Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905

Author: Various

Release Date: February 14, 2011 [EBook #35286]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ILLUSTRATION, 3 JUIN 1905 ***




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L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905

[Illustration: LA REVUE COMIQUE, par Henriot.]

Avec ce numro, rclamer les supplments suivants:
1 Quatre pages sur la Visite du roi ALPHONSE XIII.--
2 Quatre pages sur les ESCADRES RUSSES ET JAPONAISES.
3 Une gravure de double page, en couleurs, hors texte et remmarge.
4 Notre nouveau roman: CADET OUI-OUI.

[Illustration: L'ILLUSTRATION
_Prix du numro: 75 Centimes._
SAMEDI 3 JUIN 1905
63e Anne.--N 3249]

[Illustration: _Phot. Leon Douet._
BONJOUR, PARIS!
Le premier salut du roi Alphonse XIII sortant de la gare du Bois de
Boulogne.]



NOS SUPPLMENTS

Nous avons retard de quelques heures l'apparition de ce numro
exceptionnel afin de pouvoir donner  nos lecteurs, ds cette semaine,
une importante srie de photographies et de dessins sur les premires
journes de sjour  Paris de S. M. Alphonse XIII.

Notre numro, quoique vendu sans augmentation de prix, ne contient pas
moins de quatre supplments. Nous n'avons pas voulu, en effet, que les
ftes franco-espagnoles nous empchent de consacrer les pages
ncessaires aux autres grandes actualits de la semaine.

PREMIER SUPPLMENT:

Quatre pages de gravures relatives  la visite du roi d'Espagne, et qui
n'ont pu trouver place dans le numro lui-mme.

DEUXIME SUPPLMENT:

Quatre pages sur la bataille navale du dtroit de Core.

TROISIME SUPPLMENT:

La reproduction en couleurs, hors texte et remmarge, du tableau
d'Albert Guillaume, _UN BRIDGE_. Ce tableau, en plus de sa haute valeur
artistique, prsente, pour les dilettantes du jeu de Bridge, l'intrt
tout particulier d'un problme  rsoudre. Nous posons ce problme  nos
abonns joueurs de Bridge, d'une faon prcise,  la page 10 des
feuilles de garde de ce numro, et nous offrons la peinture originale 
celui qui donnera la solution la meilleure.

QUATRIME SUPPLMENT:

NOTRE NOUVEAU ROMAN

Nous commenons avec ce numro la publication d'un nouveau roman: CADET
OUI-OUI, par Claude Lematre. Ce rcit, original et pittoresque,
comportant de trs nombreuses illustrations, nous avons renonc pour lui
 la gravure unique et hors texte qui accompagnait nos romans
prcdents. Le texte de CADET OUI-OUI sera illustr de dessins de Simont
dont nous n'avons pas  faire l'loge: ceux que contient le premier
fascicule suffisent  montrer combien l'oeuvre de Claude Lematre a
heureusement inspir le dessinateur.



Courrier de Paris

JOURNAL D'UNE TRANGRE

On dirait que les Parisiens ont renonc, pour une semaine,  leurs
amusements ordinaires et que brusquement leur curiosit s'est
dsintresse de tout. Ne leur parlez point de politique en ce moment;
ils ne savent pas ce que c'est et jamais les choses qu'on dit au
Palais-Bourbon ne leur ont paru plus vaines et plus obscures. Ils ont
oubli dj les surprises dlicieuses de l'exposition de Whistler et les
tonnantes ferronneries qu'on leur montre au muse Galbera les laissent
indiffrents. Voil presque une semaine que les anecdotes sur Rothschild
leur semblent dmodes et ce n'est que d'un oeil distrait qu'ils
suivent ce qui s'imprime au sujet du mariage du kronprinz. Un concours
de balcons fleuris s'est ouvert lundi dernier: ils l'ignorent; demain
la Fte des Fleurs gayera, parfumera le bois de Boulogne: que leur
importe? Ils ne vont depuis trois jours que l o ils ont chance de
rencontrer leur nouvel hte, de sourire  ses dix-neuf ans, de
l'acclamer. Alphonse XIII est,  cette heure, l'occupation principale et
l'unique joie de Paris.

C'est le premier voyage qu'entreprend  l'tranger le jeune roi; et
Paris est content--un peu fier aussi--d'tre la premire grande
station o Alphonse XIII ait voulu s'arrter. Paris a des coquetteries
charmantes; il me fait penser en ce moment  ces femmes belles et dj
mres qui ne s'intressent plus que maternellement aux trs jeunes
gens, mais qui ne sont pas fches tout de mme qu'un gentil garon de
vingt ans les trouve jolies.

Notre ville a donc revtu pour ce gala ses plus exquises toilettes de
printemps; et jamais je ne l'ai trouve plus belle, en effet, plus
lgamment accueillante et tutlaire avec plus d'esprit.

On racontait ces jours-ci (mais l'anecdote est trop gentille pour tre
vraie) que la reine Christine, un peu inquite de voir ainsi s'en aller
loin d'elle, pour la premire fois, son enfant, avait adress  M.
Loubet une lettre prive o, dans le simple langage d'une maman qui
crit  un papa, elle lui recommandait son fils, exprimait le voeu que
tout le monde, chez nous, et bien soin de lui... Je voudrais que cette
lettre-l ait t crite; elle n'est pas trs protocolaire et le geste
n'est pas de ceux qu'approuve, sans doute, l'tiquette des cours; mais
il et t si naturel et si humain, ce geste-l; il et exprim avec
tant de vrit les secrtes angoisses dont ces existences royales sont
troubles...

Paris n'a point tromp la confiance que cette mre avait mise en lui. Il
a fait au roi d'Espagne un accueil dont je suis sre que son imagination
demeurera, pour longtemps, blouie.

Qui est cet enfant? Vers quelle destine va-t-il? Je doute qu'aucune
chiromancienne ait eu la permission de lire les lignes de sa main; mais
Mme Gnia Loubow--une spcialiste--a regard ses traits attentivement et
nous renseigne.

