portail occidental d'Yquelon et la porte sud de Brville prsentent tous deux
une archivolte forme d'un pais bandeau orn de dents-de-scie en fort relief.
Le rang de dents-de-scie est lui-mme sculpt en creux d'une range de btons
briss. L'archivolte repose sur des ttes sculptes. Une sculpture de tte
humaine en fort relief orne le claveau central de la voussure. Les ttes
d'Yquelon, sculptes dans le granit, sont beaucoup plus visibles que celles de
Brville, sculptes dans une pierre calcaire plus friable.

Les portes sud d'Yquelon et de Brville prsentent elles aussi des traits
communs: une voussure moulure d'un tore pais surmont d'un chanfrein orn de
dents-de-scie peu marques, et des corbeilles de chapiteaux sculptes de
crochets d'angle aujourd'hui pratiquement effacs.

La porte sud de Brville est en quelque sorte la synthse des deux portes
d'Yquelon. Elles ont d tre excutes dans le mme atelier. On retrouve aussi
le mme type d'archivolte sculpte de dents-de-scie et reposant sur deux ttes
humaines sculptes  Sartilly. Les moulurations et les sculptures du portail de
Sartilly sont toutefois beaucoup plus soignes.

#Documents

* La bibliographie d'Yquelon

* Le plan de l'glise d'Yquelon

* Le schma de la porte sud

#Notes

[1] Voir: Le Cartulaire de la Lucerne, publi par M. Dubosc. Saint-L, 1878, p.
6 et 8.

[2] Delisle (Lopold). Pouill du diocse de Coutances, in: Recueil des
historiens de la France, tome XXIII, 1876, p. 499.

[3] Voir: Documents relatifs  l'glise et  la seigneurie d'Yquelon, in: Le
Pays de Granville, 1906, p. 139 note 3.

[4] Longnon (Auguste). Pouills de la province de Rouen. Paris, Imprimerie
nationale, 1903, p. 284.

[5] Lomas (M. de). Les dcouvertes d'Yquelon, in: Bulletin de la Socit des
antiquaires de Normandie, tome XIV, 1886-1887, p. 44-45.

[6] Voir: Rabel (J.). L'glise d'Yquelon, in: Revue de l'Avranchin, 1897, p.
239.

[7] Dates provenant de l'article suivant: Rabel (J.), L'glise d'Yquelon, in:
Revue de l'Avranchin, 1897, p. 237-248, et vrifies dans le Registre des
dlibrations du conseil municipal (1880-1904).

[8] Voir le compte-rendu de la sance du 01.03.1885 dans le Registre des
dlibrations du conseil municipal (1880-1904).

[9] Voir le compte-rendu de la sance du 05.02.1893 dans le Registre des
dlibrations du conseil municipal (1880-1904).

[10] Voir le compte-rendu de la sance du 13.01.1895 dans le Registre des
dlibrations du conseil municipal (1880-1904).

[11] Voir: Rabel (J.). L'glise d'Yquelon, in: Revue de l'Avranchin, 1897, p.
238.

[12] Voir le compte-rendu de la sance du 13.01.1895 dans le Registre des
dlibrations du conseil municipal (1880-1904).

[13] Voir: Rabel (J.). L'glise d'Yquelon, in: Revue de l'Avranchin, 1897, p.
238.

[14] Voir les compte-rendus des sances du 31.10.1969 (p. 67) et du 08.02.1970
(p. 69) dans le Registre des dlibrations du conseil municipal (1962-1978).

[15] Voir le compte-rendu de la sance du 08.02.1970 (p. 69) dans le Registre
des dlibrations du conseil municipal (1962-1978).

[16] Voir le compte-rendu de la sance du 11.02.1972 (p. 89) dans le Registre
des dlibrations du conseil municipal (1962-1978).


5. SAINT-PAIR-SUR-MER


[Le site / Emplacement // Histoire / Un sanctuaire paen / Saint Pair et Saint
Scubilion / Les 10e et 11e sicles / Le 12e sicle / La baronnie de Saint-Pair /
Le doyenn de Saint-Pair // Les fouilles archologiques / Les sarcophages / Les
fondations de l'oratoire du 6e sicle // L'glise / Le plan / Les matriaux /
Les appareils / Les enduits, sols et toitures / Les transformations des 19e et
20e sicles // Description intrieure / La tour / Le choeur // Description
extrieure / Le choeur / La tour // Datation // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le bourg de Saint-Pair-sur-Mer est situ sur la cte,  3,5 kilomtres au sud de
Granville (voir la carte). Saint-Pair tait reli au Mont Saint-Michel  la fois
par un chemin des grves et un chemin montois.

Venant du Mont, le chemin des grves passait au Bec d'Andaine, prs de Gents,
longeait les dunes de Dragey et de Saint-Jean-le-Thomas, gravissait les falaises
de Champeaux et de Carolles, et traversait ensuite Bouillon et Jullouville pour
aboutir  Saint-Pair.

Le chemin montois, situ lgrement plus  l'est, empruntait le parcours
suivant: Gents, Dragey, Saint-Jean-le-Thomas, Champeaux,
Saint-Michel-des-Loups, Bouillon et Saint-Pair. Il existait ds le 10e sicle,
et fut prolong plus tard vers le nord pour aboutir  Cherbourg.

L'glise est place sous le vocable de Saint Pair. Elle est un lieu de
plerinage vou au culte de Saint Gaud, qui est le second saint.

L'agglomration de Saint-Pair fut importante et prospre jusqu' la construction
de Granville au 15e sicle. La migration des habitants se fit alors vers
Granville, au dtriment de Saint-Pair qui tait jusque-l le centre vital de la
rgion.

A la fin du 19e sicle, au dbut de l'essor des stations balnaires, la nef
romane fut dtruite pour tre remplace par une nef et un transept de grandes
dimensions, afin d'agrandir un difice devenu insuffisant pendant la saison des
bains.

#Histoire

= Un sanctuaire paen

Scissy - Scessiacus en latin - tait une localit trs ancienne construite 
l'emplacement d'un fanum ou sanctuaire paen. Aprs cette priode paenne, un
monastre vit le jour au 6e sicle sous l'gide de Saint Pair (482-565) et de
son compagnon Saint Scubilion. Les saints ermites attirrent dans leur voisinage
une population qui se fixa autour de l'oratoire. Fortunat (530-600 environ),
vque de Poitiers, affirme dans sa Vie de Saint Pair que les cellules des
premiers moines furent bties au bord de la mer. Les moines vinrent ensuite
s'tablir sur les bords de la rivire de la Saigue,  l'emplacement de l'glise
actuelle [1].

= Saint Pair et Saint Scubilion

Selon Fortunat, Saint Pair, appel aussi Paterne ou Paternus, "naquit  Poitiers
au commencement du rgne de Clovis, vers 482, d'une famille noble, d'origine
probablement gallo-romaine... Tout jeune encore, il entra au monastre d'Ension,
appel plus tard Saint-Jouin-de-Marnes (aujourd'hui dpartement des Deux-Svres)
qui avait alors pour abb Saint Gnroux. Il tait encore novice ou convers
lorsqu'il quitta ce monastre avec Scubilion et se fixa  Scissy. Quelques
disciples se grouprent autour de lui... Ils formrent ainsi un petit monastre
dont Paterne fut institu abb par Gnroux qui tait encore son suprieur, et
ordonn prtre par Saint Lontien, vque de Coutances, vers 512,  l'ge de 30
ans environ. Il fonda plusieurs monastres dans les diocses de Coutances,
Bayeux, Avranches, Le Mans et Rennes... A l'ge de 70 ans, vers 552, il succda 
Egidius, vque d'Avranches... En 557, Paternus signait avec Lascivius, vque de
Bayeux, les canons du deuxime Concile de Paris. Aprs treize annes
d'piscopat, il mourut  l'ge de 83 ans, le 16 avril 565. Il fut inhum avec
son compagnon Saint Scubilion  l'extrmit orientale de l'oratoire de Scissy
qu'ils avaient bti. Son cercueil en calcaire coquiller y a t retrouv dans
les fouilles de 1875  ct du cercueil de Saint Scubilion." [2]

= Les 10e et 11e sicles

L'oratoire et le monastre ont sans doute t incendis lors des invasions
danoises, les Danois tant venus prter main-forte aux Normands dans leur lutte
contre les Bretons  partir de 919. De l'oratoire primitif, il subsiste encore
les fondations et les sarcophages de cinq saints.

Richard II, duc de Normandie, fit don en 1022 de l'abbaye de Saint-Pair et de
ses dpendances aux religieux du Mont Saint-Michel. L'abbaye du Mont dlguait 
Saint-Pair un moine qui tait le reprsentant de ses intrts temporels. Pendant
un sicle, l'administration spirituelle de la paroisse fut sans doute  la
charge des religieux du Mont.

= Le 12e sicle

En 1123, le premier Concile de Latran interdit aux abbs et aux moines d'exercer
leur ministre dans une paroisse. Le cur et son chapelain devinrent des prtres
sculiers. En 1157, Richard de Bohon, vque de Coutances, remit  Robert de
Torigni, abb du Mont Saint-Michel, le libre personat de l'glise de Saint-Pair,
c'est--dire le droit de la faire desservir par un prtre de son choix. En 1179,
Robert de Torigni obtint du Pape Alexandre III la confirmation des prrogatives
accordes  son monastre. Toutefois le pape, pour maintenir les rgles de droit
canonique, subsistua au libre personat de 1157 le droit de patronage. L'abb du
Mont prsentait  l'vque un prtre choisi par lui. [3]

Au 12e sicle, le bourg de Saint-Pair tait devenu le centre du doyenn et de la
baronnie du mme nom. Une nouvelle construction remplaa l'glise qui avait t
difie au 10e ou 11e sicle  l'emplacement de l'oratoire primitif.

= La baronnie de Saint-Pair

La baronnie de Saint-Pair tait l'un des fiefs de l'abb du Mont Saint-Michel.
Elle avait t donne  l'abbaye du Mont en 1022 par le duc Richard II, avec les
baronnies d'Ardevon et de Gents. La charte de cette donation figure dans le
Cartulaire du Mont: "Ego... Ricardus... panas inferni cupiens effugere et paradysi
gaudia desiderans habere trado loco S. Archangeli Michaelis sito in monte qui
dicitur Tumba abbatiam S. Paterni sitam in pago Constantino quae terminatur ab
oriente via publica tendenta Constancias, a septentrione rivulo Tarn, ab occasu
mari Oceano cum insula qui dicitur Calsoi, cum terris cultis et incultis, cum
ecclesiis et malendinis, cum pratis et silvis..." [4]

Le domaine de la baronnie tait dlimit par la Venle au nord, par la voie
montoise reliant Coutances  Avranches  l'est, par le Thar au sud et par
l'ocan  l'ouest. Mais le domaine de la baronnie ne s'arrtait pas au rivage.
Il comprenait de nombreuses pcheries qui traaient une ligne  un kilomtre
environ des dunes et formaient une sorte de digue depuis La Roche-Gautier
jusqu' la pointe de Carolles. Il comprenait aussi des moulins sur le Thar et
son affluent. [5]

= Le doyenn de Saint-Pair

Le doyenn de Saint-Pair tait plus tendu au nord que la baronnie. Au 13e
sicle, il comprenait 24 paroisses: les paroisses de Brhal, Coudeville,
Saint-Aubin-des-Praux, Saint-Pair, Bourey, Granville, Saint-Ursin, La Beslire,
Le Mesnil-Drey, Hocquigny, Saint-Planchers, Saint-Jean-des-Champs, Saint-Lger,
Hudimesnil, Anctoville, Brville, Donville, Longueville, Yquelon,
Sainte-Marguerite, Bricqueville-sur-Mer, Saint-Martin-le-Vieux, Le Loreur et
Chanteloup. La paroisse de Saint-Sauveur-la-Pommeraye fut ajoute au 14e sicle.
[6]

Au 13e sicle, la dme tait partage entre le seigneur patron, qui tait l'abb
du Mont Saint-Michel, et le cur. Le Pouill (1251-1279 environ) cit par
Lopold Delisle mentionne ceci: "Ecclesia Sancti Paterni - Patronus, abbas
Montis, percipit omnis garbas et duas partes decimae piscium; rector, residuum.
Et valet L libras. Abbas Montis, L libras." [7]

#Les fouilles archologiques

En septembre 1875, des fouilles menes par l'abb F. Baudry dans le choeur de
l'glise ont permis de retrouver une partie des fondations de l'oratoire du 6e
sicle et plusieurs sarcophages (plan 4).

= Les sarcophages

On retrouva les sarcophages de Saint Pair et Saint Scubilion et, situs 
proximit, ceux de Saint Snier et Saint Aroaste. Le sarcophage de Saint Gaud
avait t retrouv en 1131 en creusant les fondements de la tour.

De ce fait, cinq saints sont en fait vnrs dans l'glise:

- Saint Pair, qui est le plus clbre. Il a donn son nom au village connu
auparavant sous le vocable romain de Scessiacus ou Scissy. Il a vcu entre 482
et 565.

- Saint Gaud, qui aurait t le deuxime vque d'Evreux. Il aurait vcu entre
400 et 491. Aprs quarante ans d'piscopat, il ne serait dmis de ses fonctions
et serait venu se retirer dans la solitude de Scissy [8].

- Saint Scubilion, qui fut le compagnon de Saint Pair. Il le quitta pendant
quelques annes pour diriger le monastre de Mandane sur le Mont-Tombe, devenu
ensuite le Mont Saint-Michel.

- Saint Snier, qui fut vque d'Avranches. Il succda  Saint Pair en 565.
Comme son prdcesseur,  la fin de sa vie, il dcida se retirer dans la
solitude de Scissy. Il y mourut vers 570 [9].

- Saint Aroaste, qui tait prtre  l'poque o Saint Pair tait abb de Scissy.
L'histoire locale le prsente comme le premier cur de la paroisse.

= Les fondations de l'oratoire du 6e sicle

Les fondations ont t trouves sous le dallage de la seconde trave du choeur.
Elles se composent d'une abside semi-circulaire prolonge par des murs latraux
qui se perdent dans les constructions du 12e sicle. "A 50 cm du pavage de 1875,
on trouva un bton de 5  6 cm d'paisseur qui formait le sol de l'glise
primitive; 40 cm plus bas, on dgagea les restes de deux sarcophages en tuf de
Sainteny, dmunis de leurs couvercles, reposant sur un mur de forme
semi-circulaire en petit appareil rgulier (52 cm de large, pierres de 9  10 cm
de large sur 3  4 cm de haut). Le mur constituait les fondations de l'abside du
premier sanctuaire." [10]

Le carrelage actuel du choeur prsente une double ligne de dallages noirs
encadrant une range de dallages clairs, le tout recouvrant de faon trs
prcise les fondations de l'ancien oratoire.

D'aprs le chanoine Pigeon [11], l'oratoire tait form d'un vaisseau
rectangulaire d'une longueur de 22 mtres environ, prolong par une abside
semi-circulaire. Les dimensions du choeur taient les suivantes: une longueur de
7 mtres, y compris l'abside, et une largeur de 6 mtres. L'abside avait 2,5
mtres de profondeur et 3,5 mtres de largeur (voir le plan).

#L'glise

= Le plan

L'glise actuelle (voir le plan), rgulirement oriente (d'ouest en est),
comprend une nef de deux traves prcde d'un porche, un large transept  bras
saillants et un choeur de trois traves termin par une abside semi-circulaire.
Les croisillons du transept ouvrent  l'est sur deux absidioles  chevet plat.
Le choeur ouvre au nord sur deux chapelles, une ct chevet et une ct tour. A
l'angle form par le bras sud du transept et le choeur, une construction
rectangulaire plus rcente abrite la sacristie. La tour, de forme carre et
termine par une flche octogone, s'lve  la croise du transept.

= Les matriaux

= = Les appareils

La tour et sa flche prsentent un moyen appareil de granit alors que les
maonneries du choeur sont formes d'un appareil irrgulier fait de mollons de
granit et de schiste, matriaux locaux. La formation gologique de Saint-Pair
est un flysch (formation dtritique) compos de grauwackes, siltites et
argilites noires prsentant des schistosits. Le granit provient sans doute du
massif granitique de Vire qui affleure  quelques kilomtres au sud.

La nef et le transept, construits  la fin du 19e sicle, sont en granit et en
pierre de Caen.

= = Les enduits, sols et toitures

Les murs intrieurs du choeur sont recouverts d'un enduit de ciment. Un enduit 
la chaux recouvre la vote d'artes situe sous la tour et les arcs fourrs
cerns de deux ranges de pierres de granit apparentes. L'appareil de granit des
quatre piliers supportant la tour est apparent.

Le sol de l'difice est entirement carrel alors que les toitures sont
recouvertes d'ardoises d'Angers.

= Les transformations des 19e et 20e sicles

Ces transformations, trs importantes, ont totalement modifi l'allure de
l'glise, dont la capacit d'accueil tait devenue trs insuffisante pendant la
saison des bains.

Tout d'abord, au milieu du 19e sicle, le mur nord du choeur fut dmoli sur prs
d'un tiers de sa longueur, prs de la tour, pour mnager un accs  la chapelle
Saint-Gaud. Cette chapelle fut consacre en 1853.

Le 5 juillet 1877, on posa la premire pierre de l'glise. La nef ancienne fut
dtruite en 1880 et 1881. Sous l'gide de Paul Boeswillard, on difia entre 1877
et 1888 une nef de deux traves et un large transept  bras saillants
d'inspiration gothique. La construction d'un transept tait elle aussi un
lment nouveau, puisque l'glise tait jusque-l forme d'un vaisseau
rectangulaire. La nouvelle glise fut consacre le 26 aot 1888 par Monseigneur
Germain, vque de Coutances.

En 1881, lors de la mme campagne de construction, on ouvrit le chevet du choeur
pour y adapter une abside semi-circulaire d'inspiration gothique, et les baies
trilobes du 15e sicle perces dans le mur latral sud du choeur furent
ramenes aux proportions de petites baies romanes.

En 1923, la petite chapelle romane attenante au mur latral nord du choeur fut
transforme pour en faire une chapelle des morts. Elle servait auparavant de
sacristie, si bien qu'une nouvelle sacristie fut construite dans l'angle form
par le mur latral sud du choeur et le mur oriental du croisillon sud du
transept. La chapelle Saint-Gaud fut transforme en 1930. Entre 1933 et 1939, on
changea l'emplacement des portes, et un porche de granit fut construit devant la
faade occidentale. [12]

#Description intrieure

On se penchera seulement sur les parties romanes,  savoir la tour et le choeur
de l'glise [13].

= La tour

La tour repose sur quatre piliers massifs supportant quatre arcs fourrs et
lgrement briss. Ces arcs reposent sur les piliers par l'intermdiaire d'une
imposte moulure en forme de bandeau chanfrein. Ils dterminent sous la tour
une vote d'artes. Les retombes des artes sont reues par les angles
rentrants des piliers.

La forme de ces piliers, de plan carr, est assez complexe. Ils observent entre
eux une symtrie parfaite.

Le pilier sud-ouest (voir le schma) se prsente ainsi:  l'est,  l'ouest et au
sud, un pilastre forme saillie. Au nord, un pilastre cantonn de deux colonnes
engages s'appuie sur un dosseret. L'imposte surmontant le pilier, moulure en
forme de bandeau chanfrein, forme le tailloir des chapiteaux des deux colonnes.
Leur corbeille est sculpte et leur base carre est surmonte d'un chanfrein. Le
pilier repose sur un socle carr plus large aux artes chanfreines.

Les corbeilles des chapiteaux des piliers nord-ouest, sud-est et nord-est sont
ornes de crochets d'angle en faible relief. Les corbeilles des chapiteaux du
pilier sud-ouest sont diffrentes: au nord-est, la corbeille est sculpte d'un
cne de pin  gauche et d'une feuille de chne entoure de deux glands 
l'angle. Ces motifs encadrent deux formes peu visibles qui pourraient tre des
animaux.

Au nord-ouest, l'angle de la corbeille est sculpt d'un buste d'homme. Sa tte,
volumineuse, surmonte son bras gauche repli sur sa poitrine alors que son bras
droit est lev. A gauche de ce buste est reprsente une branche de chne.

Toutes ces sculptures, en trs bas relief et trs frustes, sont tailles dans le
granit.

= Le choeur

Le choeur de l'glise est de grandes dimensions. Il tait presque aussi long que
la nef primitive aujourd'hui dtruite: 14 mtres pour le choeur et 15,3 mtres
pour la nef.

Ct nord, prs du chevet, il ouvre sur une chapelle romane transforme au 20e
sicle. Au 19e sicle, un tiers du mur nord fut dtruit prs de la tour pour
construire une chapelle ddie  Saint Gaud. De mme, le mur plat du chevet a
t ouvert pour construire une abside semi-circulaire d'inspiration gothique.

Que reste-t-il du choeur roman? Il reste la partie infrieure du mur sud sur
toute sa longueur, et la plus grande partie du mur nord situe entre la chapelle
Saint-Gaud et la chapelle romane. La petite baie en plein-cintre  fort
brasement mnage dans le mur nord est d'origine. Le mur sud est lui aussi
perc de trois petites baies en plein-cintre. Les baies primitives avaient t
agrandies et transformes en baies trilobes au 15e sicle, lors de la
construction de la vote en croise d'ogives. Elles ont t ramenes aux
proportions des petites baies romanes au 19e sicle [14].

Ct nord, prs du chevet, le choeur ouvre par une arcade en plein-cintre sur
une chapelle vote en berceau. Cette chapelle tait claire par une baie en
plein-cintre ouverte dans la paroi nord. Lors de sa transformation en chapelle
des morts en 1923, la petite baie a t remplace par un oculus, et la porte
orientale a t mure [15].

#Description extrieure

= Le choeur

Dans les maonneries extrieures du choeur, on note la prsence de trois
modillons au nord et quatre au sud,  un mtre environ de l'extrmit suprieure
des murs latraux. Ces modillons, semblables  ceux qui supportent la corniche
de la tour, marquent certainement la ligne sparant la construction romane de la
maonnerie ajoute lors de l'exhaussement des murs latraux au 15e sicle,
lorsque le choeur a reu une vote de pierre. A cette poque, on a galement
renforc le mur sud par deux contreforts  ressaut, alors que le mur nord tait
suffisamment maintenu par la chapelle romane.

= La tour

La tour, de forme carre, se termine par une flche octogone. Actuellement sise
 la croise du transept, elle tait situe entre choeur et nef avant 1880. Ses
deux tages sont surmonts d'une corniche supporte par des modillons, sise  la
base de la flche. Ces modillons, autrefois sculpts, sont aujourd'hui trs
abms.

Le premier tage est orn au nord et au sud de deux arcatures aveugles reposant
sur un bandeau chanfrein. Les arcades en plein-cintre, ornes d'une simple
moulure torique, reposent sur d'paisses colonnettes engages. Les chapiteaux
des colonnettes sont surmonts d'un tailloir carr et chanfrein, qui se
prolonge entre les arcatures par un bandeau chanfrein parallle au bandeau
infrieur. La base des colonnettes est carre.

Le deuxime tage, en trs lger retrait par rapport au premier, est orn sur
chaque face d'une baie gmine. Les baies gmines, spares par une colonnette
trapue  tailloir et base carrs, sont entoures d'une arcade en plein-cintre
orne d'une simple moulure torique et reposant sur des colonnettes engages.

Sur la tour carre s'lve une flche octogonale dont les angles sont adoucis
par des tores. Elle est accompagne aux quatre angles de clochetons cniques
orns  mi-hauteur d'un boudin. Elle est perce dans sa partie infrieure par
deux archres au nord et  l'est. Une troisime petite ouverture est visible au
tiers de sa hauteur au sud-est. Cette flche fut restaure au 18e sicle aprs
avoir subi de graves dommages ds  la foudre. Elle fut  nouveau dtruite par
la foudre  la fin du 19e sicle, et reconstruite dans le mme style. Quand fut
construite la premire flche en pierre? Aucun document n'a t retrouv  ce
sujet.

#Datation

On connat prcisment la date de la construction de la tour. On sait qu'elle
fut dbute en 1131, ce grce  un manuscrit rdig  la mme poque, 
l'occasion de la dcouverte du sarcophage de Saint Gaud dans le choeur. Ce
sarcophage fut justement dcouvert dans le choeur lorsqu'on commena  creuser
les fondements de la tour [16]. Le mme manuscrit cite le nom du matre d'oeuvre
de la tour: "Rogerius de Altomansiunculo, qui caementariorum erat magister..."
[17]

Le choeur roman et sa chapelle sont trs difficiles  dater exactement, du fait
de leurs nombreux remaniements. Il n'est pas possible non plus de dterminer si
leur construction est antrieure ou postrieure  celle de la tour.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Pair

* La carte du doyenn de Saint-Pair

* Le plan du choeur de l'glise indiquant les fondations de l'oratoire du 6e
sicle et l'emplacement des sarcophages

* Le plan de l'difice antrieur  1880

* Le plan de l'glise actuelle

* Le schma du pilier sud-ouest de la tour

#Notes

[1] D'aprs: Pigeon (Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et
d'Avranches. Avranches, 1888, tome I, p. 35.

[2] Le texte de Fortunat est rsum dans: Tardif (Adolphe et Joseph).
Saint-Pair-sur-la-Mer et les saints vnrs dans l'glise de cette paroisse.
Rennes, 1888, p. 76-78. Le texte de Fortunat est cit en entier, en franais et
en latin, dans: Pigeon (Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et
d'Avranches. Avranches, 1888, tome I, p. 41-54.

[3] D'aprs: Tardif (Adolphe et Joseph). Saint-Pair-sur-la-Mer et les saints
vnrs dans l'glise de cette paroisse. Rennes, A. Le Roy, 1888, p. 148-151.

[4] Cit par: Biguet (E.). Saint-Pair-sur-la-Mer, in: Le Pays de Granville,
1934, p. 194.

[5] D'aprs: Tardif (Adolphe et Joseph). Saint-Pair-sur-la-Mer et les saints
vnrs dans l'glise de cette paroisse. Rennes, 1888, p. 166-167.

[6] Voir les Pouills du diocse de Coutances.

[7] Delisle (Lopold). Pouill du diocse de Coutances, in: Recueil des
historiens de la France, tome XXIII, 1876, p. 498.

[8] D'aprs: Tardif (Ernest-Joseph). L'glise de Saint-Pair, in: Annuaire des
cinq dpartements de la Normandie, 1911, p. 238-242.

[9] D'aprs: Tardif (Ernest-Joseph). L'glise de Saint-Pair, in: Annuaire des
cinq dpartements de la Normandie, 1911, p. 238-242.

[10] Bouhier (Claude). Inventaire des dcouvertes archologiques du dpartement
de la Manche. Thse de doctorat de l'Universit de Caen, 1962, p. 415.

[11] Pigeon (Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et
d'Avranches. Avranches, 1888, tome I, p. 36.

[12] D'aprs les archives paroissiales de l'glise de Saint-Pair-sur-Mer.

[13] Un clich de l'ancienne glise est reproduit dans: Biguet (E.).
Saint-Pair-sur-Mer, in: Le Pays de Granville, 1934, p. 92. Voir aussi le plan de
l'difice antrieur  1880.

[14] D'aprs: Tardif (Ernest-Joseph). L'glise de Saint-Pair, in: Annuaire des
cinq dpartements de la Normandie, 1911, p. 252-254.

[15] D'aprs les archives paroissiales.

[16] Le texte du manuscrit est retranscrit en franais et en latin dans: Pigeon
(Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et d'Avranches. Avranches,
1888, tome I, p. 82-96. Le chanoine Pigeon transcrit la copie du manuscrit du
12e sicle faite en 1680 par Charles Gurin, chanoine d'Avranches. Ce manuscrit
fut brl pendant la Rvolution franaise.

[17] Le chanoine Pigeon traduit le nom du matre d'oeuvre par Roger de
Haute-Maison, Roger de Haut-Manoir ou Roger de Haut-Mesnil dans: Vie des saints
du diocse de Coutances et d'Avranches. Avranches, 1888, tome I, p. 93 note 3.
Ernest-Joseph Tardif traduit ce nom par Roger de Haute-Maisoncelle dans:
L'glise de Saint-Pair, in: Annuaire des cinq dpartements de la Normandie,
1911, p. 250.


6. ANGEY


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description du choeur //
Description de la tour / A l'intrieur / A l'extrieur // Datation // Documents
// Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village d'Angey est situ  2,5 kilomtres  l'ouest de Sartilly (voir la
carte). Le village n'tant form que de quelques maisons parses, il n'y a plus
de cur rsidant sur place. Depuis 1914, la paroisse d'Angey est rattache 
celle de Sartilly. L'glise n'est utilise qu'en de rares occasions pour des
mariages et des enterrements.

= Histoire

Le saint patron de l'glise est Saint Samson. Le second saint est Saint
Jean-Baptiste. La paroisse d'Angey appartenait au doyenn de Gents et 
l'archidiachon d'Avranches.

En 1162, l'glise d'Angey et ses dpendances furent donnes  l'abbaye de la
Lucerne par Guillaume de Saint-Jean, en mme temps que l'glise de Saint-
Jean-le-Thomas: "Ego Willelmus de Sancto Johanne... dedimus Deo et ecclesie Sancte
Trinitatis de Lucerna... ecclesiam de Sancte Johanne cum omnibus pertinentis suis...
dedimus et ecclesiam de Angeio cum pertinentis suis..." [1]

L'glise avait pour seigneur patron l'abb de la Lucerne. Le Livre blanc
(Pouill de 1412) cit par le chanoine Pigeon mentionne: "Ecclesia S. Samsonis
de Angeyo - Patronus Abbas Lucernae..." [2]

Comme l'glise de Saint-Jean-le-Thomas, elle tait administre par un cur
appartenant  la communaut religieuse de la Lucerne.

Au 18e sicle, d'aprs le tableau des doyenns dress en 1773, l'glise tait la
proprit de la Lucerne et du comte de Graldin [3].

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) compos d'une longue nef et d'un choeur d'une trave (voir le plan). La
tour, situe dans l'axe du vaisseau, s'lve entre choeur et nef.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les maonneries sont faites d'un appareil irrgulier de mollons de granit. Les
contreforts, le pourtour des ouvertures et l'tage de la tour sont forms de
blocs de granit de taille rgulire. L'glise a t construite avec les
matriaux locaux. Tout comme Sartilly, Angey est situ au coeur du massif
granitique de Vire, allong d'est en ouest, et qui forme  cet endroit une barre
d'une largeur de cinq kilomtres environ.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Un enduit  la chaux recouvre les murs intrieurs. Le sol de l'difice est en
ciment. Le choeur est surmont d'un plafond de pltre lgrement incurv, alors
que la nef possde une vote en berceau de bois rudimentaire recouverte d'une
couche de peinture blanche.

La pente de la toiture d'ardoises est plus faible que celle du toit d'origine.
La ligne de fate a t descendue. Sur les faces est et ouest de la tour, on
voit au-dessus de la ligne de fate actuelle la marque de l'emplacement du toit
primitif, juste en-dessous du bandeau chanfrein sparant l'tage de la base de
la tour.

#Description du choeur

Le choeur  chevet plat est form d'une trave. Ses murs latraux sont pauls
de deux contreforts plats surmonts d'une corniche soutenue par des modillons.
Ils sont moulurs en quart-de-rond,  l'exception d'un trs gros modillon
sculpt d'une tte humaine peu visible au nord.

Les murs latraux sont percs de deux trs larges baies au cintre surbaiss. Le
mur du chevet est lui aussi ouvert par une baie semblable. L'brasement
intrieur de la baie montre qu'elle a d remplacer une baie  l'arc bris. Ces
baies ont sans doute t perces ou agrandies au moment du remaniement de la nef
au 19e sicle.

Le toit du choeur observe une pente plus faible que le toit primitif. Ceci
explique le fait que la corniche ait t surmonte d'une range de blocs de
granit, d'o un lger exhaussement des murs latraux.

#Description de la tour

= A l'intrieur

La trave qui supporte la tour entre choeur et nef est dlimite par quatre
pais piliers. Les piliers supportent quatre arcs en plein-cintre par
l'intermdiaire d'une imposte en forme de bandeau chanfrein.

Cette trave est surmonte d'une vote en croise d'ogives. Les ogives, trs
paisses, sont moulures de deux pais tores d'angle encadrant une petite
moulure triangulaire saillante. Ces ogives reposent sur des culots par
l'intermdiaire d'un petit tailloir carr et chanfrein. Cette vote rappelle
tout  fait la vote en croise d'ogives d'Yquelon. Le tout tant badigeonn de
blanc, il est impossible de voir si la clef de vote est sculpte comme 
Yquelon.

Deux portes rectangulaires ont t perces au nord et au sud, sans doute au
moment du remaniement de la nef au 19e sicle. La porte sud est actuellement
mure.

= A l'extrieur

Les murs nord et sud de la base de la tour sont surmonts d'une petite
maonnerie en lger relief, qui est recouverte d'un toit de pierre en appentis
reliant les toitures de la nef et du choeur. Cette maonnerie repose sur une
corniche supporte par quelques modillons.

L'tage de la tour a t refait  une poque plus tardive. Il est perc au nord
et au sud d'une petite baie au cintre surbaiss. L'ensemble est surmont d'un
toit en btire.

#Datation

Le choeur roman date peut-tre de l'difice primitif donn par Guillaume de
Saint-Jean  l'abbaye de la Lucerne en 1162. Une deuxime campagne de
construction aurait eu lieu dans la seconde moiti du 12e sicle. L'appareil de
la base de la tour est lgrement diffrent de celui du choeur. La base de la
tour aurait t construite  la mme date. La vote en croise d'ogives
surmontant la trave de la tour est semblable  celle du choeur d'Yquelon,
difice roman de la seconde moiti du 12e sicle.

Il est impossible de dater la nef, entirement remanie au 19e sicle. La date
"1828" est indique sur le linteau de la grande porte rectangulaire ouverte dans
la partie orientale du mur latral sud. C'est probablement  cette date qu'ont
t perces toutes les ouvertures actuelles de l'glise: portes rectangulaires
et larges baies au cintre trs surbaiss.

Ces conclusions sont toutes des suppositions. Il est impossible d'tre prcis
tant donn l'absence totale de documents. Aucune information n'a t retrouve
non plus sur des rfections ventuelles dans le Registre paroissial de l'glise
d'Angey (1862-1914), ni dans les notes de l'abb Besnard, qui fut le dernier
cur d'Angey rsidant sur place.

#Documents

* La bibliographie d'Angey

* Le plan de l'glise d'Angey

#Notes

[1] Cartulaire de la Lucerne, publi par M. Dubosc. Saint-L, 1878, p. 4 et 5.

[2] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome II, p. 643.

[3] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome I, p. 128.


7. SAINT-JEAN-LE-THOMAS


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description extrieure /
La faade occidentale / La nef / Le choeur / La tour // Description intrieure /
La nef / Le choeur // Datation / Le choeur / La nef // Les restaurations des 19e
et 20e sicles // Les dcors peints // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le bourg de Saint-Jean-le-Thomas se trouve sur la route ctire,  mi-chemin
entre Granville et Avranches (voir la carte). Saint-Jean-le-Thomas tait
travers par deux chemins montois: le chemin reliant le Mont Saint-Michel 
Saint-Pair et le chemin reliant le Mont  Coutances. De plus, le chemin des
grves reliant le Mont  Saint-Pair traversait les dunes avant de gravir les
falaises de Champeaux et de Carolles.

= Histoire

L'glise est place sous le vocable de Saint Jean-Baptiste. La paroisse de
Saint-Jean-le-Thomas appartenait au doyenn de Gents et  l'archidiachon
d'Avranches.

En 917, Guillaume Longue-Epe, second duc de Normandie, donna  l'abbaye du Mont
Saint-Michel le village de Saint-Jean prope littu maris avec son glise, son
moulin, ses vignes et ses prs. Il donna  Saint-Jean le titre de villa alors
que la plupart des autres paroisses ne portaient que le titre de villulae.

Au 11e sicle, Robert Ier donna de nouveau au Mont la seigneurie de
Saint-Jean-au-bout-de-la-mer avec ses dpendances,  savoir Dragey et son
glise, Obret, Tissey, la fort de Bivie (l'actuelle lande de Bvet), les bois
de Nron et du Crapoult. Ces terres occupaient l'espace occup actuellement par
les communes de Champeaux, Saint-Michel-des-Loups et Carolles. [1]

Au 12e sicle, le seigneur du lieu, Guillaume de Saint-Jean, reut le titre de
second fondateur de l'abbaye de la Lucerne (le premier tant Halsculphe de
Subligny). En 1162, il donna  l'abbaye la terre et le bois situs entre le Thar
et le Tharnet, l'glise de Saint-Jean-le-Thomas avec ses dpendances, et de
nombreuses proprits aux alentours et en Angleterre. Cette charte figure dans
le Cartulaire de la Lucerne: "Ego Willelmus de Sancto Johanne... dedimus Deo et
ecclesie Sancte Trinitatis de Lucerna et canonicis regularibus ibidem Deo
servientibus terram in quam fundata est abbatia, eam silicet qui est inter
primum vivarium ipsorum et nemus et Thar et Tharnet, et ecclesiam de Sancto
Johanne cum omnibus pertinentis suis; itam tamen ut per duos presbiteros
serviatur, sive de religione, sive de seculo, in voluntate abbatis et
canonicorum..." [2]

Au 15e sicle, l'glise tait toujours la proprit de l'abbaye de la Lucerne.
Le Livre blanc (Pouill de 1412) mentionne l'abb de la Lucerne comme seigneur
patron: "Ecclesia de S. Johanne de Thomas, regularis - Patronus abbas
Lucernae..." [3] L'glise tait desservie par un cur appartenant  la
communaut religieuse de la Lucerne.

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) compos d'une longue nef et d'un choeur  chevet plat (voir le plan). On
entre dans l'glise par un portail situ dans le mur latral sud de la nef et
prcd d'un porche. La tour s'lve au sud du vaisseau. Elle est accole  la
partie orientale de la nef.
Les matriaux

= Les appareils

Les maonneries de la faade occidentale, des murs latraux de la nef et du mur
du chevet prsentent un appareil irrgulier form de mollons de schiste et de
granit. Celles des murs latraux du choeur sont faites d'un appareil assez
rgulier de petits blocs de granit pris dans un pais mortier.

Le schiste et le granit sont des matriaux locaux. Le granit provient du massif
granitique de Vire, qui se termine par les falaises massives de Carolles et de
Champeaux au nord de Saint-Jean-le-Thomas. Le schiste provient de l'aurole
mtamorphique de ce massif.

L'ensemble des maonneries a t entirement rejointoy  l'extrieur. On note
aussi la prsence de briques, qui forment les claveaux des arcs des petites
baies dans le mur latral sud du choeur.

= Les enduits, sols, plafonds et toitures

A l'intrieur de l'glise, le mur latral nord de la nef et la partie
occidentale du mur latral sud sont recouverts d'un enduit de ciment. Le mur sud
tait recouvert d'un enduit de pltre qui a t partiellement enlev pour
dgager des peintures murales. Les pierres de granit formant les pidroits sont
apparentes, tout comme les arcs des baies de la nef. L'appareil des murs du
choeur est en partie apparent. Il est recouvert par endroits d'un enduit de
ciment.

Le sol est form de larges dalles de granit dans la nef, et d'un carrelage fait
de tommettes carres rouges dans le choeur.

Une vote en berceau de pltre recouvre la nef, alors que le choeur est surmont
d'une vote en berceau de bois ralise en 1965 et 1973. L'ensemble est
recouvert de toitures en ardoises d'Angers.

#Description extrieure

= La faade occidentale

Le mur de faade est surmont d'un lger glacis recouvert de plaquettes de
schiste, en arrire duquel s'lve le mur pignon. Cette faade ne comprend pas
de porte. Sa partie mdiane est occupe par un contrefort plat termin par un
glacis  la base du pignon.

De part et d'autre de ce contrefort sont perces deux troites petites baies au
cintre creus dans un linteau monolithe de granit. Au-dessus du contrefort, dans
le mur pignon, une troisime baie au cintre form d'une range de claveaux de
granit a t bouche en 1973, et les deux baies infrieures jusque-l mures ont
t dgages [4].

= La nef

Dans la nef, la partie suprieure du mur latral sud est perce de trois
troites petites baies en plein-cintre. Leurs pidroits forms de gros blocs de
granit supportent un arc creus dans un linteau monolithe. Une grande baie en
plein-cintre a t ouverte postrieurement.

Au-dessous de la petite baie perce dans la partie orientale du mur, une range
semi-circulaire de claveaux de granit surplombe un linteau en btire trs
massif surmont de pierres losanges formant un appareil rticul. Cet ensemble
correspond  l'arcade d'un portail aujourd'hui mur.

Plus  l'ouest, un autre portail (voir le schma) permet l'accs  l'glise. Son
arcade en plein-cintre est forme d'une voussure orne d'une simple moulure
torique. La voussure repose sur deux colonnettes trs engages qui prolongent le
tore et qui ont sensiblement le mme diamtre que celui-ci. Les colonnettes sont
surmontes de chapiteaux  tailloir carr dont la corbeille est sculpte de
petits crochets d'angle  peine visibles. La base carre est surmonte d'un
double tore. Le portail est prcd d'un porche du 15e sicle.

Le mur latral nord de la nef est perc de deux grandes baies trilobes. Une
porte rectangulaire sous linteau de granit a t mure. Les maonneries du mur
prsentent un appareil plus rgulier qu'au sud, ce qui permet de supposer que le
mur a t reconstruit en partie, peut-tre au moment du percement des baies
trilobes.

= Le choeur

La partie suprieure du mur sud du choeur est perce de deux troites petites
baies en plein-cintre. Le cintre de l'une est creus dans un linteau monolithe
de granit alors que le cintre de l'autre est form d'une range de claveaux. Une
trs grande baie en plein-cintre a t ouverte beaucoup plus tard, ce qui a
ncessit la destruction d'une partie du mur. Une baie semblable a t ouverte
dans le mur nord. Ces deux baies ont t perces au 19e sicle, au moment de la
reconstruction de la tour.

Au nord, trois petites baies en plein-cintre haut situes sont surmontes de
claveaux de briques, avec quelques briques perpendiculaires aux autres sur leur
pourtour.

Le mur du chevet a un appareil diffrent de celui des murs latraux. Il a d
tre reconstruit, et avec lui l'extrmit orientale des murs latraux. Il tait
perc d'une grande baie mdiane en plein-cintre, aujourd'hui bouche.

= La tour

La tour, rcente, est accole  la partie orientale de la nef au sud. Elle fut
construite en 1895 et 1896 pour remplacer le vieux clocher surmont d'un toit en
btire, qui menaait de s'effondrer. Cette tour a t difie en granit des
carrires de Saint-James. Elle est forme de deux tages surmonts d'une
balustrade ajoure.

#Description intrieure

= La nef

Les deux petites baies en plein-cintre perces dans le mur occidental sont trs
brases vers l'intrieur et vers le bas. Les pierres de granit formant les
pidroits de la baie mdiane bouche dans le mur pignon sont trs visibles.

Au sud, une grande cavit mnage dans le mur et surmonte d'un arc en
plein-cintre correspond  l'arcade du portail mur observ  l'extrieur. Une
partie du mur sud est orne de dcors peints du 12e sicle.

Dans la partie orientale du mur sud de la nef, une chapelle carre  plafond
plat correspond  l'tage infrieur de la tour. La nef ouvre sur cette chapelle
par une arcade en plein-cintre. L'arc  double rouleau aux artes lgrement
chanfreines repose sur deux pilastres par l'intermdiaire d'une imposte
moulure en forme de bandeau chanfrein. Le bandeau se prolonge lgrement sur
le mur sud de la nef.

= Le choeur

Le choeur est plus troit que la nef. L'appareil des murs est form de petits
blocs de granit pris dans un mortier trs pais, et les claveaux de briques des
baies du mur nord sont visibles  l'intrieur. Seules les maonneries formes
d'un appareil irrgulier de mollons de granit et de schiste sont recouvertes
d'un enduit de ciment.

#Datation

= Le choeur

Le choeur prsente des similitudes avec l'glise souterraine du Mont
Saint-Michel, Notre-Dame-sous-Terre. On retrouve des caractristiques
semblables. Les arcs des baies sont forms de claveaux de briques et les murs
prsentent un appareil de petits blocs de granit assez rguliers spars par
d'pais joints de mortier. Notre-Dame-sous-Terre fut construite par les premiers
Bndictins, qui s'installrent au Mont aprs 966. Or Saint-Jean tait  cette
poque la proprit du Mont Saint-Michel. Il est donc tout  fait possible que
l'glise ait t construite ou reconstruite dans la seconde moiti du 10e
sicle.

= La nef

La nef aurait t construite  la fin du 11e et au dbut du 12e sicle. Les
indices de datation sont donns par les portails.

Le portail mur pourrait dater du 11e sicle. "Avec ses petits carreaux
irrguliers et son arc extrieur sans aucune mouluration, ni dcoration, il
semble archaque. Les tympans similaires dont on peut le rapprocher paraissent
tre parmi les plus anciens. Il est en particulier trs proche de celui de
Saint-Amand prs de Torigny-sur-Vire. Il se rapproche aussi de plusieurs tympans
de l'Eure: La Houssaye, Rostes, La Sogue, tous difices dats du 11e sicle."
[5]

Le portail actuellement utilis date certainement du dbut du 12e sicle:
voussure orne d'une moulure torique reposant sur des colonnettes engages,
bases carres ornes d'un double tore, corbeilles de chapiteaux surmontes d'un
tailloir carr, les chapiteaux tant sculpts de crochets d'angles.

#Les restaurations des 19e et 20e sicles

En 1895 et 1896 fut construit le clocher en granit des carrires de Saint-James.
En 1964, on dcouvrit deux petites baies romanes dans la faade occidentale.

En 1965, la restauration du choeur de l'glise fut entreprise sous la direction
d'Yves-Marie Froidevaux. Les travaux suivants furent raliss: dcapage des murs
intrieurs pour laisser apparatre l'appareil des maonneries, mise  jour de
cinq petites baies dans les murs latraux, consolidation des murs latraux par
la base (les murs sans fondations furent repris en sous-oeuvre), construction
partielle de la vote en berceau de bois (termine en 1973). En 1973, la baie
centrale du mur pignon de la faade occidentale fut galement mure et les deux
petites baies infrieures mises  jour.