Mme Gnia Loubow aperoit, dans la forme du front d'Alphonse XIII,
l'indice d'une intelligence ouverte, active, doue surtout de
merveilleuses qualits d'assimilation. Les sourcils, agrablement
conditionns, lui semblent bien exprimer quelque versatilit dans les
dsirs; mais les yeux, fort beaux, dnotent, outre une frmissante
et inassouvissable curiosit, la sensibilit d'une me presque
fminine en sa manire de dsirer, de sentir et d'aimer.

Le nez, nous affirme cette dame (et je n'ai nulle raison de douter de sa
science), laisse supposer le got inn de l'ordre pompeux, de la parade
brillante et des chevaleresques aventures; la bouche dcle une
cordiale bont en mme temps qu'un penchant aux plaisirs raffins et
l'amour du luxe,--de tous les luxes.

Si le menton fait prsumer un inflexible et tranquille autoritarisme
et le sens pratique de la vie, par contre (et voil de quoi nous
rassurer) le cou, de ligne pure et fire, mais de galbe dlicat, dit
une absence complte d'agressivit, un penchant  prfrer les
solutions pacifiques aux violentes.

Mme Gnia Loubow aperoit dans le dessin de l'oreille la marque d'une
imptuosit latente et contenue; mais la chevelure rvle une urbanit
infinie et la plus enjoue bonne grce...

Tout cela est excellent, mais c'est autre chose qui m'intrigue. Je
n'prouve aucun besoin d'avoir une opinion personnelle sur la
mentalit d'Alphonse XIII et rien ne m'intresse moins que ce que mes
voisins pensent de ce jeune roi; ce que je voudrais savoir, c'est ce
qu'il pense de nous.

Car nous lui donnons des spectacles qui, srement, le bouleversent; et
ce qui tonne, et dconcerte, et peut-tre tourmente le plus, depuis
trois jours, le jugement de ce roi de vingt ans, ce ne sont pas les
choses qu'on lui montre (il ne rencontrera, de ce ct, que des raisons
de se rjouir et d'admirer); ce sont je suppose, _les dessous_ de ces
choses-l.

Roi, il a vu venir  lui, la main tendue, un souriant vieillard qui
n'est point roi et que la population de la plus illustre capitale de
l'univers semble entourer du mme respect et salue des mmes
acclamations que s'il l'tait; et peut-tre l'ide qu'Alphonse XIII
s'tait faite du prestige de la dignit monarchique s'est-elle trouve
gne un peu par cette premire constatation... Mais il est vrai que
tout aussitt d'autres spectacles l'ont d rassurer singulirement.

On l'avait averti, sans doute, des sentiments professs par la
municipalit parisienne  l'gard du principe de gouvernement qu'il
reprsente; et il a d tre dlicieusement surpris par la respectueuse
cordialit que lui tmoignrent ces jacobins... Il a vu l'Htel de
Ville; et il a d observer qu'en aucun de ses palais ne rgnent une
discipline plus pompeuse, un plus minutieux souci de l'apparat, une
plus parfaite entente des rgles suivant lesquelles il convient qu'un
monarque en visite soit accueilli et trait...

On lui avait dit aussi, je pense, que l'irrligion svit cruellement en
ce pays-ci; on a mme pu lui en fournir quelques preuves douloureuses...
Cependant les ministres par qui cette religion est combattue l'ont
conduit  Notre-Dame, et il a pu remarquer que, de tous nos monuments,
ce n'est pas celui dont ils se montrent le moins fiers. Il a vu ces
ministres se mler durant cette visite  l'imposant cortge des chefs de
l'glise; et il a pu se demander si le divorce dont on parle tant est
aussi prs de s'accomplir que le bruit en court en Espagne.

J'imagine qu'Alphonse XIII n'ignore pas non plus certains vilains
traitements dont l'arme de ce pays fut nagure victime de la part
d'hommes influents que le prestige militaire agace. Et cependant ce sont
ces hommes-l qui le conduisaient hier au camp de Chlons; demain,
l'escorteront  Saint-Cyr; aprs-demain, feront orgueilleusement dfiler
devant lui,  Vincennes, les troupes de la garnison de Paris. Et voil
encore de quoi troubler un peu cette me d'tranger...

Aprs Chlons, Saint-Cyr et Vincennes, il verra Cherbourg. On lui montre
aujourd'hui des soldats, on lui montrera des marins tout  l'heure.
Est-ce que le bruit n'a pas couru aussi, hors de France, qu'entre
certain ministre civil et cette autre arme-l rcemment d'inquitants
dsaccords ont clat? Si le jeune roi n'ignore point ces choses, il ne
sera pas peu surpris de constater que la marine, en ce pays, demeure une
des institutions dont le prestige rend le plus justement fiers les
radicaux qui le gouvernent.

Alors le jeune roi, peut-tre, interrogera les hommes d'exprience qui
l'entourent, leur demandera l'explication de ces spectacles troublants
et contradictoires; et, sans doute, il s'en trouvera bien un parmi eux
qui le rassurera. Il lui dira:

--Sire, n'ayez pas peur de ce peuple-ci. Faites comme tous les trangers
qui se sont approchs de lui. Aimez-le. La France est un pays que les
rvolutions amusent, mais qui a l'amour de l'ordre et de la beaut. Et,
comme il y a beaucoup d'ordre et beaucoup de beaut dans les traditions
dont ce peuple a toujours vcu, il demeure orgueilleux--malgr lui--de
son pass et de l'histoire dont il est sorti. Il ne veut plus aller  la
messe, mais il aime ses cathdrales; il ne veut plus aller au rgiment,
mais il acclame le drapeau qui passe; il dit du mal des rois, mais il
n'y a pas une ville au monde o les rois en promenade soient plus
amoureusement choys qu' Paris...

Et le jeune roi continuera de ne pas comprendre; mais pourquoi
comprendrait-il? De plus vieux que lui ne comprennent pas.

SONIA.