En 1974 furent dcouvertes des peintures murales du 12e sicle. Le dcor peint a
t en partie dgag en dcembre 1974. [6]

#Les dcors peints

L'existence de dcors peints dans l'glise de Saint-Jean-le-Thomas tait ignore
jusqu'en 1974. Lors de la rfection des enduits intrieurs de la nef, quelques
taches de couleur sur le mur latral sud ont attir l'attention du cur, l'abb
Pore, qui a fait intervenir les fresquistes des Beaux-Arts.

Une partie des peintures murales a t dgage en dcembre 1974. Elles ont t
dates du 12e sicle. Trois tableaux se succdent d'est en ouest:

- Sur le tympan du portail mur, le combat d'un homme contre un ange, "un combat
qui pourrait tre celui de Jacob contre l'ange envoy de Dieu, ou Dieu lui-mme
manifest sous une forme visible..." [7]

- Puis une scne champtre. Des pis de bl prcdent un personnage tenant une
outre, qui verse du vin dans une coupe que lui tend un autre personnage. A
droite, un troisime homme tient un instrument aratoire.

- Enfin, un troisime tableau dont une partie est manquante. On discerne une
lutte opposant un personnage dont la tte est entoure d'une aurole et un autre
personnage recouvert d'une armure qui semble avoir t jet  terre. Ce serait
"la lutte de Saint Michel contre le Dmon" [7].

Ces tableaux sont surmonts de frises de rinceaux termins par des feuillages.
Les rinceaux sont entours de deux larges bandes horizontales formes d'une
ligne ocre et d'une ligne chamois spares par une range de perles blanches.

Le dcor est peint  mme l'enduit  la chaux pos au pralable, si bien qu'il
se trouve naturellement sur fond clair. Tous les contours sont dessins en
peinture ocre. Les surfaces intrieures sont peintes en ocre et en chamois.
Seules ces deux couleurs sont utilises. "Ces peintures murales peuvent tre
l'oeuvre de plerins du Mont Saint-Michel, Saint-Jean-le-Thomas se trouvant sur
une voie montoise." [7]

Une autre partie, situe  l'est du tympan du portail mur, a d tre dgage en
1978 ou les annes suivantes.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Jean-le-Thomas

* Le plan de l'glise de Saint-Jean-le-Thomas

* Le schma du portail sud

#Notes

[1] D'aprs: Seguin (Jean). Gents, Saint-Jean-le-Thomas et leurs environs.
1932, p. 17-22.

[2] Cartulaire de la Lucerne, publi par M. Dubosc. Saint-L, 1878, p. 4.

[3] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome II, p. 642.

[4] D'aprs: Percepied (Albert). Saint-Jean-le-Thomas. Coutances, 1976, p. 175.

[5] Guilbert (Michel). L'glise de Saint-Jean-le-Thomas, in: Revue du
dpartement de la Manche, tome XII, avril 1970, p. 90.

[6] Source: Le registre paroissial de l'glise de Saint-Jean-le-Thomas
(1881-1978).

[7] Les citations sont extraites d'un article de l'abb Pore, qui tait le cur
de Saint-Jean-le-Thomas  cette date. L'article est reproduit dans: Percepied
(Albert). Saint-Jean-le-Thomas. Coutances, Imprimerie Arnaud-Belle, 1976, p.
184-185.


8. DRAGEY


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description de la nef //
Datation // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village de Dragey est situ sur l'actuelle route ctire reliant Granville 
Avranches,  20 kilomtres de Granville et 13 kilomtres d'Avranches (voir la
carte). L'glise n'est pas situe dans le bourg. Elle est isole avec son
presbytre  un kilomtre environ du village. Elle est btie sur un promontoire
et sa tour servait de point de repre aux navigateurs.

Dragey tait travers par de nombreux chemins montois: le chemin montois du Mont
Saint-Michel  Saint-Pair, le chemin montois reliant le Mont  Coutances, le
chemin montois reliant le Mont  Saint-L. De plus, le chemin des grves reliant
le Mont  Saint-Pair traversait les dunes de Dragey.

= Histoire

L'glise est place sous le vocable de Saint Mdard. Le second saint est Saint
Eloi. La paroisse de Dragey appartenait au doyenn de Gents et 
l'archidiachon d'Avranches. L'glise de Dragey fut donne au Mont Saint-Michel
par Robert, duc de Normandie, au 11e sicle. Dragey et son glise faisaient
partie des dpendances de Saint-Jean-au-bout-de-la-mer, devenu
Saint-Jean-le-Thomas.

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) constitu d'une nef de trois traves et d'un choeur d'une seule trave
(voir le plan). La tour, situe entre choeur et nef, s'lve dans l'axe du
vaisseau. Seule la nef est romane.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les maonneries prsentent un appareil irrgulier fait de plaquettes de schiste
et de mollons de schiste et de granit. Dans les murs latraux de la nef, de
nombreux lments d'opus spicatum alternent assez irrgulirement avec quelques
ranges de plaquettes de schiste disposes  l'horizontale. Le schiste est la
pierre locale puisque Dragey est situ dans une rgion de terrains sdimentaires
schisteux.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Les murs latraux de la nef ont t entirement rejointoys  l'extrieur.
L'enduit intrieur a t gratt par les habitants du village pour mettre  jour
l'appareil en artes de poisson,  la requte de l'abb Pierre Danguy, cur de
Dragey entre 1953 et 1974. L'enduit ne subsiste que sur le dernier quart
suprieur des murs latraux. Le sol est en ciment.

La nef est surmonte d'une vote en berceau de bois ralise en 1969 et 1970. Sa
toiture en ardoises d'Angers a t refaite en 1860.

#Description de la nef

La nef comporte trois traves.

La faade occidentale est consolide par deux contreforts plats termins par un
glacis. Ils encadrent un portail sans caractre refait en 1860. Ce portail est
surmont d'une grande baie gmine  l'arc lgrement bris. Cette baie,
dbouche et restaure en 1860, a d tre ouverte  l'poque de la construction
de la tour et du choeur au 13e sicle.

Les murs latraux sont pauls chacun de trois contreforts plats, qui montent de
fond jusqu'au dpart de la toiture et sont termins par un glacis. Ces
contreforts, trs pais, sont postrieurs  la construction de la nef.

La troisime trave du mur latral nord comprend une baie romane bouche, aux
pidroits de granit et au cintre creus dans un linteau monolithe. A
l'intrieur, la baie possde un fort brasement et son arcade est forme d'une
range de petits claveaux de granit. Cette petite baie est le seul vestige des
ouvertures primitives. A ct est perce une baie trilobe. Les deux premires
traves sont perces d'une baie longue et troite surmonte d'un arc bris. Ces
baies ont sans doute t ouvertes au 13e sicle.

Les premire et troisime traves du mur latral sud sont perces de grandes
baies gmines  l'arcature trilobe. Ces baies sont elles-mmes surmontes d'un
motif trilob assez complexe. L'ensemble est inscrit dans un arc trs bris. Ces
grandes baies ont remplac en 1860 des ouvertures carres, ouvertures qui
avaient elles-mmes t perces en 1790  l'endroit d'troites petites baies
sans doute romanes. Pour les baies actuelles, on s'est visiblement inspir des
baies gmines du choeur, agrandies au 15e sicle.

La seconde trave du mur sud est perce d'une baie semblable aux baies des deux
premires traves du mur nord.

La porte sud est forme d'un arc trs surbaiss sans aucune mouluration, qui
repose sur des pidroits sans ornement. Cette porte est surmonte d'un arc de
dcharge. Le porche qui la prcde est dat du 16e sicle.

En 1860, lors de la restauration de l'glise, deux grandes baies gmines ont
t ouvertes dans le mur sud  l'emplacement de baies croises carres qui
avaient remplac en 1790 d'troites petites baies probablement romanes. La
faade occidentale fut remanie. Le portail fut refait et la baie gmine du 13e
sicle dbouche et restaure. La couverture de la nef fut entirement refaite
elle aussi. [1]

Entre 1954 et 1974, les murs de la nef furent dcaps avec l'aide des
paroissiens pour mettre  jour les lments d'opus spicatum. La vote en berceau
de bois de la nef fut construite en 1969 et 1970 [2]. A la mme poque, le
porche du 16e sicle prcdant la porte sud fut rouvert.

#Datation

La nef a sans doute t construite au 11e sicle ou dans les premires annes du
12e sicle, comme l'attestent les maonneries - avec leurs nombreux lments
d'opus spicatum - et les ouvertures du mur nord: petite baie bouche au cintre
creus dans un linteau monolithe de granit, porte sud au cintre surbaiss.

La tour et le choeur de l'glise ont t construits au dbut du 13e sicle. Les
baies du choeur ont t agrandies au 15e sicle. Le porche qui prcde la porte
sud de la nef date probablement du 16e sicle [3].

#Documents

* La bibliographie de Dragey

* Le plan de l'glise de Dragey

#Notes

[1] D'aprs le registre paroissial de l'glise de Dragey.

[2] Voir le registre des dlibrations du conseil municipal de Dragey
(1955-1972), p. 233: compte-rendu des sances des 17 et 25.08.1969.

[3] D'aprs: Thibout (Marc). Les glises des XIIIe et XIVe sicles dans le
dpartement de la Manche. Thse de l'Ecole des Chartes, 1935, p. 225-226.


9. GENETS


[Le site / Emplacement / Histoire / Le doyenn de Gents / La paroisse de Gents
// L'glise / Le plan / Les matriaux / Les appareils / Les enduits, sols,
plafonds et toitures // Description intrieure / Les bras du transept / La
croise du transept // Description extrieure / Le transept / La tour //
Datation // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Gents est situ sur l'actuelle route ctire reliant Granville  Avranches, 
10 kilomtres au nord d'Avranches (voir la carte). La bourgade se trouve face au
Mont Saint-Michel,  4 kilomtres environ du rocher du Mont.

De nombreuses voies montoises - empruntes par les plerins pour se rendre au
Mont Saint-Michel - aboutissaient  Gents: les chemins montois du Mont 
Saint-Pair, du Mont  Coutances, du Mont  Saint-L et du Mont  Caen. De plus,
le chemin des grves reliant le Mont Saint-Michel  Saint-Pair passait au Bec
d'Andaine, prs de la localit de Gents.

= Histoire

Gents est une localit trs ancienne. Les Abrincatui avaient lu Avranches
comme capitale, et Gents tait leur port et leur ville secondaire. La ville fut
pille par les pirates normands au 9e sicle.

La baronnie de Gents fut donne  l'abbaye du Mont Saint-Michel vers 1022 par
Richard II, duc de Normandie, ainsi que les baronnies de Saint-Pair et
d'Ardevon. Port de mare, centre d'une baronnie et d'un doyenn, Gents est une
localit importante sous les premiers ducs normands.

Robert de Torigni, abb du Mont Saint-Michel entre 1154 et 1186, fit
reconstruire une premire glise devenue trs vtuste. Il la fit consacrer en
1157 par Herbert, vque d'Avranches, accompagn de Roger, abb du Bec-Hellouin.

Au dbut du 14e sicle, la population s'levait  prs de trois mille mes.
L'glise, qui disposait d'un clerg consquent, comptait sept chapelles autour
d'elle. Ce fut la pride la plus florissante. Lors de la guerre de Cent Ans,
Gents fut pill, ranonn et brl par les Anglais ds 1356. Lors des guerres
de religion, la ville fut de nouveau pille en 1562 par les troupes du
protestant Montgommery.

Pendant la Rvolution franaise, Gents perdit sa snchausse, sa sergenterie,
son doyenn, ses foires et ses marchs, et ne fut plus qu'une simple commune
rurale. Le titre de chef-lieu de canton fut donn  Sartilly. [1]

L'glise et le cimetire de Gents furent classs Monuments historiques en 1959.

= Le doyenn de Gents

Le doyenn de Gents comprenait vingt-sept paroisses: Saint-Nicolas de Ronthon,
Saint-Jean-Baptiste de Bouillon (deux paroisses), Saint-Vigor de Carolles,
Saint-Michel-des-Loups, Saint-Vigor de Champeaux, Saint-Jean-le-Thomas,
Saint-Mdard de Dragey, Saint-Etienne de Bacilly, Saint-Pair de Marcey,
Sainte-Marie de Champcey, Saint-Samson d'Angey, Saint-Pair de Sartilly,
Saint-Pierre-Langers (deux paroisses), Sainte-Marie de la Rochelle, Sainte-Marie
de la Lucerne, Saint-Martin de Lolif, Sainte-Marie de Montviron, Saint-Martin de
la Mouche, Sainte-Marie de Subligny, Saint-Martin de Champcervon,
Saint-Barthlmy de Grippon, Sainte-Trinit-des-Chambres, Saint-Pierre de Vains,
Notre-Dame de Gents, et enfin Saint-Pierre du Mont Saint-Michel.

Le doyenn comprenait aussi deux abbayes - le Mont Saint-Michel, de l'ordre de
Saint Benot, et la Lucerne, de l'ordre des Prmontrs - et cinq prieurs
rguliers de l'ordre bndictin: Saint-Jacques, prs de la Haye-Pesnel, compris
dans la paroisse de la Lucerne et dpendant de l'abbaye de Saint-Sever;
Saint-Lonard de Vains, compris dans la paroisse de Vains et appartenant 
l'abbaye Saint-Etienne de Caen; Saint-Marcellin de Gents et Notre-Dame de
Tombelaine, tous deux compris dans la paroisse de Gents; et enfin Saint-Laurent
de Brion, compris dans la paroisse de Dragey. Ces trois derniers prieurs
appartenaient au monastre du Mont Saint-Michel.

= La paroisse de Gents

Au 11e sicle, la paroisse tait administre par les Bndictins du Mont
Saint-Michel.

En 1123, le Concile de Latran dfendit aux religieux d'avoir un ministre
paroissial. Ils furent remplacs par des prtres sculiers. Nanmoins, ces curs
furent toujours sous l'autorit de l'abb du Mont, qui tait seigneur patron et
nommait  la cure. Le premier cur qui succda aux religieux fut Rainald, qui
assista  la conscration de l'glise de Gents en 1157. Lui succda Nicolas,
puis Michel, un clerc du Mont qui, en 1164, fut prsent par l'abb Robert de
Torigni au bienheureux Achard, vque d'Avranches. [2]

Au 15e sicle, le seigneur patron tait toujours l'abb du Mont, comme mentionn
dans le Livre blanc (Pouill de 1412) cit par le chanoine Pigeon: "Ecclesia S.
Mariae de Genetseio - Patronus abbas Montis S. Michaelis..." [3]

La paroisse appartenait au doyenn de Gents et  l'archidiachon d'Avranches.
L'glise est place sous le vocable de Notre Dame. Le second saint est Saint
Sbastien.

#L'glise

= Le plan

L'glise (voir le plan), rgulirement oriente (d'ouest en est), est forme
d'une large nef, d'un transept  bras saillants et d'un choeur de trois traves
 chevet plat. La premire trave du choeur ouvre au nord et au sud sur deux
chapelles  chevet plat. Ces chapelles ouvrent galement sur les croisillons du
transept. A la croise du transept s'lve une tour massive surmonte d'un toit
en btire.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les maonneries de la nef, du transept et du choeur ont un appareil irrgulier
fait de mollons de granit et de schiste. Seule la tour prsente un appareil
rgulier de granit. Le schiste est la pierre locale puisque Gents est situ
dans une rgion de terrains sdimentaires schisteux. Le granit provient sans
doute du massif granitique d'Avranches qui affleure  quelques kilomtres au
sud-est de la localit.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Un enduit  la chaux recouvre tous les murs intrieurs.

Le sol de la nef et du transept est couvert de grandes dalles de schiste, alors
que celui du choeur est pav de carrelages maills pos au 19e sicle.

La nef est surmonte d'une vote en berceau de bois ralise en 1960 par
Yves-Marie Froidevaux. La vote a t refaite en utilisant les lments d'une
charpente  poinons et entraits apparents du 15e sicle, lments qui ont t
dcouverts dans les lambris du 18e sicle. La partie centrale des poinons est
orne d'une rosace sculpte.

A la mme poque a t refaite la couverture en paisses plaquettes de schiste
de couleur verte. Ces plaquettes proviennent de la rgion de Cherbourg. Les
toitures autres que celles de la nef sont en ardoises d'Angers.

Le porche prcdant la porte sud de la nef est surmont d'une charpente en
carne renverse entirement cheville ralise au 18e sicle.

#Description intrieure

Le transept et la tour prsentent d'importantes parties romanes.

= Les bras du transept

Le bras sud a t trs remani.

Une colonnette engage romane (voir le schma) subsiste dans l'angle form par
le mur ouest du bras sud du transept et le mur sud de la chapelle latrale. La
corbeille du chapiteau de cette colonnette est surmonte d'un tailloir carr et
chanfrein. Cette corbeille est orne de crochets d'angle entours de motifs
gomtriques en forme de triangle, qui forment une sculpture en creux. Sa base
carre est surmonte d'un double tore.

On ne trouve pas d'autre colonne semblable dans les croisillons. Les murs ouest
des croisillons furent largement percs au 13e sicle pour ouvrir sur les
chapelles latrales du choeur. Peut-tre cette colonne avait-elle une place
diffrente dans l'difice d'origine. Dans ce cas, elle serait un remploi.

Le bras nord est plus petit que le bras sud. Dans l'angle sud-ouest s'lve la
tour d'escalier. Sa porte au cintre surbaiss est surmonte d'un arc de
dcharge. Elle comprend un large mchicoulis appuy  l'arcade voisine et port
par trois corbeaux en retrait. Ceci parce que la tour a servi de donjon pendant
la guerre de Cent Ans.

Les croisillons ont t couverts de votes en berceau de pltre lors des
remaniements du 18e sicle.

= La croise du transept

La croise du transept est dlimite par quatre puissants piliers de section
carre. Ces piliers, isols  l'est, sont relis aux bras du transept et  la
nef  l'ouest. Ils supportent d'pais arcs briss et fourrs relis par des
colonnes engages jumeles. Ces arcs  triple rouleau dterminent une vote
d'artes au-dessus de la croise du transept. Les retombes des artes sont
reues dans les angles rentrants des piliers par quatre colonnes engages
semblables  celles qui reoivent les arcs.

Les quatre piliers prsentent entre eux une symtrie parfaite. Le pilier sud-est
(voir le schma) est surmont d'une imposte moulure en forme de bandeau
chanfrein. Les cts est et sud du pilier prsentent une surface plane sans
aucune mouluration. Au nord et  l'ouest, les arcs sont reus par deux colonnes
jumelles engages sur dosseret. A l'angle nord-ouest, une colonne engage
semblable reoit la retombe d'une des artes de la vote. La corbeille des
chapiteaux, sculpte, est surmonte d'un pais tailloir carr. Les bases carres
sont surmontes d'un double tore. L'ensemble du pilier repose sur une base
carre plus large.

Les sculptures des chapiteaux, en bas relief, reprsentent des motifs vgtaux:
feuilles de chne et glands, feuilles de marronnier, feuilles de vigne et
grappes de raisin (nord-ouest et nord-est); des motifs animaux: lapins et
livres en train de courir (sud-est); des motifs gomtriques: arceaux et
bourrelets saillants (sud-ouest et sud-est). De plus, quelques tailloirs sont
orns d'un rang de perles (sud-ouest) ou d'arceaux briss (nord-est). Les
corbeilles surmontent une, deux ou trois astragales. Certaines astragales sont
torsades. Une double astragale entoure une torsade ou un rang de perles
(nord-est). Quant aux bases, elles sont surmontes d'un double tore qui entoure
une range de perles (sud-ouest). Le tore infrieur est torsad (nord-ouest) ou
il a la forme d'un prisme (nord-ouest et sud-est). Quelques bases sont ornes
d'arceaux et de petites griffes aux angles (sud-est). Ce genre de sculptures et
les diverses moulurations des tailloirs, astragales et bases laissent  penser
que les chapiteaux et les bases ont t sculpts, ou resculpts,  une poque
trs postrieure  la construction des piliers. Peut-tre ont-ils t sculpts
au moment de la construction du choeur de l'glise.

#Description extrieure

= Le transept

Deux contreforts plats termins par un lger glacis paulent le mur nord du
croisillon nord. Ce mur est perc d'une grande baie en plein-cintre. La base de
la tour d'escalier est comprise dans les maonneries du croisillon. Cette tour
se termine par un toit en appentis couvert d'ardoises, qui vient contrebuter la
base de la tour  hauteur du cordon chanfrein infrieur.

Le mur oriental du croisillon sud a le mme genre d'appareil que la chapelle
latrale sud du choeur. Ce mur a visiblement t refait lors de la construction
de cette chapelle.

La maonnerie du mur sud prsente un dcalage trs net  mi-hauteur, du fait de
l'ouverture tardive d'une grande baie en plein-cintre. Le mur pignon, en lger
retrait, porte un oculus aujourd'hui mur.

L'appareil du mur occidental est diffrent de celui des autres maonneries. Il
s'agit de gros blocs de granit assez rguliers, avec quelques plaquettes de
schiste comme lments de calage. Ce mur est perc d'un portail dont l'arcade en
plein-cintre est forme de deux paisses voussures non moulures (voir le
schma). La voussure extrieure repose sur deux paisses colonnettes engages
surmontes d'un tailloir carr et chanfrein, qui se poursuit en un bandeau
chanfrein sur le nu du mur. La corbeille des chapiteaux est sculpte de gros
crochets d'angle peu visibles. Le niveau du sol extrieur arrive  la base du
ft des colonnettes. Dans le sol subsiste une base carre surmonte d'un double
tore.

La lourdeur et l'extrme simplicit du portail - paisses colonnettes, voussures
sans mouluration -laissent supposer qu'il appartenait  l'glise ayant prcd
l'glise reconstruite et consacre en 1157. Ce portail pourrait dater du 11e
sicle. Le mur occidental date peut-tre de la mme poque.

= La tour

La tour, de proportions trs vastes, est implante  la croise du transept.
Elle comprend deux tages.

L'tage infrieur est aveugle.

L'tage suprieur est ouvert au nord, au sud et  l'ouest par des baies gmines
dlimites par de petites colonnettes engages  tailloir et base carrs. Ces
baies reposent sur le bandeau semi-circulaire sparant le premier tage du
second. Durant une campagne de construction postrieure, elles ont t mures
jusqu' hauteur du tailloir et prolonges par des baies gothiques trilobes
munies d'abat-sons. Aux deux-tiers de la tour environ, un moyen appareil de
granit laisse la place  un appareil fait de blocs de granit beaucoup plus gros.
Le mur oriental ne comporte pas de baies romanes, mais uniquement des baies
trilobes gothiques.

La tour tait autrefois surmonte d'une flche, qui fut dtruite par la foudre
au dbut du 16e sicle [4]. A cette poque, Guillaume de Lamps, abb du Mont,
fit surlever la tour romane d'un tiers de sa hauteur. Une baie gmine trilobe
fut ajoute de chaque ct dans le prolongement des baies gmines romanes. La
tour est surmonte d'un toit en btire dont le dpart est cach au nord et au
sud par une balustrade ajoure. Les angles des balustrades sont munis de
gargouilles gothiques reprsentant des chiens, des loups et des animaux
fantastiques.

#Datation

Les parties romanes appartenant  l'difice consacr en 1157 sont les suivantes:
la croise du transept, la tour aux deux tiers de sa hauteur, et une partie des
croisillons. Pour le croisillon nord, les maonneries des murs nord et ouest et
la tour d'escalier. Pour le croisillon sud, la partie infrieure du mur sud, le
mur ouest avec sa porte - cette dernire datant sans doute du 11e sicle - et la
colonnette engage visible  l'intrieur.

Les constructions postrieures  l'poque romane sont nombreuses. Le choeur et
ses deux chapelles latrales furent construits au 13e sicle. La partie
suprieure de la tour fut dife au dbut du 16e sicle. La nef, entirement
remanie au milieu du 18e sicle, avait dj subi de nombreuses transformations
auparavant, avec une porte sud gothique, des lments de charpente  poinons et
entraits apparents du 15e sicle, et un porche du 16e sicle.

#Documents

* La bibliographie de Gents

* La carte du doyenn de Gents

* Le plan de l'glise de Gents

* Le schma de la porte et de la colonne du bras sud du transept

* Le schma du pilier sud-est de la tour

#Notes

[1] D'aprs: Pigeon (Emile-Auber). Le Mont Saint-Michel et sa baronnie
Gents-Tombelaine. Avranches, Imprimerie A. Perrin, 1901, p. 1-14.

[2] D'aprs: Pigeon (Emile-Auber). Le Mont Saint-Michel et sa baronnie
Gents-Tombelaine. Avranches, Imprimerie A. Perrin, 1901, p. 53-72.

[3] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome II, p. 644.

[4] Voir le registre paroissial de Gents, p. 148.


10. SAINT-LEONARD-DE-VAINS


[Le site / Emplacement / Histoire // Le prieur / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits et la toiture // Description extrieure / La faade
occidentale / La nef / La tour / Le choeur // Description intrieure // Datation
// Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village de Saint-Lonard-de-Vains est situ  l'extrmit du cap du Grouin du
Sud,  2,5 kilomtres du bourg de Vains et 7 kilomtres d'Avranches (voir la
carte). Ce village fait partie de la paroisse de Vains. L'glise prieurale
Saint-Lonard domine la baie du Mont Saint-Michel et le rocher de Tombelaine.

Saint-Lonard-de-Vains possdait deux des trois points de dpart (le troisime
tait Gents) du chemin montois reliant le Mont  Caen, appel aussi le chemin
des Ducs.

= Histoire

Saint-Lonard est une bourgade trs ancienne qui doit son nom  Saint Lonard
(ou Lodovald). Celui-ci y vcut au 6e sicle avant d'tre lu huitime vque
d'Avranches en 578.

La bourgade connut les invasions normandes au 9e sicle. Aprs la conqute
normande, elle entra dans le domaine ducal et fut fieffe aux seigneurs de
Vains. En 1087, peu de temps avant sa mort, Guillaume le Conqurant la donna 
l'abbaye Saint-Etienne de Caen. En 1158, Henri II confirma cette donation qui
comprenait un manoir, des terres labourables et des vignes, ainsi que des
salines avec le droit de pche et de varech [1].

Le prieur de Saint-Lonard tait un prieur simple, c'est--dire un petit
monastre o quelques religieux dtachs des grandes abbayes vivaient sous la
direction d'un prieur, mais sans charge d'mes.

L'glise prieurale fut la proprit de l'abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu' la
Rvolution franaise.

Comme l'explique Jean Bindet, "aprs la nationalisation des biens du clerg en
novembre 1789 et la vente des biens nationaux  partir de 1791, le prieur et le
colombier furent laisss  l'abandon et leurs ruines, avec l'glise qui n'avait
pas trop souffert, furent cdes en 1793 pour la somme de 200 francs en
assignats... L'acqureur, voulant tirer parti de son achat, rsolut de
transformer l'glise en btiment de ferme. Le choeur de la vnrable glise
devint une cuisine avec une chemine amnage au chevet de l'abside; la nef
devint une grange et une table; la tour elle-mme fut utilise: la base comme
cellier, et l'tage fut divis en chambre et en grenier et surmont d'une
chemine." [2]

L'glise est reste une proprit prive. En collaboration avec les Monuments
historiques, le propritaire a transform la nef en maison d'habitation, en
ouvrant des fentres rectangulaires et en amnageant l'intrieur.

#Le prieur

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) comprenant une nef et un choeur de deux traves  chevet plat (voir le
plan). La tour, situe dans l'axe du vaisseau, est implante entre choeur et
nef.
Les matriaux

= Les appareils

La partie suprieure de la base et le second tage de la tour prsentent un
moyen appareil de granit aux blocs rguliers. Le granit est galement utilis
pour les contreforts et le pourtour des ouvertures  l'extrieur, et pour les
piliers, les colonnes et les arcs  l'intrieur.

Les maonneries de la nef, du choeur, de la partie infrieure de la base et du
premier tage de la tour sont formes d'un appareil irrgulier de plaquettes de
schiste disposes le plus souvent  l'horizontale, sauf quelques lments d'opus
spicatum  la base de la tour.

Le schiste est la pierre locale. Le sol de la rgion est form de terrains
sdimentaires schisteux. Le granit provient certainement du massif granitique
d'Avranches qui affleure  proximit.

= Les enduits et la toiture

A l'intrieur, la vote d'artes, les arcs et les murs de la trave sur laquelle
s'lve la tour sont recouverts d'une paisse couche de pltre en mauvais tat.
Une toiture en ardoises d'Angers recouvre les charpentes de la nef et du choeur
et le toit en btire de la tour.

#Description extrieure

= La faade occidentale

La faade occidentale est consolide dans sa partie centrale par deux pais
contreforts termins par un glacis  la base du mur pignon. Ces contreforts
encadrent deux ouvertures rectangulaires. Deux contreforts consolidaient aussi
la faade aux extrmits. Seul subsiste le contrefort nord. Le contrefort sud a
t dtruit.

= La nef

La nef est devenue une maison d'habitation. Les murs latraux sont percs de
portes et de grandes fentres rectangulaires. Ces murs sont consolids par deux
pais contreforts  l'ouest et  l'est.

= La tour

La tour, situe entre choeur et nef, est forme d'une base carre dans le
prolongement du choeur. Cette base est surmonte de deux tages en lger retrait
les uns des autres.

La base est consolide au nord par un contrefort central. Le contrefort est
encadr de deux baies en plein-cintre  l'arc form d'une range de petits
claveaux de granit. La baie orientale a t bouche. Le mur est perc d'une
porte au cintre surbaiss reposant sur des pidroits sans ornement. Quelques
modillons trs abms subsistent dans la partie suprieure de la base. Bien que
trs remani, le mur sud offre les mmes lments: un contrefort central dont il
ne subsiste que la partie suprieure au-dessus d'une porte au cintre surbaiss,
trois modillons, et quelques claveaux de l'arc d'une baie aujourd'hui disparue.

Le premier tage devait tre aveugle  l'origine. La petite ouverture
rectangulaire pratique dans le mur nord et les grandes ouvertures du mur sud
datent des remaniements postrieurs  la Rvolution, lorsque les tages de la
tour furent amnags en chambre et en grenier.

Le second tage est orn sur ses faces nord, est et sud de deux arcatures
jumelles en plein-cintre. Les arcades, non moulures, reposent sur des pidroits
sans ornement par le biais d'un tailloir carr se prolongeant en un bandeau
droit sur le nu du mur. L'une des arcatures est aveugle, l'autre encadre une
ouverture en plein-cintre.

La tour est surmonte d'un toit en btire. Ce toit repose au nord et au sud sur
une corniche supporte par des modillons sculpts de ttes humaines ou moulurs
en quart-de-rond.

= Le choeur

Le choeur,  chevet plat, comporte deux traves.

Le mur latral nord est soutenu par trois contreforts plats sur lesquels devait
reposer une corniche aujourd'hui disparue. La disposition est la mme pour le
mur latral sud. Les grandes fentres rectangulaires ont t ouvertes aprs la
Rvolution, lorsque le choeur a servi de maison d'habitation.

Le mur oriental s'appuie sur trois contreforts plats reposant sur un
soubassement de pierre. Deux baies en plein-cintre ont t bouches. Rests
visibles, leurs arcs et pidroits sont orns d'une simple moulure torique.

#Description intrieure

La trave supportant la tour entre choeur et nef est dlimite par de gros
piliers qui reoivent quatre arcs en plein-cintre encadrant une vote d'artes.

Au nord et au sud, les arcs reposent sur d'pais pilastres par le biais d'une
imposte moulure en forme de bandeau chanfrein. A l'est et  l'ouest, ces arcs
reposent sur deux colonnes engages jumeles. Les corbeilles des chapiteaux,
dont le tailloir est form par l'imposte moulure, sont sculptes de crochets
d'angle en trs bas relief. La base carre des colonnes est orne de deux tores
entourant une scotie.

Les retombes des artes sont reues aux angles rentrants des piliers par quatre
colonnes de mme profil que celles recevant les arcs. Le pilier repose sur une
base plus large aux artes chanfreines. Cette base est visible  l'est. A
l'ouest, elle disparat dans le sol.

La disposition intrieure de la nef et du choeur ne prsente que peu d'intrt
du fait des nombreuses transformations postrieures  la Rvolution.

#Datation

Les indices de datation doivent tre cherchs dans la tour. Les lments d'opus
spicatum prsents dans les maonneries de la base, la disposition intrieure de
la tour et les arcatures jumelles en plein-cintre ornant son second tage
permettent de dater l'glise du dbut du 12e sicle.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Lonard-de-Vains

* Le plan du prieur de Saint-Lonard-de-Vains

#Notes

[1] D'aprs: Pigeon (Emile-Auber). Saint Lodovald ou Saint Lonard, in:
Mmoires de la Socit acadmique du Cotentin, 1895, p. 99 note 4.

[2] Bindet (Jean). Le prieur de Saint-Lonard-de-Vains, in: Revue de
l'Avranchin et du Pays de Granville, dcembre 1976, tome LIII, p. 290-291.


11. SAINT-LOUP


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description extrieure /
La faade occidentale / La nef / Le choeur // Description intrieure / La nef /
Le choeur // Datation // Une petite cole locale d'architecture // Documents //
Notes]

#Le site

= Emplacement

Saint-Loup est situ au sud-est d'Avranches,  6 kilomtres de la ville, dans
une rgion vallonne situe juste au-dessous du massif granitique d'Avranches
(voir la carte).

= Histoire

L'glise est place sous le vocable de Saint Loup. Le second saint est Saint
Gilles. La paroisse appartenait au doyenn de Tirepied, qui comprenait vingt-six
paroisses et qui tait l'un des quatre doyenns de l'archidiachon d'Avranches.

L'glise fut sans doute construite par les seigneurs du lieu, qui taient les
patrons prsentateurs. Le Livre blanc (Pouill de 1412) cit par le chanoine
Pigeon mentionne: "Ecclesia de S. Lupo - Patronus lacus..." [1]

Dans leur monographie de la paroisse, M. Masselin et L. Hulmel relatent: "Les
plus anciens seigneurs de Saint-Loup dont nous ayons trouv mention portaient le
nom de Grimault. La famille de ce nom possdait un grand nombre de fiefs dans le
diocse d'Avranches au XIIe et XIIIe sicle... En 1463, la seigneurie de
Saint-Loup appartient aux Vivien... A la fin du XVIe sicle, elle passa dans la
famille des Quesnoy. En l'an 1600, Jacques du Quesnoy tait seigneur de
Saint-Loup. C'est lui qui fit reconstruire la chapelle qui est au nord du choeur
de l'glise. Il mourut  Saint-Loup et fut inhum dans cette chapelle en 1651."
[2]

En effet, l'inscription indiquant la date de cette chapelle (1602) est orne du
blason des Quesnoy. L'inscription est situe au-dessus de l'arcade en
plein-cintre surplombant l'ouverture de la chapelle vers le choeur.

L'glise fut classe en 1921.

#L'glise

= Le plan

L'glise est forme d'un vaisseau rectangulaire rgulirement orient (d'ouest
en est) constitu d'une nef de deux traves suivie d'un choeur de deux traves
termin par une abside semi-circulaire (voir le plan). La tour, situe dans
l'axe du vaisseau, s'lve au-dessus de la premire trave du choeur. La seule
modification apporte  l'difice roman est l'ouverture en 1602 d'une chapelle
latrale dans la seconde trave du choeur ct nord.

= Les matriaux

= = Les appareils

A l'exception des murs latraux de la nef, les maonneries prsentent un moyen
appareil de granit. L'appareil est plus petit pour la tour. Les murs latraux de
la nef sont forms d'un appareil irrgulier de mollons de granit "jaune". Cette
diffrence d'appareil est due au fait qu' cette poque, la nef tait souvent
construite  peu de frais par les paroissiens alors que le choeur, beaucoup plus
soign, tait difi par le seigneur. Les pierres de granit proviennent
certainement du massif granitique d'Avranches, situ au nord,  proximit
immdiate de Saint-Loup.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

L'intrieur a t recouvert d'un enduit  la chaux, sauf les impostes des
pilastres supportant l'arc triomphal et les doubleaux du choeur. Pour ces
impostes, la pierre de granit a t laisse apparente.

Le sol est recouvert de carrelages. Il est en ciment sous les bancs de la nef.

La nef est surmonte d'une vote en berceau de bois  poinons et entraits
apparents, pose en 1978 sous la direction de Jacques Traverse, architecte en
chef des Monuments historiques.

Le toit actuel, couvert d'ardoises d'Angers, est certainement plus lev que le
toit primitif, et ses pentes sont plus longues.

#Description extrieure

= La faade occidentale

Le mur de faade est surmont d'un lger glacis en arrire duquel s'lve le mur
pignon. La faade est perce d'un portail surmont d'une baie  l'arc bris et
aux contours chanfreins datant sans doute du 13e sicle. Le portail est compris
dans une masse rectangulaire en lgre avance par rapport au mur de faade, et
qui se prolonge par deux contreforts plats encadrant la baie. Les contreforts
s'amortissent par un glacis  la base du pignon.

L'arcade en plein-cintre du portail (voir le schma) est compose de deux
voussures surmontes d'une archivolte forme d'un bandeau chanfrein. Chaque
voussure prsente les moulurations suivantes: un pais tore d'angle, un listel,
un cavet peu profond et un rang de dents-de-scie sculptes en creux et peu
marques. Les voussures sont reues par quatre colonnettes engages. Les
tailloirs des chapiteaux sont moulurs en quart-de-rond. Ils se prolongent en un
bandeau horizontal le long de la masse rectangulaire encadrant le portail. Les
corbeilles sont ornes de sculptures frustes: crochets d'angle ou ttes d'angle
aux traits effacs. Les bases carres sont ornes d'un tore surmontant un
chanfrein sculpt de petites griffes peu visibles. Elles reposent sur un muret
de pierre se prolongeant sur toute la longueur de la faade. Le linteau est
form d'un gros bloc monolithe de granit. Il est surmont de pierres losanges
disposes en opus reticulatum. Ces pierres losanges ont toutes t rejointoyes
de manire grossire.

= La nef

La nef comporte trois traves. Ses murs latraux sont pauls chacun de quatre
contreforts plats qui montent de fond jusqu'au dpart de la toiture, et sont
surmonts d'un glacis.

Dans la partie suprieure des murs latraux, il subsiste trois troites petites
baies en plein-cintre: deux au sud et une au nord. Leur cintre est creus dans
un linteau monolithe de granit.

Les autres baies ont t perces ou agrandies par la suite. Une baie trilobe a
t ouverte dans le mur sud prs du choeur, sans doute au 16e ou 17e sicle.
Trois autres larges baies sans caractre, une dans le mur sud et deux dans le
mur nord, datent sans doute du 19e sicle.

= Le choeur

Le choeur comprend deux traves prolonges par une abside semi-circulaire.

La premire trave est perce au sud par une porte (voir le schma). L'arcade en
plein-cintre est forme d'une voussure surmonte d'une archivolte constitue par
un cordon chanfrein. La voussure est moulure d'un pais tore d'angle suivi
d'un listel puis d'un large cavet peu profond. Elle repose sur deux colonnettes
engages.

Les tailloirs des chapiteaux, moulurs en quart-de-rond, surmontent des
corbeilles ornes de sculptures reprsentant des ttes humaines. A gauche, la
corbeille est sculpte  l'angle d'une tte d'homme dont on voit les yeux, la
moustache et le menton prominent. Cette tte est entoure de deux bourrelets
saillants en forme de demi-cercle. A droite, la tte d'homme est plus petite et
moins saillante.

Un tore pais surmonte la base carre au chanfrein orn de motifs gomtriques.
A gauche, quatre petites griffes triangulaires ornent le chanfrein alors qu'
droite, deux bourrelets en forme de demi-cercle entourent une griffe centrale.
Le linteau est form d'un gros bloc de granit surmont de trois blocs plus
petits constituant le tympan.

La porte sud prsente un profil similaire  celui du portail occidental: mmes
moulurations pour la voussure, mmes tailloirs, sculptures semblables pour les
corbeilles et pour les bases.

Cette porte est encadre de deux contreforts plats s'arrtant  la base de la
maonnerie rectangulaire. Celle-ci est surmonte d'un petit toit de pierre en
appentis reliant les toitures du choeur et de la nef. Entre les deux
contreforts, la maonnerie repose sur une corniche situe dans l'alignement de
celle du choeur. Cette corniche est supporte par trois gros modillons sculpts
des motifs suivants: un tre grotesque mettant la main droite  la bouche alors
que le bras gauche est repli; une tte d'homme; un homme accroupi avec les
mains sur les genoux. La mme disposition se retrouve au nord. La corniche est
galement soutenue par trois modillons. L'un des modillons est sculpt d'une
trs grosse tte humaine avec une moustache.

La corniche de la seconde trave du mur latral sud et de l'abside
semi-circulaire est forme d'une robuste tablette porte par de gros modillons
sculpts. Quatre modillons reprsentent des ttes humaines ou des ttes
grotesques grimaantes toutes diffrentes. Trois modillons sont sculpts de
ttes accoles peu visibles. Trois autres modillons sont orns de crochets trs
simples.

L'abside semi-circulaire est divise en cinq pans par des contreforts plats
assez larges prenant appui sur un pais soubassement en pierre. Le pan central
n'est pas curviligne comme les autres. Le mur est aplati, ce qui n'tait pas le
cas dans la disposition primitive. L'appareil des maonneries est plus rcent,
tout comme les modillons taills en biseau et non sculpts. On ignore la raison
de cette rfection, et sa date.

Au nord, une chapelle latrale est adosse  la seconde trave du choeur.
Ajoute en 1602, elle est la seule modification d'importance apporte 
l'difice roman. Deux contreforts  ressaut paulent le mur nord, deux autres
consolident le mur oriental, et un le mur occidental.

La tour s'lve au-dessus de la premire trave du choeur. C'est une solide tour
carre forme de deux tages de mme primtre, et surmonte d'une flche en
charpente. Le premier tage est orn au nord et au sud de grandes arcatures
aveugles, alors que le second est perc d'une baie sur chaque face. La
sparation des deux tages est souligne par un bandeau chanfrein.

L'tage infrieur est orn au nord et au sud d'une double arcature aveugle en
plein-cintre. Cette arcature est surmonte d'un cordon saillant se prolongeant
ensuite en un bandeau droit sur le nu du mur et se poursuivant sur les faces est
et ouest paralllement au bandeau sparant les deux tages de la tour. A
l'coinon des arcatures jumelles, la maonnerie prsente un petit appareil
dcoratif rticul.

L'tage suprieur est perc d'une baie sur chaque face. Cette baie est surmonte
d'une arcade en plein-cintre forme de deux voussures entoures d'un cordon
chanfrein. Chaque voussure est moulure d'un pais tore d'angle suivi d'un
listel puis d'un large cavet peu profond. De part et d'autre de la baie, les
voussures reposent sur quatre colonnettes engages. Les corbeilles des
chapiteaux sont sculptes de motifs gomtriques - crochets d'angle,
demi-cercles - ou de ttes humaines. Ces corbeilles sont surmontes d'un
tailloir carr prolonges par un bandeau droit sur le mur. La base carre des
colonnettes est surmonte d'un double tore. Le profil de ces baies est semblable
 celui du portail occidental et de la porte sud: mmes moulurations pour les
voussures, sculptures semblables pour les corbeilles.

Cet tage est surmont d'une corniche soutenue par des modillons sculpts de
ttes humaines ou moulurs en quart-de-rond. La corniche a t refaite sur toute
sa longueur au sud et sur les deux tiers de sa longueur au nord, sans doute au
moment de la reconstruction de la flche. La flche est octogonale sur sa base
carre, et pourvue de petites lucarnes.

#Description intrieure

= La nef

Les troites petites baies haut situes dans les murs latraux - deux au sud et
une au nord - ont un fort brasement vers l'intrieur et vers le bas.

La nef et le choeur communiquent par un arc triomphal en plein-cintre  double
rouleau aux artes lgrement chanfreines. L'arc est reu par deux pilastres
engags sur dosseret par l'intermdiaire d'une imposte moulure en
quart-de-rond. Les angles des pilastres et de leurs dosserets sont abattus.
L'arc triomphal est surmont d'une baie ouvrant sur le premier tage de la tour.

= Le choeur

Le choeur, moins large que la nef, comprend deux traves et il est termin par
une abside semi-circulaire. Chaque trave est surmonte d'une vote d'artes sur
plan barlong, et l'abside est surmonte d'un cul-de-four. Deux pais doubleaux
sans ornement sparent le choeur de l'abside, et la premire trave de la
seconde. Ces doubleaux sont reus par des pilastres aux angles abattus par
l'intermdiaire d'une imposte moulure en quart-de-rond. Ct sud, le pilastre
sparant les deux traves du choeur est tronqu  un mtre environ du sol.

Au nord, la premire trave est perce d'une petite baie en plein-cintre haut
situe et trs brase. La deuxime trave ouvre par une arcade en plein-cintre
sur la chapelle rectangulaire construite en 1602 et vote en berceau. Face  la
chapelle, la large baie trilobe ouverte dans le mur sud est semblable  la baie
du 16e ou 17e sicle perce dans la dernire trave du mur sud de la nef.
L'abside semi-circulaire est ouverte au nord-est par une petite baie en
plein-cintre  fort brasement, et au sud-est par une baie trilobe.

#Datation

L'glise de Saint-Loup appartient  la premire moiti du 12e sicle: vote
d'artes, arc triomphal et doubleaux en plein-cintre dans le choeur; voussures
et colonnettes paisses pour le portail occidental, la porte sud et les baies de
la tour. L'glise prsente un intrt d'autant plus grand qu'il s'agit du seul
difice roman ayant subsist dans son ensemble dans la rgion. Divers lments
d'architecture sont originaux: un profil similaire pour le portail occidental,
la porte sud et les baies de la tour; de nombreuses corbeilles et bases
sculptes; et surtout, supportant la corniche du choeur, de gros modillons
sculpts de personnages grotesques ou de figures humaines.

#Une petite cole locale d'architecture

Saint-Loup fut le point de dpart d'une petite cole locale d'architecture.

Le portail sud de l'glise de Saint-Loup trouve une rplique presque parfaite
dans celui de l'glise de Saint-Quentin. Le portail occidental de l'glise de
Saint-Quentin dnote lui aussi l'influence de Saint-Loup.