[Illustration: Buste de saint Louis (XIV sicle) en bois sculpt plaqu
d'argent, surmontant un reliquaire.]

[Illustration: Les grandes reliques: la couronne, un clou et un morceau
de la sainte croix, enferms dans des reliquaires de cristal et d'or
fixs sur un crucifix d'olivier.]

LES PICES PRINCIPALES DU TRESOR DE NOTRE-DAME DE PARIS PRSENTES A S.
M. ALPHONSE XIII.

ALPHONSE XIII A NOTRE-DAME

Alphonse XIII, Majest Catholique, ne pouvait venir  Paris sans
visiter Notre-Dame, o, avant lui, s'tait arrt le tsar, souverain
d'un pays schismatique, chef mme d'une religion schismatique.

L'accueil qui a t fait mardi au jeune souverain par le vnrable
cardinal-archevque de Paris,  la tte de tout le chapitre en habits de
choeur, a t d'une imposante solennit.

La basilique est toute remplie des souvenirs des rois de France,
anctres lointains du roi d'Espagne, et M. l'abb Pousset, archiprtre
de Notre-Dame, qui tait, aux cts du cardinal Richard, le cicerone
dsign d'Alphonse XIII, les voquait  chaque pas.

Parmi les richesses du trsor de Notre-Dame sur lesquelles on a plus
particulirement attir l'attention du roi, il est des reliques qu'
l'occasion de cette auguste visite on avait exposes comme aux jours des
plus grandes ftes, o elles sont offertes  la vnration des fidles.
Ce sont les reliques de la Passion, celles qu'on appelle les grandes
reliques, et une relique de saint Louis, aeul d'Alphonse XIII.

C'est dans le petit choeur,  la chapelle qui occupe l'extrmit de
l'abside et qu'clairent de belles verrires, qu'Alphonse XIII a pu leur
rendre ses dvotions.

Les reliques de la Passion avaient t places sur l'autel que couronne
une statue de la Vierge. La relique de saint Louis tait sur une petite
crdence revtue de dentelles,  ct de l'autel et un peu en arrire,
car la liturgie catholique ne permet pas d'exposer sur le mme autel,
prs de reliques du Christ, des reliques de saints.

[Illustration: (partition musicale) MARCHE NATIONALE ESPAGNOLE]

Les grandes reliques de Notre-Dame comprennent la couronne du Christ, un
des clous de la crucifixion et un morceau de la sainte Croix. La
couronne est celle que saint Louis acheta, en 1209, de Baudoin II,
empereur d'Orient. Il alla la chercher jusqu' Sens, la rapporta pieds
nus, en robe de bure, et, pour l'abriter, construisit cet admirable
reliquaire, la Sainte-Chapelle.

Les trois reliques sont disposes sur une croix de bois d'olivier trs
simple, qui fut construite sous la Restauration.

La couronne n'est nullement, comme on le dit couramment, une couronne
d'pines. C'est une sorte de lien, de fibres de jonc marin assembles,
un bout de licol, peut-tre, qui servit  assujettir sur la tte du
Christ une poigne d'pines. Elle est enferme dans un prcieux
reliquaire de cristal, d'or et d'maux, et retenue  la croix par une
agrafe cisele. Le clou est enferm galement dans un tui de verre 
monture d'or. Il occupe le centre de la croix, entre deux faux clous de
vermeil ou d'or. Enfin, la gaine de cristal qui protge le bois de la
vraie croix--galement acquis par saint Louis de Baudoin II--vient se
poser au-dessous de la couronne, retenue dans des armatures d'or. La
croix porte-reliquaires est pose elle-mme sur un socle trs simple,
revtu de velours pourpre.

La relique de saint Louis, sa mchoire, est expose dans un reliquaire
dor, de style gothique, tout moderne, mais surmont d'une trs belle
oeuvre d'art du quatorzime sicle, l'une des plus prcieuses que
conserve le trsor de Notre-Dame. C'est, un buste du saint roi, le front
ceint de la couronne de France, et vtu d'un manteau fleurdelis. La
physionomie est d'un grand caractre,  la fois grave et douce et trs
simple.

Le travail est excut en lames d'argent repousses sur une me de vieux
chne, et releves de cabochons. Il est superbe, et tout  fait digne du
renom que s'taient acquis nos vieux artisans. C'est un spcimen
remarquable de l'art franais ancien.

[Illustration: L'arrive  Paris: le roi monte en voiture.]

[Illustration: Le cortge partant de la gare de la porte Dauphine.]

[Illustration: Promenade dans Paris.]

[Illustration: coutant le discours des tudiants devant le Panthon.]

[Illustration: Promenade dans Paris.]

Attitudes et expressions de physionomie d'Alphonse XIII, d'aprs des
photographies instantanes.

[Illustration: Sortie du Panthon.]

[Illustration: Arrive  l'Htel de Ville.]

[Illustration: Les forts de la Halle attendant le roi.]

[Illustration: L'arc de triomphe de l'Alimentation.]

[Illustration: La muse de l'Alimentation et ses demoiselles d'honneur.]

LE ROI ALPHONSE XIII A PARIS.--Instantans des deux premires journes
(30 et 31 mai).

LE ROI ALPHONSE XIII A PARIS.--La visite  Notre-Dame (31 mai). Le roi
agenouill devant les grandes reliques dans le petit choeur (chapelle de
N.-D. de la Compassion).

LES HAUTS PERSONNAGES
DE LA SUITE DU ROI.

[Illustration: M. de Villa-Urrutia, ministre des Affaires
trangres.--_Phot. Alexandre._]

[Illustration: Le duc de Sotomayor, grand matre de la Cour.--_Phot.
Franzen._]

[Illustration: Le duc de Santo-Mauro, gentilhomme de la Chambre.--_Phot
Franzen._]

[Illustration: Le gnral de Bascaran, chef de la maison
militaire.--_Phot. Nieto_.]