La tour de l'glise de Saint-Loup prsente des traits communs avec celle de
l'glise de Saint-Pair, difie  partir de 1131. La disposition des deux tages
est semblable: un premier tage orn au nord et au sud d'arcatures jumelles
aveugles, et un second tage perc d'une baie. La baie est simple  Saint-Loup
et gmine  Saint-Pair. A Saint-Pair, l'arcade, orne d'une simple moulure
torique, repose sur deux colonnettes engages. A Saint-Loup, l'arcade, plus
complexe, est forme de deux voussures moulures surmontes d'un cordon
chanfrein. De part et d'autre de la baie, les voussures reposent sur quatre
colonnettes engages. Les deux tours disposent d'une corniche supporte par des
modillons. Les modillons de l'glise de Saint-Loup, sculpts de ttes humaines
ou moulurs en quart-de-rond, sont beaucoup plus visibles que ceux de l'glise
de Saint-Pair, trs uss par le temps.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Loup

* Le plan de l'glise de Saint-Loup

* Le schma du portail occidental

* Le schma de la porte sud

#Notes

[1] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome II, p. 644.

[2] Masselin (M.) et Hulmel (L.). Monographie de la paroisse de Saint-Loup, in:
Revue de l'Avranchin, tome LIV, 1977, p. 120.


12. SAINT-QUENTIN-SUR-LE-HOMME


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise / Le plan / Les matriaux / Les
appareils / Les enduits, sols, plafonds et toitures // Description extrieure /
La faade occidentale / La nef / La tour // Description intrieure / La nef / La
tour // La restauration des parties romanes au 20e sicle // Datation // Les
portails des glises de Saint-Quentin et de Saint-Loup // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Le village de Saint-Quentin-sur-le-Homme est situ au sud-est d'Avranches,  5,5
kilomtres de la ville, dans un des plis des cteaux de la Slune, une rivire
coulant vers le sud (voir la carte).

Saint-Quentin tait situ sur le chemin montois reliant le Mont Saint-Michel aux
villes de l'actuel dpartement du Calvados: Tinchebray, Cond-sur-Noireau,
Falaise et Lisieux. Venant du Mont, le chemin passait par Pontaubault puis
Saint-Quentin avant de se diriger vers Juvigny-le-Tertre et Sourdeval.

= Histoire

Saint-Quentin faisait partie des neuf paroisses qui rayonnaient autour de la
cit piscopale d'Avranches et qui furent regroupes pour former le doyenn de
la Chrtient, lui-mme compris dans l'archidiachon d'Avranches.

Le patronage tait partag entre l'vque et le Chapitre de la cathdrale. On en
trouve la preuve dans une charte de l'vque Richard Lain date de 1260. Selon
la charte, cet vque demandait au Chapitre la permission de nommer un cur 
Saint-Quentin, bien que les six mois prvus pour cette nomination fussent dj
couls. [1]

Plus tard, l'vque resta le seul patron prsentateur. L'vque d'Avranches
n'avait ce privilge que pour dix-neuf cures sur cent quatre-vingt, dont celle
de Saint-Quentin [2].

#L'glise

= Le plan

L'glise, rgulirement oriente (d'ouest en est), est forme d'une nef de trois
traves et d'un choeur de trois traves  chevet plat (voir le plan). Au nord et
au sud, deux larges chapelles sont accoles aux deux premires traves du choeur
et constituent de vritables croisillons. La tour, situe dans l'axe du
vaisseau, est implante entre choeur et nef. La faade occidentale est prcde
sur toute sa longueur d'un grand porche rectangulaire non vot formant une
sorte de narthex.

= Les matriaux

= = Les appareils

Les maonneries prsentent un appareil irrgulier de mollons de schiste alors
que les contreforts, le pourtour des ouvertures, les colonnes, les pilastres et
les arcs sont en granit. Le schiste est la pierre locale puisque Saint-Quentin
est situ dans une rgion de terrains sdimentaires schisteux. Le granit
provient sans doute du massif granitique d'Avranches, qui s'tend au nord de
Saint-Quentin.

= = Les enduits, sols, plafonds et toitures

Un enduit  la chaux recouvre les murs intrieurs. Le sol est recouvert d'un
carrelage pos en 1929. La nef est surmonte d'une vote en berceau de bois 
poinons et entraits apparents ralise en 1927. La toiture a t entirement
refaite en ardoises d'Angers en 1921 et 1922. Une partie de la couverture nord
de la nef a t change en avril 1952 suite aux dommages de la seconde guerre
mondiale.

#Description extrieure

= La faade occidentale

La faade occidentale est perce d'un portail aux vastes proportions. Son arcade
en plein-cintre est forme de deux voussures surmontes d'une archivolte
constitue d'un cordon chanfrein. Les voussures prsentent chacune les
moulurations suivantes: un tore d'angle pais suivi de deux tores plus minces
cerns de petits cavets. Ces voussures reposent sur quatre colonnes engages par
l'intermdiaire d'une imposte moulure en quart-de-rond formant les tailloirs
des chapiteaux. Les corbeilles sont sculptes de motifs varis: du nord au sud,
des boules  l'angle et aux extrmits sous le tailloir, une tte, un personnage
 quatre pattes dont la tte  l'angle de la corbeille est entoure des bras
puis des jambes, une autre tte soutenue par une main sur le ct et l'autre
sous le menton. Ces sculptures grossires sont en fort relief et le menton des
visages est trs prominent. Les bases carres sont ornes d'un tore surmontant
un chanfrein. Les chanfreins sont sculpts sur la gauche de petites griffes
triangulaires. On ne distingue plus rien sur la droite. Ces bases reposent sur
un pais muret de pierre se prolongeant le long du mur de la faade. Un norme
bloc monolithe de granit forme le tympan du portail.

= La nef

La nef comporte deux traves. Ses murs latraux sont pauls chacun de quatre
contreforts plats peu saillants reposant sur un soubassement de pierre. Les
contreforts supportent une corniche en partie refaite dont les modillons sont
surtout sculpts de ttes humaines. Les autres modillons, rcents, sont moulurs
en quart-de-rond ou ils ont la forme d'un T.

= La tour

La tour, massive, est situe entre la nef et le choeur. Seule sa base est
romane. Elle est relie au premier tage par un glacis au nord et au sud. Les
deux tages datent du 13e sicle. L'ensemble est surmont d'un toit en btire.

Au sud, une porte est aujourd'hui mure. Son arcade en plein-cintre (voir le
schma) est forme d'une voussure entoure d'une archivolte forme par un cordon
chanfrein. La voussure est moulure d'un pais tore d'angle suivi d'un listel
puis d'un large cavet peu profond. Elle repose sur deux paises colonnettes par
l'intermdiaire d'un bandeau moulur en quart-de-rond qui forme le tailloir des
chapiteaux et se prolonge sur le nu du mur. Les corbeilles sont sculptes d'un
arbre et d'une tte humaine. Les bases sont carres. A gauche, la base est
surmonte d'un chanfrein orn de petites griffes triangulaires et d'un tore. A
droite, elle est surmonte d'un double tore. Le tympan est form d'un gros bloc
monolithe de granit, qui repose sur les pidroits intrieurs par l'intermdiaire
du bandeau moulur en quart-de-rond.

#Description intrieure

= La nef

Les murs latraux de la nef sont ouverts de chaque ct par trois baies en
plein-cintre fortement brases. Ces baies aux proportions modestes ont remplac
en 1951 de trs grandes baies ouvertes au 18e sicle  l'emplacement des petites
baies romanes primitives [3]. Le mur occidental est perc d'une grande baie
gmine datant du 15e ou 16e sicle.

= La tour

Situe entre choeur et nef, la tour repose sur quatre pais piliers qui
reoivent  l'est et  l'ouest deux arcs en plein-cintre  double rouleau.

L'arc sparant la nef de la base de la tour repose sur deux pais pilastres
engags sur dosseret par l'intermdiaire d'une imposte moulure en
quart-de-rond.

L'arc sparant le choeur de la base de la tour repose sur deux colonnes engages
jumeles par l'intermdiaire d'une imposte semblable qui forme le tailloir des
chapiteaux. Les corbeilles sont sculptes de crochets d'angle en faible relief
plus visibles au nord qu'au sud. Les bases carres sont surmontes d'un double
tore. Elles sont trs abmes au nord.

La trave entre choeur et nef est surmonte d'une vote d'artes sur plan
barlong. Les retombes des artes sont reues au nord par les angles forms par
les dosserets des pilastres, et au sud par des colonnes surmontes d'une imposte
moulure en quart-de-rond.

Les murs nord et sud sont percs de deux longues et troites baies en
plein-cintre  fort basement. Dans le mur sud, la niche d'une statue surmonte
d'un arc surbaiss a t amnage dans la porte mure.

#La restauration des parties romanes au 20e sicle

La toiture fut refaite en 1921 et 1922 [4]. Une vote en berceau de bois 
poinons et entraits apparents fut reconstruite en 1926 et 1927 [5]. Le dallage
de la nef fut pos en 1929 [6].

En 1951, aprs les dommages de guerre, on entreprit la rfection du mur latral
nord de la nef, trs endommag. La corniche et une partie de ses modillons
furent refaits. Les baies des murs latraux furent transformes  la mme
poque. Les trs grandes baies ouvertes au 18e sicle furent remplaces par des
baies en plein-cintre aux proportions modestes. On refit aussi une partie de la
couverture de la nef ct nord. [7]

Les murs intrieurs de l'glise furent recouverts d'un enduit  la chaux en 1953
[8]. Les murs extrieurs furent entirement rejointoys en 1955 [9].

#Datation

La nef et la base de la tour peuvent tre dates de la premire moiti du 12e
sicle. Les portails constituent les principaux indices de datation. Le portail
occidental et la porte sud prsentent de nombreux points communs avec ceux de
l'glise de Saint-Loup, difice de la premire moiti du 12e sicle. De plus, la
disposition intrieure de la trave surmontant la tour confirme cette datation.

Au 13e sicle furent construits le porche rectangulaire prcdant la faade
occidentale, les deux tages de la tour, le choeur de trois traves et sa
chapelle latrale sud. La chapelle latrale nord fut difie au 15e ou 16e
sicle [10].

#Les portails des glises de Saint-Quentin et de Saint-Loup

Les deux portes sud des glises de Saint-Quentin et de Saint-Loup offrent de
nombreuses similitudes: une arcade forme d'une voussure moulure d'un tore
d'angle suivi d'un listel puis d'un cavet large et peu profond; une voussure
entoure d'une archivolte forme d'un cordon chanfrein; des tailloirs moulurs
en quart-de-rond; des corbeilles de chapiteaux sculptes de ttes d'angle (une 
Saint-Quentin et deux  Saint-Loup); une colonne avec une base au chanfrein orn
de petites griffes triangulaires.

Le portail occidental de l'glise de Saint-Quentin prsente lui aussi des traits
communs avec les portes de l'glise de Saint-Loup: une archivolte forme d'un
cordon chanfrein, des tailloirs moulurs en quart-de-rond, des corbeilles de
chapiteaux sculptes de ttes prominentes, des bases au chanfrein orn de
petites griffes. Mais,  Saint-Quentin, l'arcade est plus grande, les
moulurations des voussures sont diffrentes et les sculptures des corbeilles
sont plus labores. Il est trs possible que le sculpteur des corbeilles se
soit inspir des gros modillons situs au-dessus de la porte sud de l'glise de
Saint-Loup.

#Documents

* La bibliographie de Saint-Quentin

* Le plan de l'glise de Saint-Quentin

* Le schma de la porte sud

#Notes

[1] D'aprs: Cudeloup. Saint-Quentin-sur-le-Homme, in: Revue de l'Avranchin,
tome XXIV, 1931, p. 469-470.

[2] Voir: Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes,
1888, tome II, p. 696.

[3] D'aprs: Cudeloup. Saint-Quentin-sur-le-Homme, in: Revue de l'Avranchin,
tome XXIV, 1931, p. 469.

[4] D'aprs les archives municipales: le dossier de l'glise.

[5] D'aprs les archives paroissiales.

[6] D'aprs les archives paroissiales.

[7] Suite  la dcision du conseil municipal du 17 dcembre 1950, aprs un devis
de reconstruction de Monsieur Edeline, architecte.

[8] Suite  la dcision du conseil municipal du 11 mai 1953.

[9] Suite  la dcision du conseil municipal du 25 septembre 1955.

[10] D'aprs: Thibout (Marc). Les glises des XIIIe et XIVe sicles dans le
dpartement de la Manche. Thse de l'Ecole des Chartes, 1935, p. 288-289.


13. SARTILLY


[Le site / Emplacement / Histoire // L'glise romane dtruite au 19e sicle //
Le portail / Matriau / Description / Datation // Documents // Notes]

#Le site

= Emplacement

Sartilly est situ sur l'axe routier Avranches-Granville,  11 kilomtres
d'Avranches et 15 kilomtres de Granville (voir la carte). Le bourg tait
travers par le chemin montois qui reliait le Mont Saint-Michel  Saint-L.

= Histoire

Le saint patron de l'glise est Saint Pair. La paroisse appartenait au doyenn
de Gents et  l'archidiachon d'Avranches.

Au la fin du 11e sicle, l'glise et ses dpendances furent donnes  l'abbaye
du Mont Saint-Michel par Ranulphe Avenel, qui se fit peu aprs moine  l'abbaye
du Mont. Foulques Paynel, son neveu, seigneur suzerain de Sartilly, confirma
cette donation en 1158. [1]

L'glise de Sartilly avait pour seigneur patron l'abb du Mont Saint-Michel. Le
Livre blanc (Pouill de 1412) cit par le chanoine Pigeon mentionne: "Ecclesia
S. Paterni de Sartilleyo - Patronus abbas Montis S. Michaelis..." [2]

#L'glise romane dtruite au 19e sicle

Le portail sud de l'glise actuelle est le seul lment subsistant de l'glise
romane dtruite en 1858 en raison de son mauvais tat et de son "insuffisance
pour les besoins spirituels de la paroisse" [3]. L'difice roman fut remplac en
1858 par une glise beaucoup plus grande (longueur de 40 mtres, largeur de
16,50 mtres, hauteur de vote de 15,70 mtres). Le clocher et sa flche de
pierre, commencs en 1898, furent achevs en 1900.

L'glise romane est dcrite en dtail dans le Registre des dlibrations du
conseil municipal de Sartilly: "L'glise qu'il s'agit de remplacer est un vieil
difice... compos:

1- D'une nef obscure de 19 mtres 60 centimtres de longueur sur 7 mtres de
largeur dont les murs bas pntrs d'humidit et lzards en plusieurs endroits
perdent trs sensiblement leur aplomb, particulirement vers le bas de l'glise.

2- D'une tour qui spare la nef du choeur. Cette tour est supporte par quatre
forts piliers qui ne sont distants deux  deux dans les sens transversal et
longitudinal que de 3 mtres 60 centimtres de sorte que la vue de la nef au
choeur est extrmement borne.

3- D'un choeur de 9 mtres de longueur sur 6 mtres de largeur y compris
l'espace affect  une sacristie situe derrire le matre-autel.

4- D'une petite chapelle basse situe  droite du choeur formant un carr
rgulier de 4 mtres 60 centimtres de ct..." [4]

#Le portail

= Matriau

Le matriau utilis est le granit, qui est la pierre locale. Sartilly est situ
au coeur du massif granitique de Vire, allong d'est en ouest, et qui forme 
cet endroit une barre d'une largeur de cinq kilomtres environ.

= Description

L'arcade du portail (voir le schma) est forme de trois voussures: une voussure
au cintre surbaiss et deux voussures en plein-cintre surmontes d'une
archivolte.

La premire voussure est moulure d'un pais tore d'angle suivi d'un listel puis
d'un large cavet orn de gros besants lgrement renfls. Elle est surmonte de
quelques blocs de granit de taille rgulire.

La deuxime voussure est moulure d'un pais tore d'angle alors que la troisime
est moulure de deux tores encadrant un listel.

L'archivolte est un cordon saillant orn de dents-de-scie en fort relief
sculptes en creux d'une range de btons briss. Elle repose de part et d'autre
de l'arcade sur deux ttes sculptes aux traits fins et bien dessins.

Les trois voussures reposent sur six colonnettes engages par l'intermdiaire
d'une imposte moulure d'un cavet. La partie suprieure de l'imposte, carre,
est orne d'une petite moulure en creux. L'imposte se prolonge lgrement pour
surmonter les deux pilastres encadrant l'ensemble.

Les colonnettes (voir le schma) prsentent toutes le mme profil. La corbeille
sculpte des chapiteaux est surmonte d'un tailloir carr. Leur base carre est
surmonte de deux tores entourant une scotie.

Les corbeilles sont sculptes de motifs varis: feuilles de chne, feuilles
d'acanthe trs simplifies, volutes encadrant une feuille d'acanthe  l'angle,
volutes d'angle. Ces sculptures, tailles en fort relief dans le granit, sont le
fruit d'un travail soign. Elles sont beaucoup plus lgantes que les sculptures
des chapiteaux romans vus partout ailleurs dans la rgion.

= Datation

Ce portail date sans doute de la seconde moiti du 12e sicle. Il prsente une
archivolte semblable  celles du portail occidental d'Yquelon et de la porte sud
de Brville. Or les glises d'Yquelon et de Brville sont des difices romans de
la seconde moiti du 12e sicle. Les moulurations de la voussure au cintre
surbaiss - un tore d'angle suivi d'un listel puis d'un cavet peu profond -
dnotent l'influence exerce par l'glise de Saint-Loup, difice du dbut du 12e
sicle qui a t le dpart d'une petite cole rgionale.

Ce portail prsente une facture bien suprieure  celle des autres portails
romans de la rgion, dont il rassemble tous les lments. Les moulurations des
voussures et de l'archivolte et les sculptures des corbeilles des chapiteaux
sont le fruit d'un travail soign dans un matriau difficile  travailler du
fait de son extrme duret. Le portail de Sartilly est  juste titre considr
comme le plus beau portail roman de la rgion.

#Documents

* La bibliographie de Sartilly

* Le schma de l'arcade et d'une colonnette du portail

#Notes

[1] D'aprs: Hulmel (Louis). Sartilly, in: Revue de l'Avranchin, tome XXI,
1924-1926, p. 507-508.

[2] Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888,
tome II, p. 643.

[3] Registre des dlibrations du conseil municipal de Sartilly (1837-1864), p.
111.

[4] Registre des dlibrations du conseil municipal de Sartilly (1837-1864), p.
112.


14. SYNTHESE


[Les lments romans // Le plan des glises // Les appareils // L'architecture
extrieure / Les contreforts / Les baies / Les portails / Les tours //
L'architecture intrieure / Les plafonds et les votes / Les arcs // La
sculpture / Les chapiteaux / Les modillons // Le dcor peint]

#Les lments romans

Sont romans:

* Saint-Martin-le-Vieux, le choeur et la nef (11e sicle);

* Brville, le choeur, la base de la tour et une partie de la nef (seconde
moiti du 12e sicle);

* Yquelon, le choeur et la nef (seconde moiti du 12e sicle);

* Saint-Pair-sur-Mer, une partie du choeur et la tour (premire moiti du 12e
sicle);

* Angey, le choeur et la base de la tour (seconde moiti du 12e sicle);

* Saint-Jean-le-Thomas, la nef (11e et dbut du 12e sicle), avec un choeur
pr-roman datant du 10e sicle;

* Dragey, la nef (11e ou premires annes du 12e sicle);

* Gents, la croise du transept et une partie des croisillons, ainsi que la
tour aux deux tiers de sa hauteur (milieu du 12e sicle);

* Saint-Lonard-de-Vains, l'ensemble (dbut du 12e sicle), trs remani aprs
1793;

* Saint-Loup, l'ensemble (premire moiti du 12e sicle);

* Saint-Quentin, la base de la tour et la nef (premire moiti du 12e sicle).

Et enfin le beau portail de Sartilly (seconde moiti du 12e sicle).

#Le plan des glises

Les glises romanes sont formes pour la plupart d'un vaisseau rectangulaire
comprenant la nef et le choeur. Seul Gents possde un large transept  bras
saillants.

Le choeur se termine par un chevet plat,  l'exception de celui de Saint-Loup
prolong par une abside semi-circulaire.

La tour est souvent situe dans l'axe du vaisseau, entre choeur et nef
(Saint-Pair, Brville, Angey, Saint-Lonard, Saint-Quentin). A Saint-Loup, elle
s'lve au-dessus de la premire trave du choeur. Elle est galement accole au
vaisseau: accole  la premire trave du choeur ct nord  Yquelon, accole 
la partie orientale de la nef ct sud  Saint-Jean-le-Thomas. La tour s'lve
au-dessus de la croise du transept  Gents.

#Les appareils

Les maonneries de la nef et du choeur prsentent un appareil irrgulier fait de
mollons de schiste si le sol est schisteux, ou de mollons de granit si
l'glise est construite sur un massif granitique. Seuls les murs du choeur de
Saint-Loup prsentent un appareil rgulier de granit.

Certains appareils irrguliers comprennent des lments d'opus spicatum: le mur
latral sud de la nef de Saint-Martin-le-Vieux, les murs latraux de la nef de
Dragey, la base de la tour de Saint-Lonard-de-Vains. Cet appareil en artes de
poisson est un indice d'anciennet. Ces difices datent tous du 11e ou du tout
dbut du 12e sicle.

Les tours romanes sont formes d'un appareil rgulier de granit  Saint-Pair,
Gents et Saint-Loup. A Saint-Lonard, l'appareil rgulier de la base (dans sa
partie suprieure) et du deuxime tage alterne avec un appareil irrgulier au
premier tage.

Les tympans du portail mur de Saint-Jean-le-Thomas et du portail occidental de
Saint-Loup sont forms de pierres de granit losanges disposes en appareil
rticul. On retrouve ce mme genre d'appareil rticul au premier tage de la
tour de Saint-Loup,  l'coinon des arcatures jumelles.

#L'architecture extrieure

= Les contreforts

Les faades occidentales sont le plus souvent paules de deux contreforts plats
 leurs extrmits. Seule, la faade de Saint-Jean-le-Thomas est consolide par
un contrefort plat central.

Les murs latraux de la nef et du choeur sont pauls de contreforts plats. Ils
montent de fond jusqu'au dpart de la toiture, comme  Saint-Loup et
Saint-Quentin. Ou alors, comme  Brville et Yquelon, ils prennent appui sur un
soubassement de pierre et supportent une corniche soutenue par des modillons.

= Les baies

Seule la faade occidentale d'Yquelon est perce d'un petit oculus orn sur son
pourtour de billettes. Les autres ouvertures romanes sont des baies en
plein-cintre longues et troites.

Les pidroits et les arcs de ces baies sont en granit. Le cintre est souvent
creus dans un linteau monolithe de granit (Yquelon, Brville, Saint-Loup,
etc.). Il est quelquefois form d'une range de claveaux de granit
(Saint-Jean-le-Thomas, Saint-Lonard-de-Vains). Le pourtour des baies est sans
ornement, sauf les baies du chevet de Saint-Lonard ornes d'une moulure
torique.

= Les portails

Les faades occidentales sont perces d'un portail central, sauf 
Saint-Martin-le-Vieux et Saint-Jean-le-Thomas. Les glises disposent souvent
d'un portail sud. Celui-ci est ouvert dans la nef  Dragey et
Saint-Jean-le-Thomas, ouvert dans la base de la tour  Brville et
Saint-Quentin, et ouvert dans le choeur  Yquelon et Saint-Loup.

Les portes des glises les plus anciennes (11e ou tout dbut du 12e sicle) sont
surmontes d'un arc surbaiss reposant sur des pidroits sans ornement, comme
les portes de Saint-Martin-le-Vieux, Dragey ou Saint-Lonard. Les portes de
cette poque prsentent aussi une arcade en plein-cintre. A Gents, l'arcade de
la porte situe dans le bras sud du transept est forme de deux paisses
voussures non moulures. Elle daterait du 11e sicle. L'arcade de la porte sud
de Saint-Jean-le-Thomas est forme d'une voussure orne d'une simple moulure
torique. Elle daterait du dbut du 12e sicle.

Pour les glises de la premire ou seconde moiti du 12e sicle, les arcades en
plein-cintre des portes sont formes d'une ou deux voussures moulures
surmontes d'une archivolte.

A Saint-Loup et Saint-Quentin, difices de la premire moiti du 12e sicle, les
voussures sont moulures d'un tore d'angle suivi d'un listel puis d'un cavet peu
profond, et l'archivolte est un cordon chanfrein.

A Brville et Yquelon, glises de la seconde moiti du 12e sicle, les voussures
sont moulures d'un tore d'angle surmont d'un chanfrein sculpt de
dents-de-scie peu visibles. L'archivolte est forme d'un pais cordon orn de
dents-de-scie en fort relief sculptes en creux d'un rang de btons briss. Elle
repose sur des ttes sculptes de part et d'autre de l'arcade. On retrouve ce
mme genre d'archivolte  Sartilly.

Les voussures reposent sur d'paisses colonnettes engages. Le tailloir des
chapiteaux est carr, sauf  Saint-Loup et Saint-Quentin o il est moulur en
quart-de-rond. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptes en bas relief. Les
bases des colonnes sont carres. Elles sont ornes d'un ou deux tores. A
Saint-Loup et Saint-Quentin, le chanfrein surmont d'un tore est sculpt de
petites griffes triangulaires ou de bourrelets semi-circulaires entourant une
griffe centrale. A Saint-Lonard ou Sartilly, deux tores entourent une scotie.

Les linteaux sont forms d'pais blocs de granit rectangulaires (Saint-Loup,
Brville) ou en btire (Saint-Jean-le-Thomas). Les tympans du portail
occidental et de la porte sud de Saint-Quentin sont forms d'un gros bloc
monolithe de granit.

Le plus beau portail roman est celui de Sartilly. Les moulurations des voussures
et de l'archivolte et les sculptures des chapiteaux sont trs soignes. La
facture de ce portail est bien suprieure  celle des autres portails romans de
la rgion.

= Les tours

Seules les tours de Saint-Pair, Saint-Lonard-de-Vains et Saint-Loup sont
entirement romanes. Ces tours ont deux tages. Celle de Saint-Lonard,
construite au dbut du 12e sicle, est perce  l'tage suprieur de longues
arcatures jumelles en plein-cintre.

Celles de Saint-Pair et de Saint-Loup, difices de la premire moiti du 12e
sicle, prsentent des traits communs. Le premier tage est orn au nord et au
sud de deux arcatures aveugles jumelles. Le second tage est perc d'une baie
sur chaque face: une baie simple  Saint-Loup et une baie gmine  Saint-Pair.
La tour est surmonte d'une corniche soutenue par des modillons.

Pour les autres glises, la base seule est romane, et les tages suprieurs sont
plus rcents. A Saint-Quentin, par exemple, les deux tages de la tour ont t
construits au 13e sicle. A Gents, la partie infrieure de l'tage est romane.
La partie suprieure a t ajoute dans les premires annes du 17e sicle. Les
baies gmines romanes ont t prolonges par des baies trilobes gothiques.

#L'architecture intrieure

= Les plafonds et les votes

Les nefs sont toujours plafonnes. Elles sont surmontes d'une vote en berceau
de bois refaite au 19e ou au 20e sicle. Seules les nefs de Brville et
Saint-Jean-le-Thomas possdent une vote en berceau de pltre.

Certains choeurs sont plafonns. Une vote en berceau de bois surmonte le choeur
de Saint-Jean-le-Thomas. Un plafond lgrement incurv en pltre surmonte celui
d'Angey. Les choeurs de Brville et de Saint-Pair ont reu une vote en croise
d'ogives au 15e ou au 16e sicle.

Seul le choeur d'Yquelon est surmont d'une vote en croise d'ogives romane.
Les ogives, trs paisses, sont moulures de deux tores d'angle encadrant une
petite moulure triangulaire saillante. Ces ogives reposent sur des culots. Les
clefs de vote sont sculptes de motifs gomtriques en trs bas relief inscrits
dans un cercle.

Les bases des tours sont dlimites par d'pais piliers. Les arcs supports par
les piliers sont reus par des pilastres (Angey, Brville) ou des colonnes
engages jumeles (Saint-Pair, Gents, Saint-Lonard, Saint-Quentin).

Ces arcs dterminent sous la tour une vote d'artes. A Saint-Pair ou 
Saint-Quentin, les artes reposent sur les angles rentrants forms par les
dosserets des pilastres ou ceux des colonnes. A Gents et Saint-Lonard, les
artes sont reues par des colonnes engages de mme profil que celles qui
reoivent les arcs.

A Angey, la trave supportant la tour est surmonte d'une vote en croise
d'ogives. Les ogives, trs paisses, sont semblables  celles du choeur
d'Yquelon et reposent elles aussi sur de gros culots.

= Les arcs

Les arcs intrieurs sont fourrs. Ils reposent sur les pilastres ou les colonnes
par l'intermdiaire d'une imposte moulure en forme de bandeau chanfrein.
Seules les impostes de Saint-Loup et de Saint-Quentin sont moulures en
quart-de-rond.

Les arcs des glises de la premire moiti du 12e sicle sont en plein-cintre
(Saint-Loup, Angey et Saint-Quentin) ou trs lgrement briss (Saint-Pair).
Dans les glises de la seconde moiti du 12e sicle,  Brville ou  Yquelon,
les arcs sont lgrement briss. Seuls les arcs  triple rouleau de la croise
du transept de Gents ont un arc bris beaucoup plus prononc d  l'influence
du Mont Saint-Michel. C'est un abb du Mont, Robert de Torigni, qui fit
reconstruire l'glise au milieu du 12e sicle.

#La sculpture

= Les chapiteaux

Les corbeilles des chapiteaux sont ornes de sculptures en bas relief d'une
extrme simplicit, du fait de la duret du granit. Les Normands taient avant
tout un peuple d'architectes. La sculpture tait pour eux un art trs secondaire
qui se limitait la plupart du temps  une ornementation gomtrique.

Les corbeilles sont le plus souvent ornes de crochets d'angle trs simples.
Certaines sont ornes de boules situes sous le tailloir (Brville, Saint-Loup),
d'autres de motifs vgtaux: feuilles de chne et glands  Saint-Pair, feuilles
de chne, volutes et feuilles d'acanthe trs simplifies  Sartilly. D'autres
encore sont sculptes de ttes d'angle  Saint-Loup ou  Saint-Quentin.

Seules les lgantes volutes et feuilles ornant les corbeilles du portail de
Sartilly contrastent avec la simplicit et la maladresse de l'ensemble.

= Les modillons

Les modillons romans sont en majorit sculpts de ttes plus ou moins
grossires, comme les modillons de Brville, Saint-Lonard ou Saint-Quentin.
Quelques modillons sont sculpts de deux ttes accoles peu visibles  Brville
et Saint-Loup.

Seuls les modillons soutenant la corniche du choeur de Saint-Loup sont
originaux. La porte sud est surmonte de modillons trs curieux. L'un reprsente
un tre grotesque mettant la main droite  la bouche alors que son bras gauche
est repli sur sa poitrine. L'autre reprsente un homme accroupi, les mains sur
les genoux. Au nord, un trs gros modillon est sculpt d'une tte humaine avec
des moustaches. Les autres modillons reprsentent des ttes humaines ou des
ttes grotesques grimaantes assez expressives.

#Le dcor peint

Un beau dcor peint du 12e sicle a t retrouv en 1974 dans le mur latral sud
de la nef de Saint-Jean-le-Thomas. Une partie du dcor a t dgage en dcembre
1974. La partie dgage comprend trois tableaux: le combat d'un homme contre un
ange, une scne champtre et la lutte de Saint Michel contre le Dmon. Ces
tableaux sont surmonts de frises de rinceaux. Peints en ocre et chamois sur
fond clair, ils prsentent un intrt d'autant plus grand que les dcors peints
de l'poque romane sont pratiquement inexistants en Basse-Normandie.


15. BIBLIOGRAPHIE


[Bibliographie rgionale / Histoire de la Normandie / L'art en Normandie / L'art
roman en Normandie / Le Cotentin et l'Avranchin / Les Pouills / Les chemins
montois / Les cartes / Priodiques rgionaux et locaux // Bibliographie par site
/ Saint-Martin-le-Vieux / Brville / Yquelon / Saint-Pair-sur-Mer / Angey /
Saint-Jean-le-Thomas / Dragey / Gents / Saint-Lonard-de-Vains / Saint-Loup /
Saint-Quentin / Sartilly]

#Bibliographie rgionale

= Histoire de la Normandie

Board (Michel de). Guillaume le Conqurant. Paris, PUF, 1958, collection Que
sais-je?

Board (Michel de), sous la direction de. Histoire de la Normandie. Toulouse,
Privat, 1970.

Board (Michel de), sous la direction de. Documents de l'histoire de la
Normandie. Toulouse, Privat, 1972.

Guide gologique rgional: Normandie. Paris, Masson, 1977.

= L'art en Normandie

La Normandie monumentale et pittoresque. Le Havre, Lemale et Cie, 1899. Manche I
et II, in folio.

Huard (George). L'art en Normandie. Paris, Les Beaux-Arts, 1928.

Jalabert (Denise). L'art normand au Moyen-Age. Paris, La Renaissance du Livre,
1929.

Congrs archologique de France. Paris, Socit franaise d'archologie, 1966.
Manche, 124e session.

Dictionnaire des glises de France. Paris, R. Laffont, 1968, tome IV B:
Normandie.

= L'art roman en Normandie

Ruprich-Robert (Victor). L'architecture normande aux XIe et XIIe sicles. Paris,
Librairie des imprimeurs runis, 1885-1887, 3 volumes in folio.

Board (Michel de). L'art roman en France: Normandie - Bretagne. Paris,
Flammarion, 1961.

Musset (Lucien). La Normandie romane. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1975, tome
I.

= Le Cotentin et l'Avranchin

Desroches (Jean-Jacques). Annales religieuses de l'Avranchin, in: Mmoires de la
Socit des antiquaires de Normandie, 1844, p. 399-497.

Le Hricher (Edouard). Avranchin monumental et historique. Avranches, chez
Tostain, 1845-1865, 3 volumes. (Rimpression: Brionne, G. Montfort, 1980.)

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, 2
volumes. (Rimpression: Marseille, Laffite Reprints, 1981.)

Chesnel (P.). Le Cotentin et l'Avranchin sous les ducs de Normandie (911-1204).
Caen, H. Delesques, 1912.

= Les Pouills

= Pour le diocse de Coutances

Delisle (Lopold). Pouill du diocse de Coutances, in: Recueil des historiens
de la France, tome XXIII, 1876, p. 493-542. (Pouill de 1251-1279 avec
interpolations jusqu'en 1316 ou Livre noir du Chapitre)

Longnon (Auguste). Le diocse de Coutances, in: Pouills de la province de
Rouen, Paris, Imprimerie nationale, 1903, p. 269-363. (Pouill de 1332-1336 ou
Livre blanc du Chapitre)

= Pour le diocse d'Avranches

Longnon (Auguste). Le diocse d'Avranches, in: Pouills de la province de Rouen,
Paris, 1903, p. 163-178 (Pouill vers 1380) et p. 153-162 (Pouill de 1412).

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 638-678. (Pouill de 1412 ou Livre blanc de l'Evch d'Avranches)

= Les chemins montois

Pigeon (Emile-Auber). Le Mont Saint-Michel et sa baronnie Gents-Tombelaine.
Avranches, Imprimerie A. Perrin, 1901, p. 232 et 248. (Plan de la commune et
plan du bourg de Gents)

Tardif (Ernest-Joseph). Saint-Pair-sur-Mer au XIVe sicle: notes historiques et
topographiques, in: Annuaire des cinq dpartements de la Normandie, 1911, p.
139-179.

Bouhier (Claude). Les chemins montois dans les anciens diocses d'Avranches et
de Coutances, in: Millnaire monastique du Mont Saint-Michel, Paris,
Lethellieux, 1971, tome III, p. 251-270.

= Les cartes

Carte de Cassini (XVIIIe sicle) n 127: Granville et la baie du Mont
Saint-Michel.

Carte de Cassini (XVIIIe sicle) n 95: Avranches.

Cartes gologiques de Coutances et d'Avranches au 1/80.000e publies par le
Service de la carte gologique du ministre de l'Industrie.

Carte touristique n 16: Rennes - Granville au 1/100.000e publie par l'Institut
gographique national.

= Priodiques rgionaux et locaux

Annuaire des cinq dpartements de la Normandie

Annuaire du dpartement de la Manche

Bulletin de la Socit des antiquaires de Normandie

Mmoires de la Socit archologique d'Avranches

Mmoires de la Socit des antiquaires de Normandie

Le Pays de Granville (Le)

Revue de l'Avranchin

Revue du dpartement de la Manche

#Bibliographie par site

= Saint-Martin-le-Vieux

Renault. Le canton de Brhal, in: Annuaire du dpartement de la Manche, 1854, p.
29-31.

Bhier (Pierre). Brhal-Chanteloup. Coutances, OCEP, 1969, p. 31-32 et 237-242.

= Brville

Archives paroissiales: Registre n 1 de la paroisse Notre-Dame de Brville.

Renault. Le canton de Brhal, in: Annuaire du dpartement de la Manche, 1854, p.
31-34.

Le Lgard (Marcel). Brville-sur-Mer (Manche), in: Dictionnaire des glises de
France. Paris, R. Laffont, 1968, tome IV B: Normandie, p. 25.

= Yquelon

Archives municipales: Registre des dlibrations du conseil municipal
(1880-1904).

Archives municipales: Registre des dlibrations du conseil municipal
(1962-1978).

Lomas (M. de). Les dcouvertes d'Yquelon, in: Bulletin de la Socit des
antiquaires de Normandie, tome XIV (1886-1887), p. 43-47.

Rabel (J.). L'glise d'Yquelon, in: Revue de l'Avranchin, tome VIII, 1897, p.
237-248.

X. Documents relatifs  l'glise et  la seigneurie d'Yquelon, in: Le Pays de
Granville, 1906, p. 139.

Biguet (E.). Quelques notes sur Yquelon, in: Le Pays de Granville, 1932, p.
152-153.

= Saint-Pair-sur-Mer

Archives paroissiales (: nombreux documents du 19e sicle concernant la
reconstruction d'une partie de l'glise).

Hantraye. Notice archologique sur l'glise de Saint-Pair, in: Mmoires de la
Socit archologique d'Avranches, tome I, 1842, p. 241-255.

Tardif (Adolphe et Joseph). Saint-Pair-sur-la-Mer et les saints vnrs dans
l'glise de cette paroisse. Rennes, A. Le Roy, 1888.

Pigeon (Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et d'Avranches,
Avranches, 1898, tome I.

Tardif (Ernest-Joseph). L'glise de Saint-Pair, in: Annuaire des cinq
dpartements de la Normandie, 1911, p. 237-259.

Beaurepaire (Georges de). L'glise de Saint-Pair, in: La Normandie monumentale
et pittoresque. Lemale et Cie, 1899, Manche II, p. 272-276.

Biguet (E.). Saint-Pair-sur-Mer: sa baronnie - son glise - ses saints, in: Le
Pays de Granville, 1934, p. 192-220 (avec un clich de l'ancienne glise
reproduit p. 199).

Hulmel (L.). Notes d'histoire sur Saint-Pair-sur-Mer et Kairon, in: Revue de
l'Avranchin, tome XXXII, 1942-1943, p. 583-588.

Bouhier (Claude). Inventaire des dcouvertes archologiques du dpartement de la
Manche. Thse de doctorat de l'Universit de Caen, 1962, p. 415.
Angey

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 351.

= Saint-Jean-le-Thomas

Archives paroissiales: Registre paroissial de l'glise de Saint-Jean-le-Thomas
(1881-1978).

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 372-378.

Barbot (L.). Saint-Jean-le-Thomas: son pass, son prsent, son avenir.
Avranches, 1912.

Biguet (E.). Excursion  Saint-Jean-le-Thomas, Gents, Vains, Saint-Lonard, in:
Le Pays de Granville, 1932, p. 200-210.

Seguin (Jean). Gents, Saint-Jean-le-Thomas et leurs environs. 1932.

Guilbert (Michel). L'glise de Saint-Jean-le-Thomas, in: Revue du dpartement de
la Manche, tome XII, avril 1970, p. 81-93.

Percepied (Albert). Saint-Jean-le-Thomas. Coutances, Imprimerie Arnaud-Belle,
1976.

= Dragey

Archives paroissiales: Registre paroissial de l'glise Saint-Mdard de Dragey.

Archives municipales: Registre des dlibrations du conseil municipal de Dragey
(1955-1972).

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 357-358.

Thibout (Marc). Les glises des XIIIe et XIVe sicles dans le dpartement de la
Manche. Thse de l'Ecole des Chartes, 1935, p. 225-226.

= Gents

Archives paroissiales: Registre paroissial de Gents.

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 358-360.

Pigeon (Emile-Auber). Gents ou une ville dchue, in: La Normandie monumentale
et pittoresque. Le Havre, Lemale et Cie, 1899, p. 246-254.

Pigeon (Emile-Auber). Le Mont Saint-Michel et sa baronnie Gents-Tombelaine.
Avranches, Imprimerie A. Perrin, 1901.

Seguin (Jean). Gents, Saint-Jean-le-Thomas et leurs environs. Avranches, 1932.

Thibout (Marc). Les glises des XIIIe et XIVe sicles dans le dpartement de la
Manche. Thse de l'Ecole des Chartes, 1935, p. 233-234.

Martin-Demezil (Jean). Eglise de Gents, in: Congrs archologique de France.
Paris, Socit franaise d'archologie, 1966. Manche, 124e session, p. 378-385.

Erlande (Alain). Gents (Manche): Eglise Notre-Dame et Saint-Sbastien, in:
Dictionnaire des glises de France. Paris, R. Laffont, 1968, tome IV B, p.
78-79.

= Saint-Lonard-de-Vains

Pigeon (Emile-Auber). Saint Lodovald ou Saint Lonard, in: Mmoires de la
Socit acadmique du Cotentin, Avranches, 1895, p. 99-100.

Pigeon (Emile-Auber). Le prieur de Saint-Lonard-de-Vains, in: La Normandie
monumentale et pittoresque. Le Havre, Lemale et Cie, 1899, Manche II, p.
101-104.

Lemaitre (Victor). Paroisse Saint-Pierre-de-Vains et Saint-Lonard au diocse de
Coutances et d'Avranches. Coutances, 1919.

Musset (Lucien). Vains, in: Normandie romane. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,
1975, tome I, p. 43.

Bindet (Jean). Le prieur de Saint-Lonard-de-Vains, in: Revue de l'Avranchin et
du Pays de Granville, dcembre 1976, tome LIII, p. 281-291.

= Saint-Loup

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 392-393.

Rgnier (Louis). Une glise romane de l'Avranchin: Saint-Loup, in: Annuaire des
cinq dpartements de la Normandie, 1891, p. 258-272.

Beaurepaire (Charles de). L'glise de Saint-Loup, in: La Normandie monumentale
et pittoresque. Lemale et Cie, 1899, Manche I, p. 95-98.

Fourne (Jean). L'glise de Saint-Loup, in: Congrs archologique de France.
Paris, Socit archologique de France, 1966. Manche, 124e session, p. 386-397.

Musset (Lucien). Saint-Loup-sous-Avranches, in: La Normandie romane. La
Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1966, tome I, p. 41.

Erlande (Alain). Saint-Loup, in: Dictionnaire des glises de France. Paris, R.
Laffont, 1968, tome IV B, p. 165-166.

Masselin (M.) et Hulmel (L.). Monographie de la paroisse de Saint-Loup, in:
Revue de l'Avranchin, tome LIV, 1977, p. 111-134.

= Saint-Quentin

Archives municipales: Dossier de l'glise (rassemble des documents du 20e sicle
concernant les restaurations).

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 394-395.

Pigeon (Emile-Auber). L'glise de Saint-Quentin, in: La Normandie monumentale et
pittoresque. Lemale et Cie, 1899, Manche II, p. 215-216.

Cudeloup. Saint-Quentin-sur-le-Homme, in: Revue de l'Avranchin, tome XXIV, 1931,
p. 469-480.

Thibout (Marc). Les glises des XIIIe et XIVe sicles dans le dpartement de la
Manche. Thse de l'Ecole des Chartes, 1935, p. 288-289.

Le Lgard (Marcel). Saint-Quentin-sur-le-Homme (Manche), in: Dictionnaire des
glises de France. Paris, R. Laffont, 1968, tome IV B, p. 173-174.

= Sartilly

Archives municipales: Registre des dlibrations du conseil municipal de
Sartilly (1837-1864), p. 111-112.

Pigeon (Emile-Auber). Le diocse d'Avranches. Coutances, Salettes, 1888, tome
II, p. 371-372.

Hulmel (Louis). Sartilly, in: Revue de l'Avranchin, tome XXI, 1924-1926, p.
507-518 (avec deux clichs de l'glise romane dtruite, p. 514 et 518).


16. ICONOGRAPHIE


[Cartes de la rgion // Plans des glises // Schmas des portes et colonnes //
Photos // Notes]

#Cartes de la rgion

* Carte indiquant l'emplacement des glises (carte numrise)

* Carte gologique (carte numrise) [1]

* Les chemins montois des anciens diocses de Coutances et d'Avranches (carte
numrise) [2]

* Le doyenn de Saint-Pair (carte numrise)

* Le doyenn de Gents (carte numrise)

#Plans des glises

[Les plans ont t raliss  partir de mesures releves sur place, soit
intgralement (Saint-Martin-le-Vieux, Brville, Yquelon, Angey, Dragey, Gents,
Saint-Lonard-de-Vains, Saint-Loup et Saint-Quentin), soit en complment de
croquis existants (Saint-Pair et Saint-Lonard-de-Vains).]

* Plan de l'glise de Saint-Martin-le-Vieux (plan numris)

* Plan de l'glise de Brville (plan numris)

* Plan de l'glise d'Yquelon (plan numris)

* Plan de l'glise de Saint-Pair (1888) montrant les fondations de l'oratoire du
6e sicle (plan numris) [3]

* Plan de l'glise de Saint-Pair avant 1880 (plan numris) [4]

* Plan actuel de l'glise de Saint-Pair (plan numris) [5]

* Plan de l'glise d'Angey (plan numris)

* Plan de l'glise de Saint-Jean-le-Thomas (plan numris) [6]

* Plan de l'glise de Dragey (plan numris)

* Plan de l'glise de Gents (plan numris)

* Plan du prieur de Saint-Lonard-de-Vains (plan numris)

* Plan de l'glise de Saint-Loup (plan numris)

* Plan de l'glise de Saint-Quentin (plan numris)

#Schmas des portes et colonnes

[Les schmas ont tous t raliss  partir de mesures releves sur place.]