[Illustration: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12.
1. M. Leon y Castillo fils.--2. M. Y. La Torre.--3. M. Douga.--4. M. La
Huerta.--5. M. Leon y Castillo, marquis del Muni.--6. M. Douga.--7.
Marquis de Viana.--8. H. Riano.--9. M. Echage. 10. Comte de Aguera. 11.
Marquise del Muni.--12. Mme Riano. A L'AMBASSADE D'ESPAGNE A PARIS.--Le
marquis et la marquise del Muni, entours des secrtaires et attachs de
l'ambassade. _Phot. Munoz de Baena._]

[Illustration: Buste d'Alphonse XII. AU MINISTRE DES AFFAIRES
TRANGRES.--Chambre  coucher de S. M. Alphonse XIII.]

[Illustration: Vasque fleurie.] [Illustration: Le vaisseau de la Ville
de Paris.] [Illustration: Vase dit de l'Alhambra.]

LES MOTIFS DE DCORATION FLORALE DE LA PLACE ET DE L'AVENUE DE L'OPRA

[Illustration: AU CAMP DE CHALONS (1er juin).--Sur la crte Niel:
l'artillerie de 75 tire sur la cavalerie et l'infanterie simules par
des silhouettes. Photographie prise de la tente royal.]

[Illustration: L'ARRIVE DU ROI ALPHONSE XIII (30 mai).--Vue panoramique
du cortge sur le pont et la place de la Concorde. Photographie prise du
toit du Palais-Bourbon.--_Clich le Deley._]



[Illustration: Le tournant du Gendarme et ses abords vus  vol
d'oiseau,--Phot. de M. Blis.]

[Illustration: Le tournant du Gendarme vu de l'extrieur].

[Illustration: Deux vues du tournant de la Baraque].

AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT
D'AUVERGNE _Photographies de notre envoy spcial._

[Illustration: Descente et tournant dans le village de Rochefort.]

[Illustration: Le tournant de la Remise, vu de l'intrieur.]

[Illustration: Le tournant de la Remise, vu de l'extrieur.]

[Illustration: Le Grand Tournant.

AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT
D'AUVERGNE _Photographies de notre envoy spcial._]



[Illustration: Le baron Alphonse de Rothschild.]

[Illustration: Tombeau de la famille de Rothschild au Pre-Lachaise.]

[Illustration: Devant l'htel de Rothschild, 19, rue Laffitte: la leve
du corps.]

[Illustration: 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1. Baron James-Armand de Rothschild.--2. Baron Lopold de
Rothschild.--3. M. Maurice Ephrussi.--4. Baron Albert de Rothschild.--5.
Baron Leonino.--6. Dr Henri de Rothschild. 7.--Lord Rothschild.--8.
Baron douard de Rothschild, fils du baron Alphonse.--9. Baron Gustave
de Rothschild.

Les membres de la famille de Rothschild suivant le cortge funbre. LES
FUNRAILLES DU BARON ALPHONSE DE ROTHSCHILD, MORT A PARIS LE 26 MAI.]



[Illustration: M. Coppolani en confrence avec des chefs indignes, dans
son cabinet,  Saint Louis du Sngal.]

Parmi les nombreuses missions qui sillonnent actuellement le territoire
de notre empire africain, l'une des plus pacifiques, mais non l'une des
moins utiles, tait celle que M. Roume, gouverneur gnral de l'Afrique
occidentale franaise, avait confie, depuis quelques mois dj,  M.
Coppolani, secrtaire des colonies de premire classe.

Elle consistait  rorganiser, sous le nom de Mauritanie occidentale, ce
qu'on appelait auparavant le protectorat des Maures de la rive droite du
Sngal; en ralit, ces tribus maures chappaient  notre influence et
ne permettaient  nos ngociants de commercer avec elles que moyennant le
payement  leurs chefs, par notre gouvernement, de certains subsides
appels coutumes.

Le ct prcaire de cette situation, qui laissait le champ libre aux
pillages frquemment exercs par ces tribus, n'avait point chapp  M.
Roume, qui dsirait supprimer les coutumes, mais appointer en change
les chefs chargs dsormais de percevoir,  notre profit, les impts
usits en pays musulman. C'est au cours des ngociations toutes
pacifiques engages dans ce but avec les Maures du Tagant que M.
Coppolani a t tu  bout portant d'un coup de fusil  l'avant-bras
droit et  la poitrine, par un groupe de Maures dissidents qui ont fait
irruption dans le poste de Tikidja.

[Illustration: M. Coppolani.--_Phot. Pierre Petit._]

Les agresseurs ont d'ailleurs t repousss aprs une courte lutte qui a
cot aux ntres deux tirailleurs tus et onze blesss. Le capitaine
Frrejean a pris immdiatement le commandement de la mission en
attendant l'arrive du lieutenant-colonel Montan, chef d'tat-major,
nomm commissaire de Mauritanie par M. Roume.

L'oeuvre de la mission, qui avait dj russi  gagner plusieurs chefs
religieux et  crer sept petits postes militaires, ne sera point
compromise par la mort de son chef.

Les Trarzas et les Braknas, en effet, avaient dj t gagns  notre
cause et, seuls, les Edouachs restaient  convaincre. Duallata, dans
l'Adrar, dernier objectif de la mission, ne sera pas atteint.

Mais il faut surtout dplorer vivement la disparition du fonctionnaire
d'avenir qu'tait M. Coppolani, arabisant distingu, connaissant  fond
le monde de l'islam, homme de dcision et d'nergie autant que de
prudence.

[Illustration: M. Coppolani confrant en plein air avec les chefs des
Maures Trarzas.]

[Illustration: L'artillerie de la mission.--_Photographies communiques
par la famille de M. Coppolani._]

L'ASSASSINAT DE M. COPPOLANI PAR DES MAURES DE LA RIVE DROITE DU
SNGAL.



_Mouvement littraire_.

_Lettres et Papiers du chancelier comte de Nesselrode_ (Lahure, 3
volumes  7 fr. 50 chacun).--_Mon Journal pendant la guerre 1870-1871_,
par la comte d'Haussonville (Calmann-Lvy, 7 fr. 50).

Le comte de Nesselrode.

Guillaume de Nesselrode, pre du chancelier, tait d'origine allemande.
Aprs avoir servi le saint-empire romain, il vint en France sous le
patronage de Choiseul, et se rendit  la cour de Frdric, o il trouva
beaucoup d'honneurs, mais peu d'argent, si bien qu'il la quitta pour se
prsenter  la grande Catherine. A partir de ce moment, il appartint
compltement, ainsi que sa famille,  la Russie, qui lui confia
plusieurs missions diplomatiques. Il finit par se retirer 
Francfort-sur-le-Mein, par o passaient tant de voyageurs et o
affluaient toutes les nouvelles.

C'tait un homme instruit, expriment bel esprit mme, possdant la
science de la vie, que Guillaume de Nesselrode. Il crivait dans un
franais assez correct et toujours fort piquant. Son fils Charles, qui
devait mener, pendant tant d'annes, sous Alexandre 1er et sous le grand
Nicolas, la politique trangre de la Russie, s'y prpara de bonne
heure, dans les lgations et les ambassades. En 1801 et 1802, nous le
voyons  Berlin, en sous-ordre, mais examinant les hommes, jugeant les
vnements et rendant compte de tout  son pre Guillaume qui, avec une
sagesse souriante et dtache, continue de le guider. De Berlin,  la
fin de 1802, il est transfr  la Haye, d'o il observe fort bien tout
ce qui se passe en Europe. Pas plus que son pre il n'aime Bonaparte,
qu'il appelle M. Bonaparte, comme Josphine Mme Bonaparte. Mais il rend
justice aux grandes qualits de l'empereur,  son esprit de dcision, 
la promptitude de son action, si fort opposs aux lenteurs de l'Autriche
et de la Russie. Comme Charles de Nesselrode a habit Berlin, il sait la
duplicit qui y rgne et combien il faut peu compter sur un concours
effectif de la Prusse. Avant Ulm et Austerlitz (1805), le gouvernement
prussien tergiverse, promet et ne tient pas. A Vienne, qu'il traverse; 
Paris, o nous l'apercevons en 1807 comme secrtaire d'ambassade,
Charles de Nesselrode achve de faire ses tudes de _Psychologie des
peuples_, et de se prparer  sa grande fortune. En 1810, il a
l'agrment d'assister au mariage de Napolon avec Marie-Louise; il
s'empare, moyennant finances, de certaines pices importantes; il se
renseigne secrtement sur les vues de Napolon et sur ce qui se passe
dans l'entourage de l'empereur; il loue la modration de Fouch et
regrette sa disgrce (1810); il sent, en 1811, l'orage qui va fondre sur
la Russie et surveille, sur le visage mme de Napolon, les marques
croissantes de mauvaise humeur. Dans ses lettres  M. de Spranski il a
dpos toutes ses observations. Ce fut dans l'automne de 1811 qu'il
quitta Paris d'o il avait envoy  son gouvernement tous les faits
qu'il avait pu recueillir et deviner. L s'arrte le troisime volume
publi par les soins de la famille de Nesselrode.

1870-1871.

M. d'Haussonville fut le confident de M. Thiers. Avec soin il note, au
dbut de la guerre, ses visites  l'homme d'tat et reproduit ses
conversations. Aprs les premiers dsastres, M. Thiers qui les avait
prvus et qui, ds 1866, avant Sadovva, avait marqu les moyens de les
conjurer, tait devenu le centre de tout. Rpublicains, conservateurs,
avaient les yeux sur lui et prenaient ses conseils. Cette situation
unique apparat vivement dans les souvenirs de M. d'Haussonville. La
pense politique qui guida M. Thiers, des prliminaires de paix signs,
se dessine dj ds le mois d'aot 1870. Les princes d'Orlans, venant
offrir leurs services et accourant  Paris, le gnent considrablement.
Il les engage au dpart. Sa voix prend mme, dans la circonstance, un
accent d'irritation fort marqu. Tout ce qui peut amener quelque
division et dranger le terrain d'entente qui lui semble tre la
rpublique, M. Thiers fait tout pour l'carter. Peut-tre mme, 
l'gard des princes, va-t-il plus loin et n'a-t-il pas  leur endroit
beaucoup de sympathie. Au fond, le sige de M. Thiers est fait, son plan
bien trac. Tel il est ici, tel nous le verrons, de 1871  1873,
luttant,  l'Assemble nationale, contre la droite et contre tout projet
de restauration monarchique. Bien diffrent se montre M. d'Haussonville:
il est plein de dfrence pour le futur prsident de la Rpublique; il
voit M. Jules Favre, M. Jules Simon, le gnral Trochu lui-mme,
s'attache au gouvernement de la dfense nationale, essaye de le
conseiller, le soutient parce qu'il le regarde comme un prservatif
contre la violence et contre l'anarchie, mais reste en mme temps dvou
 ses princes et les voudrait accepts dans l'arme, ce qui leur serait
utile probablement pour leurs projets ultrieurs. M. d'Haussonville
porte le kpi de garde national, se rend aux remparts, assiste aux
scnes du 31 octobre, passe par toutes les esprances, participe  l'me
commune et illusionne de la foule. Avec son livre, qui s'arrte  la
fin de janvier 1871, on fait avec sret la psychologie de Paris pendant
le sige et, malgr les tristesses du sujet, on ne laisse pas que
d'prouver une vive satisfaction littraire  la lecture de ces pages
rapides, lgantes, aigus par endroits et o s'affirme une belle
conscience d'honnte homme, un peu hautain parfois, mais singulirement
impartial.