* Brville: la porte sud (schma numris)

* Yquelon: le portail occidental (schma numris)

* Yquelon: la porte sud (schma numris)

* Saint-Pair: le pilier sud-ouest de la tour (schma numris)

* Saint-Jean-le-Thomas: le portail sud (schma numris)

* Gents: la porte et la colonne du bras sud du transept (schma numris)

* Gents: le pilier sud-est de la tour (schma numris)

* Saint-Loup: le portail occidental (schma numris)

* Saint-Loup: la porte sud (schma numris)

* Saint-Quentin: la porte sud (schma numris)

* Sartilly: l'arcade et une colonnette du portail roman (schma numris)

#Photos

* Photos noir et blanc (24 photos)

Photos en couleur (117 photos): Saint-Martin-le-Vieux (4 photos) / Brville (17
photos) / Yquelon (11 photos) / Saint-Pair-sur-Mer (9 photos) /
Saint-Jean-le-Thomas (19 photos) / Dragey (9 photos) / Gents (13 photos) /
Saint-Lonard-de-Vains (9 photos) / Saint-Loup (12 photos) / Saint-Quentin (6
photos) / Sartilly (8 photos)

#Notes

[1] Carte ralise d'aprs les cartes gologiques de Coutances et d'Avranches
publies par le Service de la carte gologique du ministre de l'Industrie.

[2] Carte ralise d'aprs les informations donnes par Claude Bouhier dans: Les
chemins montois dans les anciens diocses de Coutances et d'Avranches, in:
Millnaire monastique du Mont Saint-Michel. Paris, Lethellieux, 1971, tome III,
p. 251-270.

[3] Plan du choeur de l'glise de Saint-Pair (1888) montrant les fondations de
l'oratoire du 6e sicle et l'emplacement des sarcophages, dans: Pigeon
(Emile-Auber). Vie des saints du diocse de Coutances et d'Avranches. Avranches,
1888, tome I, p. 36.

[4] Plan ralis  partir de croquis trouvs dans les archives paroissiales et
complt par des mesures prises sur place. Aucun document n'a t retrouv
concernant l'emplacement exact des ouvertures de la nef et des chapelles du
choeur.

[5] Plan ralis  partir de croquis trouvs dans les archives paroissiales et
complt par des mesures prises sur place. Le systme de votement des parties
postrieures  1880 n'a pas t reprsent.

[6] Sur la base d'un croquis complt par des mesures prises sur place.
Communiqu par la Conservation rgionale des monuments historiques de Caen, ce
croquis a t dessin le 3 juin 1965 par Yves-Marie Froidevaux, architecte en
chef des monuments historiques.


17. PHOTOS EN NOIR ET BLANC


1. Saint-Martin-le-Vieux. L'glise vue ct nord.

2. Saint-Martin-le-Vieux. Le mur et la porte sud.

3. Brville. L'glise vue ct sud.

4. Brville. Modillons sculpts de ttes humaines.

5. Yquelon. L'glise vue ct nord.

6. Yquelon. La vote en croise d'ogives du choeur.

7. Saint-Pair. L'glise vue du nord-est.

8. Saint-Pair. La tour romane ct nord.

9. Saint-Pair. Chapiteau sculpt de la base de la tour.

10. Sartilly. Le portail sud.

11. Sartilly. Colonnettes du portail.

12. Angey. L'glise vue ct sud.

13. Saint-Jean-le-Thomas. L'glise vue ct sud.

14. Saint-Jean-le-Thomas. Le mur nord du coeur.

15. Dragey. L'glise vue du sud-ouest.

16. Dragey. Le mur latral sud de la nef.

17. Gents. L'glise vue du sud-ouest.

18. Gents. La croise du transept.

19. Saint-Lonard-de-Vains. L'glise vue ct sud.

20. Saint-Loup. L'glise vue de l'ouest.

21. Saint-Loup. La porte sud.

22. Saint-Loup. Baie du deuxime tage de la tour.

23. Saint-Quentin. L'glise vue du sud-ouest.

24. Saint-Quentin. Vue intrieure.


18. PHOTOS EN COULEUR


= Carte

[001] Carte de la rgion du Mont Saint-Michel.

= Saint-Martin-le-Vieux

[002] Saint-Martin-le-Vieux. Les ruines de l'glise romane, avec le mur sud de
la nef (11e sicle) et le double campanile ajout au 16e sicle. L'ensemble est
envahi par la vgtation. Les maonneries prsentent un appareil irrgulier fait
de mollons de schiste et de granit. Les arcs et pidroits des ouvertures sont
en granit. Le schiste est la pierre locale. Le granit provient du massif
granitique de Vire affleurant  quelques kilomtres au sud.

[003] Saint-Martin-le-Vieux. Les ruines de l'glise romane. Entre le choeur
(remani) et la nef romane, le double campanile ajout au 16e sicle et difi
en granit rose de Chausey. Pendant la Rvolution, l'glise servit d'arsenal et
tout son mobilier fut vendu. Elle fut rendue au culte en 1801. Vtuste, elle ne
fut plus utilise  partir de 1805. La paroisse fut rattache  celle de Brhal,
situ  deux kilomtres.

[004] Saint-Martin-le-Vieux. Le mur sud de la nef romane. La grande baie  l'arc
surbaiss date sans doute du 16e sicle, tout comme le double campanile. A
droite de la grande baie, on distingue une petite baie romane bouche, au cintre
creus dans un linteau monolithe de granit.

[005] Saint-Martin-le-Vieux. Le mur sud de la nef romane et sa porte, avec son
cintre surbaiss et ses pidroits aux contours chanfreins. La petite baie
prsente sur la gauche est elle aussi romane. Son cintre est creus dans un
linteau monolithe de granit. La petite baie trilobe situe au-dessus de la
porte date sans doute du 16e sicle.

= Brville

[006] Brville. L'glise romane, vue de loin, et ses alentours. Le village de
Brville est situ sur la cte  six kilomtres au nord de Granville.

[007] Brville. L'glise romane perdue dans les arbres. L'glise est place sous
le vocable de Notre-Dame. Le second saint est Saint Hlier.

[008] Brville. L'glise romane est forme d'une nef de deux traves suivie d'un
choeur de deux traves  chevet plat. La tour carre s'lve entre choeur et
nef. Les parties romanes datent de la deuxime moiti du 12e sicle. Ce sont la
majeure partie de la nef, la base de la tour et les murs latraux du choeur.

[009] Brville. L'glise romane. La construction  cinq pans situe dans le
prolongement du choeur fut ajoute au 19e sicle pour abriter la sacristie.

[010] Brville. La tour, situe entre choeur et nef. Sa base est romane. L'tage
et la flche datent de la fin du 15e ou du dbut du 16e sicle. Les maonneries
prsentent un appareil irrgulier fait de mollons de schiste. Le granit est
utilis pour les contreforts, le pourtour des ouvertures, les pilastres, les
colonnes et les arcs. Le schiste et le granit sont tous deux des matriaux
locaux.

[011] Brville. L'tage et la flche de la tour. L'tage est perc sur chaque
face d'une ouverture longue et troite. Au-dessus s'lve une flche octogonale
de pierre aux angles adoucis par des tores, avec un petit gble  fines
colonnettes situ dans le prolongement de chaque ouverture.

[012] Brville. La base de la tour (ct sud) et sa porte romane. L'arcade en
plein-cintre de cette porte est forme d'une voussure moulure d'un tore suivi
d'un chanfrein sculpt de dents-de-scie peu visibles. Le claveau central de la
voussure est orn d'une grande tte sculpte en fort relief. L'archivolte est
forme d'un pais bandeau orn de dents-de-scie en fort relief sculptes en
creux d'un rang de btons briss. L'archivolte repose  droite sur une pierre
sculpte d'une tte humaine. A gauche, elle disparat dans les maonneries de la
nef. Les corbeilles des chapiteaux des colonnettes engages sont sculptes de
deux crochets d'angle trs abms encadrs de boules.

[013] Brville. La base de la tour (ct sud) et sa porte romane. Une pierre en
forme de tte humaine est visible au-dessus de cette porte. Sculpte dans le
calcaire, pierre friable, cette tte a mal rsist  l'usure du temps,
contrairement aux ttes sculptes dans le granit.

[014] Brville. La base de la tour (ct sud) et sa porte romane. L'archivolte
surmontant l'arcade en plein-cintre repose  droite sur une pierre de granit
sculpte d'une tte humaine.

[015] Brville. Sous la corniche, un modillon roman sculpt d'une tte humaine.
La plupart des modillons, plus rcents, sont taills en biseau.

[016] Brville. Un autre modillon roman sculpt d'une tte humaine est visible
au-dessus de la baie perce dans la seconde trave de la nef. Cette baie au
cintre surbaiss a remplac une petite baie romane en 1832.

[017] Brville. Le choeur roman (intrieur). Sa vote en croise d'ogives date
de la fin du 15e ou du dbut du 16e sicle. Le carrelage de la deuxime trave
du choeur date de 1863. Le sol de la premire trave est recouvert de dalles de
schiste (dalles de Beauchamps) poses en 1969.

[018] Brville. La nef romane (intrieur). Son plafond en bois fut remplac par
un plafond en pltre en 1852. La porte et la grande baie visibles dans le mur du
fond (qui correspond au mur de faade) sont sans grand caractre, la faade
occidentale ayant t remanie en 1783. La porte cheville en chne date de
1970. Les murs sont recouverts d'un enduit  la chaux refait en 1969. Le sol fut
recouvert de dalles de schiste (dalles de Beauchamps)  la mme date.

[019] Brville. La base de la tour, entre choeur et nef (intrieur). Au premier
plan, un arc intrieur aux artes chanfreines repose sur des demi-colonnes
engages. Cet arc, qui spare le choeur de la base de la tour, fut remani lors
de la rfection du choeur au 15e ou 16e sicle. A l'arrire-plan, l'arc sparant
la nef de la base de la tour appartient  l'difice roman original. Il s'agit
d'un arc fourr et lgrement bris aux claveaux irrguliers. Cet arc repose sur
deux pais pilastres pris dans l'paisseur du mur. L'imposte des pilastres est
moulure en forme de bandeau chanfrein.

[020] Brville. Vue partielle du grand autel situ dans le chevet du choeur,
avec une statue de Notre Dame (l'glise est place sous son vocable) et une
statue de Saint Hlier, qui est le second saint.

[021] Brville. Dtail du grand autel situ dans le chevet du choeur. La statue
de Notre Dame. L'glise est place sous son vocable.

[022] Brville. Dtail du grand autel situ dans le chevet du choeur. La statue
de Saint Hlier, qui est le second saint de l'glise.

= Yquelon

[023] Yquelon. L'glise romane date de la seconde moiti du 12e sicle. Le
village d'Yquelon est situ  deux kilomtres de Granville. D'origine
scandinave, le terme d'Yquelon signifie "branche de chne".

[024] Yquelon. L'glise romane est forme d'une nef de deux traves suivie d'un
choeur de deux traves  chevet plat. La tour, carre et massive, est accole 
la premire trave du choeur ct nord. Ses trois tages sont en lger retrait
les uns par rapport aux autres et termins par un toit en btire. Les
ouvertures rectangulaires perces dans les tages indiquent que la tour a t
reconstruite, du moins en partie, depuis le 12e sicle.

[025] Yquelon. La faade occidentale romane. Son appareil irrgulier est fait de
mollons de schiste et de granit, matriaux locaux. A chaque extrmit, un
contrefort plat prend appui sur un muret de pierre. Si la faade est romane, les
trois baies en plein-cintre situes au-dessus du portail datent de 1896. Elles
ont remplac une grande baie rectangulaire qui avait elle-mme remplac les deux
petites baies romanes d'origine.

[026] Yquelon. La faade occidentale romane. Son mur pignon est surmont d'une
croix antfixe aux branches bifides.

[027] Yquelon. La faade occidentale romane. L'oculus du mur pignon est
d'origine. Le pourtour de l'oculus est orn de billettes avec, dans sa partie
infrieure, une pierre sculpte de deux ttes humaines en fort relief.

[028] Yquelon. La faade occidentale romane. L'arcade en plein-cintre du portail
roman est forme d'une voussure faite de blocs de granit et reposant sur des
pidroits en granit. Le claveau central de la voussure est sculpt d'une tte
humaine en fort relief. L'archivolte est forme d'un cordon saillant orn de
dents-de-scie en fort relief sculptes en creux d'un rang de btons briss. Le
tympan de granit fut restaur en 1897 et sculpt d'une croix d'inspiration
romane.

[029] Yquelon. La faade occidentale romane. Dtail de l'arcade en plein-cintre
du portail. L'archivolte repose  chaque extrmit sur une pierre de granit
sculpte d'une tte humaine.

[030] Yquelon. Le choeur roman (intrieur). La nef ouvre sur le choeur par un
arc triomphal trs pais, fourr et lgrement bris, qui repose sur deux
pilastres pris dans l'paisseur du mur. Les deux traves du choeur sont spares
par un arc doubleau, lui aussi pais et lgrement bris.

[031] Yquelon. Le choeur roman (intrieur). Chaque trave est surmonte d'une
vote en croise d'ogives. Les deux clefs de vote sont sculptes de motifs
gomtriques en faible relief compris dans un cercle: motifs triangulaires pour
l'une et motifs semi-circulaires pour l'autre.

[032] Yquelon. Le choeur roman (intrieur). Les ogives, trs larges, sont ornes
de deux pais tores d'angle entourant une petite moulure triangulaire saillante.

[033] Yquelon. Le choeur roman (intrieur). Doubleaux et ogives reposent sur des
culots en forme de pyramide renverse. Le culot du centre supporte  la fois la
retombe d'un doubleau et celle de deux ogives. Il est surmont d'un tailloir
carr lgrement chanfrein.

= Saint-Pair-sur-Mer

[034] Saint-Pair-sur-Mer. L'ancienne glise romane, d'aprs un dessin d'E.
Biguet (Le Pays de Granville, 1934, p. 199). En 1880 et 1881, au dbut de
l'essor des stations balnaires, la nef romane fut dtruite pour tre remplace
par une nef plus grande double d'un transept. L'glise agrandie fut consacre
le 26 aot 1888.

[035] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane date de la premire moiti du 12e
sicle. De forme carre, elle comprend deux tages en lger retrait surmonts
d'une flche octogone. Au premier tage, un groupe de deux arcatures aveugles
est prsent au nord et au sud. Au deuxime tage, de grandes baies gmines sont
prsentes sur les quatre faces. Spares par une colonnette trapue  tailloir et
base carrs, ces baies gmines sont surmontes d'une arcade en plein-cintre
orne d'une simple moulure torique et reposant sur des colonnettes engages.

[036] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intrieur). La tour repose sur quatre
piliers massifs supportant quatre arcs fourrs et lgrement briss. Ces piliers
dterminent la vote d'artes situe sous la tour. Les piliers observent entre
eux une symtrie parfaite.

[037] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intrieur). Dtail du pilier nord.
S'appuyant sur un dosseret, un pilastre cantonn de deux colonnes engages est
surmont d'une imposte moulure en forme de bandeau chanfrein. L'imposte forme
aussi le tailloir des chapiteaux. La corbeille des chapiteaux est sculpte de
crochets d'angle taills dans le granit.

[038] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intrieur). Le chapiteau du pilier
nord-ouest. La sculpture fruste en bas relief de sa corbeille est taille dans
le granit. A l'angle, on voit un buste d'homme, avec une grosse tte. Son bras
droit est lev alors que son bras gauche est repli sur sa poitrine. Une branche
de chne est visible sur la droite.

[039] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intrieur). Un autre chapiteau de
granit est sculpt d'un crochet d'angle en faible relief. Les corbeilles des
chapiteaux des piliers nord-ouest, nord-est et sud-est sont toutes ornes de
crochets d'angle de ce type.

[040] Saint-Pair-sur-Mer. Le sarcophage de Saint Pair. Un autel en pierre datant
du 19e sicle recouvre le sarcophage de Saint Pair. Saint Pair (482-565) fonda
avec Saint Scubilion un oratoire dont les fondations sont prsentes sous le
choeur de l'glise actuelle. Il donna aussi son nom au village connu auparavant
sous le vocable romain de Scessiacus (Scissy). Les sarcophages en calcaire
coquiller de Saint Pair et de Saint Scubilion furent retrouvs en 1875, 
l'occasion de fouilles faites par l'abb F. Baudry.

[041] Saint-Pair-sur-Mer. La chsse de Saint Gaud, sise sur l'autel recouvrant
son sarcophage. L'glise est galement un lieu de plerinage vou au culte de
Saint Gaud, qui dispose de sa propre chapelle, construite au 19e sicle dans le
mur nord du choeur. Saint Gaud (400-491) aurait t le deuxime vque d'Evreux.
Aprs quarante ans d'piscopat, il se serait dmis de ses fonctions pour venir
se retirer dans la solitude du bourg de Scissy. Le sarcophage de Saint Gaud fut
retrouv en 1131 (soit bien avant celui de Saint Pair) en creusant les
fondations de la tour romane.

[042] Saint-Pair-sur-Mer. Le choeur (intrieur). Dans la seconde trave du
choeur actuel, on observe une double ligne de dallages noirs encadrant une
range de dallages clairs, le tout recouvrant de faon trs prcise les
fondations de l'ancien oratoire. Ces fondations forment une abside
semi-circulaire prolonge par des murs latraux qui se perdent ensuite dans la
construction romane. Au premier plan, une pierre tombale blanche indique
l'endroit o tait enterr le sarcophage de Saint Pair.

= Saint-Jean-le-Thomas

[043] Saint-Jean-le-Thomas. L'glise est forme d'une longue nef romane (11e et
dbut du 12e sicle) et d'un choeur pr-roman (10e sicle)  chevet plat. Le
portail roman perc dans le mur latral sud de la nef est prcd d'un large
porche datant du 15e sicle. La tour, carre et massive, est elle aussi accole
au mur sud de la nef. Construite en 1895 et 1896 pour remplacer un clocher
vtuste, cette tour comprend deux tages surmonts d'une balustrade ajoure.
Elle fut difie en granit des carrires de Saint-James.

[044] Saint-Jean-le-Thomas. La faade occidentale et la tour. Le mur de faade
est surmont d'un lger glacis recouvert de plaquettes de schiste, en arrire
duquel s'lve le mur pignon. Cette faade ne comprend pas de porte. Sa partie
mdiane est occupe par un contrefort plat se terminant par un glacis  la base
du pignon. Les deux petites baies romanes situes de part et d'autre du
contrefort furent rouvertes en 1973. La baie plus rcente situe dans le mur
pignon fut mure  la mme date.

[045] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman et son mur latral sud. Ce mur
est fait de mollons de granit pris dans un pais mortier. La petite baie en
plein-cintre est romane. La grande baie fut perce en 1895, au moment de la
reconstruction de la tour.

[046] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman et son mur latral nord. Haut
situes, les trois petites baies en plein-cintre sont surmontes de claveaux de
briques. La grande baie en plein-cintre  l'arcade trilobe fut ouverte en 1895.

[047] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman et son mur latral nord. Dtail
de l'appareil de petits blocs de granit assez rguliers pris dans d'pais joints
de mortier. Prs de la baie ouverte en 1895, des maonneries plus rcentes sont
faites de mollons de schiste et de granit, matriaux locaux.

[048] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman (intrieur)et son mur latral
nord. L'appareil de granit des murs et les claveaux de briques des baies sont
galement visibles  l'intrieur, suite  la restauration du choeur en 1965 sous
la direction d'Yves-Marie Froideveaux, architecte en chef des monuments
historiques. Les cinq petites baies aux claveaux de briques (trois au nord et
deux au sud) furent retrouves et rouvertes  cette date.

[049] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman (intrieur). Les deux grandes
baies en plein-cintre visibles de part et d'autre du choeur furent ajoutes en
1895, lors de la reconstruction de la tour.

[050] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pr-roman (intrieur). Sa vote en berceau
de bois fut ajoute en 1965 et termine en 1973.

[051] Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intrieur). Construite au 11e sicle,
la nef fut termine au dbut du 12e sicle. Sa vote en berceau est en pltre.
Le sol est recouvert de larges dalles de granit. Dans le mur occidental (situ
au fond), les deux baies romanes ont t rouvertes en 1964, aprs avoir t
retrouves sous l'enduit. La baie suprieure - une baie mdiane situe dans le
mur pignon - fut mure  la mme date. Ses pidroits de granit restent toujours
bien visibles.

[052] Saint-Jean-le-Thomas. L'glise (intrieur). Des peintures murales furent
dgages en dcembre 1974 dans le mur latral sud de la nef. L'existence de
dcors peints aussi anciens (ils dateraient du 12e sicle), trs rares dans
cette rgion, tait ignore jusqu'en 1974, date de la rfection des enduits
intrieurs de la nef. Des taches de couleur attirrent l'attention de l'abb
Pore, cur de l'glise, qui fit intervenir les fresquistes des Beaux-Arts.

[053] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Dans la partie dgage en dcembre 1974, trois tableaux se
succdent: le combat d'un homme contre un ange (sur le tympan du portail mur),
une lutte entre deux personnages et une scne champtre. Ces tableaux sont
surmonts de frises. Une autre partie, situe  l'est du tympan, devait tre
dgage par la suite.

[054] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Sur le tympan du portail mur, le combat d'un homme contre un
ange, "un combat qui pourrait tre celui de Jacob contre l'ange envoy de Dieu,
ou Dieu lui-mme manifest sous une forme visible" (abb Pore).

[055] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Dans cette scne champtre, avec pis de bl visibles  gauche,
un personnage portant une grande cape tient une outre et verse du vin dans un
coupe que lui tient un autre personnage. A droite, un troisime personnage muni
d'un instrument aratoire est en partie effac.

[056] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Le troisime tableau, dont la plus grande partie a disparu,
reprsente la lutte entre un personnage  cape dont la tte est surmonte d'une
aurole et un autre personnage recouvert d'une armure qui semble tre  terre.
Il s'agirait de "la lutte de Saint Michel contre le Dmon" (abb Pore).

[057] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Sur ce dtail (situ entre la scne champtre et la scne de
lutte), on voit que le dcor est peint  mme l'enduit  la chaux, ce qui
explique le fond clair. Ces peintures murales seraient l'oeuvre de plerins du
Mont Saint-Michel, l'glise tant situe sur une voie montoise.

[058] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Sur cet autre dtail (vue partielle de la scne de lutte), on
voit que tous les contours sont dessins en peinture ocre. Les surfaces
intrieures sont peintes en ocre et en chamois. Seules ces deux couleurs sont
utilises.

[059] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latral
sud de la nef. Les tableaux sont surmonts de frises de rinceaux termines par
des feuillages. Les rinceaux courent entre deux bandes horizontales de couleur
ocre (le long des rinceaux) et chamois (les long des bandes ocre), avec une
range de points blancs dlimitant les deux couleurs.

[060] Saint-Jean-le-Thomas. Le mur latral sud de la nef. Dtail du large porche
du 15e siecle prcdant le portail roman, dont on voit l'arc surbaiss orn d'un
tore. La vote de pierre du porche prsente un appareil irrgulier fait de
plaquettes de schiste.

[061] Saint-Jean-le-Thomas. La Vierge et l'Enfant. Situe sous le porche du 15e
sicle, cette statue de pierre surplombe le portail roman perc dans le mur
latral sud de la nef.

= Dragey

[062] Dragey. L'glise est forme d'une nef de trois traves et d'un choeur
d'une seule trave. La tour est situe entre choeur et nef. Seule la nef est
romane. Elle date du 11e sicle ou des premires annes du 12e sicle. Le choeur
et la tour datent du 13e sicle.

[063] Dragey. L'glise est btie sur un promontoire  un kilomtre environ du
village, tout comme le presbystre. Visible de loin en pleine mer, la tour de
l'glise servait de point de repre aux navigateurs.

[064] Dragey. La faade occidentale. Les maonneries sont formes d'un appareil
irrgulier de schiste et de granit. Sis  chaque extrmit de la faade, deux
pais contreforts sont termins par un glacis. La grande baie gmine  l'arc
lgrement bris date du 13e sicle. Elle fut dbouche et restaure en 1860. Le
portail original fut remplac par un portail sans caractre  la mme date.

[065] Dragey. La mur latral sud de la nef. Sa porte, romane, est prcde d'un
porche datant du 16e sicle et rouvert en 1969.

[066] Dragey. La base de la tour, perce d'une porte  l'arc bris datant du 13e
sicle.

[067] Dragey. Le mur latral nord de la nef (intrieur). L'enduit intrieur des
murs latraux fut gratt par les habitants du village pour mettre  jour
l'appareil en artes de poisson,  la demande de l'abb Pierre Danguy, cur de
Dragey entre 1954 et 1974. Cet appareil est caractristique des constructions du
11e sicle et du dbut du 12e. Il alterne irrgulirement avec des ranges de
plaquettes de schiste disposes  l'horizontale. L'enduit intrieur ne recouvre
plus que le dernier quart suprieur des murs. La longue baie  fort brasement
date du 13e sicle.

[068] Dragey. Le mur latral nord de la nef (intrieur). La grande baie trilobe
date du 13e sicle. Sur la droite, on voit aussi une baie romane bouche,  fort
brasement. Son arcade est forme d'une range de petits claveaux de granit.
Cette baie romane est le seul vestige des ouvertures primitives.

[069] Dragey. Le choeur de l'glise (intrieur). Les baies du choeur ont t
agrandies au 15e sicle.

[070] Dragey. Dtail du vitrail d'une des deux grandes baies gmines situes
dans le mur latral sud de la nef. En haut, le Mont Saint-Michel. Plus bas, une
vue partielle de l'archange Saint Michel terrassant le dragon. Ces deux grandes
baies gmines  l'arcade trilobe (dont celle-ci) ont remplac en 1860 des
"croises carres", elles-mmes perces en 1790  l'endroit de petites baies
romanes.

= Gents

[071] Gents. L'glise est forme d'une large nef, d'un transept  bras
saillants et d'un choeur de trois traves  chevet plat. Une tour massive
surmonte d'un toit en btire s'lve  la croise du transept. Une partie de
l'glise, romane, est l'oeuvre de Robert de Torigni, abb du Mont Saint-Michel
(l'glise romane fut consacre en 1157). Les lments romans sont la croise du
transept, une partie des croisillons et la tour aux deux-tiers de sa hauteur. Le
porche prcdant le portail sud de la nef date du 16e sicle.

[072] Gents. Le mur latral nord de la nef et la tour. La tour est romane aux
deux-tiers de sa hauteur. La partie suprieure fut difie au dbut du 16e
sicle. La nef fut entirement remanie au milieu du 18e sicle.

[073] Gents. Le bras nord du transept roman et son mur pignon. Les maonneries
forment un appareil irrgulier fait de mollons de schiste et de granit. Le
schiste est la pierre locale. Quant au granit, il provient sans doute du massif
granitique d'Avranches affleurant  quelques kilomtres au sud-est. Le mur
pignon est perc d'une grande baie en plein-cintre.

[074] Gents. La tour, de vastes proportions, est implante  la croise du
transept. La tour est romane aux deux-tiers de sa hauteur. Le changement
d'appareil est trs visible. Un appareil rgulier fait de blocs de granit de
taille moyenne laisse la place  des blocs de granit beaucoup plus gros. La tour
comprend deux tages. L'tage infrieur est aveugle. L'tage suprieur est
ouvert au nord, au sud et  l'ouest par des baies gmines romanes mures. Ces
baies gmines sont prolonges par des baies gothiques trilobes et munies
d'abat-sons datant du dbut du 16e sicle.

[075] Gents. La partie suprieure de la tour. La tour est surmonte d'un toit
en btire dont le dpart est cach au nord et au sud par une balustrade
ajoure. Les angles de la balustrade sont orns de gargouilles gothiques en
forme de chiens, loups et animaux fantastiques.

[076] Gents. La partie suprieure de la tour. Une autre gargouille gothique.

[077] Gents. Le bras sud du transept. Son mur ouest date du 11e sicle. Il
appartient sans doute  l'difice antrieur  l'glise romane consacre en 1157.
L'appareil est diffrent du reste de l'glise. Il est form de gros blocs de
granit assez rguliers avec quelques plaquettes de schiste disposes en lments
de calage. Ce portail lourd et trs simple est lui aussi caractristique du 11e
sicle, avec des voussures en plein-cintre sans aucune mouluration et d'paisses
colonnettes.

[078] Gents. La croise du transept romane est dlimite par quatre puissants
piliers de section carre. Ces piliers, isols  l'est, sont relis aux bras du
transept et  la nef  l'ouest. Ils reoivent quatre arcs lgrement briss,
trs pais et fourrs. Ces arcs dlimitent la vote d'artes surplombant la
croise du transept. La premire trave du choeur ouvre au nord et au sud sur
deux chapelles  chevet plat qui ouvrent galement sur les croisillons du
transept.

[079] Gents. La croise du transept romane. Les quatre piliers observent entre
eux une symtrie parfaite, avec deux cts prsentant une surface plane sans
aucune mouluration et deux autres cts prsentant deux colonnes jumelles
engages sur dosseret et recevant les arcs briss. Dans l'un des angles de
chaque pilier, une colonne engage de forme semblable reoit la retombe d'une
des artes de la vote. Chaque pilier est surmont d'une large imposte moulure
en forme de bandeau chanfrein.

[080] Gents. La croise du transept romane. Dtail du pilier nord-ouest. Les
sculptures des corbeilles, en bas relief, reprsentent des motifs vgtaux:
feuilles de marronnier, feuilles de chne avec glands, feuilles de vigne.
D'autres corbeilles sont sculptes de grappes de raisin, de motifs animaux
(livres en train de courir) et de motifs gomtriques (arceaux et bourrelets
saillants). Ce type de sculpture laisse  penser que les chapiteaux ont t
sculpts, ou resculpts,  une poque postrieure  la construction des piliers.
Peut-tre au moment de la construction du choeur au 13e sicle.

[081] Gents. Le mur sud de la nef. Un porche du 16e sicle prcde la porte sud
de la nef, qui date elle-mme du 13e sicle.

[082] Gents. Le mur sud de la nef. Le porche du 16e sicle est surmont d'une
charpente en bois, en carne renverse et entirement cheville, ajoute au 18e
sicle.

[083] Gents. Le bourg et son glise. La tour de l'glise - avec son toit en
btire, sa balustrade et ses gargouilles - merge au-dessus des toits du
village.

= Saint-Lonard-de-Vains

[084] Saint-Lonard-de-Vains. Le village et son glise romane sous la neige. Le
village est situ  l'extrmit du cap du Grouin du Sud,  sept kilomtres
d'Avranches. Le bourg de Saint-Lonard domine la baie du Mont Saint-Michel et
Tombelaine.

[085] Saint-Lonard-de-Vains. Le village et son glise romane, vus d'un peu plus
prs. Le prieur de Saint-Lonard tait un prieur simple,  savoir un petit
monastre o quelques religieux dtachs des grandes abbayes vivaient sous la
direction d'un prieur, mais sans charge d'mes. Le prieur fut la proprit de
l'abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu' la Rvolution franaise (1789).

[086] Saint-Lonard-de-Vains. Le prieur fut vendu en 1793, et l'acqureur
transforma l'glise en btiment de ferme. Le choeur devint une cuisine. La nef
devint une grange et une table. La base de la tour fut utilis comme cellier.
L'tage fut divis en chambre et en grenier et surmont d'une chemine (d'aprs
Jean Bindet, Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, dcembre 1976).

[087] Saint-Lonard-de-Vains. Le prieur. A l'heure actuelle, l'glise est
toujours une proprit prive. La nef est une maison d'habitation, ce qui
explique les portes et fentres rectangulaires. Le btiment a toutefois gard sa
forme originale, avec une nef assez longue consolide par des contreforts et un
choeur de deux traves  chevet plat. La tour, implante entre choeur et nef,
est surmonte d'un toit en btire.

[088] Saint-Lonard-de-Vains. La tour romane date du dbut du 12e sicle. Situe
dans le prolongement du choeur, sa base carre est surmonte de deux tages en
lger retrait les uns par rapport aux autres. Le premier tage devait tre
aveugle  l'origine. Ses ouvertures sont postrieures  la Rvolution. Le
deuxime tage est perc au nord,  l'est et au sud de deux arcatures jumelles
en plein-cintre.

[089] Saint-Lonard-de-Vains. La tour romane. Les maonneries prsentent un
appareil irrgulier fait de plaquettes de schiste et de mollons de granit, avec
quelques ranges de blocs rguliers de granit. Le toit en btire repose au nord
et au sud sur une corniche supporte par des modillons.

[090] Saint-Lonard-de-Vains. La tour romane. Sur trois faces (nord, est et
sud), le deuxime tage est perc de deux arcatures jumelles en plein-cintre
dont l'arc double est form de deux ranges de claveaux de granit. L'arcade
repose sur des pidroits sans ornement par le biais d'un tailloir carr qui se
prolonge en un bandeau droit sur le mur. La corniche est supporte par des
modillons sculpts de ttes humaines trs frustes ou moulurs en quart-de-rond.

[091] Saint-Lonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord. Ce mur
est consolid par un contrefort central. Il est encadr de deux baies en
plein-cintre  l'arc form d'une range de claveaux de granit. La porte au
cintre surbaiss repose sur des pidroits sans ornement. Son arcade est forme
de blocs de granit.

[092] Saint-Lonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord. Dans sa
partie infrieure, le mur est form d'un appareil en artes de poisson
caractristique du 11e et du dbut du 12e sicle. La partie haute est forme
d'un appareil rgulier de granit. Une range de modillons trs abms subsiste
au-dessus des baies.

= Saint-Loup

[093] Saint-Loup. L'glise est forme d'une nef de deux traves suivie d'un
choeur de deux traves termin par une abside semi-circulaire. La tour s'lve
au-dessus de la premire trave du choeur. L'glise, qui date de la premire
moiti du 12e sicle, est le seul difice roman qui ait subsist dans son
ensemble dans la rgion.

[094] Saint-Loup. La faade occidentale. Soutenu par deux contreforts, le mur de
faade est surmont d'un lger glacis en arrire duquel s'lve le mur pignon.
Le portail roman est surmont d'une baie  l'arc bris datant sans doute du 13e
sicle.

[095] Saint-Loup. Le portail roman de la faade occidentale. Son arcade en
plein-cintre est compose de deux voussures surmontes d'une archivolte forme
d'un bandeau chanfrein. Les voussures sont reues par quatre colonnettes
engages. Les tailloirs des chapiteaux sont moulurs en quart-de-rond. Les
corbeilles sont ornes de sculptures frustes: crochets d'angle ou ttes d'angle,
dont les traits sont effacs. Le linteau est form d'un gros bloc monolithe de
granit.

[096] Saint-Loup. La nef romane. La nef comporte trois traves. Ses murs
latraux sont pauls chacun de quatre contreforts plats. Trois petites baies en
plein-cintre sont toujours visibles: deux dans le mur sud et une dans le mur
nord. Les autres baies ont t perces ou agrandies par la suite.

[097] Saint-Loup. Dtail du mur latral sud du choeur. Dans la premire trave,
la porte sud est encadre de deux contreforts plats. Entre les deux contreforts,
la maonnerie repose sur une corniche supporte par trois gros modillons
sculpts: un tre grotesque mettant la main droite  la bouche alors que son
bras gauche est repli; une tte d'homme; un homme accroupi, les mains sur les
genoux.

[098] Saint-Loup. La tour romane s'lve au-dessus de la premire trave du
choeur. Ses murs prsentent un appareil rgulier de granit dont les blocs sont
plus petits que pour le reste de l'glise. Le granit provient du massif
granitique d'Avranches, situ  proximit immdiate de Saint-Loup. Au premier
plan, on voit l'un des contreforts  ressaut de la chapelle latrale jouxtant la
seconde trave du choeur ct nord. Construite en 1602, cette chapelle est la
seule modification importante apporte  l'difice roman d'origine.

[099] Saint-Loup. La tour romane. Cette solide tour carre est forme de deux
tages de mme primtre surmonts d'une flche. Le premier tage est orn de
grandes arcatures aveugles au nord et au sud. Le second tage est perc d'une
baie sur chaque face. La sparation des deux tages est souligne par un bandeau
chanfrein.

[100] Saint-Loup. La tour romane. L'tage infrieur est orn au nord et au sud
d'une double arcature aveugle en plein-cintre. Celle-ci est surmonte d'un
cordon saillant qui se prolonge ensuite en un bandeau droit sur le nu du mur et
se poursuit sur les faces est et ouest paralllement au bandeau sparant les
deux tages de la tour.

[101] Saint-Loup. La tour romane. Dtail de l'tage infrieur. A l'coinon des
arcatures jumelles, la maonnerie prsente un petit appareil dcoratif rticul.

[102] Saint-Loup. La tour romane. L'tage suprieur est perc d'une baie sur
chaque face. Pour chaque baie, l'arcade en plein-cintre est forme de deux
voussures entoures d'un cordon chanfrein. Les voussures reposent sur quatre
colonnettes engages. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptes de motifs
gomtriques (crochets d'angle, demi-cercles) ou de ttes humaines. Le profil de
ces baies est semblable  celui du portail occidental et de la porte sud: mmes
moulurations pour les voussures et mmes sculptures pour les corbeilles des
chapiteaux.

[103] Saint-Loup. La tour romane. La corniche repose sur des modillons sculpts
de ttes humaines ou moulurs en quart-de-rond. Cette corniche fut en grande
partie refaite lors de la reconstruction de la flche. Cette flche est
octogonale sur une base carre, et pourvue de lucarnes.

[104] Saint-Loup. La tour romane. Dtail de la corniche et de ses modillons
sculpts de ttes humaines.

= Saint-Quentin

[105] Saint-Quentin. L'glise est forme d'une nef de trois traves et d'un
choeur de trois traves  chevet plat. Au nord et au sud, deux larges chapelles
sont accoles aux deux premires traves du choeur et forment de vritables
croisillons. La tour est implante entre choeur et nef. La faade occidentale
est prcde sur toute sa longueur d'un narthex (vaste porche) rectangulaire.
Les parties romanes sont la nef et la base de la tour, qui datent de la premire
moiti du 12e sicle. Le reste de l'glise date du 13e sicle.

[106] Saint-Quentin. La tour, massive, a une base romane et deux tages datant
du 13e sicle. Elle est surmonte d'un toit en batire. Au premier plan, le
Christ crucifi est la partie suprieure d'un calvaire roman situ  proximit
de l'glise.

[107] Saint-Quentin. Dtail du calvaire roman situ prs de l'glise. Le Christ
crucifi.

[108] Saint-Quentin. La faade occidentale est prcde d'un narthex (vaste
porche) rectangulaire du 13e sicle, surmont d'une balustrade ajoure.

[109] Saint-Quentin. Le portail roman de la faade occidentale. Ce portail est
surmont d'une arcade en plein-cintre forme de deux voussures et d'une
archivolte. Ces voussures reposent sur quatre colonnes engages, dont les bases
carres sont ornes d'un tore surmont d'un chanfrein. Les corbeilles des
chapiteaux sont sculptes de boules, de ttes et d'un personnage  quatre
pattes. Les sculptures, grossires, sont en fort relief et le menton des ttes
est trs prominent.

[110] Saint-Quentin. La base de la tour et sa porte romane. Cette porte, mure,
est visible au sud. L'arcade en plein-cintre repose sur deux paisses
colonnettes. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptes d'un arbre  droite et
de deux ttes humaines  gauche. Les bases sont carres. Cette porte ressemble 
la porte sud de l'glise de Saint-Loup.

= Sartilly

[111] Le portail roman de Sartilly. Situ au sud de l'glise actuelle, ce
portail est le seul lment subsistant de l'difice roman dtruit et remplac en
1858 par une glise beaucoup plus grande. Le matriau utilis est le granit, qui
est la pierre locale, Sartilly tant situ au coeur du massif granitique de
Vire. Dat de la deuxime moiti du 12e sicle, ce portail est le plus beau
portail roman de la rgion et prsente une facture bien suprieure  celle des
autres portails. Les moulurations des voussures et de l'archivolte sont le fruit
d'un travail trs soign, tout comme les sculptures des corbeilles.

[112] Le portail roman de Sartilly. L'arcade du portail est forme de trois
voussures: une voussure au cintre surbaiss et deux voussures en plein-cintre
surmontes d'une archivolte. La premire voussure est moulure d'un pais tore
d'angle suivi d'un listel puis d'un large cavet orn de gros besants lgrement
renfls. La deuxime voussure est moulure d'un pais tore d'angle alors que la
troisime est moulure de deux tores encadrant un listel.

[113] Le portail roman de Sartilly. Le groupe de colonnettes de gauche. De
chaque ct du portail, les trois voussures reposent sur trois colonnettes
engages, par le biais d'une imposte moulure d'un cavet. La partie carre de
l'imposte est orne d'une petite moulure en creux. L'imposte se prolonge
au-dessus du pilastre extrieur sur lequel repose l'archivolte. Un tailloir
carr surmonte la corbeille sculpte des chapiteaux. Les sculptures prsentent
des motifs varis: feuilles de chne, feuilles d'acanthe et volutes d'angle.

[114] Le portail roman de Sartilly. L'extrmit de l'archivolte (ct gauche).
L'archivolte est forme d'un cordon saillant orn de dents-de-scie en fort
relief sculptes en creux d'une range de btons briss. De chaque ct de
l'arcade, elle repose sur une tte sculpte aux traits bien dessins.

[115] Le portail roman de Sartilly. L'extrmit de l'archivolte (ct droit).
Dtail montrant la deuxime tte sculpte sur laquelle repose l'archivolte.

[116] Le portail roman de Sartilly. L'extrmit de l'archivolte (ct droit).
Dtail montrant la tte sculpte sur laquelle repose l'archivolte, ainsi que les
corbeilles sculptes des chapiteaux. On note une fois de plus le travail soign
dans un matriau difficile  travailler du fait de son extrme duret.

[117] Le portail roman de Sartilly. L'extrmit de l'archivolte (ct droit).
Dtail montrant la mme tte sculpte, de plus prs.

[118] L'ancienne glise de Sartilly, dtruite en 1858 (source: Revue de
l'Avranchin, 1924-1926). Cette glise romane est dcrite ainsi dans le registre
des dlibrations du conseil municipal de Sartilly (1837-1864): "L'glise qu'il
s'agit de remplacer est un vieil difice (...) compos: (1) d'une nef obscure de
19 mtres 60 centimtres de longueur sur 7 mtres de largeur dont les murs bas
pntrs d'humidit et lzards en plusieurs endroits perdent trs sensiblement
leur aplomb, particulirement vers le bas de l'glise; (2) d'une tour qui spare
la nef du choeur (...); (3) d'un choeur de 9 mtres de longueur sur 6 mtres de
largeur (...)."


19. INDEX


[Index des lieux / Index des personnes]

= Index des lieux

Angey

Ardevon (baronnie)

Avranches

Avranches (archidiachon)

Avranches (diocse)

Avranches (massif granitique)

Avranchin

Bec-Hellouin (abbaye)

Boscq (rivire)

Brhal

Brville

Caen

Caen (abbaye Saint-Etienne)

Calvados

Carolles

Champeaux

Chausey

Cherbourg

Chrtient (doyenn)

Cotentin

Coutances

Coutances (archidiachon)

Coutances (diocse)

Donville

Dragey

Ension (monastre)

Gents

Gents (baronnie)

Gents (doyenn)

Granville

Granville (formation gologique)

Grouin du Sud

Hambye (abbaye)

Lucerne (abbaye)

Manche (dpartement)

Manche (mer)

Montmorel (abbaye)

Mont Saint-Michel

Mont Saint-Michel (Notre-Dame-sous-Terre)

Mortain

Pontaubault

Saigue (rivire)

Saint-Jean-le-Thomas

Saint-Lonard-de-Vains

Saint-L

Saint-Loup

Saint-Martin-le-Vieux

Saint-Nicolas

Saint-Pair

Saint-Pair (baronnie)

Saint-Pair (doyenn)

Saint-Pair (formation gologique)

Saint-Quentin

Sartilly

Scissy

Slune (rivire)

Thar (rivire)

Tharnet (rivire)

Tombelaine

Tirepied (doyenn)

Vains

Venle (hvre)

Vire (massif granitique)

Yquelon

#Liste des personnes

Achard (vque d'Avranches)

Alexandre III (pape)

Avenel Ranulphe (moine du Mont Saint-Michel)

Coure Guillermus (seigneur d'Yquelon)

Egidius (vque d'Avranches)

Fortunat (vque de Poitiers)

Graldin (seigneur d'Angey)

Grimault (seigneurs de Saint-Loup)

Guillaume de Brville (seigneur de Brville)

Guillaume de Lamps (abb du Mont Saint-Michel)

Guillaume de Saint-Jean (seigneur de Saint-Jean-le-Thomas)

Guillaume le Conqurant (duc de Normandie)

Guillaume Longue-Epe (duc de Normandie)

Hasculphe de Subligny (fondateur de l'abbaye de la Lucerne)

Henri II (duc de Normandie)

Lain Richard (vque d'Avranches)

Lascivius (vque de Bayeux)

Michel (cur de Gents)

Nicolas (cur de Gents)

Notre-Dame

Paynel Foulques (seigneur de Sartilly)

Paynel Guillaume (fondateur de l'abbaye de Hambye)

Quesnoy (seigneurs de Saint-Loup)

Rainald (cur de Gents)

Richard II (duc de Normandie)

Richard de Bohon (vque de Coutances)

Robert I (duc de Normandie)

Robert de Torigni (abb du Mont Saint-Michel)

Roger d'Yquelon (seigneur d'Yquelon)

Rogerius de Altomansiunculo (matre d'oeuvre de la tour de Saint-Pair)

Saint Aroaste

Saint Eloi

Saint Eutrope

Saint Gaud

Saint Gnroux

Saint Gilles

Saint Hlier

Saint Jean-Baptiste

Saint Lonard

Saint Lontien

Saint Loup

Saint Martin

Saint Maur

Saint Mdard

Saint Michel

Saint Pair

Saint Samson

Saint Scubilion

Saint Sbastien

Saint Snier

Vivien (seigneurs de Saint-Loup)

Copyright  2006 Marie Lebert







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electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
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property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
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Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
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LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
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TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Each eBook is in a subdirectory of the same number as the eBook's
eBook number, often in several formats including plain vanilla ASCII,
compressed (zipped), HTML and others.

Corrected EDITIONS of our eBooks replace the old file and take over
the old filename and etext number.  The replaced older file is renamed.
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Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

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This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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are filed in directories based on their release date.  If you want to
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identical to the filename).  The path to the file is made up of single
digits corresponding to all but the last digit in the filename.  For
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