E. LEDRAIN



LES THTRES

Le _Chrubin_ de M. Massenet, qui avait, parat-il, soulev des
transports d'admiration  Monte-Carlo, a t accueilli avec plus de
calme sur la scne de l'Opra-Comique. L'minent compositeur de
_Werther_ et du _Jongleur de Notre-Dame_, pour ne parler que de ses
grands succs les plus rcents, peut mettre au service d'une oeuvre
lgre, comme l'est la bluette de MM. F. de Croisset et H. Cain, tous
les trsors de son imagination spirituelle et ardente, et l'clat d'une
facture brillante, varie  l'infini, il ne parvient pas  donner la
sensation de la gaiet. Il est presque inutile de dire que
l'interprtation est excellente. Mlle Carr chante avec infiniment de
grce; M. Fugre se montre, comme toujours, artiste accompli. Quant 
Mlle Garden, charge du rle de Chrubin, elle est espigle  souhait,
et la gentillesse un peu exotique de sa prononciation n'est pas pour
nuire  son succs.

L'Opra-Italien, install au thtre Sarah-Bernhardt, va bientt
atteindre le terme fix  sa brillante carrire. Le succs de la _Zaza_,
de M. Leoncavallo, s'est accentu aux reprsentations suivantes, et l'on
vient d'acclamer le vieux et toujours jeune chef-d'oeuvre de Rossini, le
_Barbier de Sville_, interprt par le clbre tnor Masini et Mlle
Parini. Nous reparlerons de cette reprsentation.

Le thtre Trianon a reprsent les _Vautours_, de M. A. Fresquel, une
pice dramatique dont l'intrt serait plus marqu si elle ne prenait
trop souvent le caractre de pamphlet dirig contre la religion
catholique, il tait inutile d'imaginer,  la cantonade, je ne sais quel
mystrieux personnage charg de souffler la discorde au sein d'un mnage
de braves gens: la Foi suffisait pour creuser un abme entre le dput
socialiste Dariot et sa fille, leve chrtiennement. M. Brausset, Mlle
Besson soutiennent avec vaillance cette lutte qui, je l'espre pour le
thtre, se prolongera longuement. A. de L.

[Illustration: La villa Arnage, que M. Edmond Rostand vient de se faire
construire  Cambo pour y rsider.--_Phot. Ouvrard_.]



_Documents et Informations_

LA MAISON DE M. EDMOND ROSTAND A CAMBO.

Depuis plusieurs annes qu'il a fix sa rsidence  Cambo, sous le
bienfaisant climat du pays basque, M. Edmond Rostand habitait, avec sa
famille, un des chalets lous aux baigneurs; mais ce n'tait l qu'une
installation provisoire; tout de suite, l'auteur de _Cyrano_ avait
achet un terrain, ayant form le projet d'avoir une maison  lui,
construite et amnage  son gr. Ce projet est aujourd'hui ralis et
la confortable maison rve s'lve sur la colline, dans un site
dlicieux, fait  souhait pour le plaisir des yeux et pour l'inspiration
du pote.

UN COUP DE FOUDRE  PARIS.

Un violent orage s'est abattu sur Paris, vers 3 h. 1/2 du soir, le jeudi
18 mai, au cours duquel un coup de foudre a frapp un arbre de l'avenue
du Maine, en face le numro 199,  l'angle du passage Rimbaut.

La dcharge a atteint l'arbre (un orme)  environ cinq mtres du sol et
a suivi le tronc, faisant clater l'corce, jusqu' une distance d'un
demi-mtre du trottoir o le sillon se termine. Une personne qui a vu le
coup de foudre dclare qu'une boule de feu est partie du pied de l'arbre
et a saut jusqu'au milieu de la chausse, sans doute sur les rails du
tramway, excellents conducteurs du fluide.

Comme on le voit sur la photographie ci-dessous, le sillon est trs
contourn. Il n'entoure pas l'arbre en spirale comme cela arrive
souvent, mais est entirement situ au sud-ouest, au sud et  l'ouest.

Ds le lendemain matin de l'orage, les ouvriers de la Ville de Paris ont
arrang tout le sillon de la foudre, coupant l'corce rgulirement et
passant le tout au goudron pour protger l'aubier. C'est ce qui explique
la rgularit de la blessure sur la photographie et les reflets
brillants sur la couche de goudron encore frache.

[Illustration: Arbre stigmatis par la foudre  Paris, avenue du Maine,
le 18 mai 1905. _Phot. de M. Em. Touchet._]

A quelques mtres de l'arbre se trouve une maison de six tages dont la
toiture, les conduites de descente, les tuyaux d'eau et de gaz
constituent des conducteurs parfaits. L'tincelle atmosphrique a
prfr l'arbre. La foudre a parfois des caprices bien bizarres!

LA PROPORTION DES SEXES AUX TATS-UNIS.

On sait que, chez tous les peuples civiliss, c'est le sexe fminin qui
domine. Les naissances masculines sont toujours un peu plus nombreuses
que les naissances fminines, mais il meurt plus de petits garons que
de petites filles et, de 15  25 ans, le sexe masculin est en minorit.
Les victimes que fait la maternit lui rendent ensuite la majorit
jusque vers cinquante ans. Finalement, la dure de la vie tant moindre
chez l'homme que chez la femme, le sexe fminin finit par dominer. Ceci
est la loi classique en dmographie. Mais voici que le dernier
recensement des tats-Unis semble apporter  cette loi un dmenti fort
grave. Dans la totalit de la nation, on a, en effet, enregistr un
excdent de 1.638.621 individus mles.

Sans doute, dans certains tats, il y a un peu moins d'hommes que de
femmes: de 47  49 pour 100 habitants; mais dans quelques autres, par
exemple dans le Wyoming et le Montana, on constate un excs masculin
parfois considrable, pouvant aller jusqu' 63.

Toutefois, cette contradiction avec la loi reconnue n'est peut-tre
qu'apparente; car il est certain que l'migration, si importante aux
tats-Unis, et qui n'y introduit gure que des lments masculins, est
sans doute la cause de cette inversion numrique des sexes.

D'ailleurs, les femmes sont en grand excs dans les villes. Dans 1.861
villes, on compte un excdent de plus de 200.000 femmes.

La mortalit des hommes est, aux tats-Unis comme partout, suprieure 
celle des femmes, dans la proportion de prs d'un septime.

COMMENT VITER LE MAL DE MER.

Mille mthodes, procds et remdes ont t prconiss pour combattre le
mal de mer; quelques-uns font un certain bien; mais, de faon gnrale,
pour beaucoup de personnes, le mal de mer reste un mal odieux et
invitable. Il semble toutefois, d'aprs M. Legrand, mdecin principal
de la marine en retraite, que la thorie de la thrapeutique du mal de
mer la plus ancienne est encore la meilleure; la vieille thorie
mcanique de Kraudren, de la contention des viscres abdominaux.
Immobilisez le ventre, disait notre compatriote il y a soixante-dix
ans. Et l'on rpte, aujourd'hui: immobilisez le ventre. Le mal de mer
serait essentiellement une asphyxie due  la contracture du diaphragme
et au retentissement rflexe de celle-ci sur les grandes fonctions.
Avant tout, il faut faciliter la respiration, et c'est pourquoi l'air
pur du pont convient mieux que l'atmosphre renferme de la cabine. Mais
il faut aussi immobiliser les viscres: autrement ils viennent frapper
le diaphragme et le contracturer. Pour viter ce choc, il faut sangler
l'abdomen. C'est du moins la conclusion  laquelle arrive la Ligue
contre le mal de mer. Il faut comprimer le tronc, du pubis aux fausses
ctes, au moyen d'une bande de flanelle par exemple, large de 10 ou 15
centimtres, longue de 10 ou 15 mtres, avec laquelle on comprime le
ventre de bas en haut, 4 ou 5 heures aprs les repas. Et il est bon de
s'tre exerc au sanglage avant de s'embarquer.

[Illustration: A ATHNES.--Une reprsentation d'"Antigone" en prsence
de la reine d'Angleterre dans le Stade panhellnique.--_Phot.
Macropoulos._]

[Illustration: A ALEXANDRIE.--La statue de Mhmet-Ali illumine pour
les ftes du centenaire.--_Ph. Damadian._]

L'PARGNE FRANAISE.

Dans une communication faite  la Socit de statistique de Paris, M. A.
Neymarck a tabli que l'pargne franaise possde plus de 23 milliards
en actions et en obligations des six grandes compagnies de chemins de
fer, actions et obligations rparties et morceles  l'infini. En outre,
cette pargne possde un capital de 26 milliards en rente 3% perptuelle
et en rente 3% amortissable. Le mme morcellement s'observe dans ce
capital, la mme diffusion dans les plus petits portefeuilles. 75% des
titres des obligations des chemins de fer et des rentes sur l'tat sont
au nominatif et constituent un placement en quelque sorte dfinitif.

UNE REPRSENTATION D'ANTIGONE  ATHNES.



[Illustration: A VENISE.--La salle franaise  la 6e exposition d'Art
international.]

[Illustration: EN MER.--Le canot automobile "Camille" retrouv et
remorqu par un paquebot.

_Le_ Camille, _abandonn en course par son quipage  cause de la
tempte, fut, depuis, rencontr, errant au gr des flots, le 23 mai au
soir, par le paquebot_ Tafna, _qui mit son you-you  l'eau pour lui
attacher une remorqua, et c'est ce que montre notre premire
photographie. Un officier et deux matelots prirent mme place  bord du_
Camille, _qui fut ainsi remorqu toute la nuit. Mais, le lendemain, il
piquait dangereusement_ le nez dans la plume _et faisait eau. Son
quipage provisoire dut remonter  bord du_ Tafna. _Et le_ Camille _fut
ainsi abandonn une seconde fois,  15 milles au sud-ouest de Toulon._]

Au cours de sa rcente croisire dans la Mditerrane, la reine
Alexandra, qui vient de rentrer en Angleterre, est alle, on le sait,
visiter son frre, le roi Georges de Grce. Pendant son sjour 
Athnes, elle eut l'occasion d'assister  une reprsentation
_d'Antigone_, donne au Stade panhellnique, o l'annonce de la prsence
de la trs sympathique souveraine avait contribu  attirer une
affluence extraordinaire. Ce fut devant une salle comble, si l'on peut
ainsi dire du vaste thtre en plein air, reconstitu sur le modle
antique, que se droulrent les pripties du chef-d'oeuvre de
Sophocle, et, si le dcor naturel de la scne tait merveilleux, tous
ces gradins chargs de spectateurs offraient, sous la splendeur du ciel
ensoleill, un immense tableau vivant d'un pittoresque achev.

LE CENTENAIRE DE MHMET-ALI PACHA.

Le 13 mai on a clbr,  Alexandrie, la commmoration solennelle du
centenaire de l'avnement du vice-roi d'gypte, Mhmet-Ali Pacha, mort
en 1849. Tout a t mis en oeuvre pour rehausser l'clat des ftes
organises  cette occasion: dcoration et pavoisement des difices
publics, construction d'un arc de triomphe, etc., et, le soir,
l'lectricit, apportant aux illuminations son prcieux concours,
inondait de sa vive clart la statue questre de Mhmet-Ali, rige sur
la place des Consuls.



[Illustration: A 'WASHINGTON.--Garden-party offerte, le 12 mai, par le
prsident Roosevelt aux dlgus du Congrs des chemins de fer, dans le
parc de la Maison-Blanche.--_Copyright Underwood and Underwood._]



La petite ville de Ludwigslust, ne comptant gure plus de 6.000
habitants, n'offre en elle-mme rien de bien remarquable; mais elle
possde un chteau historique auquel s'attache actuellement un intrt
particulier,  la veille du mariage de la princesse Ccile de
Mecklembourg-Schwerin avec le kronprinz Frdric-Guillaume. Cette
rsidence grand-ducale est, en effet, le home familial de la future
impratrice d'Allemagne: c'est l qu'elle a pass jusqu' prsent la
majeure partie de sa vie, aux cts de son pre, Frdric-Franois III,
mort en 1897; de sa mre, la grande-duchesse Anastasie, cousine de
l'empereur de Russie; de son frre, Frdric-Franois IV, le grand-duc
rgnant. Situ prs de la route de Berlin  Hambourg, le chteau de
Ludwigslust date du dix-huitime sicle; le caractre de son
architecture, le dessin de son parc magnifique, coup de larges avenues,
agrment d'tangs, de bassins, de jets d'eau, de cascades, lui ont valu
l'appellation assez justifie de Versailles du Mecklembourg. Dans les
appartements se trouvent de nombreux souvenirs de Guillaume 1er, qui
venait frquemment y visiter sa soeur, la grande-duchesse Alexandrine.

1. La princesse en promenade dans le parc de Ludwigslust. 2. La
princesse Ccile de Mecklembourg-Schwerin. 3. Le kronprinz. 4. Le
chteau grand-ducal de Ludwigslust.

LE "HOME" FAMILIAL DE LA FUTURE IMPRATRICE D'ALLEMAGNE.



[Illustration: Jardy (2e) Cicero (1er) Signorino (3e).]

[Illustration: "Cicero", le vainqueur, appartenant  lord Rosebery.]

L'ARRIVE DU DERBY D'EPSOM.



[Illustration: COMBAT DE TORPILLEURS, par Henriot.]


_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tout les articles compris sous cette rubrique sont entirement
gratuits.)_

NOUVELLE MARQUE DE "BRIDGE"

On sait combien sont compliques la comptabilit et, par suite, la
marque du jeu de _Bridge_; on sait aussi quel intrt ont les joueurs 
connatre constamment l'tat de la partie, aussi bien du camp adverse
que de leur propre camp.

[Illustration: La nouvelle marque de Bridge.]

Voici un petit appareil dans lequel le problme semble avoir t rsolu
d'une manire pratique, par la combinaison du principe de la marque de
billard, avec chiffres qu'on entrane  la main avec les aiguilles d'un
double cadran, et de la marque de piquet, avec touches, qu'on lve ou
qu'on abat. Sous le nom de _Marque Chevalet_, l'appareil en question a
la forme d'un petit tableau que l'on place en vidence sur la table de
jeu; il sert  l'enregistrement des points et des honneurs des deux
camps et accuse les manches gagnes; la garantie de son exactitude
rsulte du contrle incessant et intress des joueurs eux-mmes.
D'ailleurs, on recommande de confier le maniement de la marque  un seul
joueur, qui inscrit les rsultats des deux camps.

Les points, qui apparaissent en gros chiffres dans les fentres
mnages sur la marque, sont indiqus aux yeux exercs par la seule
position des aiguilles de commande: celle de gauche, sur le cadran des
dizaines; et celle de droite, sur le cadran des units. Lorsqu'on
observe la division de ces cadrans et les petits chiffres qui y sont
gravs, on se rend compte que la manoeuvre pour marquer est des plus
simples, en poussant chaque aiguille  la position voulue, sans qu'il
soit besoin, pour ainsi dire, de regarder.

A la fin de la manche, on reporte les points de chaque camp avec les
honneurs que l'on marque au moyen de touches  ressorts, aprs quoi,
l'on ramne les aiguilles des cadrans  zro pour la manche suivante.
Lorsque la belle est joue, il reste  crire les comptes individuels
des joueurs de la mme manire qu' la fin d'une partie de whist. Cette
marque se trouve en vente, simple, au prix de 28 francs; avec touches
ivoire, 35 francs, chez _M. Lefranc, 109, faubourg du Temple, Paris._

LE POLYORAMA BOURGUER

Cet original appareil a t tabli pour rpondre aux desiderata de la
majorit des collectionneurs de cartes postales, gravures,
photographies, etc., ainsi que des diteurs de cartes, soucieux de
conserver intactes leurs collections. Il permet de faire passer, sans
effort ni fatigue, successivement, sous les yeux des spectateurs, des
sries illimites de gravures, cartes postales, etc. Il possde tous les
avantages de l'album sans en avoir les inconvnients.

[Illustration: Fig. 1.--Le Polyorama Bourguer.]

Au moyen de la glace dont le Polyorama est muni, on obtient des reflets
et une animation du plus charmant effet qui donnent  l'oeil une
illusion de la ralit. Nos gravures montrent la disposition intrieure
de l'appareil. Le tambour-bote que reprsente la figure 2 prsente, en
tournant devant la fentre vitre, la collection de cartes postales qui
sont simplement fixes dans des encoches pratiques dans une bande de
papier spcial enroule sur ce tambour. L'appareil fermant  clef, la
collection se trouve ainsi, non seulement  l'abri de la poussire, mais
encore du toucher et de toute soustraction possible; il est pourvu
d'encoches qui permettent la pose et le changement faciles de tous les
objets classs, par sries, si on le dsire, verticalement ou
horizontalement, sur des tambours-botes pouvant recevoir de 120  150
cartes et se substituer les uns aux autres, avec plus de facilit mme
qu'un changement de cylindre ou de disque dans les appareils
phonographes. Les boutons actionnant ces tambours de l'extrieur sont
fixes ou mobiles, au choix; dans ce dernier cas, une fois retirs,
l'appareil ne peut plus fonctionner; le propritaire, de ce fait, est
absolument matre de sa collection.

Le Polyorama peut tre actionn par un enfant; c'est un petit meuble
lgant et nouveau qui ne dparera aucun salon; il peut se fabriquer,
sur demande, dans toutes les dimensions, de manire  recevoir des
gravures et estampes de toutes grandeurs, les photographis de divers
formats, les autographes, etc.

[Illustration: Fig. 2.--Bote-tambour interchangeable.]

Les prix de ces appareils varient de 25  30 francs, suivant qualits.
Les botes-tambours interchangeables valent 1 fr. 75 la pice. Pour
renseignements plus complets, s'adresser  _M. Chosseler, 10, rue des
Dominicains, Nancy._








End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905, by Various

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1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
https://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at https://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit https://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: https://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     https://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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